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Pour Canal+, le FN a « une part de responsabilité » dans le meurtre de Jo Cox

12 août 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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Pour Canal+, le FN a « une part de responsabilité » dans le meurtre de Jo Cox

Temps de lecture : 2 minutes

[Pre­mière dif­fu­sion le 22 juin 2016] Red­if­fu­sions esti­vales 2016

Le numéro deux du Front National était l’invité du « Grand Journal » du 17 juin dernier. Après le meurtre de la députée britannique pro-UE Jo Cox par un partisan déséquilibré du Brexit, l’occasion était trop belle pour Canal+ de faire porter le chapeau au parti frontiste.

Rap­pelant cet assas­si­nat, per­pétré au cri de « Britain First » (« La Grande-Bre­tagne d’abord ! »), puis évo­quant les agres­sions à l’en­con­tre des jour­nal­istes ou encore des uni­ver­si­taires, Maïte­na Biraben n’a pas hésité à inter­roger Flo­ri­an Philip­pot sur la « part de respon­s­abil­ité » de son par­ti dans ce cli­mat. « C’est une plaisan­terie ? », a alors rétorqué le député européen.

Mais non, la ques­tion était sérieuse et ô com­bi­en habile afin d’as­sim­i­l­er le Front Nation­al à un assas­si­nat pour­tant per­pétré out­re-Manche. « Vous utilisez la mort de cette député et vous l’in­stru­men­talisez », a pour­suivi Philip­pot. « Je dis juste que la vio­lence nour­rit la colère et que le FN n’a eu de cesse de dénon­cer les élites, de par­ler de con­nivence des médias, d’in­com­pé­tence des poli­tiques, que cela par­ticipe de cette colère et que donc vous l’avez nour­rie », renchérit la présentatrice.

« C’est assez extra­or­di­naire que vous sor­tiez votre planche de surf pour surfer sur cette mort. Je vous laisse à votre respon­s­abil­ité et à votre con­science », a alors lâché Philip­pot, rap­pelant qu’il y avait en effet « de la colère dans le pays » et que les jour­nal­istes sont cen­sés le savoir, à moins de vivre « dans un autre monde ».

Il y a quelques jours, lors de la tuerie d’Or­lan­do, cer­tains médias et jour­nal­istes n’avaient pas hésité à faire un autre par­al­lèle sur­réal­iste, mêlant la Manif pour Tous et Chris­tine Boutin à ce drame pour ne pas avoir à désign­er le véri­ta­ble coupable : le ter­ror­isme islamique. Une méth­ode dev­enue courante pour une élite médi­a­tique vivant en vase clos et large­ment dépassée par le réel.