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L’Union européenne fait sa propagande médiatique. 2 : la théorie du genre à l’assaut de l’école

9 août 2019

Temps de lecture : 6 minutes

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L’Union européenne fait sa propagande médiatique. 2 : la théorie du genre à l’assaut de l’école

L’Union européenne fait sa propagande médiatique. 2 : la théorie du genre à l’assaut de l’école

Pre­mière dif­fu­sion le 16/05/2019

Plus personne ne doute de la capacité de l’Union européenne à pratiquer la propagande, de moins en moins discrète, au nom de sa prétention à la tolérance, du moins de qui entre dans le bon cadre. Après avoir analysé son outil de lutte contre les médias différents, l’OJIM se penche sur la façon dont l’UE fait entrer ses idées dans les écoles, avec l’exemple de la théorie du genre.

Il est per­ti­nent de par­ler de pro­pa­gande au sujet de la façon dont les ten­ants de l’UE actuelle, qu’ils soient aux respon­s­abil­ités ou qu’ils en sor­tent, agis­sent pour dif­fuser leurs idées, en sous-main mais en cri­ti­quant toute « théorie du com­plot ». Un exem­ple de ce type de fonc­tion­nement avec l’ancienne min­istre de l’Education Nationale, Najat Val­laud-Bel­cacem, qui, en 2014, marte­lait sur tous les médias offi­ciels que « La théorie du genre, cela n’existe pas », et en par­ti­c­uli­er à l’école (Fran­ce­in­fo, 2 sep­tem­bre 2014), en réponse aux asso­ci­a­tions de par­ents inquiètes de lire ce qu’elles décou­vraient dans les cahiers et les livres de leurs enfants. Cela n’existe d’autant pas que… Najat Val­laud Bel­cacem dirige depuis févri­er 2019 à Sci­ences Po Paris le « Cer­ti­fi­cat femmes-hommes et poli­tiques publiques », sous l’égide de PRESAGE (Pro­gramme de recherche et d’Enseignement de Savoirs sur le Genre). Ce n’est donc pas une théorie mais… un « savoir », avec des cours du type « la sci­ence poli­tique au défi du genre ». Comme ce « savoir » n’a rien de sci­en­tifique, dif­fi­cile de ne pas voir de la pro­pa­gande, celle-là même qui se retrou­ve dans une action menée par l’Union Européenne auprès des enseignants et des élèves.

Le genre de l’UE pénètre les écoles

Le genre au sein de l’UE s’inscrit dans un pro­gramme financé par la Com­mis­sion européenne et inti­t­ulé « con­sumer­class­room ». Cela veut tout dire. Il s’inscrit dans les pro­jets nom­més « édu­ca­tion aux médias » à des­ti­na­tion des sco­laires mais le site est hébergé sur celui de l’Agence exéc­u­tive pour les con­som­ma­teurs, la san­té, l’agriculture et l’alimentation, laque­lle n’est pas aus­si neu­tre qu’il y paraît. Con­sulté le 10 mai 2019, ce dernier site pro­po­sait en pre­mière page une vidéo titrée « Choose your future – euro­pean elec­tions. Today I am being born ». pas­sion­nante vidéo de 3 min­utes mon­trant des enfants et des femmes enceintes avec une voix d’enfant en fond, mon­trant que naître en Europe, dans l’UE, est naître dans un monde de paix et que cela doit être main­tenu pour que « les hor­reurs du passé ne se repro­duisent pas ». Les larmes mon­tent aux yeux, la Com­mis­sion européenne ne lésine pas sur l’amour. À par­tir de 2’20, la vidéo devient d’autant plus intéres­sante qu’elle affirme claire­ment que l’Europe ne peut être main­tenue ain­si sans accueil migra­toire (pop­u­la­tions noires et extra-européennes à l’image) et que ce serait l’unique moyen de lut­ter con­tre le ter­ror­isme. Le com­men­taire : « c’est pour cela que nous votons. Choi­sis­sez cette Europe, dans laque­lle nous voulons naître ». Le rem­place­ment des pop­u­la­tions d’origine appa­raît comme une infox, alors que la vidéo mon­tre claire­ment le con­traire : des pop­u­la­tions nou­velle­ment arrivées venant sup­pléer des pop­u­la­tions qui disparaîtraient.

C’est donc dans ce cadre plus général que s’inscrit la ressource péd­a­gogique des­tinée aux enseignants et à leurs élèves, « Gen­rim­ages – analyse des stéréo­types dans l’image ». La « ressource » se présente ainsi :

« A l’heure où l’image est dev­enue la pre­mière pra­tique cul­turelle, les images stéréo­typées s’ancrent dans l’inconscient col­lec­tif et con­tribuent à figer la place des femmes et des hommes dans la société. Gen­rim­ages s’adresse à toutes celles et ceux qui souhait­ent don­ner aux enfants, aux jeunes et aux citoyen·ne·s des out­ils de dis­tance cri­tique face aux représen­ta­tions stéréo­typées des femmes et des hommes dans les médias …Le site Gen­rim­ages met à dis­po­si­tion de la com­mu­nauté éduca­tive des vidéos et images analysées, des ressources et un out­il d’annotation d’images fix­es et ani­mées pour con­duire des séances de sen­si­bil­i­sa­tion qui croisent édu­ca­tion à l’image et édu­ca­tion à l’égalité femme-homme. L’annotation d’images dans Gen­rim­ages est un out­il inno­vant qui per­met de « ren­tr­er dans l’image » pour point­er, isol­er et ques­tion­ner des élé­ments dans une image fixe ou une vidéo grâce à un tra­vail de séquençage et d’arrêt sur images. »

Ce site des­tiné aux enseignants et donc à l’enseignement du genre à l’école est dif­fusé par les académies en France, directe­ment par voie de mails auprès des étab­lisse­ments et des salariés. « La théorie qui n’existe pas » sem­ble un peu exis­ter tout de même. On remar­quera l’utilisation de l’écriture inclu­sive, sans base sci­en­tifique, unique­ment mil­i­tante, et pour­tant pro­scrite en 2017 par l’actuel min­istre de l’Éducation Nationale.

Exemples de ce que l’on trouve sur Genrimages

C’est une banque de don­nées où l’on peut trou­ver les images recher­chées par mots clés, au cas où elles ne seraient d’évidence gen­rées (ce qui est sou­vent le cas). Des mots clés ? Corps, dis­crim­i­na­tions, jou­ets, lgt­bqi­pho­bie (sic).

Cocher « jou­ets » s’avère intéres­sant, la rubrique pro­posant des analy­ses de pub­lic­ités des­tinées à « cass­er les stéréo­types de genre ». L’enseignant n’a rien à pré­par­er, tout est fab­riqué pour qu’il ne se trompe pas et dif­fuse les bonnes infor­ma­tions. Cela se présente même comme un catéchisme :

« ÉLÉMENTS D’ANALYSE, QUESTIONS ET ÉLÉMENTS DE RÉPONSE
Quel est l’ob­jet de cette publicité ?
La voiture Cross Polo.
Com­ment le sait-on ?
Le nom ; la présence du mod­èle en 2 exem­plaires ; le logo.
Décrire l’im­age.
Une petite fille allongée sur le sol s’amuse avec une “petite” voiture.
Décrire la petite fille.
Elle porte une robe rouge avec des manch­es bal­lon; elle a deux bracelets, un bleu et un rose ; elle a deux cou­ettes tenues par des élas­tiques ros­es. Elle sourit. La raie dans ses cheveux reprend le sigle de la marque.
Quelles impres­sions dégage-t-elle ?
Elle a la peau claire, les cheveux liss­es, a un look très “sage”, très “petite fille mod­èle” mais pour autant elle n’hésite pas à s’al­longer directe­ment sur le sol sans crain­dre de froiss­er sa robe. Le bleu et le rose des bracelets mix­ent les sym­bol­es du mas­culin et du féminin stéréo­typés. Elle sourit, elle sem­ble con­tente de jouer mais ne sem­ble pas très à l’aise avec la voiture, comme si elle ne savait pas com­ment la manipuler.
Décrire la voiture.
Elle est noire, plus grosse qu’une voiture jou­et ordinaire.
Lire le slo­gan. L’expliquer.
“CrossPo­lo, sortez des clichés.”
Le cliché évo­qué est l’as­so­ci­a­tion homme/voiture que ce soit dans le reg­istre de la con­duite (voiture de tourisme comme course et ral­lye  auto­mo­bile) ou dans le reg­istre des jou­ets où les petites voitures, les voitures de col­lec­tion, les camions, etc… sont présen­tés dans les rayons “jou­ets pour garçons”.
Sor­tir des clichés c’est ici choisir d’as­soci­er la pro­mo­tion d’une voiture à une fille : le lien petite voiture/ petite fille évoque par asso­ci­a­tion le futur lien voiture/femme adulte.
Sub­siste-t-il un cliché dans cette image ?
Oui, celui de la peau claire comme référence à une forme de normalité.
Analyser la suite du texte publicitaire.
“Déjà tout petit on déteste devoir faire comme les autres. C’est en pen­sant à ça et aux gens qui ne veu­lent pas d’une voiture qui ressem­ble à toutes les autres, que Vol­swa­gen a imag­iné la Cross Polo. 

Recueil de com­men­taires chez des élèves de CM2 à la ques­tion “Que pensez-vous de cette publicité ?” :
“C’est pour sor­tir des clichés mais en même temps la petite fille est un peu cliché aus­si… comme pour mon­tr­er que même si on joue à la voiture quand on est une fille on est quand même une vraie fille… et puis le jou­et il est un peu gros, c’est pas vrai­ment un jou­et, elle le fait pas rouler, c’est comme si finale­ment elle savait pas trop quoi en faire…on voit jamais des filles jouer avec des voitures dans les cat­a­logues de jou­ets… les voitures sont au ray­on garçons, c’est pour les garçons… ça change que ce soit une fille, si on en voy­ait plus on s’habituerait, on ne penserait plus que les voitures c’est que pour les garçons….pourquoi pas met­tre une femme adulte qui conduit ? …”
Aux ques­tions, quelles sont les autres pub­lic­ités pour voitures que vous con­nais­sez et  en général, com­ment y sont présen­tés les hommes, les femmes ?
“Sou­vent les femmes sont là pour décor­er… ce sont les hommes qui con­duisent ou qui con­nais­sent bien les voitures.. des fois on voit des femmes, mais c’est pour insis­ter sur le “look” de la voiture…les femmes sont sexy, c’est pour ven­dre aux hommes… la vitesse c’est pour les hommes… on dirait que ça suf­fit pas de juste mon­tr­er la voiture…”

CONCLUSION

Comme dans les cat­a­logues de jou­ets, il est rare de voir asso­ciées une voiture et une petite fille ; même si l’im­age se veut ras­sur­ante (le goût pour les voitures ne nuit pas à la féminité de l’en­fant), elle a au moins le mérite d’échap­per à l’as­so­ci­a­tion clas­sique voiture et femme-objet. On aimerait toute­fois voir cette pub­lic­ité, qui se tar­gue de sor­tir des clichés, nous présen­ter une voiture de taille réelle et une femme la con­duisant. Il est bon de rap­pel­er qu’il y a autant de femmes que d’hommes qui passent leur per­mis de con­duire chaque année, qu’il y a de nom­breuses con­duc­tri­ces de bus, de poids lourds, de grues, d’avions de chas­se, etc… Con­duire est une pra­tique qui s’ap­prend et non une prédis­po­si­tion génétique. »

Chaque image pro­posée con­duit à une présen­ta­tion de cette sorte. Notons au pas­sage que les fich­es directe­ment util­is­ables par les enseignants sont bour­rées de fautes d’orthographe.

La dernière phrase, un peu ridicule, fait référence à une célèbre cita­tion de Simone de Beau­voir. A lire Gen­rim­ages et son pro­gramme de décon­struc­tion, on voit que tout est lié, annon­cé : une entre­prise idéologique et poli­tique pour « édu­quer » les enfants sans que les par­ents et les citoyens en général n’aient jamais été consultés.

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