Pascale Clark

Pascale Clark

Dernière modification le 13/07/2017

« Cette expression est dégueulasse… » Pascale Clark face à Louis Aliot le 7 mars 2012 sur France Inter, à propos de l’expression « IVG de confort »

Pascale Clark est journaliste sur France Inter où elle se fait particulièrement remarquer pour sa morgue, son mépris et son parti pris face aux personnalités politiques de droite. Elle est née le 30 novembre 1963. Son père était un assureur d’origine anglaise. Elle quitte France Inter au printemps 2016. À titre personnel, elle pratique le poker assidument ; elle a gagné le tournoi des « sultanes » au Chilipoker Marrakech Festival 2010 ; un prix de 10.000 € était remis avec.

Formation universitaire

Pascale Clark est titulaire d’une licence de journalisme obtenue au CELSA (Centre d’Études Littéraires et Scientifiques Appliquées).

Parcours professionnel

Elle débute sa carrière dans une radio libre versaillaise en 1983, puis travaille dans différentes stations : CVS, 95.2, Europe 2, France Info, Europe 1 (durant la saison 1993-1994, elle présente Europe Nuit avec Christophe Delay de 22 h à minuit).

Pascale Clark rejoint France Inter en 1995 en effectuant des remplacements d’été et en animant la rubrique « Question par A+B ». Elle succède ensuite à Nicolas Poincaré pour la présentation du « rendez-vous matinal » de la station, le 7/9, avec la revue de presse et l’interview de 8h20, jusqu’en juin 2001. De septembre 2001 à juillet 2004, elle anime également sa propre émission Tam tam, etc. sur France Inter.

Elle participe parallèlement à différentes émissions de télévision comme Arrêt sur images (1996) sur France 5, TV+ et Un an de + avec Marc-Olivier Fogiel sur Canal+, ou encore Culture pub avec Christian Blachas sur M6.

En septembre 2004, elle rejoint RTL où elle anime jusqu’en juin 2006 On refait le monde, une émission quotidienne de débat où elle succède à Christophe Hondelatte. Elle congédie l’un des intervenants réguliers de l’émission, la journaliste politique du Figaro Magazine Élisabeth Lévy après que cette dernière eut vivement réagi à l’antenne (29 novembre 2004) aux propos sarcastiques de Pascale Clark, ironisant sur la personnalité du nouveau ministre des Finances, Hervé Gaymard.

De septembre 2001 à juin 2007, elle anime En aparté sur Canal +, une émission d’interview atypique puisque Pascale Clark n’est pas présente physiquement à l’antenne, dialoguant hors champs (« en off ») avec l’invité.

De septembre 2007 à juin 2008, elle anime, également sur Canal+ Un café, l’addition, avec la participation de Yassine Belattar et de Nicolas Rey. Chaque samedi à 13h45, cette émission passe en revue l’actualité de la semaine écoulée, donne la parole à des polémistes et reçoit un invité. Pascale Clark intervient là-encore en voix-off.

À la rentrée 2008, Pascale Clark revient sur l’antenne de RTL pour présenter la revue de presse quotidienne du matin.

L’année suivante, elle retourne sur France Inter, cinq ans après l’avoir quitté, afin de prendre en charge la tranche de 9h à 10h. Avec Comme on nous parle, elle anime une interview politique où elle se fait remarquer par son parti pris envers les personnalités de droite. Elle affiche particulièrement sa morgue, sa suffisance et son agressivité lors de ses interviewes de Robert Ménard, Louis Aliot ou Marine Le Pen.

À la rentrée 2014, elle anime A’live. L’émission est diffusée à 21 h du lundi au jeudi, en direct, et mêle petits concerts et entretiens avec des personnalités des arts et de la culture, mais aussi simples citoyens. Cette émission vaut à Pascale Clark la perte de sa carte de journaliste le 9 mars 2015 ; la CCIJP ne la renouvelle pas pour le double motif qu’elle est rémunérée en qualité de productrice sous le statut d’intermittente du spectacle et que l’émission qu’elle présente, A’Live, ne présente pas le caractère d’une émission d’information. Une polémique s’installe, au cours de laquelle Patrick Cohen découpe la sienne. Le coup de force de deux animateurs quasi-inamovibles et (très) bien payés passe très mal auprès des nombreux salariés précaires du service public, qui s’en émeuvent.

En juin 2015 l’émission A’live est arrêtée à la demande de Pascale Clark.

En septembre 2015 elle lance une émission, Making of, difusée une fois par semaine et qui dure une heure, musique comprise. Cette émission ne durera qu’une saison.

Le 18 juin 2016, elle quitte France Inter après la dernière émission de Making of. Son départ est lié à des tensions avec la nouvelle direction.

Elle annonce le 16 mai sur Télérama qu’elle rejoint Box Sons, une web-radio médias créée avec d’autres amateurs de musiques : « Nous sommes une bande, un collectif, qui ressent de l’insatisfaction à exercer son métier et a pour point commun l’amour du son. Nous allons donc traiter de l’actualité par le son – qui est, étrangement, sous-représenté sur Internet –, et accompagner l’intérêt actuel des auditeurs pour les podcasts ».

Le 4 septembre 2016, Pascale Clark a démarré une chronique hebdomadaire dans l’émission 13h15 animée par Laurent Delahousse le week-end sur France 2.

Parcours militant

Publications

  • Tout le monde fait l’amour, Paris, éd. Albin Michel, février 2001
  • Merci de votre attention, Paris, éd. Albin Michel, 2003
  • Après, Fred Chichin est mort, Paris, Éditions du Seuil, 2008

Collaborations

En février 2007, Pascale Clark prête sa voix à un album du rappeur Soprano, Puisqu’il faut vivre, où elle joue le psychologue de celui-ci. C’est également sa voix qui incarne l’ordinateur de bord du vaisseau Axiom dans le long-métrage des studios Pixar WALL-E, sorti sur les écrans en 2008.

Ce qu’elle gagne

Elle l’a dit

« Rien n’est éternel dans la vie, et surtout pas à la radio, où tout est par définition éphémère… ! Sérieusement : parce que quand un cycle est terminé, il faut s’en rendre compte. La fin de l’histoire a eu lieu l’an dernier, et cette année-ci a été une année de transition, à tous points de vue. C’était un peu spécial, honnêtement.J’étais dans la position d’un joueur de foot qui fait partie d’une équipe mais qui reste sur le banc de touche : je me suis retrouvée programmée le samedi, à 22 heures, sans moyens, après des années d’émissions quotidiennes », Télérama, 16/05/2016.

« On est journaliste, ça c’est un statut, et on est intermittent parce que c’est le sort de tous ceux qui ne font pas partie de la rédaction à France Inter. A mon corps défendant je le précise, hein, je n’ai jamais voulu ça, mais il n’y a pas d’autre solution. C’est une question d’identité, c’est une question d’histoire, j’ai toujours été journaliste, j’ai fait une école de journalisme. Et surtout c’est une question de transparence. Qui sont ces gens qui décident d’un seul coup que vous n’êtes plus journaliste alors que visiblement pour Closer ça ne pose aucun problème ? », Le Petit Journal sur Canal+, 17/03/2015.

« Ce soir, je vais vous parler de ma vie de journaliste professionnelle. 30 ans de carte de presse. Numéro 53.216. Partout je l’ai obtenue. CVS, 95.2, Europe 2, France Info, Europe 1, Oui FM, Canal+, RTL, France Inter. Mais ça c’était avant . Alors comme je ne suis pas journaliste, je m’en voudrais d’usurper tel titre ou telle carte. Ce soir, et peut-être d’autres suivront, voici DJ Clark. DJ, il paraît qu’on peut exercer sans carte professionnelle » A’live 9/3/2015, après la décision de la CCIJP ; l’émission devait être consacrée au Secours Populaire, mais elle l’a remplacé par des disques.

« Lévy, comme Finkielkraut ou Zemmour, ce sont des gens qui parlent fort. Comme si le fait de hurler plus fort que les autres et de se mettre en scène, comme si cette révolte à deux balles, était une forme de liberté. Il y a un côté jeu de rôle là-dedans, c’est évident. Ils sont devenus ceux qu’on adore détester. » Les Inrockuptibles – juillet 2010.

« Nous, gens de radio, sommes des intermittents. Parfois, des émissions s’arrêtent, nul n’est propriétaire, ça m’est arrivé, c’était dans le privé, j’ai pointé. Il est normal qu’un directeur construise une grille, que ne lui reprocherait-on s’il ne faisait rien. […] Il n’est pas très agréable et pas très honnête de tirer à soi la couverture de la liberté, de l’impertinence. Parlez-en à tous ceux qui en font usage sur l’antenne, jour après jour, j’ai la faiblesse de m’y ranger », au sujet de l’éviction de Stéphane Guillon et de Didier Porte, sur son blog le 03/07/2010.

« C’est [Jean-Luc Hees] l’homme de la situation. […] l’une de ses particularités, c’est de ne pas avoir de réseaux politiques. […] il n’intrigue pas comme la plupart des gens. […] Je ne sais pas comment le nom de Hees est arrivé aux oreilles de Sarkozy. Mais c’est forcément un bon choix. Où est le problème ? Il faut aussi arrêter le délire », septembre 2009, citée par Acrimed.

« On a une ½ heure devant nous, il va falloir assurer, Gérard Schivardi. Pour une fois que vous avez la parole. J’ai du mal à dire votre nom, je vais le refaire : Schivardi ! C’est pourtant pas compliqué : Schi – var – di ! Ouais, je vous disais, il va falloir assurer, hein ! […] Il y a un cassoulet. […] Première info, Gérard Schivardi, vous mangez du cassoulet. C’est une nourriture qui tient au corps. […] Vous avez été rasta dans une autre vie ? […] Vous tenez bien l’alcool ? […] Vous n’avez peur de rien ? […] Vous jouez quel poste [au rugby] ? […] Je suis sûre que vous connaissez des chansons italiennes, ce n’est pas possible autrement. […] Il va falloir chanter un petit peu. […] C’est quoi vous votre injure préférée ? […] Est-ce que vous vous êtes déjà battu ? […] Il paraît que les habitants de votre village sont appelés “les courges”. […] Si vous êtes élu, le cassoulet devient obligatoire ? », interview de Gérard Schivardi dans En aparté, sur Canal+, en 2007.

« J’ai rien vu venir et je m’en veux. J’en veux à tout le monde ce matin : aux instituts de sondage, les aveugles, aux médias, les aveugles, aux abstentionnistes, les semeurs d’extrême-droite, aux politiques impuissants à déclencher le désir. A moi je m’en veux, je m’en veux, je n’ai rien vu venir et j’ai envie de vomir », sur France Inter le 22/4/2002 après l’accession de Jean-Marie le Pen au second tour de la présidentielle. Propos repris par le n°20 (oct-novembre 2009) de Plan B.

Sa nébuleuse

Jean-Luc Hees, Patrick Cohen, Charline Vanhoenacker, Candice Marchal, Philippe Val.

On dit sur elle

« Sur qui je tombe aujourd’hui ? D’abord, sur une journaliste, viscéralement journaliste. Pour autant, elle a pactisé avec un système, qui lui a demandé de ne plus l’être administrativement pour devenir une intermittente du spectacle qu’elle n’a jamais été. Et ensuite, sur son défenseur qui parle de lui-même en feignant de parler d’elle. Ainsi donc, on prend une posture à la Gainsbourg, non pas pour brûler un billet de 500 francs, mais pour jeter à la poubelle une carte dont on a que faire. Le résultat est tout aussi désagréable : il faut avoir les moyens de brûler 500 balles devant la caméra comme il faut avoir les moyens de déchirer sa carte de journaliste devant tous ceux qui tentent de grappiller un feuillet ou une minute pour espérer l’obtenir », Didier Tourancheau, ancien secrétaire général de la Commission de la carte de presse, Libération, 17/03/2015.

« Nos amis Pascale Clark et Patrick Cohen nous obligent à écrire que leur défense individuelle les conduit à une double trahison dont ils n’avaient sûrement pas conscience. Accepter qu’ils soient considérés comme intermittents du spectacle, c’est précisément affaiblir la cause des authentiques intermittents qui se bagarrent pour la survie de leur statut. Le vrai combat, c’est bien le maintien de ces deux-là comme journalistes, traités et rémunérés comme tels. Aurait-il été trop d’exiger de Patrick Cohen de s’en prendre à la direction de sa propre entreprise, qui organise ce désordre, plutôt que de s’attaquer à la Commission de la carte, qui ne fait que le constater ? La réponse est dans la question. », ibid.

« Patrick Cohen est indigné par la situation de Pascale Clark ? La mienne devrait lui donner des envies de révolution. Et c’est celle de centaines de ses collaborateurs à Radio France. Comme on dit chez nous, je suis “sur le planning”. Ailleurs, on dit “bouche-trou”. Radio France est une société organisée en castes. Tout en bas de l’échelle, il y a le stagiaire – qui n’a pas de prénom– puis le pigiste, le CDD (moi) et enfin le Graal : la titularisation. Patrick Cohen et Pascale Clark, c’est encore un autre monde. Dans la maison, les stars de la matinale sont à peu près aussi accessibles pour les journalistes de la boîte que pour le reste de la France », Le Plus Nouvel Obs, Marie précaire, salariée précaire de Radio France, 13/03/2015.

« La grévette médiatique de Pascale Clark, privée de sa carte de presse, suivie du coup de ciseaux solidaire de Patrick Cohen, nous ont offert une farce médiatique qui mériterait à peine qu’on s’y attarde si elle ne témoignait d’une appropriation narcissique de l’antenne de France Inter par deux intouchables arrogants, solidaires… d’eux-mêmes », Acrimed, 12/03/2015.

« Pascale Clark n’a pas choisi, nous dit-elle, ce statut. Mais on ne lui connaît aucune grève ou grévette contre l’abus de ce statut [d’intermittent, NDLA] : il est vrai qu’il est plus aisé de protester contre la commission de la carte que contre son employeur quand on ne cesse de lui prêter allégeance. Pourtant, la précarité de nombre de salariés de France Inter et d’ailleurs, le recours par leurs employeurs au statut d’intermittent du spectacle, la modification du régime des intermittents mériteraient une vraie mobilisation », ibid.

« Dès septembre 2009, Pascale Clark revient sur France Inter après en être partie en 2004. Elle avait eu le bon goût, depuis 2001, d’inviter à plusieurs reprises Philippe Val à participer à ses émissions, tant à la radio qu’à la télévision », ibid.

« A propos de cette tendance si humaine à s’approprier son fauteuil, ce numéro du duo Pascale Clark-Patrick Cohen, à propos de la carte de presse de Clark. Et que je te joue les divas offensées en annulant le programme de mon émission, et que je décapite solennellement ma propre carte de presse, avec mes grands ciseaux, devant la caméra. Toutes les dérives de l’audiovisuel sont concentrées là. Ce n’est pas la Commission de la carte, qui a refusé à Pascale Clark le rectangle de plastique. C’est la direction de France Inter, en la maintenant dans un statut d’intermittente », Daniel Schneidermann, Rue89, 11/03/2015.

« Il y a des noms qui me font m’étouffer. Je n’aime pas les donneuses de leçons. Je me fais insulter en permanence sur France Inter par Pascale Clark. J’ai fait une réflexion il y a peu de temps sur les jeunes et la fiscalité, elle a dit que j’étais un mauvais citoyen parce que j’étais luxembourgeois et que je ne payais pas forcément mes impôts en France. Or, je suis bien luxembourgeois mais je paye mes impôts en France et je le fais avec plaisir. Elle est sèche. Elle est frustrée, elle ne m’a jamais aimé. C’est son droit d’ailleurs ! Je suis aussi parti de France Inter à cause d’elle, elle ne m’a jamais dit bonjour pendant onze ans. Chaque matin, je lui disais bonjour, elle ne me saluait jamais. Je dis les choses franchement, c’est quelqu’un que je n’aime pas et qui ne m’aime pas. Elle est très donneuse de leçons à la terre entière ! », Stéphane Bern au sujet de Pascale Clark, C à vous, 06/09/2013.

« Souvent, elle agace. Par son ton suffisant, ses airs de connivence, son goût de l’entre-soi », Télérama, 05/05/2012.

« Je me suis déjà farci madame Clark avec son interview [elle recevait Christian Estrosi à 7h50, ndlr]… La façon dont elle fait ses interviews … elle dit qu’elle est journaliste, non, elle est militante politique, elle devrait s’inscrire dans un parti et aller faire des meetings. » (Henri Guaino – France Inter – 24 avril 212)

« Pascale Clark est vraiment le mètre étalon du conformisme de la rébellion » (Élisabeth Lévy, revue-media.com, été 2011)

Crédit photo : On n’est pas couché, France 2 (2008)

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