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Hold up : l’État utilise les fonds de l’innovation dans les médias pour sauver Presstalis
Publié le 

6 octobre 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Hold up : l’État utilise les fonds de l’innovation dans les médias pour sauver Presstalis

Tout a été dit ou presque sur le naufrage de Presstalis, les chantages de la CGT, les gabegies, les sur salaires, l’absence de professionnalisme, la ponction sur les petits éditeurs comme nous vous le disions en février 2018. Maintenant l’État détourne les fonds de soutien à l’innovation en faveur de la presse vers la messagerie en quasi faillite.

Le Fonds stratégique pour le développement de la presse

Le FSDP a été créé en 2012 pour aider au développe­ment de tous les types de presse , en ligne comme imprimés, par le biais de sub­ven­tions (non rem­boursables) attribuées sur dossiers de présen­ta­tion de pro­jets inno­vants : for­ma­tion, liaisons écrit/digital, amélio­ra­tions tech­niques etc. Admin­istré par le min­istère de la cul­ture, le fonds est aus­si ouvert aux agences de presse.

Le bud­get du fonds est voté annuelle­ment dans le cadre de la loi des finances et ne peut être mod­i­fié en cours d’année que par une loi rec­ti­fica­tive. Pour 2018 ce bud­get est de 18,2 mil­lions d’euros.

Accord secret grands éditeurs/ministère

C’est en cati­mi­ni qu’un accord dont les détails ne sont pas encore ren­dus publics (au début d’octobre 2018) a été trou­vé entre les pou­voirs publics et les prin­ci­paux util­isa­teurs de Presstal­is : les grands quo­ti­di­ens nationaux Le Monde, Le Figaro, Libéra­tion, Aujourd’hui en France et une par­tie de la presse quo­ti­di­enne régionale.

Au terme de cet accord la moitié des sommes disponibles sur le fonds iraient au sauve­tage de la société de dis­tri­b­u­tion, soit 9M€ pour l’année 2018. Mieux, cet « accord » est recon­ductible pour trois ans, autrement dit la moitié des sub­ven­tions accordées pour 2019, 2020 et 2021 iront à Presstal­is au détri­ment de l’innovation et de la presse dig­i­tale.

Indignation du syndicat de la presse en ligne

Dans un com­mu­niqué du 2 octo­bre 2018, le Spi­il a con­damné cet arrange­ment entre amis :

« Depuis 2009 le Spi­il n’a de cesse de dénon­cer les modal­ités du sou­tien de l’État au secteur de la presse. Dans son panora­ma des aides, pub­lié annuelle­ment depuis 2015, il fait le con­stat d’un statu quo depuis les États généraux de la presse (2008), avec une pro­por­tion des aides à la presse réservées au papi­er iden­tique à celle de 2008 en 2016.
Le Spi­il con­damne l’opacité totale de la prise de déci­sion qui a abouti, sans aucune con­cer­ta­tion hormis avec un tout petit nom­bre d’éditeurs clients de Presstal­is, à utilis­er un fonds cen­sé béné­fici­er à toute la presse sans dis­crim­i­na­tion de sup­port pour sauver un acteur indus­triel de la presse papi­er
(…)
Le Spi­il saisit donc, au titre de la néces­saire trans­parence des aides à la presse, la Min­istre de la Cul­ture ain­si que la Prési­dente du FSDP et demande la pub­li­ca­tion de l’accord passé entre l’État et Presstal­is pour con­naître l’ensemble de ses modal­ités. »

La pilule est égale­ment dif­fi­cile à avaler du côté de la presse imprimée non quo­ti­di­enne. Pour 2018, 38% des 9M d’euros disponibles hors aides à Presstal­is ont été attribués à un seul acteur économique : le groupe La Dépêche du Midi de Jean-Michel Baylet comme nous vous le disions il y a quelques jours, lais­sant des miettes aux autres inter­venants du secteur. Au moment où nous met­tons en ligne, la min­istre de la cul­ture François Nyssen n’avait pas répon­du aux inter­ro­ga­tions du Spi­il.

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