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Dossier : Départementales, du cigare de Valls au rideau de fumée [rediffusion]

11 août 2015

Temps de lecture : 9 minutes
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Dossier : Départementales, du cigare de Valls au rideau de fumée [rediffusion]

Ini­tiale­ment pub­lié le 23/03/2015

Sondages erronés, résultats illisibles, cacophonie orchestrée. Après le brouillage médiatique, l’OJIM tente quelques éclaircissements.

Les élec­tions départe­men­tales ont été l’occasion d’un grand cirque improb­a­ble où la plu­part des grands médias, le soir des résul­tats du pre­mier tour, parais­sent avoir joué sans ver­gogne la par­ti­tion qui leur avait été fournie par le gou­verne­ment. Un grand trucage par­faite­ment décom­plexé qui révèle encore une fois les ten­ta­tives dés­espérées de farder la réal­ité aux­quelles se livrent tous ceux qui par­ticipent à la nébuleuse majori­taire médi­ati­co-poli­tique. Pourquoi ? Parce que le sol se dérobe sous leurs pieds, trau­ma­tisme qui engen­dre naturelle­ment un réflexe de déni qu’on tente de faire partager au plus grand nom­bre afin de l’entretenir au mieux. Parce que ce déni béné­fi­cie d’une grande force d’inertie, naturelle­ment : on imag­ine tou­jours les sit­u­a­tions un rien pérennes comme éter­nelles. Et puis tant que ce déni fonc­tionne, le pou­voir demeure entre les mêmes mains… Sauver les apparences, voilà donc ce qui sem­ble l’obsession des ten­ants du sys­tème, et pour ce faire, il se trou­ve que ceux-ci ont les moyens de fab­ri­quer des apparences. Et ce à quoi nous avons assisté tant durant la cam­pagne des départe­men­tales que lors des résul­tats du pre­mier tour, c’est à une gigan­tesque fab­rique d’apparences ayant eu recours tant aux son­deurs qu’aux médias, à la rhé­torique politi­ci­enne, aux découpages élec­toraux, aux auteurs de graphiques, tout cela dans l’élan d’une mobil­i­sa­tion générale pour jouer un scé­nario pré-écrit pari­ant sur la prophétie auto-réal­isatrice, ou du moins, sur l’efficacité d’un tel cirque en ter­mes de pro­pa­gande.

Une campagne hystérisée

Nous l’avions déjà remar­qué ici, le levi­er de l’antifascisme d’opérette est l’arme préférée des social­istes au pou­voir, et Valls y avait déjà eu recours à l’époque de l’ « affaire Dieudon­né », même si lui-même avait dû en subir l’effet, déclenché par son pro­pre camp, lors de l’ « affaire Léonar­da », et com­bi­en même le levi­er avait déjà été employé sans la moin­dre pré­cau­tion à l’occasion de l’ « affaire Méric »… Bref, quand Valls dût se deman­der quelle stratégie adopter en vue des élec­tions départe­men­tales, il ne perdit pas quinze heures à ter­gi­vers­er avant de revenir à ce levi­er pour l’actionner encore. Avec ses coups de men­ton, sa vio­lence ver­bale, son appel à « stig­ma­tis­er » un par­ti et donc ses électeurs, il ressem­blait surtout à tel dirigeant du Front Pop­u­laire cher­chant à nous rejouer la guerre d’Es­pagne. Le grand ram dam habituel et le cou­plet de la « République en dan­ger » et du « retour des années 30 », dont on s’était déjà telle­ment servi à out­rance deux ans plus tôt lors de la Manif pour tous, furent à nou­veau employés tout azimut, et sans crain­dre d’opérer le moin­dre amal­game diffam­a­toire. On dis­crim­i­na donc sans com­plexe une part impor­tante de la pop­u­la­tion dont on sem­blait regret­ter cru­elle­ment, deux mois après que tout le monde eut été « Char­lie », que celle-ci pût dis­pos­er d’une quel­conque lib­erté d’expression.

Le levier et « l’effet 34 »

« L’effet 34 » : seule stratégie possible ?

« L’effet 34 » : seule stratégie pos­si­ble ?

Bien évidem­ment, cette tac­tique du levi­er antifas­ciste pos­sède surtout des objec­tifs pro-social­istes, voire, elle con­stitue, pour le par­ti au pou­voir, la seule stratégie pos­si­ble. Celle-ci per­met de mobilis­er les électeurs de gauche, qui sont encore les seuls capa­bles d’être dupes d’un tel bluff, mais surtout, cela per­met de faire mon­ter le Front Nation­al en rad­i­cal­isant le débat et en jouant sur la mon­tée aux extrêmes. Inéluctable­ment écrasé par l’UMP quel que soit le cas de fig­ure, le PS a intérêt, dans les scruti­ns à deux tours de la plu­part des élec­tions français­es, à se retrou­ver en duel avec le FN pour espér­er l’emporter.

Or, les sondages, en suré­val­u­ant le vote pour le par­ti de Marine le Pen, ont joué en faveur du scé­nario fal­lac­i­eux que voulait ven­dre Valls : une réplique de 1934. En effet, en 34, après les man­i­fes­ta­tions mon­strueuses du 6 févri­er qui virent défil­er ensem­ble toutes les ligues droitières, fas­cistes ou assim­ilées, et firent red­outer un coup d’état nation­al­iste et anti-par­lemen­taire en France, la gauche s’organisa, se rassem­bla, prof­i­ta des frayeurs que sus­ci­tait l’idée d’un sem­blable événe­ment, et le Front Pop­u­laire parvint ain­si au pou­voir en 1936.

Double abus et outrance des sondages

Pour par­o­di­er cet « effet 34 », le pre­mier min­istre, qui reproche pour­tant tou­jours à ses adver­saires de rap­pel­er les années 30, martèle l’idée d’un « Front Nation­al aux portes du pou­voir ». Cette affir­ma­tion, clé d’un scé­nario à la 34, est pour­tant dou­ble­ment abu­sive. D’abord parce que le FN n’est pas un par­ti fas­ciste (Pierre-André Taguieff a bien mon­tré com­ment il appar­tient davan­tage à une tra­di­tion pop­uliste et patri­o­tique à la Boulanger ou à la Pou­jade – aujourd’hui, il resterait à le définir dans une mou­vance européenne générale néo-pop­uliste, anti-libérale et anti-immi­gra­tion dont les con­tours ne sont pas encore claire­ment étab­lis). Ensuite, parce que dans tous les cas, il n’est pas aux portes du pou­voir. Si la pro­gres­sion de son par­ti est tout à fait remar­quable, Marine Le Pen se trou­ve néan­moins encore très loin d’une pos­si­bil­ité de fédér­er l’électorat suff­isant pour pren­dre le pou­voir dans une démoc­ra­tie représen­ta­tive à scrutin majori­taire. Quoi qu’il en soit, cette expres­sion abu­sive de Valls aura été servie par des sondages prédis­ant le FN à des niveaux qu’il n’avait jamais atteint et jusqu’à dépass­er la barre sym­bol­ique des 30% (quand bien même le FN aurait fait 30%, le pays ne risquait pas pour autant de se retrou­ver sous son emprise après les départe­men­tales !). En somme, ces effets d’annonces sym­bol­iques en prove­nance des son­deurs et relayés par les médias, sem­blent avoir con­féré quelques reliefs au scé­nario vallsien et per­mis d’en exagér­er encore l’hystérie.

La République sauvée par la « gauche-cigare »

Une fois ce scé­nario mis en place, le pre­mier min­istre, qui y tient le rôle prin­ci­pal et pré­tend s’engager per­son­nelle­ment pour faire bar­rage au Front Nation­al, va en jouer les fal­lac­i­euses péripéties jusqu’au bout. Dans Le Figaro du 23 mars (la plu­part des médias relaient la même anec­dote), on apprend que Manuel Valls, lorsqu’il a décou­vert les résul­tats, s’est allumé un cig­a­re dans ses bureaux de l’hôtel Matignon. « Pour­tant, le pre­mier min­istre ne fume qua­si­ment jamais, mais là, quand il a décou­vert que le Front Nation­al n’était pas en pre­mière posi­tion, il s’est relâché. » Sens du détail et de la mise en scène, en ébrui­tant ces volutes tri­om­phales, Manuel Valls con­clue pour les caméras le drame qu’il a lui-même réal­isé, en vain­queur ayant ter­rassé sous son talon l’hydre fas­ciste et méri­tant bien, dès lors, cette récom­pense osten­ta­toire dont les hommes de gauche, autre­fois, affublaient tou­jours le cap­i­tal­iste haï, en plus de la bedaine et du haut-de-forme. Sauf que cig­a­re ou non, tout est du flan ! Non seule­ment parce que, comme nous l’avons vu, la sit­u­a­tion n’avait pas grand’ chose à voir avec 1934, parce que la République n’était pas « en dan­ger » et qu’il y a peu de rap­port entre le par­ti de Marine Le Pen et les ligues anti-répub­li­caines d’alors, mais de sur­croît, le FN, en dépit des agres­sives ges­tic­u­la­tions du pre­mier min­istre et con­traire­ment à ce qu’il affirmera une fois con­sumé son cig­a­re, est bien le pre­mier par­ti du pays en ter­mes de voix ! Sans doute la cam­pagne de Valls aura-t-elle davan­tage mobil­isé que prévu son pro­pre élec­torat, mais pour le reste : poudre aux yeux ! L’idée-même que le FN ait « reculé » grâce au caudil­lo social­iste tient à une illu­sion d’optique, puisqu’en réal­ité, le par­ti de Marine Le Pen a encore pro­gressé depuis les Européennes, sim­ple­ment, il pro­gresse moins que les sondages l’avaient pré­ten­du… Avancer moins qu’un myope l’a annon­cé n’a jamais fait reculer per­son­ne !

La Victoire pour tous

Ain­si a‑t-on assisté à ce spec­ta­cle invraisem­blable le soir des résul­tats du pre­mier tour des départe­men­tales : tous les par­tis avaient gag­né ! Les social­istes tri­om­phaient d’avoir vain­cu la bête immonde, laque­lle jubi­lait au con­traire devant l’étendue de ses con­quêtes, tan­dis que l’UMP bran­dis­sait sa coupe… Au milieu de ces scènes absur­des, les jour­nal­istes ne per­me­t­taient en rien d’y voir plus clair, qui relayaient telles quelles les annonces de l’UMP et du PS, affichant à l’appui des graphiques qui vari­aient pour­tant d’une chaîne à l’autre. En fait, cette illis­i­bil­ité des résul­tats, comme l’analysait juste­ment 20 min­utes le 23 mars, qui tenait aux présen­ta­tions des can­di­dats par binômes et au sein de blocs divers, per­mit aux poli­tiques de lire ces résul­tats en fonc­tion de leurs intérêts. Tout devint subite­ment extra­or­di­naire­ment élas­tique. Ain­si Valls put se féliciter du score de la majorité « qu’il a estimé à 28% des voix, en lui ajoutant les résul­tats de “ses alliés divers gauche et rad­i­caux de gauche”. Avec les suf­frages des écol­o­gistes et du Front de gauche, «les blocs de droite et de gauche sont à égal­ité [à 36%] et le Front nation­al est à 25%», a renchéri Stéphane Le Foll. » Ce genre d’interprétations omet­tant le fait que le Front de gauche et les Verts n’ont pas voté la con­fi­ance au gou­verne­ment, et qu’on pour­rait tout aus­si bien compter le Front Nation­al (s’il est d’ « extrême-droite », comme le martè­lent les social­istes) à droite, et con­sid­ér­er alors une gauche qui ne serait qu’à 36% pour, minée par ses divi­sions, faire face à un bloc droiti­er en deux parts, mais à plus de 60%…

Avènement du tripartisme

En fait, ces trafics divers témoignent essen­tielle­ment du fait que les grands par­tis tra­di­tion­nels ont désiré créer un rideau de fumée pour dis­simuler une réal­ité qui les heurte pro­fondé­ment. Cette réal­ité, c’est tout d’abord le fla­grant désaveu dont ils souf­frent de la part de la pop­u­la­tion. Pour par­venir pénible­ment à se situer entre 20 et 30% des suf­frages, il faut aujourd’hui à l’UMP et au PS s’assimiler tous les petits par­tis situés dans leur hémis­phère, où vont les électeurs qu’ils ne parvi­en­nent plus à attir­er directe­ment, afin de gon­fler leurs scores de manière pour le moins dis­cutable – en cette occur­rence, cela est par­ti­c­ulière­ment vrai pour le PS. Com­ment imag­in­er qu’un électeur de Mélen­chon passe pour un sou­tien de la poli­tique de Manuel Valls ? Et c’est pour­tant ain­si que furent tournées les choses… Quant à l’UMP, qui se présen­ta comme le grand vain­queur du tournoi, et qui est déjà bâtie sur une alliance (RPR-UDF), il lui fal­lut encore les sec­ours de l’UDI et du Modem pour dépass­er un FN qui fut le seul authen­tique pos­sesseur de ses voix. Le taux d’abstention record, même s’il fut, encore une fois, inférieur à celui qu’on craig­nait, est un autre symp­tôme de ce désaveu. En réal­ité, les deux grands par­tis s’effondrent, dis­persent leurs voix, col­ma­tent les brèch­es comme ils peu­vent, sus­ci­tent le dés­in­térêt de la moitié des électeurs et nour­ris­sent le suc­cès du seul par­ti à se présen­ter comme anti-sys­tème : le Front Nation­al. La con­séquence de ces mou­ve­ments divers, c’est que nous venons d’entrer dans un régime tri­par­tite. Voilà finale­ment, la seule chose qu’il y avait à retenir de sig­ni­fi­catif lors de ce pre­mier tour des départe­men­tales. Et c’est bien parce que nous avons quit­té le ring des duels, où il est si claire­ment aisé de départager le vain­queur et le vain­cu, mais que nous nous trou­vons devant cette con­fig­u­ra­tion inédite où aucun résul­tat n’est plus binaire, que cha­cun peut ten­ter de s’attribuer une vic­toire rel­a­tive. Sauf que si on met cette sit­u­a­tion en per­spec­tive avec les trente dernières années de vie poli­tique française, nous ne pou­vons qu’observer une défaite cuisante des par­tis de gou­verne­ment qui vien­nent de per­dre pour la pre­mière fois leur absolu mono­pole.

Fumée et dissipation

Libéra­tion et Le Figaro, qui jouèrent le rôle d’organes de leurs par­tis respec­tifs, reprirent à peu près ce que le PS et l’UMP dévelop­paient sur les chaînes de télévi­sion lors de la soirée élec­torale. Ain­si, chez Libé, on titre : « La droite en tête, la gauche tient le coup, le FN reste haut », tout en pré­cisant que : « blocs tout com­pris, droite et gauche font jeu égal. » Manière d’exprimer l’idée que rien n’avait changé et que si le FN demeu­rait une men­ace, il s’agissait d’une men­ace con­tenue. Mais rapi­de­ment, les inter­nautes du site du Figaro com­men­cent de con­tester la ligne offi­cielle, ce qui donne lieu à un arti­cle où l’on relève que : « Si dans ces départe­men­tales, chaque par­ti est ten­té d’interpréter les résul­tats à sa manière, la pro­gres­sion du par­ti de Marine Le Pen est incon­testable. Et nos inter­nautes ne sont guère con­va­in­cus que le pilon­nage de Manuel Valls ait vrai­ment fait reculer le par­ti… Pour nos lecteurs, comme Chris­telle, “il ne fait aucun doute que le FN a gag­né ce pre­mier tour”. Et d’innombrables inter­nautes de met­tre en avant les chiffres du min­istère de l’Intérieur. » Puis c’est au tour des édi­to­ri­al­istes, même les plus à gauche, de venir cor­riger la con­fu­sion hyp­ocrite de la soirée élec­torale, comme Frédéric Bon­neau qui titre : « Mirage élec­toral » dans Les Inrocks pour moquer l’attitude du PS et de Cam­badélis : « À l’écouter, on com­mençait à se dire que les sondages ne ser­vaient qu’à ça, au fond : exagér­er la cat­a­stro­phe pour que les dirigeants social­istes puis­sent pouss­er un soupir de soulage­ment plutôt qu’un cri de dépit. ». Dans L’Express, un arti­cle démon­tre même com­ment le FN est en réal­ité le vrai vain­queur du scrutin, et Christophe Bar­bi­er oppose aux mots d’ordre de la veille, une analyse bien dif­férente : « Le FN grand vain­queur, la droite marche plus droit, la gauche en ruine. »

Puis la lumière fut…

Dans Mar­i­anne, le poli­to­logue Lau­rent Bou­vet analyse les résul­tats comme une « instal­la­tion très nette et d’ampleur du Front Nation­al dans le paysage poli­tique français », tout en rap­pelant que « nous avons eu l’impression, durant la soirée élec­torale, dans cer­tains com­men­taires de respon­s­ables poli­tiques, et puis dans la presse égale­ment, que le FN avait per­du l’élection au pre­mier tour. Moi je pense que le FN a gag­né. » À Con­tre­points, le webzine libéral, on arrive aux mêmes con­clu­sions, par con­séquent, on s’étonne que « cer­tains titres “amis” comme le Figaro (puis­sent) titr­er, toute honte bue, que l’UMP de Nico­las Sarkozy rem­porte la vic­toire… », et l’on note donc que « le pre­mier tour de ces élec­tions départe­men­tales don­na lieu à un sacré men­songe médi­a­tique. »

Un autre consensus d’interprétation des résultats se fera donc finalement jour assez rapidement, révélant à la fois la victoire du FN et sa dissimulation derrière un rideau de fumée qui partit sans doute du cigare de Valls mais qui brouilla en tout cas toutes les télés le soir du premier tour, et les journaux les plus proches des partis de gouvernement.

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