Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
Accueil | Veille médias | Patrick Drahi, vers la vente de SFR ?

L’article que vous allez lire est gratuit. Le mois de décembre est le plus important pour nous, celui où nos lecteurs peuvent nous aider par un don avec un reçu fiscal pour 2023 de 66% de leur don. Merci de votre soutien, sans lui nous disparaîtrions.

30 septembre 2023

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Patrick Drahi, vers la vente de SFR ?

Patrick Drahi, vers la vente de SFR ?

Temps de lecture : 3 minutes

Patrick Drahi est certes plus un capitaine d’industrie dans la téléphonie (SFR, un morceau de British Telecom, d’autres, voir notre infographie) qu’un homme de médias. Mais son portefeuille médias, de Libération à BFMTV en passant par RMC, lui donne une influence significative. Et la dette colossale de son groupe pourrait le contraindre à vendre tout ou partie de son empire, dans la téléphonie comme dans le journalisme.

Combien vaut SFR ?

Le groupe Altice fait face à une dette entre 55 et 60 mil­liards de dettes, avec des mat­u­ra­tions certes non immé­di­ates (2025 et surtout 2026/2028), mais la méfi­ance des ban­ques s’accroît face à un groupe affaib­li par les scan­dales récents. Et même si la majorité de la dette est à taux fixe, les taux d’intérêt mon­tent. Met­tons que 25 % de la dette seule­ment soit à taux vari­able soit 14 mil­liards d’euros. Une remon­tée des taux de 2,5% équiv­aut à 350M€ d’intérêts sup­plé­men­taires par an, plus d’un mil­liard sur trois ans, on com­prend que l’homme d’affaires ait fait du désendet­te­ment sa priorité.

Un man­dat aurait été con­fié à la banque Lazard pour se pencher sur SFR avec une val­ori­sa­tion exces­sive de 30 mil­liards d’euros. En télé­phonie un acteur de poids vaut de 5 à 6 fois son Ebit­da, à la louche 24 mil­liards d’euros avec une hypothèse favor­able. Mais un groupe en dif­fi­culté comme SFR ne peut val­oir que 4 fois l’Ebitda soit 16 mil­liards d’euros. Prenons la valeur moyenne soit 20 mil­liards d’euros. Aucun acteur de pre­mier rang ne pren­dra une par­tic­i­pa­tion minori­taire sans un accord de moyen terme lui per­me­t­tant de devenir majori­taire plus tard et le moins que l’on puisse dire est que Patrick Drahi n’a pas que peu de respect pour les minori­taires.  De nom­breux départs de cadres dirigeants – volon­taires pour aller voir ailleurs ou provo­qués à la suite du scan­dale Pereira – sont enreg­istrés chez SFR. Le nou­veau PDG Math­ieu Cocq en place seule­ment depuis août 2022 paraît lui-même dans une posi­tion frag­ile. Patrick Drahi annonce vouloir récupér­er 3 mil­liards d’euros assez vite soit entre 10 et 15% du cap­i­tal de SFR. Mais une autre hypothèse émerge, en com­plé­ment de la vente d’un morceau de SFR, ven­dre le pôle médias.

Voir aus­si : Patrick Drahi, infographie

Médias, vente, pas vente ?

Comme nous l’écrivions le 15 sep­tem­bre 2023 :

Altice attendrait 2 mil­liards de la vente de ses médias (BFMTV, RMC). Une somme exces­sive par rap­port au résul­tat financier estimé, mais qui pour­rait se com­pren­dre si on inclut l’actif poli­tique en ter­mes d’influence. BFMTV demeure en tête des chaînes d’information en con­tinu avec plus de 3% de part d’audience. Libéra­tion est dans un fonds pour l’indépendance de la presse où Drahi garde une influ­ence (mais le loup Křetín­ský est dans la place). De son côté, L’Express dont la valeur marchande est nulle, sera bien­tôt à 100% dans les mains d’Alain Weill.

Au bout du bout, 3 mil­liards très vite pour un morceau de SFR avec une promesse de vente de plus grande ampleur plus tard, plus 2 mil­liards pour le pôle médias, cela per­met de souf­fler. De souf­fler un peu seule­ment car la con­fi­ance des ban­ques est ébran­lée et Patrick Drahi pour­rait con­naître le sort de Jean-Charles Naouri qui a jonglé des années avec la dette du groupe Casi­no. Un tour d’acrobate qui s’est ter­miné par le déman­tèle­ment com­plet du groupe et l’éviction de son fondateur.

Voir aus­si : Patrick Drahi, portrait