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Le quotidien Présent, une histoire singulière

24 août 2019

Temps de lecture : 2 minutes
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Le quotidien Présent, une histoire singulière

Devinette estivale : quel est le quotidien français existant depuis 37 ans, jamais quasi cité par ses confrères, réalisé avec moins d’une poignée de cartes de presse, vivant du soutien de ses lecteurs et atteignant un lectorat qui tend à rejoindre celui de L’Humanité ? C’est le quotidien Présent, son directeur de publication, Francis Bergeron, en dresse le portrait dans un livre enlevé, paru en 2019.

La bande des cinq

Ils sont cinq à présider au lance­ment du jour­nal, deux numéros zéro fin 1981, et un numéro un daté du 5 jan­vi­er 1982 : François Brigneau, Pierre Durand, Hugues Kéraly, Jean Madi­ran et Romain Marie dans l’ordre alphabé­tique. Ils salu­ent la nais­sance du « pre­mier quo­ti­di­en de la con­tre-révo­lu­tion et de la tra­di­tion française depuis 37 ans » faisant allu­sion à l’Action Française dis­parue en 1944.

Alors que les fon­da­teurs avaient un objec­tif de 8000 abon­nés en pré-lance­ment, le quo­ti­di­en n’en aura que 5000 lors de la sor­tie du pre­mier numéro. Un nom­bre suff­isant pour sur­vivre mais insuff­isant pour sub­sis­ter sans faire appel aux lecteurs.

Crises et crises de succession

Le jour­nal n’est pas à l’abri des crises de son envi­ron­nement : les con­flits autour de Mon­seigneur Lefeb­vre en 1988, la scis­sion du Front Nation­al en 1998 où ses lecteurs se parta­gent entre des camps dif­férents et peu enclins à la réc­on­cil­i­a­tion.

Crise de suc­ces­sion aus­si après le décès de Jean Madi­ran en juil­let 2013. La sit­u­a­tion du jour­nal est alors cat­a­strophique. La forme et le con­tenu ten­dent à ressem­bler à celui d’un (mau­vais) bul­letin parois­sial et le déficit est abyssal. Pire, cer­tains jour­nal­istes — bon catholiques mais avant tout soucieux de leur intérêt — souhait­ent la dis­pari­tion du quo­ti­di­en pour touch­er leurs indem­nités par­fois ron­delettes. D’où des procès en cas­cade, cer­tains gag­nés d’autres per­dus, la plu­part en appel, qui affaib­lis­sent le jour­nal.

Relance et nouvelle équipe

En 2014 une nou­velle équipe rafraî­chit la maque­tte, raje­u­nit les con­tenus via des reportages et des entre­tiens, dou­ble la pag­i­na­tion, règle la dis­tri­b­u­tion en kiosque, met en place une poli­tique du numérique, crée un prix des lecteurs etc. Les ventes en kiosque repar­tent, la sol­i­dar­ité des lecteurs joue.

Une com­para­i­son avec L’Humanité est effec­tuée par le rédac­teur. En sim­pli­fi­ant un peu, Présent a moins de 5% des moyens du quo­ti­di­en com­mu­niste (voir notre info­gra­phie avec le détail des sub­ven­tions) : nom­bre de jour­nal­istes et aide à la presse. Et encore beau­coup moins de pub­lic­ité. Fran­cis Berg­eron estime que leur lec­torat est à peu près iden­tique en nom­bre, ce qui nous sem­ble un peu exagéré. Met­tons 10000 lecteurs pour Présent et 20000 pour L’Humanité, la per­for­mance de Présent par rap­port aux moyens déployés est tout sim­ple­ment éton­nante. Un livre à lire et con­sul­ter pour tous ceux qui s’intéressent à la presse et pour ceux qui — comme le jour­nal — se veu­lent « catholique et nation­al ».

Fran­cis Berg­eron, Présent un défi au quo­ti­di­en, Dual­pha éd, 2019, 196p, 23 € (+5€ de frais de port) par cor­re­spon­dance sur www.francephi.com et en librairie

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