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Pub­lié le 18 décembre 2018 | Éti­quettes : , , , , ,

Pacte de Marrakech : quelques voix discordantes

Alors que les chauds partisans du pacte onusien sur les migrations travestissent la vérité comme Samuel Laurent dans Le Monde, ou bien en laissent un bon gros morceau de côté comme Le Point ou encore en chantent les louanges à l’unisson comme les radios et télévisions, quelques voix libres parviennent à se faire entendre.

En dehors des grands médias

Les opposants au texte s’expriment souvent en dehors des grands médias : Damien Rieu a mis en ligne une vidéo qui totalise plusieurs centaines de milliers de vues. Remarquons que Facebook lors de la publication de la vidéo sur le réseau social renvoie… vers les arracheurs de dents des Décodeurs du Monde, l’alliance des GAFA, du grand capital et d’une partie de la caste journalistique hors sol s’exprime avec délices.

Jean-Paul Gourevitch est interviewé par la chaine RT France. Le site Fdesouche consacre une revue de presse à la signature de cet accord.

Le Figaro fait bande à part mais pas toujours

Alors que les quotidiens nationaux font bloc derrière le Pacte, le journal fait entendre une musique un peu différente. Le 30 novembre 2018 Jean-Louis Tremblais publie une analyse assez complète du texte sous le titre « Les clés pour comprendre le pacte mondial sur les migrations », ceci en trois mouvements. Il constate tout d’abord que pour le pacte « Non seulement le phénomène (migratoire) est considéré comme inéluctable, mais il est jugé bénéfique ». Il souligne ensuite que si le pacte n’est pas contraignant, « cette précaution sémantique n’a pas évité les réfractaires au discours mondialiste de condamner la dangerosité du texte ». Enfin il déplore que le texte appelle à bâillonner « les médias politiquement incorrects » aboutissant à « museler tous ceux qui n’acceptent pas le credo officiel. Brave New World ! ». Allusion à l’ouvrage d’Aldous Huxley paru en 1932, Le Meilleur des mondes.

Une tribune de Mathieu Bock-Côté du 1er décembre annonce la couleur « Non au pacte mondial sur les migrations » qui va « jeter les bases normatives d’un futur droit à la migration ». La pédagogie diversitaire veut « encadrer les plus possible les termes du débat public ». Si le pacte est bénin et « non contraignant » on peut légitimement « se demander pour quoi la nomenklatura diversitaire se mobilise autant pour un texte aussi désincarné ». Au fond il s’agit de « placer les peuples devant le fait accompli » face à ce qu’il faut appeler par son nom « la submersion démographique ».

Mais Le Figaro cache assez souvent une posture libérale libertaire, chère au conformisme de l’entre soi paresseux. Anne Rovan le 10 décembre rejoint la majorité de ses confrères parlant des « fantasmes » des gilets jaunes, d’un « triste jeu » qui exprime une « surenchère », au milieu de « la multiplication des idées reçues et à la propagation des fake news ». Sœur Anne passe gentiment sous silence l’article 17 qui appelle à la censure et même à la mort financière des médias qui ne seraient pas d’accord avec les énoncés du pacte. Une sorte de confraternité libérale sans doute, sous forme de péché par omission.

Isabelle Lasserre fait le lendemain une analyse autrement plus professionnelle et nuancée. Constatant une «victoire à la Pyrrhus » du pacte, un sommet historique qui se transforme en « débâcle » et qui cristallise le fossé qui existe entre l’est et l’ouest de l’Europe, « entre les peuples et les élites ». Si le texte a été l’objet d’une violente campagne d’intoxication sur les réseaux sociaux (ce qui est exact) « ces dérapages ne peuvent cacher les faiblesses d’un texte qui … peine à démontrer son utilité ». Conçu pour apaiser le pacte, « ignorant le besoin d’identité des peuples européens », a alimenté les angoisses migratoires qui touchent tout l’Occident. Un article équilibré très au-dessus des idées toutes faites de sa consœur Anne Rovan mais cette dernière est peut-être une débutante encore toute nimbée des idées reçues d’une école de journalisme, accordons lui notre indulgence.

Marianne, un article nuancé

Alexandra Saviana publie dans Marianne (numérique) du 6 décembre 2018 un article tout en nuances dont le titre « Le pacte migratoire de l’ONU, une machine à alimenter les fantasmes » est en partie démenti par son développement. Si les experts contactés affirment « que le document n’a en réalité pas de valeur juridique contraignante », dès son préambule « le pacte prend (ainsi) l’apparence d’un grand exercice de contrition des Etats signataires ». Un texte qui « assène ses vérités… et son orientation idéologique ».

La journaliste décortique l’article 17 qui veut « mettre à disposition de tous les citoyens des informations objectives, claires et fondées sur les données factuelles au sujet des avantages et des difficultés que présentent les migrations, en vue de démonter les discours trompeurs qui donnent une image négative des migrants » (les mots soulignés sont de la rédaction). Elle commente « Drôle de conception de la liberté de la presse, à laquelle il est proposé un véritable cahier des charges idéologique pour bénéficier de fonds publics. Une définition de la propagande ».

Elle conclut « publié en toute discrétion, le pacte migratoire sera signé lors d’une rencontre entre dirigeants, sans qu’aucun débat n’ait lieu à l’Assemblée, ni que les Français aient précisément été informés par leurs gouvernants de son contenu ». On a appris entretemps que le sujet de l’immigration ne serait pas abordé en tant que tel dans le « grand débat » promis par Emmanuel Macron. La démocratie reste à géométrie variable.

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