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Le vrai du faux : les mauvais calculs de France Info

27 juin 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Le vrai du faux : les mauvais calculs de France Info

Toujours prompts à débusquer le discours populiste, les journalistes de la rubrique le vrai du faux sur la radio publique France Info ont entrepris le 18 juin (la date ne s’invente pas) de démontrer le non-sens d’une affirmation de Nicolas Dupont-Aignan sur l’immigration.

Qu’a dit exacte­ment Nico­las Dupont-Aig­nan  ? « Chaque année sont autorisés à venir en France légale­ment 260 000 étrangers, la ville de Bor­deaux chaque année, légaux, ça veut dire que sur 10 ans c’est deux mil­lions d’habitants en plus ».

Les jour­nal­istes de France Info, tout affairés à tra­quer ceux qui s’opposent au dis­cours pro–immigration servi à longueur d’ondes, ont à juste titre relevé que Nico­las Dupont-Aig­nan ne fait pas le sol­de des entrées et sor­ties pour cal­culer la pop­u­la­tion sup­plé­men­taire générée par l’immigration.

« D’après l’In­see, le sol­de migra­toire des immi­grés, c’est-à-dire la dif­férence entre les entrées et les sor­ties, était de + 174 000 per­son­nes en 2015 ». « On n’est plus du tout au niveau de la ville de Bor­deaux ». Affir­ma­tion exacte, en soustrayant du nom­bre des entrées les sor­ties d’immigrés en 2015.

On peut leur con­céder égale­ment que la prospec­tive est un exer­ci­ce dif­fi­cile. Néan­moins, cer­taines ten­dances lour­des exis­tent. Dom­mage que nos fins lim­iers ne les aient pas présen­tées et qu’ils n’aient pas poussé plus avant leurs recherch­es. Leurs cal­culs ne sont égale­ment pas exempts d’approximations. Exem­ples.

Le choix erroné du terme « régu­lar­i­sa­tion » : Le titre de la rubrique de la radio publique est : « Non, on ne peut pas dire qu’il y aura deux mil­lions d’im­mi­grants régu­lar­isés en plus en France dans les dix prochaines années ». La « régu­lar­i­sa­tion » est le terme employé pour le change­ment de statut de per­son­nes sans titre de séjour en France, qui en obti­en­nent un par déci­sion admin­is­tra­tive. Par­mi les 262 000 étrangers qui ont obtenu un nou­veau titre de séjour en 2017, les « sans-papiers » régu­lar­isés sont une minorité, loin der­rière les cartes de séjour délivrées au titre du regroupe­ment famil­ial, des études, etc…

Ten­dances lour­des. La démon­stra­tion des jour­nal­istes de France Info se base sur les chiffres de l’immigration en 2017. Elle fait l’impasse sur les ten­dances lour­des :

De 193 000 pre­miers titres de séjour délivrés en 2012, on passe à 262 000 en 2017. Une légère aug­men­ta­tion de 35 %.

Un autre chiffre passé sous silence par France Info con­cerne les clan­des­tins : Le Figaro du 19 mars 2018 indique à par­tir de sta­tis­tiques du Pôle nation­al d’Analyse Migra­toire, rat­taché au Min­istère de l’intérieur, que le nom­bre des entrées « recen­sées » de clan­des­tins en France a été mul­ti­plié par trois en trois ans, pas­sant de 26 000 en 2014 à 79 500 en 2017.

On pour­rait aus­si par­ler de la pro­gres­sion des arrivées de mineurs non accom­pa­g­nés (+ 85% entre 2010 et 2017) et des deman­deurs d’asile (120 412 en 2017 en inclu­ant les « dublinés », alors qu’il y en avait 61 000 en 2010, source : Figaro du 5 avril 2018).

Au tableau ! Reprenons les cal­culs avec les derniers chiffres con­nus, pour ten­ter de déter­min­er le nom­bre d’immigrés sup­plé­men­taires par an :

260 000 nou­veaux titres de séjour en 2017

+ 79 500 clan­des­tins entrés sur le ter­ri­toire

  • 18 000 éloigne­ments
  • 79 000 sor­ties (nom­bre de sor­ties dans la dernière année con­nue, 2015)

=    242 500

Sur un an, on est donc proche de la pop­u­la­tion de Bor­deaux. Sur dix ans, en faisant le pari hasardeux que les flux migra­toires se sta­bilis­eront – ce qui n’a pas été observé depuis de nom­breuses années — ce sont 2 425 000 immi­grés légaux et illé­gaux sup­plé­men­taires sur le ter­ri­toire. Des chiffres plus élevés que les deux mil­lions dont a par­lé Nico­las Dupont-Aig­nan. Mais l’essentiel n’était-il pas pour les jour­nal­istes de France Info de démon­tr­er que les « pop­ulistes » qui propa­gent la « peur sur la ville » tien­nent un dis­cours dénué de tout fonde­ment sur l’immigration ?

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