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Éric Zemmour, l’homme qui ne voulait pas se taire

12 novembre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Éric Zemmour, l’homme qui ne voulait pas se taire

Renvoyé au tribunal par le parquet après une relaxe, Éric Zemmour n’en a pas fini avec la “police de la pensée”. En 2014, il avait donné un entretien à un journal italien, dans lequel il déclarait, entre autres, que les musulmans « ont leur Code civil, c’est le Coran », qu’ils « vivent entre eux, dans les périphéries », si bien que « les Français ont été obligés de s’en aller ».

Le tol­lé fut immé­di­at, le procès en « provo­ca­tion à la haine raciale » lui emboî­tant le pas. Ven­dre­di dernier, il se défendait à la barre de la 17ème cham­bre cor­rec­tion­nelle, où il fait désor­mais fig­ure d’habitué. Boule­vard Voltaire a pu se pro­cur­er l’in­té­gral­ité de son plaidoy­er.

Dans celui-ci, il rap­pelle tout d’abord les débats ayant eu lieu autour du traité de Ver­sailles de 1919, où Jacques Bainville, avec son livre sur les « Con­séquences poli­tiques de la paix » (1920), fut attaqué par la gauche, accusé d’être ger­manophobe, xéno­phobe et bel­li­ciste. Pour­tant, ce dernier voulait sim­ple­ment « met­tre en garde ses com­pa­tri­otes con­tre les illu­sions et la naïveté ».

Aujour­d’hui, Éric Zem­mour estime subir le même sort, en pire. Autre époque, autre men­tal­ité. Comme le souligne le polémiste, « le grand Bainville ne savait pas qu’on pou­vait être attaqué pour des mots qu’on n’avait pas pronon­cés, qu’on n’avait même pas enten­dus ». Il igno­rait égale­ment qu’on pou­vait être ren­voyé d’un média (i>Télé) pour un délit d’opin­ion. Il était loin d’imag­in­er « la loi Pleven » et ses con­séquences dra­ma­tiques.

S’es­ti­mant « traité comme un délin­quant », Éric Zem­mour affirme que la lib­erté d’opin­ion ne vaut « que pour Char­lie Heb­do ». Pour lui, la gauche a « rétabli sub­rep­tice­ment le délit de blas­phème », qui aujour­d’hui per­met de con­damn­er « quiconque n’ôterait pas respectueuse­ment son cha­peau devant la nou­velle reli­gion, la nou­velle doxa antiraciste, celle de l’identité heureuse, (…) celle de l’islam mod­éré, reli­gion d’amour et de paix, celle de l’intégration har­monieuse dans le respect des dif­férences. »

En effet, « tous ceux qui ne croient pas en cette nou­velle reli­gion, tous ceux qui n’ont pas la foi doivent se taire ou être con­damnés », ajoute-t-il. Pour autant, l’écrivain ne se décourage pas. Loin de là. « J’ai l’honneur, je dis bien l’honneur, d’être devenu une cible priv­ilégiée. La cible priv­ilégiée parce que mes livres ont beau­coup de suc­cès, parce que mes inter­ven­tions sont regardées, écoutées », clame-t-il.

Et ce dernier de prévenir le par­quet : « rien ne m’empêchera de con­tin­uer à dire ce que je crois, même si j’ai bien com­pris que rien n’arrêtera le min­istère pub­lic dans sa volon­té de me faire taire. » Un min­istère pub­lic qui « sert de relaie à des lob­bys antiracistes qui vivent du racisme, ou du pré­ten­du racisme (et encore : de manière hémi­plégique), comme d’autres vivent de la défense des baleines ou des ours ».

Con­fi­ant, et surtout bien con­scient d’être soutenu par une majorité de citoyens con­tre cette élite con­testée, le jour­nal­iste con­clut : « Un jour, j’en suis con­va­in­cu, l’Histoire don­nera rai­son au pot de terre, comme elle l’a don­né au grand Bainville, et le pot de fer aura honte. Mais il sera trop tard. » Sera-t-il, sur ce plan, aus­si vision­naire que led­it Bainville, qui avait écrit, à l’époque : « Les démoc­ra­ties ont cou­tume de reprocher à ceux qui ont prévu les événe­ments de les avoir causés » ?

Voir notre portrait d’Éric Zemmour, une certaine idée du journalisme à la française

Crédit pho­to : Yves Ten­nevin via Flickr (cc)

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