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Clause de conscience des journalistes, un exemple qui met en difficulté le quotidien catholique Présent

5 février 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Clause de conscience des journalistes, un exemple qui met en difficulté le quotidien catholique Présent

Parmi les quotidiens de diffusion nationale, Présent constitue un cas à part. Paraissant contre vents et marées depuis 40 ans, quasi moribond en 2014 avant d’être repris par une nouvelle équipe, le journal s’est vu priver récemment de manière arbitraire de ses aides à la presse quotidienne d’information générale et à faibles revenus publicitaires. La raison invoquée ? Le prix de vente au numéro n’est pas assez élevé (sic). La solidarité des lecteurs a permis de pallier ce coup dur. Mais un procès des anciens dirigeants menace de nouveau l’édifice. Visite juridique guidée et détour par des règlements de comptes peu catholiques.

Conflit sur l’orientation du titre

Madame Smits et Mon­sieur Figueras, époux à la ville, à la fois anciens respon­s­ables et jour­nal­istes ont fait jouer leur clause de con­science après la reprise du titre. Por­tant l’affaire aux prud’hommes, ils ont dans un pre­mier temps été déboutés de leur plainte. Mais la cour d’appel a con­tred­it le con­seil des prud’hommes le 14 jan­vi­er 2020. Elle estime que la ligne de Présent a changé en 2014 « par un sou­tien direct au Front Nation­al », un juge­ment éton­nant quand on con­naît la ligne précé­dente qui a tou­jours été très proche de Jean-Marie Le Pen y com­pris par son fon­da­teur, Jean Madi­ran décédé en 2013.

Risques encourus

Les deux démis­sion­naires devraient recevoir des indem­nités de licen­ciement supérieures à 100.000 euros au titre des 15 pre­mières années d’ancienneté, sans compter un pos­si­ble sup­plé­ment pour les années au-delà de 15 ans d’ancienneté, déter­miné par la com­mis­sion par­i­taire arbi­trale des jour­nal­istes, ce qui pour­rait dou­bler la mise.

La déci­sion du Tri­bunal est théorique­ment exé­cu­toire au 8 févri­er, peu de temps avant que le Tri­bunal de com­merce n’examine le plan de con­ti­nu­ité à dix ans de la société éditrice. Quelle est la morale de l’affaire ? Il pour­rait y en avoir plusieurs.

Tout d’abord, la clause de con­science est une néces­saire pro­tec­tion des jour­nal­istes. Ensuite, le raison­nement du Tri­bunal d’appel paraît spé­cieux, le quo­ti­di­en est bien resté « nation­al » et « catholique » avant et après 2014, que l’on appré­cie ou pas ces ter­mes. Enfin il peut paraître étrange qu’une équipe dirigeante qui a pra­tique­ment amené à la ruine un jour­nal en soit d’une cer­taine manière récom­pen­sée. Le tout sans doute au nom de la bonne morale catholique. Les voies du Seigneur sont, dit-on, impéné­tra­bles.

 

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