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<span class="dquo">«</span> Manipulations médiatiques » lors du passage de Mélenchon à DPDA

31 mai 2016

Temps de lecture : 3 minutes
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« Manipulations médiatiques » lors du passage de Mélenchon à DPDA

Après plusieurs hésitations, Jean-Luc Mélenchon aura finalement eu son « Des paroles et des actes », sur France 2, jeudi 26 mai. Une fois n’est pas coutume, la polémique n’était pas loin.

En effet, quelques heures avant le tour­nage, le député européen du Front de Gauche s’é­tait agacé, sur Face­book : « Sachez qu’après trois mois de “pré­pa­ra­tion”, à 48 heures de l’émission, ni les inter­venants ni les thèmes n’étaient fixés ni sta­bil­isés. » Et celui-ci d’ex­pli­quer pourquoi il préfère Lau­rent Ruquier à David Pujadas : « Au con­traire des moments d’échanges piquants mais respectueux comme ceux de “On n’est pas couché”, l’émission “DPDA” est conçue comme une cor­ri­da où l’invité fait office de tau­reau promis au sac­ri­fice. »

Finale­ment, l’émis­sion aura bien lieu. Mais pour Antoine Léau­ment, mil­i­tant du Par­ti de Gauche repris par le blog de Mélen­chon, l’émis­sion a été entachée de nom­breuses « manip­u­la­tions médi­a­tiques ». Pre­mière­ment, les « Français lamb­da » appelés à pos­er des ques­tions à Mélen­chon ne l’é­taient pas tant que ça.

Tout d’abord le boulanger favor­able à la loi El Khom­ri, Djib­ril Bodi­an. Voilà com­ment Pujadas le présente : « Djib­ril Bodi­an, vous avez 39 ans, vous êtes arti­san boulanger à Paris au pied de la butte Mont­martre. Votre pain est réputé, vous avez gag­né des prix. Vous avez plusieurs employés, 17 même je crois mais à temps par­tiel. »

Sauf que M. Bodi­an n’est pas qu’un sim­ple « boulanger parisien ». Déjà, il emploie 17 salariés à temps par­tiel là où « 77% des boulan­geries français­es comptent entre 1 et 5 salariés », relève Antoine Léau­ment. Mais surtout, M. Bodi­an a été le boulanger de l’Élysée de 2010 à 2015, chose qui n’est, à aucun moment, pré­cisée durant l’émis­sion.

Le deux­ième invité qui a fait grin­cer les dents de Léau­mont est une femme, Céline Imart-Bruno, présen­tée comme une agricul­trice passée aupar­a­vant par l’« audit puis l’en­tre­prise ». « Pen­sant avoir affaire à une exploitante agri­cole favor­able à l’agriculture pro­duc­tiviste, Jean-Luc Mélen­chon a en face de lui une agri­cul­ture qui avait aupar­a­vant été… direc­trice finan­cière de Bol­loré au Chili (comme tous les agricul­teurs, c’est bien con­nu) », écrit le mil­i­tant. En somme, encore une tra­vailleuse tout à fait lamb­da… (biogra­phie).

Autre sujet de dis­corde : les images d’il­lus­tra­tion util­isées sur le fond neu­tre de l’émis­sion représen­taient toutes des casseurs, des voitures de polices brûlées, de la fumée… « Ces pho­togra­phies met­tent une ambiance sur le plateau et sur l’écran de télévi­sion. Elles asso­cient l’action syn­di­cale organ­isée à une action vio­lente et destruc­trice. Elles con­stituent en soi une dis­qual­i­fi­ca­tion du mou­ve­ment con­tre la loi El Khom­ri », note Léau­mont.

Enfin, les tweets sélec­tion­nés par l’équipe de l’émis­sion pour faire réa­gir en direct Jean-Luc Mélen­chon n’ont pas été choi­sis « inno­cem­ment ». Pour le mil­i­tant, « à bien y regarder, la séquence a qua­si exclu­sive­ment été com­posée de tweets négat­ifs passés à l’écran ». En revanche, les tweet posi­tifs ou cri­tiques de David Pujadas ont été étrange­ment zap­pés, à l’im­age de ces deux tweets de Car­o­line De Haas pro­posés par Antoine Léau­mont.

Défini­tive­ment, cette émis­sion, très suiv­ie, n’a pas fini de faire par­ler d’elle. De Jean-Luc Mélen­chon à Marine Le Pen en pas­sant par Nico­las Sarkozy, les polémiques accom­pa­g­nent chaque édi­tion, ou presque… En jan­vi­er, une polémique du même genre avait con­cerné une inter­venante « neu­tre » qui avait inter­pel­lé Alain Finkielkraut. Après recherch­es, il s’agis­sait en fait d’une mil­i­tante du par­ti anti-français Les Indigènes de la République.

Voir notre portrait de David Pujadas

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