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Laetitia Avia

15 août 2020

Temps de lecture : 12 minutes
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Laetitia Avia

« Karaba la sorcière, pourquoi es-tu si méchante ? »

Née le 29 octobre 1985 à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) de parents togolais, Laëtitia Avia a connu le parcours qui fait l’orgueil d’une République s’efforçant péniblement de maintenir un semblant d’apparences méritocratiques. Des cages d’escalier des HLM au perchoir de l’Assemblée, en passant par les cabinets feutrés des avocats d’affaires, la jeune avocate avait tout pour être la tête de gondole du pouvoir macronien, comme elle fut celle de la diversité à Sciences-Po Paris au début du siècle. Mais ses nombreuses frasques, révélées par Mediapart, ont creusé de sérieuses entailles dans cette image d’Épinal, au moment même où la loi qui porte son nom est retoquée par le Conseil Constitutionnel. Et la jeune femme de devenir subitement l’épine empoisonnée fichée dans le dos de LREM.

Formation

Laëti­tia Avia suit ses études sec­ondaires au lycée Auguste Blan­qui de Saint-Ouen où elle décroche un bac ES. Ce lycée est un des pre­miers étab­lisse­ments sco­laires ZEP à met­tre en place un parte­nar­i­at (Con­ven­tion Édu­ca­tion Pri­or­i­taire) per­me­t­tant à des élèves provenant de quartiers défa­vorisés d’accéder à Sci­ences Po selon une admis­sion par­al­lèle. La jeune femme saisit sa chance et est admise à l’IEP Paris en 2003, où elle obtient un mas­ter en droit économique, spé­cial­ité droit et régu­la­tion des marchés (2008) et un Mas­ter of Laws en droit com­paré (2009) obtenu à l’université McGill de Mon­tréal. Son mémoire, super­visé par Geneviève Saumi­er, est con­sacré à l’analyse de l’éventuelle intro­duc­tion des recours col­lec­tifs dans le droit français. Elle passe avec suc­cès le con­cours d’avocat l’année suiv­ante.

Parcours professionnel

Alors fraîche­ment diplômée, elle est repérée par l’influent avo­cat d’affaires et mem­bre de la com­mis­sion Attali, Jean-Pierre Dar­rois. Celui-ci la prend sous son aile et la propulse secré­taire générale de la com­mis­sion Dar­rois, qui doit pro­pos­er au gou­verne­ment une feuille de route sur la réforme de la pro­fes­sion d’avocat, au fonc­tion­nement encore trop archaïque dans un con­texte de mon­di­al­i­sa­tion heureuse. C’est à cette occa­sion que l’étudiante fait la con­nais­sance d’Emmanuel Macron qui est le rap­por­teur de cette com­mis­sion, comme il fut celui de la com­mis­sion Attali quelques mois plus tôt.

Elle œuvre comme juriste spé­cial­isée dans la fusion-acqui­si­tion au sein du cab­i­net Bar­rois, où elle entre comme sta­giaire en 2008 avant de l’intégrer en tant que col­lab­o­ra­trice en 2009. Pen­dant cette péri­ode, elle réalise un stage à l’autorité des marchés financiers, puis est affec­tée à la direc­tion juridique du Fonds Stratégique d’Investissement, ancêtre de Bpifrance. Elle rejoint le cab­i­net Deprez-Per­rot (devenu depuis Ner­io Legal) en qual­ité d’associée en 2014, avant de fonder son pro­pre cab­i­net dédié au con­tentieux en droit com­mer­cial et bour­si­er en avril 2016 aux côtés d’Adrien Per­rot, « à deux pas de la rue Saint- Guil­laume, dans les anciens locaux de maître Eric Dupond-Moret­ti. »

Par­al­lèle­ment, elle a été maître de con­férences à Sci­ences Po entre 2011 et 2017, où elle enseignait le con­tentieux économique et le droit des sociétés, et chargée de cours à l’université Paris XIII où elle enseignait le con­tentieux AMF (Autorité des Marchés Financiers).

Publications

Non ren­seigné.

Parcours militant

Elle fait la con­nais­sance du futur can­di­dat Macron à 23 ans, dont Libéra­tion affirme que « chaque hiv­er, ils s’échangent leurs vœux et, par mails, elle le tient au courant de son évo­lu­tion » (Libéra­tion). Son cœur penche à gauche et elle n’en fait pas mys­tère : « Je n’avais pas d’engagement poli­tique au sens où je n’étais pas encar­tée, explique-t-elle. Mais j’étais active au sein d’associations africaines et d’organisations prô­nant l’égalité des chances. Comme élec­trice, je votais plutôt à gauche. Dis­ons : du MoDem au PCF. La maire de ma ville était com­mu­niste et fai­sait du bon tra­vail… Donc, je la soute­nais. » (Jeune Afrique).

Fleu­rant le bon filon, elle prend sa carte à En marche ! dès la créa­tion du par­ti en 2016. Elle s’implique avec déter­mi­na­tion dans l’élaboration du pro­gramme du can­di­dat Macron en qual­ité d’experte jus­tice. Suite aux prési­den­tielles, elle est can­di­date sous la ban­nière d’En Marche dans la 8ème cir­con­scrip­tion de Paris, tra­di­tion­nelle­ment social­iste, où elle rem­porte une vic­toire écla­tante au sec­ond tour en récoltant 64,6% des suf­frages. Par­al­lèle­ment, elle est mem­bre du bureau exé­cu­tif et porte-parole de La République En Marche. Elle se fait omet­tre du bar­reau pour mieux se con­sacr­er à ses nou­velles fonc­tions.

Itinéraire d’une loi

Lors du dîn­er du Crif se déroulant en mars 2018, Emmanuel Macron annonce qu’il con­fie une mis­sion con­tre la cyber­haine à la députée Avia, Gil Taïeb, vice-prési­dent du Crif, et Karim Amel­lal, un écrivain et enseignant fran­co-algérien. Un rap­port détail­lé est remis au Pre­mier Min­istre en sep­tem­bre 2018, où appa­rais­sent déjà les lignes de force de la loi à venir, dont Avia sera le rap­por­teur : des amendes dis­sua­sives pour les opéra­teurs en cas de mod­éra­tion lax­iste, un délai de 24 heures pour le retrait de con­tenus haineux, procé­dure de sig­nale­ment unique. Le pou­voir de déci­sion repose d’abord unique­ment sur les plate­formes, puis, grâce à l’intervention du Con­seil d’État, cette prérog­a­tive est éten­due aux moteurs de recherche.

Le texte du pro­jet de loi est déposé à l’Assemblée en mars 2019 et sa mise en appli­ca­tion soulève des prob­lèmes de con­sti­tu­tion­nal­ité; après quelques va-et-vient, il est finale­ment adop­té le 9 juil­let 2019 à la qua­si-una­nim­ité. Mais il doit être noti­fié en urgence à la Com­mis­sion Européenne en août, comme tout pro­jet de loi qui entend créer des entrav­es au marché unique de l’information. Suite à l’examen appro­fon­di du pro­jet de loi, celle-ci doute de sa con­for­mité avec le droit européen, notam­ment en rai­son de restric­tions sur le com­merce élec­tron­ique que pour­rait engen­dr­er l’application des arti­cles 4 et 5. En défini­tive, Brux­elles recom­mande à la France, qui n’en a cure, de reporter ce pro­jet de loi. Retour à la case départ. Ain­si, celui-ci est réin­tro­duit par la Com­mis­sion des Lois à l’Assemblée en nou­velle lec­ture, après mod­i­fi­ca­tion par les séna­teurs de la mesure phare de la sup­pres­sion en moins de 24 heures, puis adop­té à nou­veau le 13 mai 2019, dans la foulée des révéla­tions sur les sail­lies racistes et homo­phobes de la députée. Les séna­teurs de droite, qui avaient lour­de­ment amendé le texte et fait échouer les efforts de la com­mis­sion mixte par­i­taire, sai­sis­sent aus­sitôt le Con­seil Con­sti­tu­tion­nel qui retoque la loi en juin 2020.

Un caractère bien trempé

Le 5 juil­let 2017, Le Canard Enchaîné rend pub­lic un rap­port de la police munic­i­pale qui se révèle acca­blant pour la députée fraîche­ment élue. Elle aurait mor­du un chauf­feur de taxi, suite au refus de celui-ci d’accepter un paiement par carte ban­caire, le ter­mi­nal étant hors ser­vice. Le chauf­feur aurait redé­mar­ré la voiture pour la diriger vers le dis­trib­u­teur le plus proche. L’intéressée nie en bloc, arguant qu’elle n’a fait que touch­er l’épaule du chauf­feur, qui lui aurait pris sa carte de force tout en refu­sant obstiné­ment d’arrêter le véhicule. Là où le bât blesse, c’est qu’elle aurait recon­nu avoir mor­du le con­duc­teur devant les policiers munic­i­paux lorsque ceux-ci se sont présen­tés sur les lieux de l’agression. La jeune femme finit par porter plaine pour séques­tra­tion, tan­dis que le chauf­feur porte plainte pour coups et blessures.

Elle défraye la chronique à nou­veau en mars 2020. Alors que la France s’apprête à se con­fin­er pour une durée indéter­minée, David Per­rotin rap­porte dans Libéra­tion que la députée aurait lour­de­ment insisté pour que son assis­tante par­lemen­taire inter­rompe son con­fine­ment et vienne la rejoin­dre à Paris. Elle aurait même sol­lic­ité préal­able­ment le min­istre de l’Intérieur afin d’obtenir son feu vert, alors même que cette déci­sion con­tre­vient à toutes les pré­cau­tions san­i­taires établies par le gou­verne­ment et que sa col­lab­o­ra­trice est atteinte d’une mal­adie auto-immune. Avia dément les allé­ga­tions, ce qui pousse la col­lab­o­ra­trice à annon­cer, dans un cour­ri­er adressé au prési­dent de l’Assemblée, sa démis­sion devant ce con­cen­tré de tyran­nie et de mau­vaise foi. Per­rotin tient sa proie et ne la lâchera pas avant de lui assén­er le coup de grâce.

Celui-ci inter­vient fort oppor­tuné­ment, à la veille du vote du pro­jet de loi à l’Assemblée, le 12 août 2020. Medi­a­part pub­lie un réquisi­toire con­tre la députée, reprenant les témoignages anonymisés de cinq de ses ex-col­lab­o­ra­teurs et des cap­tures d’écran de dis­cus­sions privées. Il appa­raît que la par­lemen­taire userait en privé d’un lan­gage fleuri qui n’a rien à envi­er à celui des « trolls » et des « têtes d’œuf » qu’elle décri­ait dans sa fameuse dia­tribe : « tu es un faux Chi­nois, tu ne maîtris­es pas Mac », « on a voté l’amendement des PD », ou encore « c’est ce qu’il se passe lorsque tu mets un gay à la com’ ». Au-delà des petites phras­es, le com­porte­ment décrit n’est pas sans faire penser à celui d’un dic­ta­teur d’une république bananière, comme lorsqu’elle exige d’un de ses assis­tants de lui bru­miser les jambes ou de deman­der à son équipe de pro­duire un faux témoignage pour jus­ti­fi­er la mise à pied d’une col­lab­o­ra­trice. Avia suit la même stratégie de défense, désor­mais éprou­vée : déné­ga­tions publiques, suiv­ies d’une plainte, pour diffama­tion cette fois. Il s’agirait, selon elle, de « bouts de mes­sages privés «qui» ont été tron­qués, détournés et décon­tex­tu­al­isés. C’est de la manip­u­la­tion hon­teuse, ani­mée par un seul objec­tif : me nuire et porter atteinte à mon com­bat poli­tique ».

Pour couron­ner le tout, on apprend égale­ment dans l’article que la députée se serait effor­cée de caviarder le pas­sage relatif à son alter­ca­tion avec le chauf­feur de taxi sur sa page Wikipé­dia : « Main­tenant, c’est une de tes pri­or­ités à la ren­trée, c’est ma e‑réputation […]. Le site Inter­net, je veux qu’on avance. Et Wikipé­dia. Wikipé­dia il y a plusieurs choses à faire. Il faut pren­dre le con­trôle sur cette page. Il ne suf­fit pas juste de sup­primer le para­graphe sur Le Canard enchaîné, il faut le réécrire de toute façon et le sourcer quand on le réécrit ».
Le coup est rude, même si l’état-major de LREM l’assure, offi­cielle­ment, de son sou­tient dans cette tem­pête médi­a­tique.

Collaborations

Non ren­seigné.

Vie privée

Laeti­tia Avia est le troisième enfant, le pre­mier né en France, d’un cou­ple d’immigrés togo­lais, le père chauf­feur bagag­iste, la mère aide-soignante. La famille grandit dans le quarti­er Biron de Saint-Ouen, situé de plein pied dans le Marché aux Puces.
L’avocate est mar­ié à Jean-Marc Béguinet, aupar­a­vant ingénieur chez le fab­ri­cant de drones Par­rot et actuelle­ment con­sul­tant financier chez Nova Sparks. Le cou­ple réside à Vin­cennes.

Elle l’a dit

« On bran­dit par­fois des principes qui ne sont pas mis en jeu. Au Cana­da, l’indépendance n’empêche pas les avo­cats de tra­vailler dans les entre­pris­es, ce n’est pas incom­pat­i­ble. », La Let­tre des Juristes d’Affaires, janvier/février 2018.

« Nous avons la respon­s­abil­ité de veiller à ce qu’Internet reste un lieu d’échange, de débat, de com­mu­ni­ca­tion, d’information, mais pas le ter­rain de jeu des pro­fes­sion­nels du har­cèle­ment, sans être inquiété. Ce qui n’est pas toléré dans le rue ne doit pas l’être sur Inter­net. […] À vous mes chers trolls, haters, têtes d’œuf anonymes, qui vous croyez seuls cachés der­rière vos écrans, vous qui êtes infin­i­ment petits et lâch­es, sachez que nous nous bat­trons pour vous trou­ver et vous met­tre face à vos respon­s­abil­ités, car ce que nous enga­geons, c’est la fin de l’impunité. », Dis­cours de défense du pro­jet de loi, 3 juil­let 2019.

« J’ai créé mon compte Face­book en 2005, avant même qu’il n’arrive en France. Je suis d’ailleurs présente sur tous les réseaux soci­aux, et je ne compte pas en par­tir. Les trolls seront prévenus. Car, au moment où on se par­le, je sais que je suis en train de me faire insul­ter. Des mes­sages comme «sale négresse», j’en ai reçu un hier. […] C’est un enjeu de san­té publique dont on traite ici. Ce n’est pas la marotte d’une politi­ci­enne. C’est le tra­vail d’une députée qui est très exposée aux con­tenus haineux, qui voit à quel point ça peut génér­er de la souf­france et qui souhaite que des mesures effi­caces soient mis­es en œuvre. », CNEWS, 3 juil­let 2019.

Sa nébuleuse

Jean-Michel Dar­rois : Surnom­mé « l’avocat qui mur­mure à l’oreille des patrons, l’homme règne sur un des cab­i­nets les plus renta­bles de France, Dar­rois Vil­ley Mail­lot Brochi­er (80,5 mil­lions d’euros de chiffre d’affaires en 2018). Il gagne sa répu­ta­tion grâce aux nom­breuses OPA que son cab­i­net facilite aux cours des années 90, qui sont celles de la général­i­sa­tion des fusions-acqui­si­tions : rachat de Per­ri­er par Nestlé en 1992, celui d’UAP par Axa en 1996, ou encore celui d’Elf par Total­Fi­na. En out­re, il obtient l’acquittement de Lau­rent Fabius, son ami de cinquante ans, dans l’affaire du sang con­t­a­m­iné. Il est réputé proche de François Pin­ault et de Mar­tin Bouygues, dont il a con­tribué à con­solid­er les empires respec­tifs, et peut se tar­guer d’un des plus impor­tants car­nets d’adresses de la place de Paris. Laeti­tia Avia ne prend pas de déci­sion impor­tante sans se référ­er à son men­tor, comme elle l’avoue sans peine.

Adrien Per­rot : Asso­cié-fon­da­teur du cab­i­net APE. Co-fon­da­teur de l’Incubateur du Bar­reau de Paris. Il se sub­stitue à Avia en tant qu’expert du pro­gramme jus­tice pen­dant la cam­pagne lorsque la future députée est appelée sur le ter­rain. « Avec Adrien, nous avons tou­jours été très exigeants vis-à-vis de notre pro­fes­sion dont nous avons une vision pro­gres­siste. Une pro­fes­sion doit se don­ner les moyens d’évoluer ».

Club du XXIè siè­cle : Le club est fondé en 2003 par Hakim El-Karoui, plume de Raf­farin à Matignon et auteur du fameux rap­port sur l’islam de France, Rachi­da Dati et Béchir Mena. « Mem­bre de plusieurs groupes de réseau­tage rassem­blant les élites de la diver­sité, dont le Club XXIe siè­cle, elle croit à l’entraide com­mu­nau­taire — «une façon de pal­li­er l’absence de car­nets d’adresses» — et au men­torat. » (Libéra­tion) « Fleur Pel­lerin en était la prési­dente jusqu’à son entrée au gou­verne­ment. Avant elle, Rachi­da Dati, Rama Yade et Jean­nette Bougrab, toutes min­istres sous l’ère Sarkozy, y ont aus­si appartenu – ain­si que nom­bre de chefs d’entreprise, de juristes, de ban­quiers et de hauts fonc­tion­naires, la plu­part d’origine immi­grée. » (Van­i­ty Fair)

African Busi­ness Lawyers Club : « Créé en mai 2011 sous forme d’association loi 1901, l’African Busi­ness Lawyers Club (en abrégé  « ABLC  » ou le « Club ») est un club réu­nis­sant de jeunes pro­fes­sion­nels du droit ani­més par la volon­té de pro­mou­voir, auprès d’investisseurs et de prati­ciens intéressés par l’Afrique, une meilleure per­cep­tion de la pra­tique des affaires en Afrique. » Par­mi les parte­naires de l’association, on compte Medef Inter­na­tion­al, Deloitte ou encore l’hebdomadaire Jeune Afrique.

Comité ONU Femmes France : « ONU Femmes France réu­nit des femmes et des hommes volon­taires issus de dif­férents secteurs d’activité (secteurs privé, asso­ci­atif et insti­tu­tion­nel) et regroupant des com­pé­tences com­plé­men­taires, engagés autour d’un pro­jet com­mun en faveur des droits des femmes et de la pro­mo­tion de l’égalité femmes-hommes. »

Ambas­sadrice du pro­jet EllesVo­tent et mem­bre du Con­seil Con­sul­tatif de cette ini­tia­tive mise en œuvre en 2014, à l’occasion du 70ème anniver­saire de l’attribution du droit de vote aux femmes.

On a dit à son sujet

« Avia plaide de son côté, dans un mémoire écrit en 2012, pour l’in­tro­duc­tion en droit français du mécan­isme améri­cain de la class action pour les action­naires de sociétés.
Une “class action” (action de groupe en français) est un moyen pour un groupe de per­son­nes ayant subit un préju­dice iden­tique d’obtenir une indem­ni­sa­tion col­lec­tive rapi­de. À l’is­sue d’une analyse assez méprisante pour notre droit par rap­port а un sys­tème améri­cain présen­té comme “mod­erne”, L. Avia plaide pour l’in­tro­duc­tion en France de ce mécan­isme pour les per­son­nes ayant subit un dom­mage de la part de l’en­tre­prise dont ils sont action­naires. Cela leur per­me­t­trait d’obtenir plusieurs mil­liers d’eu­ros de répa­ra­tion en cas de mau­vais investisse­ment. En clair, cela donne le droit aux action­naires d’at­ta­quer une entre­prise dans laque­lle ils ont investi sous pré­texte qu’elle leur fait per­dre de l’ar­gent. Or, n’est-ce pas lа le pro­pre du risque de l’in­vestisse­ment ?
L. Avia entrap­erçoit d’elle-même toute l’ig­no­minie et l’ab­sur­dité de con­fér­er une telle prérog­a­tive aux action­naires. Sous cou­vert d’une objec­tion idéologique (comme si son pro­pos ne l’é­tait pas) elle admet que l’e­sprit de jus­tice des “class action” ne se con­cilie pas spon­tané­ment avec l’u­nivers de la finance dom­inée par la prise de risque et la spécu­la­tion. C’est donc sci­em­ment qu’elle fait fi des con­séquences funestes de cette procé­dure sur l’emploi et sur l’in­vestisse­ment dans l’é­conomie réelle. », Medi­a­part, 5 juin 2017.

« Les pre­miers mois rue Saint-Guil­laume sont un cal­vaire : « C’était les débuts de la téléréal­ité, on nous appelait “la ZEP Acad­e­my”.» Elle demande à être réori­en­tée, la direc­tion de Sci­ences Po décide l’inverse. Elle sera l’ambassadrice du pro­gramme. Vis­ites dans les lycées, inter­views dans la presse, voy­ages. Autant de shoots d’ego, mais tou­jours cette impres­sion de jouer un rôle, « la Parisi­enne ou la ban­lieusarde », selon le côté du périph. La fusion des facettes se fait à l’étranger, lors de son année d’études à Toron­to. Aujourd’hui, celle qui a voté Bay­rou en 2007 et Hol­lande en 2012, se dit ravie de ne plus avoir à choisir entre droite et gauche. Logique­ment, ses mod­èles sont anglo-sax­ons, libéraux et, à ses yeux, presque apoli­tiques. Con­doleez­za Rice d’abord, fau­con bushiste, « une femme si solide, pas une mèche de tra­vers ». Puis Sheryl Sand­berg, numéro 2 de Face­book, à laque­lle elle a piqué son cre­do : « La déci­sion la plus impor­tante pour votre vie pro, ce sera le choix de votre com­pagnon. » Le mot « fémin­iste » l’a longtemps « embêtée » mais, depuis qu’elle est « en marche », elle l’endosse enfin, « sans être une Femen ». », Libéra­tion, 7 juin 2017.

« Je veux vous par­ler d’une femme, (…) dont les par­ents, chauf­feur bagag­iste et aide-soignante, ne s’at­tendaient pas à ce qu’elle accède à une grande école parisi­enne, puis devi­enne avo­cate, puis tra­vaille dans les cab­i­nets les plus pres­tigieux, puis fonde son pro­pre cab­i­net», déclarait en juil­let 2017 Édouard Philippe, devant une Assem­blée nationale toute ouïe, dans son dis­cours de poli­tique générale. «Cette jeune femme siège aujour­d’hui sur vos bancs. Sa réus­site est le fruit de son tra­vail, son engage­ment, de sa ténac­ité, elle la doit aus­si à la déci­sion d’un respon­s­able pub­lic, en l’oc­cur­rence le directeur de Sci­ences Po, qui avait quelques années aupar­a­vant décidé de bous­culer son insti­tu­tion pour l’ou­vrir à des formes d’ex­cel­lence peut-être un peu moins clas­siques. », Édouard Philippe, Dis­cours de poli­tique générale, 4 juil­let 2017.

« C’était sans doute la meilleure par­mi mes élèves, qui étaient bien sûr tous excel­lents. Elle était déter­minée, lumineuse avec une per­son­nal­ité très forte. », Jean-Michel Dar­rois, La Let­tre des Juristes d’Affaires, janvier/février 2018.

« Cette semaine, Madame Avia a reçu une let­tre anonyme à l’Assemblée nationale dans laque­lle elle est com­parée à « une grosse tru­ie venue d’Afrique ». Il est évi­dent que le pro­pos est d’une rare vio­lence, d’un racisme absolu et d’une bêtise sans nom. […] Alors oui, la let­tre reçue par Madame Avia est d’une bêtise crasse. Mais être exposé aux insultes quo­ti­di­ennes, c’est le pro­pre d’une per­son­nal­ité poli­tique. Ce qu’on attend d’elle, c’est de savoir y faire face et non de se lamenter dans une pos­ture de vic­time. Il faut savoir laiss­er les bass­es œuvres mourir de leur pro­pre poi­son. Le mépris que l’on doit avoir pour ce genre d’insulte doit con­duire à répon­dre par la plus par­faite indif­férence. Répli­quer, c’est s’abaisser à son niveau et dis­créditer la fonc­tion que l’on représente. Il y a sans doute mieux à faire que de jouer avec son physique ou sa couleur de peau pour s’attirer les faveurs de l’opinion. », Causeur, 2 mars 2018.

« Avia, c’est une gamine de 4e B au col­lège qui n’a pas gran­di et pour qui la vie est une cour de récré. Mais ça peut faire très mal quand c’est vous qui êtes ciblé », Libéra­tion, 13 mai 2020.

« Je n’ai pas de com­men­taires à faire sur des rumeurs de presse telles que vous les relayez. […] Je tiens néan­moins, et très chaleureuse­ment à saluer le tra­vail qui est le sien en matière de lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions et de lutte con­tre la haine sur les réseaux soci­aux. Elle en a témoigné en por­tant avec beau­coup de brio une propo­si­tion de loi que vous con­nais­sez aujourd’hui. », Sibeth N’Diaye, Valeurs Actuelles, 13 mai 2020.

« La séquence « arroseur arrosée » qui frappe Laeti­tia Avia au-delà de son côté savoureux, pose très exacte­ment le prob­lème de l’application du texte qu’elle a fait adopter. Des pro­pos pronon­cés dans un cadre sem­ble-t-il fam­i­li­er, sur l’ambiance duquel on ne dis­pose d’aucune infor­ma­tion, sont présen­tés comme autant de « déra­pages » homo­phobes et racistes. Il est impos­si­ble de savoir si ce qu’elle a dit ou écrit était du pre­mier ou du sec­ond degré. Et les témoignages de son entourage sur son car­ac­tère et ces com­porte­ments ne peu­vent pas nous ren­seign­er, per­me­t­tant seule­ment de savoir ce qui était déjà une évi­dence que ladite per­son­ne était un mod­èle de bru­tal­ité et d’arrogance. Quant à son dis­cours à la tri­bune de l’Assemblée, avec sa petite litanie d’insultes elles-même haineuses démon­trent à quel point cette soi-dis­ant « lutte con­tre la haine » n’est qu’un pré­texte. Alors ce ne sont pas l’ambiguïté de cer­tains pro­pos qui rend l’application de la loi prob­lé­ma­tique, c’est le fait que cette loi soit rad­i­cale­ment incon­sti­tu­tion­nelle. », Régis de Castel­nau, Atlanti­co, 15 mai 2020.

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