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Pub­lié le 9 janvier 2019 | Éti­quettes : , ,

Crise de Presstalis, révolte des éditeurs de presse du SAEP

Presstalis, malgré les injections continues de trésorerie des pouvoirs publics, ne cesse de s’enfoncer dans la crise. Les bénéficiaires sont les grands titres de la presse quotidienne nationale et certains de la presse quotidienne régionale. Comme par exemple La Dépêche du Midi de Jean-Michel Baylet qui a récupéré à lui seul 40% des aides à l’innovation.

Le SAEP (Syndicat des éditeurs de presse) qui regroupe les éditeurs magazine lève le drapeau de la révolte dans un communiqué de presse que nous retranscrivons ci-après :

« L’assemblée générale de la Coopérative des Magazines est à nouveau convoquée …pour nous faire voter de nouveaux barèmes.

Sans revenir sur l’annulation précipitée de l’Assemblée Générale précédente, nous ne pouvons que dénoncer la confusion qui semble régner chez Presstalis.

Car que propose la Présidence de la CDM aux actionnaires coopérateurs de la messagerie ?

  • De voter de nouveaux barèmes en ayant omis de fournir à la plupart des éditeurs des simulations détaillées de l’impact de ces nouvelles conditions de distribution sur leurs parutions.
  • De voter de nouveaux barèmes en l’absence complète de visibilité sur la situation effective de la messagerie.

Combien d’éditeurs sont gagnants grâce à ces nouvelles conditions, combien sont perdants et dans quelle proportion ?

Les informations distillées au compte goutte entre Noël et Nouvel An indiquent que seuls une vingtaine d’éditeurs verraient leurs conditions de distribution s’améliorer alors que l’immense majorité subirait une nouvelle dégradation de 1 à 2% de VMF (Vente Montant Fort).

Cela signifie qu’entre 2017 et 2019, le coût de distribution par Presstalis pour les éditeurs de taille moyenne ou petite a augmenté de 3,25 à 4,25 points de VMF.

Cette démarche qui consiste à exclure de fait la plupart des éditeurs du marché si ils ne choisissent pas de rejoindre MLP est elle de nature à assurer le succès du plan de redressement de Presstalis ?

De sérieux doutes sont permis.

  • Dans quelles conditions s’est achevé l’exercice 2018 alors que le marché a connu une dégradation bien plus rapide que celle anticipée lors du protocole de conciliation de Mars 2018 ?
  • Quelles sont les hypothèses budgétaires de Presstalis pour 2019 ?
  • Les barèmes proposés sont ils de nature à assurer à la messagerie une exploitation rentable dans les années qui viennent ?
  • Presstalis est elle en mesure de rembourser les dettes considérables qu’elle a accumulé y compris en 2018 ?

Le mystère est complet, l’information indispensable aux actionnaires est encore une fois inexistante.

Dans un communiqué du 20 Décembre 2018, MM. Lenormand et Dreyfus, Présidents de la CDM et de la CDQ , annoncent que la messagerie Presstalis sera à l’équilibre en 2019.

Cependant à date, aucune information corroborant ces déclarations n’ont été communiquées au Conseil d’Administration de la CDM et encore moins à ses actionnaires.

Pire, ces déclarations sont en contradiction avec les documents fournis aux administrateurs de la CDM qui font état d’une perte très importante en 2018 et tout à fait significative en 2019.

Par ailleurs, si le 20 Décembre, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, fin Octobre, M. Dreyfus déclarait que le plan de redressement de Presstalis était menacé car le total des titres de magazines en préavis de départ vers MLP représentait un chiffre d’affaires supérieur à 350 millions d’€.

Le même flou règne sur les engagements pris par les grands éditeurs dans le cadre du protocole de conciliation de Mars 2018. La présidence de la CDM a d’abord affirmé que ces éditeurs étaient contractuellement contraints de continuer à confier leurs titres à Presstalis pendant cinq ans. Mais désormais, cette obligation semble ne plus avoir cours et chacun aurait repris sa liberté.

Au total, nous voilà donc, actionnaires coopérateurs confrontés une fois de plus à un mal bien connu de notre gouvernance :

  • Nous avons le droit de payer toujours plus cher pour la distribution de nos titres.
  • Nous avons soi-disant le devoir d’être « solidaires » surtout avec des quotidiens appartenant à des groupes multimilliardaires.
  • Mais ce qui se passe réellement dans la messagerie doit nous rester caché jusqu’à l’annonce de la prochaine catastrophe.

Pour combattre cette opacité congénitale, nous vous appelons à voter contre ces nouveaux barèmes.

Outre que les barèmes en question favorisent en priorité une poignée de gros éditeurs, la méthode employée par la Présidence de la CDM est celle d’un joueur de bonneteau qui déploie tout son talent à dissimuler la réalité de la situation de la messagerie en se refusant à présenter de manière sincère et transparente les tenants et les aboutissants des conditions d’exploitation de notre bien commun.

Les éditeurs doivent refuser de continuer à se laisser mener en bateau, contraints de crise en crise à renflouer le Titanic alors que nos entreprises connaissent déjà des difficultés considérables pour se maintenir à flot.

Nous vous appelons à venir voter à l’Assemblée Générale ou à nous confier vos pouvoirs.

Nous avons officiellement demandé que les votes à l’Assemblée Générale soient opérés à bulletin secret, permettant à chacun de s’exprimer sans contrainte.

Toutefois, si le scrutin devait s’effectuer à main levée comme l’a proposé le Président de la CDM, n’oubliez pas que ce mode de scrutin favorise les votes « Pour » par défaut.

En effet, la 1ère question qui sera posée est : « Qui vote contre ? » puis « Qui s’abstient ? » et trop peu de voix s’expriment alors, provoquant généralement l’adoption de la résolution sans que la question « Qui vote pour ? » n’ait été posée.

Si le vote devait s’effectuer à main levée, il faudra réagir dès la 1ère question en levant la main pour votre « Contre ». Le SAEP »

Nous reviendrons sur les modalités de cette Assemblée Générale lorsque le contenu en sera rendu public.

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