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Didier Raoult

8 novembre 2021

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Didier Raoult

8 novembre 2021

Envers et contre tous

« Les grands sci­en­tifiques n’obéissent à personne. »
Mar­i­anne, 26 mars 2020.

Le professeur Didier Raoult n’est ni journaliste, ni éditorialiste, ni éditeur. Mais son emprise médiatique est telle à partir du printemps 2020 au début de l’épidémie de coronavirus et tout au long de l’année 2021, qu’un portrait intéressera nécessairement nos lecteurs.

Fils d’un pro­fesseur de médecine trop­i­cale dans le ser­vice de san­té des armées, né à Dakar en 1957, le pro­fesseur Raoult, dont le patronyme d’origine nor­roise (con­trac­tion de « rath » , avisé, et de « ulfr », loup) ren­voie aux guer­ri­ers scan­di­naves, est un infec­ti­o­logue et viro­logue de stature inter­na­tionale qui emprunte autant aux per­son­nages d’Ibsen qu’aux druides de l’ancienne Gaule. Des pre­miers, il a en com­mun la haute con­science de sa valeur et une sorte d’idéalisme aris­to­cra­tique qui le con­duit à s’opposer à la majorité com­pacte dans les moments de crise ; des sec­onds, il a l’aspect chevelu et l’autorité sac­er­do­tale. Autant de qual­ités qui le ren­dent sus­pect aux yeux d’une par­tie des experts et des sachants, qui espèrent vive­ment son échec, et prov­i­den­tiel aux yeux des chefs d’État étrangers qui mis­ent sur la chloro­quine pour endiguer la pandémie. Didi­er Raoult sera-t-il le Pas­teur du début du XXIème siè­cle ou son pro­fesseur Nimbus ?

Formation

Son bac­calau­réat lit­téraire en poche, qu’il passe en can­di­dat libre, le jeune Raoult décide de s’engager comme matelot pour voir du pays. Une fois ras­sas­ié d’aventures et de paysages, et pressen­tant que cette vie n’est pas tout à fait pour lui, il ren­tre à Mar­seille. Son père n’accepte de financer ses études qu’à la con­di­tion que celui-ci opte pour la médecine. Un choix judi­cieux, car la soif de con­nais­sances et la curiosité académique du futur pro­fesseur l’amènent à s’intéresser à de nom­breux sujets.

Ain­si, il est deux fois doc­teur en médecine (1981) et en biolo­gie humaine (1985, thèse con­sacrée à l’étude de la fièvre bou­ton­neuse méditer­ranéenne) et dou­ble­ment tit­u­laire d’un C.E.S (Cer­ti­fi­cat d’Études Supérieures) en bac­téri­olo­gie-virolo­gie clin­ique (1981) et diag­nos­tic biologique par­a­sitaire (1982). Il compte égale­ment un cer­ti­fi­cat en phar­ma­colo­gie générale (1983). Il com­plète sa for­ma­tion en Amérique, au Cen­tre pour le con­trôle et la préven­tion des mal­adies d’Atlanta, où il obtient deux cer­ti­fi­ca­tions, une sur les principes d’épidémiologie (1983) et l’autre sur le con­trôle de la prop­a­ga­tion des mal­adies trans­mis­si­bles (1984).

Parcours professionnel

Dès 1984, il devient assis­tant à l’université et crée son pre­mier lab­o­ra­toire de recherche. Deux ans plus tard, en 1986, il devient maître de con­férences, puis pro­fesseur deux ans plus tard. Il est nom­mé prési­dent de l’Université AIx-Mar­seille en 1994, à seule­ment 42 ans. Il s’empresse de rebap­tis­er l’université « Uni­ver­sité de la Méditer­ranée » dans l’intention de con­tester la préémi­nence his­torique d’Aix-en-Provence dans le domaine académique et de met­tre en valeur la ville de Mar­seille. En 1995, il obtient le titre de pro­fesseur de pre­mière classe. Il obtient le grade de pro­fesseur de classe excep­tion­nelle de 1er éch­e­lon en 2000, et de 2ème éch­e­lon en 2003.

Le micro­bi­ol­o­giste est à l’origine de cer­taines décou­vertes majeures comme les virus géants (mimivirus, mar­seille­virus…), de l’identification de plus d’une cen­taine de nou­velles bac­téries pathogènes, dont cer­taines por­tent son nom (Raoul­tel­la plan­ti­co­la ou Rick­ettsia raoul­tii) ou la mise en évi­dence du rôle de cer­tains micro-organ­ismes dans des mal­adies comme la fièvre Q, la bac­térie à l’origine mal­adie de Whiple (dont il a décryp­té le génome), les endo­cardites ou les lym­phomes non hodgkiniens.

En 2002, il est chargé de mis­sion sur le bioter­ror­isme au Min­istère de la San­té. En 2003, Didi­er Raoult remet à Jean-François Mat­tei, alors min­istre de la San­té, un rap­port de mis­sion, où il pré­conise la créa­tion d’IHU (Insti­tut Hos­pi­ta­lo-Uni­ver­i­taire) afin de libér­er la recherche médi­cale du car­can éta­tique et d’être plus com­péti­tif au plan inter­na­tion­al. C’est dans ce rap­port qu’il sug­gère l’idée d’une bar­rière d’infectiopôles sim­i­laire à la forter­esse de Vauban. Raoult obtient son infec­tiopôle, l’IHU Infec­tion Méditer­ranée, à Mar­seille en 2012, dont il devient le directeur. Le nou­v­el insti­tut rassem­ble au sein d’une même struc­ture le soin aux malades, l’en­seigne­ment, la recherche et la pro­duc­tion de médica­ments. Les chercheurs de cette insti­tu­tion pro­duisent 700 pub­li­ca­tions inter­na­tionales par an, dont une cinquan­taine est signée ou co-signée par Raoult, dans les revues Nature ou Sci­ence. L’institut est à la pointe de la tech­nolo­gie médi­cale. Il écrivait des chroniques san­té pour Le Point entre 2011 et 2018 et con­tin­ue à inter­venir, quoique moins régulière­ment qu’auparavant, dans Les Échos.

Ses rap­ports orageux avec l’Inserm et avec Yves Lévy, qu’il n’hésite pas à cri­ti­quer verte­ment dans les médias, entraî­nent la non-recon­nais­sance de son insti­tut par l’Inserm et le CNRS. Leur con­tentieux remonte à l’époque où Raoult cri­ti­quait les efforts déployés par Lévy pour trou­ver le vac­cin du sida, efforts qu’il juge vains. La ten­ta­tive de réforme des IHU que souhaitait amorcer Agnès Buzyn en 2017, visant à met­tre fin au mod­èle des fon­da­tions, met le feu aux poudres. Et Raoult de s’en émou­voir publique­ment. Selon Hervé Vau­doit, « Yves Lévy a tou­jours détesté Raoult et n’a pas sup­porté cet échec, il s’est servi de ces accu­sa­tions de har­cèle­ment con­tre des mem­bres de l’équipe de Raoult pour le décrédi­bilis­er auprès du monde scientifique. »

Dans le courant du mois de jan­vi­er 2020, Raoult rel­a­tivise d’abord l’impact du virus de Wuhan, apparu en décem­bre 2019, le qual­i­fi­ant de « délire ». Cette prise de posi­tion lui sera vive­ment reprochée et per­me­t­tra à ses détracteurs (notam­ment Patrick Cohen et Daniel Cohn-Ben­dit en tête) de met­tre en doute sa com­pé­tence au plus fort de l’épidémie. Fin févri­er 2020, une vidéo est postée sur le compte de l’IHU Infec­tion Méditer­ranée où le pro­fesseur annonce que l’hydroxychloroquine, molécule tra­di­tion­nelle­ment util­isée pour com­bat­tre le palud­isme et de con­som­ma­tion courante en Afrique, com­binée à l’azithromycine, pour­rait soign­er effi­cace­ment les malades atteint du coro­n­avirus. Il se fonde alors sur une étude d’un micro­bi­ol­o­giste chi­nois réputé, Zho Nan­shan. Le min­istre de la San­té Olivi­er Véran, relaie dans la foulée une fake news du Monde rap­por­tant qu’un améri­cain serait mort après avoir ingéré de la chloro­quine. Le pro­fesseur con­tre-attaque en pointant du doigt les con­flits d’intérêt et l’appât du gain des lab­o­ra­toires phar­ma­ceu­tiques. Le 16 mars, il dévoile les résul­tats prélim­i­naires de son étude pilote : sur 24 malades seule­ment, les trois quarts n’étaient plus por­teurs après six jours. Les grands médias et le corps médi­cal s’empressent de point­er les défauts méthodologiques de l’étude de Raoult. Le con­fine­ment est déclaré le lende­main. Il claque la porte du Con­seil sci­en­tifique avec fra­cas le 25 mars, mar­quant son désac­cord avec la mise en place du con­fine­ment, qu’il juge inadap­tée. Pen­dant ce temps, les gou­verne­ments améri­cain et maro­cain légalisent la vente de chloro­quine, cau­sant le désar­roi dans l’opinion en France.

Vive­ment attaqué par les sou­tiens médi­caux du gou­verne­ment Cas­tex, le min­istre de la san­té Olivi­er Véran en tête, il est poussé à la retraite comme pro­fesseur d’université prati­cien hos­pi­tal­ier, et doit quit­ter son Insti­tut hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire en mal­adies infec­tieuses de Mar­seille (IHU Méditer­ranée Infec­tion) qu’il avait créé et dirigé depuis 2011 avant le début de juil­let 2022.

Encore cette échéance – véri­ta­ble règle­ment de comptes – pour­rait-elle être avancée après plusieurs plaintes auprès de la cham­bre dis­ci­plinaire de l’ordre des médecins à Bor­deaux, et une audi­ence tenue début novem­bre 2021. Il lui est reproché des « atti­tudes non con­frater­nelles » vis-à-vis de ses con­frères, des entors­es au code de déon­tolo­gie autour de l’hydroxychloroquine et d’essais non déclarés sur la tuber­cu­lose sur quelques patients. Les résul­tats dis­ci­plinaires sont atten­dus fin 2021 ou début 2022, mais Didi­er Raoult pour­rait pay­er cher sa réus­site pro­fes­sion­nelle et son franc parler.

Parcours militant

Le pro­fesseur Raoult ne se répand pas sur ses préférences poli­tiques, même si on peut légitime­ment les infér­er, compte tenu de ses pris­es de posi­tion qui peu­vent sem­bler déroutantes. Ain­si, il s’est déclaré en faveur du port du voile à l’Université et a loué la créa­tion de l’Université de Vin­cennes tout en faisant preuve de scep­ti­cisme quant aux vac­ci­na­tions sys­té­ma­tiques et à l’origine anthropique du réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Il n’hésite pas à défendre Israël, et la com­mu­nauté juive en général, dans les médias et n’évoque jamais la ville de Mar­seille en des ter­mes peu flat­teurs. Tout porte à croire que Didi­er Raoult a une sen­si­bil­ité de gauche con­cer­nant les ques­tions de société, mais qu’il va à l’encontre de la doxa dans le domaine sci­en­tifique, d’où son assim­i­la­tion au pop­ulisme par le gratin parisien.
Le jour­nal­iste Hervé Vau­doit définis­sait Raoult comme un « bon gaulliste » dans Libéra­tion en 1998. L’Obs cor­ro­bore cette affir­ma­tion : « Raoult adore Napoléon, le très bon vin, il est gaulliste et sa plume va plutôt vers des médias classés à droite : « le Figaro », puis « le Point » et « les Echos ». »

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Vie privée

Le viro­logue est mar­ié à Nat­acha Raoult-Caïn, une psy­chi­a­tre orig­i­naire d’une famille juive lithuani­enne, qui lui a don­né deux filles, toutes deux médecins. Le cou­ple vit dans un « apparte­ment du cen­tre de Mar­seille sans luxe ni osten­ta­tion appar­ente », selon Elle. Ses deux enfants ont été élevés dans la tra­di­tion juive et sco­lar­isés dans des étab­lisse­ments con­fes­sion­nels. Sa fille, Lola Raoult-Cohen, est elle-même psychiatre.

Bibliographie

  • Les nou­velles mal­adies infec­tieuses, Paris, Press­es uni­ver­si­taires de France, coll. « Que sais-je ? », 1999, 127 p.
  • De l’ig­no­rance et de l’aveu­gle­ment : pour une sci­ence post­mod­erne, Ebook Kin­dle, Ama­zon, 2012.
  • Didi­er Raoult et Sabine Casa­lon­ga, Votre san­té : tous les men­songes qu’on vous racon­te et com­ment la sci­ence vous aide à y voir clair, éd. Michel Lafon , 2015, 302 p.
  • Arrê­tons d’avoir peur ! : san­té, envi­ron­nement, cli­mat, flux migra­toires et société : la sci­ence vous aide à y voir clair, éd. Michel Lafon, 2016, 347 p.
  • Mieux vaut guérir que prédire : san­té, société, vivre ensem­ble, éd. Michel Lafon, 2017, 280 p.
  • Didi­er Raoult et Olivia Recasens, La vérité sur les vac­cins : tout ce que vous devez savoir pour faire le bon choix, Neuil­ly-sur-Seine, éd. Michel Lafon, 2018, 221 p.
  • Hervé Vau­doit, L’IHU méditer­ranée infec­tion — Le défi de la recherche et de la médecine inté­grée, Édi­tions Michel Lafon, 2 août 2018, 267 p.
  • Didi­er Raoult, Épidémies : vrais dan­gers et fauss­es alertes, Édi­tions Michel Lafon, mars 2020.

Distinctions

2002 : prix d’ex­cel­lence de la Société européenne de micro­bi­olo­gie clin­ique et mal­adies infectieuses.
2003 : prix Jean Valade, Fon­da­tion pour la recherche médicale210.
2005 : Med­ical grand round, hôpi­tal de Chicago
2006 : Med­ical grand round, uni­ver­sité Stanford
2008 : prix Sack­ler Lec­tur­er, uni­ver­sité de Tel Aviv
2009 : prix Éloi Collery, Académie nationale de médecine
2010 : grand prix Inserm.
2011 : Offici­er de la Légion d’honneur
2015 : prix de la fon­da­tion Louis D., insti­tut de France sur le thème “Étude du monde micro­bi­en : nou­veaux con­cepts, nou­velles approches”.
2015 : Com­man­deur de l’or­dre nation­al du Mérite

Il l’a dit

« Le vrai prob­lème, à mon sens, est lié à nos struc­tures admin­is­tra­tives déci­sion­nelles dont les agents ont une peur ter­ri­ble de se tromper. Si vous prenez d’un côté ces struc­tures, de l’autre la presse (qui joue son rôle pour alert­er la pop­u­la­tion) et enfin des spé­cial­istes très lim­ités dans un domaine (dont peu osent rel­a­tivis­er les risques et sci­er la branche de leur recherche), vous n’avez per­son­ne pour calmer le jeu. J’ai bien peur que ce soit inévitable dans notre civil­i­sa­tion. », Votre San­té, p.43, 2015.

« Je me se suis ren­du compte que ce que je racon­tais, les hommes poli­tiques s’en foutaient en réal­ité. L’activité essen­tielle d’un min­istère, c’est de lire le jour­nal. J’ai com­pris que l’information ne passe pas du tout par les experts, ça passe par le jour­nal et la télévi­sion. Le cir­cuit de l’information n’est pas le cir­cuit prévu, c’est le cir­cuit de la presse. C’est à par­tir de ce moment-là que j’ai essayé de dif­fuser cer­taines choses que je pen­sais et les con­séquences ont été beau­coup plus directes que tout ce que j’avais pu faire comme expert ou comme prési­dent d’Université. », Le proces­sus de l’in­no­va­tion peut-il respecter la règle ?, 22 mai 2015.

« C’est jouer le pom­pi­er pyro­mane que se focalis­er sur les musul­mans ! Nous avons plus besoin de calmer les ten­sions que de les exac­er­ber, ou nous risquons de voir se créer une « cinquième colonne » de Français musul­mans ulcérés par notre intolérance. Notre avenir est au développe­ment de rap­ports sere­ins avec les pays fran­coph­o­nes, pas à l’ho­mogénéi­sa­tion des tenues. Une telle loi serait d’ailleurs reto­quée par la Com­mu­nauté européenne tant la France est isolée dans ce domaine. Une plainte à la Cour européenne des droits de l’homme serait immé­di­ate­ment déposée. Il faut garder son sang-froid dans les péri­odes de ten­sion. L’ex­em­ple de Bush après le 11 Sep­tem­bre devrait inciter au calme. Un peu moins de pop­ulisme et de fébril­ité, comme dans l’épisode de la déchéance de nation­al­ité, évit­erait de nous ridi­culis­er aux yeux du monde et de nous créer de nou­veaux enne­mis. Enfin, et surtout, lais­sez-nous tra­vailler avec nos étu­di­ants ! », Le Point, 15 avril 2016.

« Les faits sont évi­dents : nous vivons de mieux en mieux, de plus en plus longtemps. L’espérance de vie mon­di­ale a aug­men­té, entre 1980 et 2015, de dix ans en moyenne chez les hommes, pour attein­dre 69 ans, et chez les femmes, où cette moyenne flirte désor­mais avec les 75 ans. Mais les fab­ri­cants de peur con­sid­èrent que de toute façon l’Homme court à sa perte, qu’il met en péril sa san­té, son avenir et sa planète. Des angoiss­es exis­ten­tielles, prob­a­ble­ment dues à notre grande longévité, ce qui n’est pas le moin­dre para­doxe, avouons-le. », La vérité sur les vac­cins, p.42, 2018.

« Au XXIe siè­cle, le QI moyen baisse dans les pays occi­den­taux, et ceci aurait com­mencé dans les années 70 ou 90. En Angleterre par exem­ple, il a été éval­ué à une perte de 10 points. La France suit le même chemin et est classée 17e des nations. Les gag­nants sont les pays d’Asie du Sud-Est, et la Chine est d’ores et déjà à la 11e place. Avec Hong Kong pre­mière, la Corée du Sud et Tai­wan deux­ièmes et Sin­gapour qua­trième font une course en tête qu’il devien­dra dif­fi­cile de rat­trap­er. », Le Point, 24 juin 2018.

« À Paris, ils ont beau­coup de mal à admet­tre que la France ne soit plus le phare de la sci­ence mon­di­ale et que les chercheurs plus per­for­mants aujourd’hui, c’est en Asie du sud-est qu’on les trou­ve et plus en Occi­dent. », Mar­celle, 19 mars 2020.

« Le risque que le coro­n­avirus chi­nois change les sta­tis­tiques de mor­tal­ité française ou mon­di­ale est nul. Il y a dans cette dis­pro­por­tion entre réal­ité et bruits plusieurs élé­ments : la peur des mal­adies nou­velles, l’intérêt des lab­o­ra­toires qui vendent les antivi­raux (Gilead a fait une pro­gres­sion bour­sière spec­tac­u­laire), l’intérêt de ceux qui pro­duisent des vac­cins par pré­cau­tion (bien que l’on ne sache pas si la mal­adie sera encore là dans un an), de ceux qui sont heureux d’être sur un plateau de télévi­sion comme experts virtuels, de ceux qui font de l’audimat sur la peur, et de ceux qui se voient en sauveurs prov­i­den­tiels. Cet évène­ment aura con­fir­mé pour moi qu’il y a plus de vérités dans les réseaux soci­aux et que la label­li­sa­tion « fake news » est par­fois l’arme dés­espérée de cer­tains médias pour con­tin­uer à exis­ter. », Épidémies : Vrais dan­gers et fauss­es alertes, p.105, 2020.

Sa nébuleuse

  • L’équipe de pro­fesseurs qu’il a assem­blée et avec laque­lle il mène, ou a mené, de front ses recherch­es : Michel Dran­court, Philippe Brouqui, Philippe Paro­la, Bernard La Sco­la, Jean-Marc Rolain, Pierre-Édouard Fournier.
  • Philippe Douste-Blazy, mnistre de la San­té entre 2004 et 2007 et admin­is­tra­teur de la Fon­da­tion IHU Méditer­ranée Infec­tion, auteur de la péti­tion pré­con­isant la mod­i­fi­ca­tion du décret régu­lant la dis­tri­b­u­tion de l’hydroxychloroquine.
  • Renaud Muse­li­er, médecin de pro­fes­sion et prési­dent LR de la région PACA.
  • Hervé Vau­doit, jour­nal­iste à La Provence, auteur de L’IHU méditér­ranée infec­tion — Le défi de la recherche et de la médecine intégrées.
  • Zvi Amar, prési­dent du con­sis­toire de Marseille

Ils ont dit

« Je n’ai pas ten­du la main au pro­fesseur Raoult. Je tra­vaille avec lui depuis longtemps. Je l’ai con­nu alors que j’é­tais min­istre de l’In­dus­trie, puis, plus étroite­ment, comme prési­dent de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) qui a tou­jours soutenu son lab­o­ra­toire. Il n’y a rien d’anor­mal. J’in­ter­viens publique­ment pour assur­er du sérieux de ce pro­fesseur de médecine. Étant prési­dent du con­seil de sur­veil­lance du CHU de Nice, je veille, dès lors que le lab­o­ra­toire Sanofi pro­duit en grande quan­tité de la chloro­quine, que notre hôpi­tal en soit doté suff­isam­ment. Main­tenant, on agi­ra en fonc­tion de la pre­scrip­tion des médecins. Il ne serait pas accept­able que la pop­u­la­tion de Nice ne puisse béné­fici­er de ce traite­ment. Je défends poli­tique­ment que l’on fasse con­fi­ance au pro­fesseur Raoult. », Chris­t­ian Estrosi, Le Point, 23 mars 2020.

« Aucun médecin, aucun spé­cial­iste des épidémies infec­tieuses n’avaient prédit ce qui nous arriverait, même les meilleurs, même le meilleur, puisque c’est ain­si qu’il se présente, Didi­er Raoult. (…) Une pandémie, c’est des bêtis­es dis­ait-il il y a un mois », a insisté le jour­nal­iste, citant dans le même temps l’avocat Patrick Klug­man : « le médecin qui va peut-être nous sor­tir de là nous aurait tué s’il avait été min­istre de la San­té. », Patrick Cohen, C à vous, 25 mars 2020

« Et, tou­jours, ces pieds de nez à la cap­i­tale, à l’establishment, à la bien­séance. Le jour­nal­iste Hervé Vau­doit, ancien de La Provence, auteur d’un livre sur le sujet (IHU Méditer­ranée Infec­tion. Le défi de la recherche et de la médecine inté­grées, Michel Lafon, 2018), racon­te l’avoir un jour inter­rogé sur son change­ment de style, ses cheveux longs, sa barbe, sa bague de bik­er : « Il m’a souri et m’a répon­du : “Parce que ça les fait chi­er.” », Le Monde, 25 mars 2020.

« Sur la base d’un essai qui est absol­u­ment con­testable sur le plan sci­en­tifique et qui ne mon­tre absol­u­ment rien quand on regarde exacte­ment les chiffres et la façon dont il a été mené, on expose les gens à un faux espoir de guéri­son […] Utilis­er un médica­ment comme ça, hors AMM, c’est-à-dire hors autori­sa­tion de mise sur le marché, en exposant les per­son­nes qui le pren­nent à des com­pli­ca­tions, sans avoir véri­fié les con­di­tions de base de la chloro­quine, je pense que c’est en dehors de toute démarche éthique. Même si ce médica­ment peut poten­tielle­ment avoir une activ­ité, ce qui a été mon­tré sur des don­nées in vit­ro. On ne peut pas comme ça main­tenant le don­ner à n’importe qui dans n’importe quelles con­di­tions. Je pense que c’est extrême­ment dan­gereux. », Karine Lacombe, chef du ser­vice des mal­adies infec­tieuses à l’hôpital Saint-Antoine, Libéra­tion, 26 mars 2020.

« Raoult dit qu’il n’y a que lui. C’est comme quand il va à la télévi­sion et qu’il dit : ‘Arrêtez de me cass­er les pieds avec le coro­n­avirus, ce n’est qu’une grippe, ce n’est rien’… Voilà ce qu’il a dit. Qu’il ferme sa gueule et qu’il soit médecin ! Qu’il arrête de dire partout : ‘Je suis un génie’. Il y en a marre de ce genre de mec ». Daniel Cohn-Ben­dit, LCI, 30 mars 2020.

« Il vaut mieux mourir selon les règles, que de réchap­per con­tre les règles” dis­ait Molière. Encore un grand mer­ci et bra­vo au Pro­fesseur @raoult_didier, l’I­HU Méditer­ranée Infec­tion à #Mar­seille et toutes ses équipes. », Valérie Boy­er, Twit­ter, 31 mars 2019.

« L’homme réjouit, agace, irrite. Ses détracteurs le définis­sent comme un mer­ce­naire irre­spon­s­able, n’aimant rien tant que se met­tre en avant – la faute à son ego hyper­trophié. Ses défenseurs le brossent en Robin des bois venu à la rescousse des sans-voix et des sans-espoir » Agnés Lau­rent, L’Express, 9/15 avril 2020.

Pho­to : cap­ture d’écran pho­to pro­fil Twitter

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