Ojim.fr
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
PUBLICATIONS
Yann Barthès, Dilcrah, Netflix, Frontex, Bellingcat... Découvrez les publications papier et numériques de l'Observatoire du journalisme.
→ En savoir plus
Edward Snowden, héros moderne et modeste du film d’Oliver Stone

L’article que vous allez lire est gratuit. Mais il a un coût. Un article revient à 50 €, un portrait à 100 €, un dossier à 400 €. Notre indépendance repose sur vos dons. Après déduction fiscale un don de 100 € revient à 34 €. Merci de votre soutien, sans lui nous disparaîtrions.

7 novembre 2016

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Critiques | Edward Snowden, héros moderne et modeste du film d’Oliver Stone

Edward Snowden, héros moderne et modeste du film d’Oliver Stone

Temps de lecture : 2 minutes

L’Ojim a consacré plusieurs articles, dont un portrait, à Edward Snowden qui a révélé au monde que la NSA voyait, écoutait, enregistrait, lisait la TOTALITÉ des échanges numériques de tous les pays y compris aux États-Unis.

Ce qui veut dire en clair que cet arti­cle que vous lisez en ce moment sera lu par la NSA, archivé, analysé sous forme de mots clés et que son lecteur (vous) sera fiché quelque part. Ceci sous toutes les formes : cour­riels, blogs, sites, Skype, SMS, Face­book, Twit­ter, con­ver­sa­tions télé­phoniques, insta­gram etc. Snow­den a été couron­né par un prix Pulitzer pour son courage.

Snow­den avait déjà fait l’objet d’un excel­lent doc­u­men­taire de Lau­ra Poitras chroniqué en son temps par l’Ojim. Le réal­isa­teur Oliv­er Stone (Pla­toon, JFK, Nixon, etc.) s’est à son tour emparé du sujet sous la forme d’une biogra­phie romancée dont le per­son­nage prin­ci­pal est joué par l’excellent Joseph Gor­don-Levitt. L’histoire d’un homme ordi­naire, plutôt con­formiste, sans aspérités, auto­di­dacte doué pour l’informatique, patri­ote con­ser­va­teur qui va organ­is­er la plus grande sor­tie de doc­u­ments con­fi­den­tiels de la NSA et révéler l’emprise de celle-ci sur les citoyens du monde entier (Améri­cains com­pris mal­gré les pitoy­ables excus­es de Barack Oba­ma). La forme romancée et la présence éner­vante de l’horripilante (Shai­lene Wood­ley) petite amie de Snow­den (musique siru­peuse, éro­tisme sage, vide de l’âme) nuisent mal­heureuse­ment à la fer­meté du pro­pos. L’incroyable courage de Snow­den, renonçant à sa car­rière, à une vie con­fort­able à Hawaï, à sa famille et ses amis, à son pays pour suiv­re son éthique n’est ain­si pas assez souligné.

À ce jour, Edward Snow­den vit en exil en Russie dans un lieu tenu secret. Les États-Unis l’ont déchu de sa nation­al­ité et il serait arrêté s’il ten­tait de rejoin­dre l’Amérique latine comme il en a eu un temps l’intention. Remar­quons au pas­sage que François Hol­lande, suiv­ant son tro­pisme atlantiste habituel, a refusé l’asile poli­tique à Snow­den. Le grand film sur la vie de Snow­den est encore à venir mais celui d’Oliver Stone peut être vu en com­plé­ment du doc­u­men­taire (supérieur) de Lau­ra Poitras.

Snowden d’Oliver Stone (2016), 2h14.