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Élections américaines : le New York Times s’excuse et promet plus d’honnêteté

16 novembre 2016

Temps de lecture : 2 minutes
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Élections américaines : le New York Times s’excuse et promet plus d’honnêteté

Il faudrait un livre entier pour dresser la liste des médias, français comme américains, qui se sont intégralement plantés, sondages à l’appui, sur le nom du futur président des États-Unis. Plus grave, la quasi-totalité des médias a fait ouvertement campagne pour Hillary Clinton, s’asseyant comme rarement sur les grands principes qui fondent le journalisme. Trump élu, il aura bien fallu tirer les leçons de cet échec cuisant et de ce fiasco moral.

« La plu­part des jour­nal­istes étaient aveuglés par leur pro­pre big­o­terie con­tre la reli­gion con­ser­va­trice, con­tre les gens de la cam­pagne, con­tre la classe ouvrière et con­tre les Blancs pau­vres »

S’il ne faut pas compter sur les médias hexag­o­naux pour envis­ager toute remise en ques­tion, le New-York Times, qui fait fig­ure d’in­sti­tu­tion out­re-Atlan­tique, a entre­pris ce tra­vail. « Les médias d’information ont large­ment man­qué ce qui se pas­sait autour d’eux. C’est une his­toire qui se répète. Les esti­ma­tions n’ont pas seule­ment été un mau­vaise guide durant cette nuit élec­torale – elles ont été à l’inverse de ce qui se jouait réelle­ment », a ain­si fait savoir Jim Ruten­berg, médi­a­teur du quo­ti­di­en new-yorkais.

C’est dans un long papi­er que ce dernier tente de com­pren­dre cette décon­nex­ion entre le traite­ment médi­a­tique de la cam­pagne, les prévi­sions des experts, et le résul­tat final traduisant les véri­ta­bles inquié­tudes et la volon­té du peu­ple améri­cain. « C’est plus qu’un échec des insti­tuts de sondages. Il s’agit bien de l’échec à enten­dre la colère bouil­lon­nante d’une grande par­tie de l’électorat améri­cain qui s’est sen­tie délais­sée par une minorité sélec­tive, trahis par des accords com­mer­ci­aux qu’ils con­sid­èrent comme des men­aces et non respec­tés par Wash­ing­ton, Wall Street et les médias main­stream », a‑t-il pour­suivi, soudain clair­voy­ant.

Le New-York Times lui-même don­nait, en début de soirée, Hillary Clin­ton favorite à 84 %. Ain­si Ruten­berg con­state que « la poli­tique n’est pas qu’une affaire de chiffres. Les don­nées ne peu­vent pas tou­jours agir comme le ther­momètre de l’état des Améri­cains. » Reprenant les mots de l’écrivain con­ser­va­teur Rod Dreher, Jim Ruten­berg explique que « la plu­part des jour­nal­istes étaient aveuglés par leur pro­pre big­o­terie con­tre la reli­gion con­ser­va­trice, con­tre les gens de la cam­pagne, con­tre la classe ouvrière et con­tre les Blancs pau­vres ». Et d’es­timer que, si ces fautes peu­vent être réparées, « nous devons nous y met­tre, une fois pour toutes ».

Ain­si quelques jours plus tard, le 13 novem­bre, c’est l’éditeur du New York Times Arthur Sulzberg­er Jr. qui s’est excusé. Dans un bil­let pub­lié sur le site du quo­ti­di­en, celui promet : « Nous enten­dons nous recen­tr­er sur la mis­sion fon­da­men­tale du jour­nal­isme du Times, et qui con­siste à rap­porter hon­nête­ment ce qui se passe en Amérique et dans le monde, sans crainte ni faveur. » Dès jan­vi­er, au moment de l’in­vesti­ture de Don­ald Trump, Sulzberg­er assure que les lecteurs pour­ront compter « sur le New York Times pour cou­vrir avec hon­nêteté et indépen­dance le nou­veau prési­dent et son équipe ».

Un mea cul­pa qui, même s’il s’avère peu suivi d’ef­fets, a le mérite d’ex­is­ter. En France, il fau­dra peut-être atten­dre 2017 pour, dans un pre­mier temps, observ­er le par­ti pris des médias durant la cam­pagne prési­den­tielle et, en cas de sur­prise, guet­ter les excus­es et les regrets…

Voir également notre dossier : L’influence de Georges Soros sur les médias américains

Crédit pho­to : gigi4791 via Flickr (cc)

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