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Pas de caricatures du prophète dans les médias américains

15 janvier 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Pas de caricatures du prophète dans les médias américains

Temps de lecture : 2 minutes

Alors qu’il dévoile pourtant les coulisses de la fabrication du dernier numéro de Charlie Hebdo (et donc le premier après l’attaque), le New York Times n’a pas publié la couverture de l’hebdomadaire représentant le prophète Mahomet.

Le quo­ti­di­en améri­cain se con­tente d’écrire que Char­lie Heb­do « mon­tre le prophète Mahomet ten­ant une pan­car­te où l’on peut lire “Je suis Char­lie”, sur­mon­té du titre “tout est par­don­né” sur un fond vert », sans toute­fois mon­tr­er le dessin en ques­tion. « Après mûre réflex­ion, la direc­tion du New York Times a décidé qu’une descrip­tion des car­i­ca­tures don­nerait suff­isam­ment d’élé­ments aux lecteurs pour com­pren­dre la sit­u­a­tion », a expliqué un porte-parole du quo­ti­di­en.

Mais le jour­nal de référence des démoc­rates est loin d’avoir été le seul à céder à la pudeur. CNN, Fox News, The Inde­pen­dant ou encore les agences Reuters et Asso­ci­at­ed Press ont fait de même. « Nous ne pub­lions pas d’im­ages délibéré­ment provo­cantes, c’est notre poli­tique depuis des années », s’est par ailleurs jus­ti­fié AP.

Une pos­ture qui n’est pas sans déplaire au quo­ti­di­en israélien Haaretz. Dans une tri­bune, Todd Pitock estime qu’« en cen­surant les car­i­ca­tures de Char­lie Heb­do, les médias anglo-sax­ons ont cédé à la pres­sion des dji­hadistes ». Et d’en remet­tre une couche en con­sid­érant que « se deman­der si les images sont drôles ou blessantes revient à com­par­er les dessi­na­teurs français à des vic­times de vio­ls qui auraient eu des jupes trop courtes ».

En revanche, le Wash­ing­ton Post n’a pas hésité, au moment des attaques con­tre Char­lie Heb­do, à pub­li­er dans ses colonnes la cou­ver­ture de « Charia Heb­do » avec Mahomet en vedette. Devant la pres­sion des inter­nautes mécon­tents, nul doute que cer­tains jour­naux pour­raient à leur tour revoir leur politique.