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Pub­lié le 18 octobre 2018 | Éti­quettes : , ,

Daniel Morin, faux humoriste, vrai obsédé sur France Inter

Le 27 septembre 2018, Daniel Morin sur France Inter faisait de l’humour engagé. Courageux. Contre une ennemie idéologique désignée du régime – et sur France Inter, payé par les contribuables qu’ils le veuillent ou non. Il s’est payé la journaliste de droite Charlotte d’Ornellas avec force métaphores bestiales, points godwin et autres références au Maréchal Pétain. Dommage que son courage ne l’ait pas porté à traiter ainsi une personnalité de gauche ou une ministre – auquel cas il aurait moins courageusement, on s’en doute, essuyé les foudres de ses pairs.

Un parcours de potache

Une bonne occasion de revenir sur le parcours du Morin. Né en 1966, il débute en incarnant un docteur gynécologue lubrique au fort accent teuton sur OUI FM en 1999. On l’y retrouve de 2004 à 2007 avec le même personnage dans le Fraisier, « l'émission qui paie sa chatte » (on entend les boîtes à rire en fonds sonore), selon sa propre expression, et y reste jusqu’en 2009.

On le voit au Mouv’ ensuite de 2011 à 2013 où sa Morinade, animée avec Albert Algoud, Jean-Mathieu Pernin, Frédéric Martin, Richard Lornac, Thomas Croisière et Anne-Ma (Bénédicte Vidal), ses comparses de France Inter, finit par lasser et les auditeurs – qui ne sont pas séduits par la forme du Mouv’ –, et la direction qui y met fin pour revenir à une programmation plus musicale.

Du cul et du catho

Arrivé en 2005 sur France Inter sous les auspices de Stéphane Bern, il s’y illustre en singeant des biographies insultantes des saints du jour dans le Fou du Roi (de nouveau les boîtes à rire). Autres sujets exploités jusqu’à l’hallali (du calice), les affaires de pédophilie du clergé et le sexe, le sexe, le sexe.

Passé dans les Affranchis d’Isabelle Giordano en 2011 et diverses autres émissions (On va tous y passer en 2011-2012, Changement de costume à l’été 2014, La Bande originale en 2014-2015, A rebrousse-poil à l’été 2015 et en juillet 2016), il se retrouve à la fin de la matinale du 5/7 depuis 2015, avec toujours les mêmes ressorts douteux, fer de lance de « l’humour autorisé » de France Inter, doux avec les forts, fort avec les faibles, et surtout avec les ennemis idéologiques désignés… et toujours le sexe, le sexe, le sexe.

Echec à la télévision comme au cinéma

Ses interventions à la télévision sont de remarquables échecs : citons le Bureau des Plaintes (France 2) en 2010, émission stoppée après quelque numéros faute d’audience, ou encore toujours sur France 2 la bien nommée Folie Passagère de Frédéric Lopez, qui n’a duré qu’une saison – heureusement pour le contribuable déjà malmené par ce qu’on a coutume d’appeler le « service public audiovisuel », celui qui ne représente guère que le magistère moral de la gauche, et le pseudo-humour qu’elle tolère.

Enfin il a joué en 2013 un second rôle dans le film Pulsion d’Ovidie, un nanar porno féministe dont le thème central est l’obsession sexuelle.

Encore du cul mais conforme

Sur France Inter il pratique un pseudo-humour bas de plafond , d’autant plus incongru sur une radio qui prône le féminisme à l’antenne. Faites ce que je dis, pas ce dont je ris.

Rien d’étonnant donc qu’il se lâche sur Charlotte d’Ornellas : « Nous ferons l’amour bestialement comme deux bergers allemands rongés par la luxure et la passion […] les petites cathos d’extrême droite, ça me plait, ça me fait chavirer, ça me transporte, ça m’excite ». C’est donc ce que France Inter appelle de l’humour, heureusement que l’ami Daniel est estampillé politiquement conforme.

Silence du CSA, du médiateur et des féministes

Car évidemment, Daniel Morin a le droit. Il est dans le camp du Bien, Charlotte d’Ornellas qui est – horresco referens – de droite, n’a le droit qu’au silence. Celui des médias, qui ont oublié de s’indigner. Et des féministes, qui se taisent .Le seul qui s’en est ému est Pascal Praud sur CNewsainsi que David Desgouilles (Causeur) au FigaroVox : « Vous avez été prise à parti par un chroniqueur sur France Inter dans le 5/7, avec des termes sexistes, violents », rappelle ainsi Pascal Praud. « Curieusement, personne ne réagit à cela. C’était peut-être parce que c’était sur France Inter. Je pose la question. Marlène Schiappa, je ne l’ai pas entendue là-dessus, alors qu’elle est toujours prompte à prendre la parole. Sur France Inter, le monsieur n’a pas été sanctionné. Silence radio dans la médiasphère ! J’ai toujours le sentiment qu’il y a deux poids, deux mesures ».

Le médiateur de Radio France, guère courageux sauf pour faire le censeur – et pratiquer la rééducation politique des journalistes au nom de l’antiracisme – s’est tu. Pour mieux protéger Daniel Morin ? Du reste, ce dernier s’est bien décrit lui-même, le 12 avril 2018 dans Paris-Normandie : « Garder l’antenne pendant des heures quand on n’a rien à dire... Cela devient pour certains un talent. C’est d’une vacuité sans nom ! ». Tirons la chasse d’eau.

Crédit photo : capture d'écran vidéo France Inter. Source : Wikimédia (cc)

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