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Michel Onfray et Front Populaire : le cercle de la respectabilité vole en éclat

24 juillet 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Michel Onfray et Front Populaire : le cercle de la respectabilité vole en éclat

[Pre­mière dif­fu­sion le 25 mai 2020]

Après un premier article, nous consacrons un second papier au prochain lancement de la revue Front Populaire que nous avons présentée et qui met en émoi une partie de la gauche morale. Un casus belli pour une partie de l’intelligentsia, parisienne.

Michel Onfray est un philosophe et écrivain pro­lixe. Il aime se frot­ter à de nom­breux sujets, y com­pris les plus incon­fort­a­bles. Il n’hésite pas à affich­er des posi­tions qui ne cadrent pas avec l’étiquette ini­tiale d’intellectuel de gauche que cer­tains, très nom­breux, lui ont col­lé quand il a com­mencé à se faire con­naitre.

Comme le rap­pelle Paul-François Paoli, Michel Onfray a dans les dernières années trans­gressé des codes, des trans­gres­sions qui lui ont valu une con­damna­tion sym­bol­ique par un cer­tain milieu bien assis intel­lectuelle­ment sur ses cer­ti­tudes. C’est notam­ment ain­si que dans son livre con­sacré à Albert Camus, il s’en est pris à Jean-Paul Sartre et que dans son livre sur Freud, il s’en est pris à des petits cer­cles, aux lacaniens, etc. Des fautes majeures qui lui ont valu de fortes cri­tiques.

Front Populaire : premières signatures, premières polémiques

Le pre­mier numéro de la revue Front Pop­u­laire dirigée par Michel Onfray paraitra en juin 2020. Des noms de con­tribu­teurs cir­cu­lent déjà : Jean-Pierre Chevène­ment, Céline Pina, ce qui étonne à moitié, Philippe de Vil­liers, Bar­bara Lefeb­vre, ce qui est plus sur­prenant. Ce n’est vis­i­ble­ment pas la sur­prise qui est la réac­tion de jour­nal­istes de Libéra­tion et du Monde, mais la cri­tique acerbe vis-à-vis de l’initiative du philosophe. Rassem­bler dans une même revue des per­son­nes claire­ment mar­quées à gauche mais aus­si à droite, vous n’y pensez pas…

Le Monde et le déshonneur par association

Lucie Soul­li­er et Abel Mestre ne font pas dans la nuance dans l’édition du Monde du 20 mai 2020. Ils titrent leur arti­cle con­sacré à la revue dont le pre­mier numéro n’est pas encore paru : « Avec sa nou­velle revue, Michel Onfray devient la coqueluche de l’ex­trême droite ».

Lis­tant de façon très approx­i­ma­tive « la liste des per­son­nal­ités de la droite rad­i­cale (émargeant) par­mi la liste des « con­tribu­teurs », nos deux jour­nal­istes pra­tiquent ce que l’an­thro­po­logue Jean-Loïc Le Quel­lec qual­i­fie de « déshon­neur par asso­ci­a­tion ».

La recette est sim­ple : invo­quez l’orientation d’« extrême droite » de cer­tains futurs con­tribu­teurs de Front Pop­u­laire comme dis­qual­i­fi­ca­tion ini­tiale, sec­ouez le tout pour en faire un bon amal­game, le tour est joué. Le breuvage sera imbuvable pour une frange de lecteurs poten­tiels peu curieux. C’est l’effet recher­ché.

À Libération, Joffrin se pose en gardien du temple, Guillaume Bernard accueille favorablement l’initiative sur Boulevard Voltaire

Pour le directeur de Libéra­tion, le faire de réu­nir au sein d’un même média des per­son­nal­ités de la société civile de dif­férents bor­ds ne peut qu’aboutir à…un ter­mi­nus. Si Lau­rent Jof­frin essaie le 20 juin dans la rubrique « la let­tre poli­tique » d’appréhender la future ligne édi­to­ri­ale de la revue Front Pop­u­laire, c’est surtout pour en cri­ti­quer l’absence de cohérence.

À peine née, l’aventure édi­to­ri­ale de Michel Onfray est déjà sous les feux de la cri­tique. Un exploit pour ses détracteurs, avant même d’avoir lu la pre­mière ligne de Front Pop­u­laire. Ces cri­tiques pré­sup­posent l’existence d’un cer­cle restreint de légitim­ité et de respectabil­ité. Pen­dant ce temps, l’initiative est plutôt bien accueil­lie à droite. En témoigne l’interview d’un pro­mo­teur de l’union des droites, Guil­laume Bernard, sur le site Boule­vard Voltaire.

Qui affiche à ce stade de la genèse de Front Pop­u­laire une ouver­ture et une tolérance aux débats plu­ral­istes ? La meilleure réponse gagne un arti­cle du futur retraité Lau­rent Jof­frin.

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : première audience le 7 octobre 2020

Claude Chollet et l’Observatoire du journalisme (OJIM) ont été mis en examen par le procureur de la République à la demande de Monsieur Ramzi Khiroun, ancien chauffeur et garde du corps de DSK et maintenant porte-parole du groupe Lagardère. La mise en examen porte sur le délit d’injures publiques, susceptible d’une amende de 12.000 € et de dommages et intérêts supplémentaires. La première audience a lieu le 7 octobre. Pour nous aider à nous défendre et à nous développer, rejoignez nos donateurs.

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Taha Bouhafs

PORTRAIT — À la croisée des mou­ve­ments soci­aux et com­mu­nau­taires, le jeune Bouhafs mène habile­ment sa bar­que en rêvant de ses lende­mains qui chantent à lui, un soulève­ment des ban­lieues sous la ban­nière du crois­sant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhon­tées, ni devant une vio­lence ver­bale peu com­mune sur les réseaux soci­aux.

Rudy Reichstadt

PORTRAIT — Omniprésent dans les médias, l’ambitieux Reich­stadt sait se ren­dre indis­pens­able, fort de l’expertise qu’il s’auto-attribue. Au même titre que celle des Décodeurs du Monde, dont il est le pen­dant, sa parole est d’or (c’est du plaqué) dès lors qu’il s’agit de sépar­er le bon grain de l’ivraie et d’éduquer les généra­tions futures…

Alexandre Adler

PORTRAIT — Véri­ta­ble caméléon poli­tique, Alexan­dre Adler a été tour à tour com­mu­niste, social­iste puis néo-con­ser­va­teur, favor­able à la guerre en Afghanistan et en Irak, par­ti­san du oui au référen­dum sur la con­sti­tu­tion européenne et sou­tien de Nico­las Sarkozy en 2007.

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PORTRAIT — C’est la jour­nal­iste « spé­cial­iste de l’extrême droite » qui monte au Monde. Comme ses com­pères Tris­tan Berteloot (Libé), Ivanne Trip­pen­bach (L’Opinion) ou Camille Vigogne (L’Express), Lucie Soul­li­er ne sem­ble pas avoir de l’appétence pour son sujet, mais au con­traire, un dégoût qui peut con­fin­er à la haine.

Laure Adler

De sa thèse d’histoire sur le fémin­isme aux nom­breuses biogra­phies qu’elle a con­sacrées, tout au long de sa car­rière, à des grandes fig­ures féminines, Lau­re Adler n’aura cessé d’être fascinée par les glo­rieux des­tins de femmes et, à sa manière, en aura incar­né un.