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Gilles Bouleau

13 juillet 2017

Temps de lecture : 8 minutes
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Gilles Bouleau

L’Anglo-Saxon de TF1

Homme discret, anti-star, sérieux, marathonien, de Gilles Bouleau on ne connaît que son caractère et sa façon de présenter le 20H de TF1. Pur produit TF1, il n’était pourtant pas destiné à devenir présentateur vedette…

Gilles Bouleau est né en mai 1962. Il est jour­nal­iste à la télévi­sion française et présente le jour­nal de 20 heures sur TF1 depuis juin 2012. Il est mar­ié à la jour­nal­iste Élis­a­beth Tran (diplômée de l’École supérieure de jour­nal­isme de Lille, chef de rubrique au ser­vice cul­ture de TF1) et père de deux filles.

Dès 17 ans, Gilles Bouleau se fascine pour le fonc­tion­nement des régimes total­i­taires, col­lec­tion­nant alors les ouvrages trai­tant notam­ment de l’Union Sovié­tique. Il grandit à Colombes, ville indus­trielle des pneus Kle­ber, qui est alors un véri­ta­ble bas­tion du com­mu­nisme. C’est à cette même époque qu’il décide d’intégrer Sci­ences-Po à Paris, ou il aura comme pro­fesseur un cer­tain François Hol­lande. Il s’en­nuie pen­dant trois ans dans la sec­tion ser­vice pub­lic qui pré­pare à l’E­NA puis réus­sit en 1983 le con­cours d’en­trée au CFJ.

Formation

Gilles Bouleau est diplômé du Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes de Paris (CFJ) et de l’In­sti­tut d’é­tudes poli­tiques de Paris (Sci­ences Po).

Parcours professionnel

1986 – Âgé de 24ans, Gilles Bouleau reçoit le Prix Jean d’Arcy. Un prix des­tiné aux jeunes jour­nal­istes. Cette même année il fait ses débuts sur TF1 au ser­vice Économie et Social. Il occu­pera ensuite suc­ces­sive­ment les ser­vices Poli­tique Intérieurs, Enquêtes et Reportages, pour finir au ser­vice des Infor­ma­tions Générales.

1987 – Il part en Yougoslavie durant la guerre civile. Peu de temps après, il descen­dra l’A­ma­zonie à la rame pour ren­con­tr­er le chef Raoni.

1988 – À peine embauché chez TF1, Gilles Bouleau est envoyé au Cap d’Agde pour cou­vrir la fête des jeuness­es du Front Nation­al. Une pre­mière pour le jeune jour­nal­iste qui assiste en direct au fameux jeu de mot de Jean-Marie Le Pen sur le min­istre Durafour, « Durafour cré­ma­toire ». Il cou­vri­ra égale­ment la prési­den­tielle française.

1994 – Gilles Bouleau devient Grand Reporter ain­si que Chef adjoint au ser­vice Arts et Spec­ta­cles.

1996 / 1999 – Il présente la Mati­nale sur la chaine LCI (chaine fil­iale de TF1).

1999 – Gilles Bouleau est rédac­teur en chef adjoint pour l’émission « 19h Dimanche », à ce moment là présen­tée par Ruth Elkrief.

2001 / 2005 – Il s’installe à Lon­dres et occupe le poste de cor­re­spon­dant per­ma­nent pour TF1. Gilles Bouleau par­ti­ra de Lon­dres en Juil­let 2005, quelques jours après les atten­tats dans le métro.

2005 / 2011 – Gilles Bouleau quitte Lon­dres pour devenir cor­re­spon­dant à Wash­ing­ton (tou­jours pour TF1). Il suiv­ra la cam­pagne de Barack Oba­ma pour la mai­son Blanche.

2011 – Il retourne en France et prend en charge les opéra­tions spé­ciales. Mais c’est égale­ment durant cette péri­ode que la direc­tion de TF1 le choisit pour occu­per le poste de rem­plaçant pour le JT de 20H de la semaine. Il dirige égale­ment « une équipe chargée d’imag­in­er et d’or­gan­is­er un flux de don­nées graphiques et info­gra­phies inté­grées aux jour­naux de TF1 ».

2012 – A la suite de la démis­sion de Lau­rence Fer­rari, Gilles Bouleau est nom­mé présen­ta­teur et rédac­teur en chef du JT de 20H de la semaine sur TF1, dans un pre­mier temps par intérim, puis de manière défini­tive. Le 4 juin 2012 il présente son pre­mier jour­nal télévisé en tant que tit­u­laire. En août il co-présente les céré­monies d’ouverture et de clô­ture des JO de Lon­dres avec Denis Brog­niart, Amélie Mau­res­mo et Har­ry Rosel­mack.

2013 – Le 10 juil­let, il inter­view Bernard Tapie sur la saisie de ses biens dans l’affaire de l’arbitrage Adi­das. Une inter­view qui lui vaut un titre sur le Nou­v­el Obs : « Tapie mis KO par Bouleau sur TF1 ».

2014 – Il est sacré “Meilleur présen­ta­teur de JT” lors des TV Notes 2014.

2014 – Gilles Bouleau reçoit Pierre Bergé et Pas­cal Obis­po sur son plateau dans le cadre du Sidac­tion. Devant 7 mil­lions de téléspec­ta­teurs le jour­nal­iste affirme : « Est-ce que c’est dur aujourd’hui de faire appel à la générosité des français alors que grâce à ces pro­grès sci­en­tifiques, le SIDA est une mal­adie chronique ? C’est une mal­adie grave, mais on n’en meurt pas ». Une phrase qui fera le tour sur le web et provo­quera l’indignation de plusieurs per­son­nal­ités, des péti­tions inter­net cir­culeront en deman­dant sa démis­sion.

En reprenant le JT de 20H, Gilles Bouleau a per­mit à TF1 de faire remon­ter l’audience, mise à mal par le jour­nal de Lau­rence Fer­rari. Son JT creuse ain­si l’écart avec celui de France 2 de 300 000 téléspec­ta­teurs.

Ce qu’il gagne

En juil­let 2014 dans un por­trait accordé au jour­nal Libéra­tion Gilles Bouleau déclarait :

« Dans un autre pays, je l’aurai peut-être dit (…) Je gagne bien ma vie, c’est une rémunéra­tion à la hau­teur de mes respon­s­abil­ités mais l’argent n’a jamais été un moteur.»

Selon Télé2Semaines il gag­n­erait 40.000 euros par mois. Il a démen­ti ce chiffre, indi­quant qu’il « gagne ce que gagne un bon gar­di­en de but en France en 2e divi­sion », c’est à dire 30.000 € par mois selon Jeanmarcmorandini.com.

Dans le livre d’livre d’Aude Das­sonville et Jamal Hen­ni, « TF1, couliss­es, secrets, guer­res internes » (édi­tions Flam­mar­i­on) on apprend que Gilles Bouleau est payé « qua­tre fois moins cher » que Patrick Poivre d’Ar­vor, qui était rémunéré 100.000 euros par mois. C’est à dire qu’il toucherait 25.000 €.

Publications

L’Ordre du Tem­ple Solaire : les secrets d’une manip­u­la­tion (avec Arnaud Bédat et Bernard Nico­las), Flam­mar­i­on, 2000

Parcours militant

Non ren­seigné

Collaborations

Non ren­seigné

Il a dit

« Fort de mes sou­venirs des derniers débats lors des pri­maires de la Droite et de la Gauche, on se met en immer­sion bien avant le jour J. Depuis quelques jours, je fais des allers-retours à la Plaine Saint-Denis en ban­lieue parisi­enne où est situé notre plateau conçu spé­ciale­ment pour l’occasion. Là, avec Anne-Claire et une équipe d’une dizaine de per­son­nes, on s’enferme avec des sand­wichs, une cafetière et des bases de don­nées. On con­stru­it alors ce qui sera l’architecture du débat. L’idée étant d’être prêt lun­di soir », Ouest-France, 16/03/2017, sur la pré­pa­ra­tion du débat de la prési­den­tielle entre cinq des grands can­di­dats (sur onze) à savoir Hamon (PS), Fil­lon (UMP/LR), Mélen­chon (LFI), Le Pen (FN) et Macron (LREM).

« On anticipe ce que pour­rait être la réponse de tel can­di­dat à telle ques­tion. Le « fact check­ing », on préfère le faire bien avant et pas pen­dant ou après car là, c’est trop tard. On ferme les yeux et on imag­ine chaque séquence de ce débat », ibid.

« [le jour­nal­iste] est arbi­tre, présen­ta­teur, cor­recteur si une erreur factuelle inter­vient dans l’argumentaire d’un homme poli­tique, mais il est aus­si quelques fois casque bleu entre les hommes poli­tiques. En tout cas, il ne cherche pas le buzz ni la super­po­si­tion des paroles au point que cela en deviendrait inaudi­ble. Enfin, il est un peu accoucheur, de façon à ce qu’à la fin on puisse avoir enten­du de la matière pour mieux étay­er son juge­ment », ibid.

« Le « JT » est une œuvre col­lec­tive où tout le monde vient avec sa per­son­nal­ité. Je me sens un hum­ble et zélé servi­teur de l’info », ibid.

« J’ai du mal à décro­cher. Même le week-end, je me tiens très au courant. Pour décom­pres­ser, je cours », Gala, 24/11/2016.

« À quoi bon entass­er des mil­lions d’in­for­ma­tions si le pub­lic n’en retient qu’un tiers ou la moitié ? Le par­ti pris, c’est celui de la clarté », inter­view don­née à Ozap, 2014.

« Les gens qui nous regar­dent se trou­vent loin de la tri­an­gu­la­tion poli­tique et des jeux à l’in­térieur des par­tis. Ils se deman­dent sim­ple­ment : qui est cette per­son­ne ? A‑t-elle de la sub­stance ? De la solid­ité ? Que veut-elle faire ? Quelles sont ses références ? Pos­er des ques­tions per­ti­nentes, c’est un hom­mage à l’in­tel­li­gence des hommes poli­tiques ; ça les oblige à clar­i­fi­er leur pen­sée », inter­view dans Le JDD, 2014.

« Jamais seul. J’y vais avec Claire Chaz­al, Cather­ine Nayl ou quelqu’un d’autre de la rédac­tion. Je ne veux pas qu’il se crée un rap­port per­son­nel » (à pro­pos des repas avec les poli­tiques), Le Parisien, 2014.

« Je suis très aut­o­cri­tique et cela se finit avec un bouil­lon de poule parce que je me trou­ve très impar­fait et le jour­nal impar­fait », sur France Info, 2014.

« Enfant, je ne com­pre­nais rien et j’avais envie de com­pren­dre. Jour­nal­iste, c’est un méti­er, un savoir-faire, mais c’est la pro­lon­ga­tion d’une curiosité naturelle », sur France Info, 2014.

« Des États-Unis, j’ai repris le com­men­taire d’une pho­to que j’ai ajouté en fin de jour­nal comme une frian­dise », dans une inter­view accordée au jour­nal Le Point, 2012.

« C’est une démoc­ra­tie éton­nante, qui s’est fédérée en peu de temps autour d’un can­di­dat créé ex nihi­lo. En France, il faut des années de ges­ta­tion pour devenir légitime » à pro­pos de l’élection de Barack Oba­ma, Libéra­tion, 2012.

« Si on se dévoile trop, il ne faut pas s’étonner du retour de bâton », Libéra­tion, 2012.

« Mes con­vic­tions n’ont pas vrai­ment évolué mais elles sont guidées, défor­mées par ma pro­fes­sion », Libéra­tion, 2012.

« L’un venait d’une famille épou­vantable­ment big­ote, l’autre était protes­tante, et moi, je suis athée, laïque, agnos­tique » (à pro­pos de ses par­ents), Nou­v­el Obs, 2012.

« Le Pen est en sueur et, au détour de son dis­cours, lâche son “Mon­sieur Durafour cré­ma­toire”… L’assistance est morte de rire, les vieux briscards de l’AFP ne per­cu­tent pas, j’ai la sur­prise du débu­tant. Il est 19 heures, j’appelle la rédac­tion, on a les images… », à pro­pos des Journées de la Jeunesse du Front Nation­al en 1988, tiré d’un reportage du Nou­v­el Obs, 2012.

« Le jour­nal de 20 heures de TF1 doit être “classieux” », dans Le répub­li­cain Lor­rain, 2013.

Ils ont dit de lui

« Le coureur qu’il est affiche des records per­son­nels tout à fait respecta­bles : 39 min­utes au 10 km, 1 h 29 sur le semi-marathon et 3 h 16 sur le marathon. », Le Télé­gramme, 02/07/2017, au sujet de sa pra­tique de la course, alors qu’il fai­sait par­tie des con­cur­rents du trail de 56 km de l’Ul­tra­marin dans le Mor­bi­han.

« Depuis trente ans dans le groupe TF1, Gilles Bouleau est excel­lent présen­ta­teur, sobre mais pas fade, bon con­nais­seur du milieu poli­tique et surtout neu­tre », Bruno Masure, Élysée Académie, 2017.

« Il n’est pas le genre à pos­er en famille. On sait seule­ment de lui qu’il est compé­tent, profes­sion­nel, confra­ter­nel, qu’il s’est pas­sion­né pour l’éco­no­mie, le socié­tal, la cul­ture. », Gala, 24/11/2016.

« Chaque matin, il se réveille – tôt ! Entre 6h30 et 7h – au son des mati­nales sur diffé­rentes radios. Sur sa tablette, il passe en revue les JT améri­cains de la veille, dispo­nibles en ligne. Puis il feuil­lette les quoti­diens natio­naux, Le Monde, Libé­ra­tion, le Figaro et les inter­na­tio­naux, Washing­ton Post, New-York Times, Guar­dian…Arrivé dans son bureau, au deux­ième étage de la tour TF1, où tour­nent en boucle les chaînes d’info, français­es et étran­gères, il com­plète sa revue de presse avec l’Equipe, les Echos. Le soir. Avant de se couch­er, il feuil­lette encore la presse spécia­li­sée », ibid.

« Quand je l’ai con­nu à Sci­ences Po, c’é­tait quelqu’un à la marge, à côté du main­stream. Il était à la fois décon­neur et curieux de tout, une vraie éponge » relate Jean-Marc Lachaud, un de ses meilleurs amis Le JDD, 2014.

« Pour pos­er deux ques­tions, Gilles lit 50 arti­cles. Ce qui le car­ac­térise, c’est une extrême exi­gence avec les autres et avec lui-même » Cather­ine Nayl, direc­trice de l’in­for­ma­tion de TF1, Le Parisien, 2014.

« Gilles sait ce qu’il veut. Bien sûr qu’il y a des choses qui peu­vent l’én­erv­er : le manque de rigueur ou le fait qu’un angle qu’il a demandé ne soit pas respec­té… Mais ce n’est pas un san­guin : il n’ex­plose pas et n’est pas cinglant » Cather­ine Nayl, direc­trice de l’in­for­ma­tion de TF1, dans Le Parisien, 2014.

« Il a un humour très british », selon ses col­lègues, Le Parisien, 2014.

« Il est dif­fi­cile de devin­er ses opin­ions, ce n’est pas un idéo­logue, plutôt un pas­sion­né par l’information, drôle de sur­croît » Marie-France Etchegoin, une anci­enne cama­rade de classe, jour­nal­iste au Nou­v­el Obser­va­teur, dans le jour­nal Libéra­tion, 2012.

« Au milieu des années 1990, il était un peu au bord du chemin, les sujets qui plai­saient alors étaient plus bruts de décof­frage, son style jugé trop pré­cieux » des con­frères dans le Nou­v­el Obs, 2012.

« Gilles Bouleau n’est pas du genre grande gueule. Mais, de mémoire d’ancien, il se mon­trait très caus­tique et cru­el sur les tra­vers de TF1, son bal­ladurisme en 1995, le dilet­tan­tisme de PPDA… » Jean-Sébastien Fer­joux, cofon­da­teur d’Atlanti­co, qui l’a côtoyé à LCI, Nou­v­el Obs, 2012.

« Mal­heureuse­ment, c’est à cause de paroles comme celles que vous venez de pronon­cer que les gens se sont éloignés de cette recherche et des dons pour le SIDA. À par­tir du moment où un jour­nal du soir très impor­tant a titré ‘le SIDA, bien­tôt une mal­adie comme les autres’, la générosité des gens a com­plète­ment flanché » Pierre Bergé, sur le plateau de TF1, avril 2014.

« Mal­heureuse­ment, c’est à cause de paroles comme celles que vous venez de pronon­cer que les gens se sont éloignés de cette recherche et des dons pour le SIDA. À par­tir du moment où un jour­nal du soir très impor­tant a titré ‘le SIDA, bien­tôt une mal­adie comme les autres’, la générosité des gens a com­plète­ment flanché » Pierre Bergé, sur le plateau de TF1, avril 2014.

Sa nébuleuse

Claire Chaz­al, David Pujadas, Cather­ine Nayl (direc­trice de l’information de TF1).

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