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Le club Averroes, une agence de placement de la diversité dans les grands médias français

10 juillet 2017

Temps de lecture : 10 minutes
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Le club Averroes, une agence de placement de la diversité dans les grands médias français

Créé en 1997, le club Averroes est un club informel, mais aussi une agence de placement de la « diversité » dans les grands médias français. Connu pour son rapport annuel où il critique invariablement le manque de journalistes issus de l’immigration dans les médias, il regroupe 350 professionnels des médias et des services, en toute discrétion.

Le jour­nal­iste du Monde et du Canard Enchainé Nico­las Beau, dans son livre Les beur­geois de la République (éd. Seuil, 2016), revient sur la créa­tion du club, « avec l’onc­tion de l’Elysée [Jacques Chirac était alors prési­dent] pour van­ter le métis­sage auprès de rédac­tions trop uni­for­mé­ment blanch­es ». Son prési­dent inamovi­ble est Amirouche Laï­di, « con­seiller munic­i­pal indépen­dant de Suresnes où il est en charge de la voirie », et ancien jour­nal­iste. Il déploie une grande activ­ité de lob­by­ing, où « il con­voque aus­si bien Rachi­da Dati que Najat Val­laud-Belka­cem aux dîn­ers qu’il organ­ise avec les grands noms de la poli­tique », dont le pre­mier est Eti­enne Mougeotte, alors patron de TF1.

Alain Mar­ty, dans son livre inti­t­ulé Réseaux d’in­flu­ence : le guide du net­work­ing en France (2014), com­plète : « le club Aver­roes avait été créé par une quin­zaine de jour­nal­istes, dont David Pujadas ». Par­mi les per­son­nal­ités con­viées, « Louis Drey­fus, Bertrand Méheut, Eti­enne Mougeotte, Plan­tu, Nico­las de Tav­er­nost… ». Il a « large­ment con­tribué à la créa­tion de la com­mis­sion Images et diver­sité du CNC, qui finance en boni­fi­ca­tion des pro­jets ayant trait à la diver­sité. Les films Aïcha, Entre les murs ou La journée de la jupe n’au­raient peut-être pas pu exis­ter sans ce finance­ment ». Au Zen Gar­den, un restau­rant chi­nois chic près des Champs Élysées, d’autres per­son­nal­ités ont défilé lors des réu­nions entre eux et 80 à 100 mem­bres du club : Rodophe Belmer alors directeur général de Canal + et Yazid Sabeg, ou encore Lau­rent Jof­frin.

Amirouche Laïdi, un bébé Pasqua

Con­fi­er la pro­mo­tion du jour­nal­isme à un con­seiller munic­i­pal chargé de la voirie sem­ble un peu curieux. Mais Amirouche Laï­di n’est pas n’im­porte qui. Jeune reporter à TF1 à l’époque David Pujadas, il est repéré par Charles Vil­leneuve et tra­vaille pour les émis­sions Le droit de savoir. Il s’in­téresse à l’is­lam dans les cités et « il se rap­proche de deux jeunes “beurs”, comme on les appelle à l’époque, qui vont lui servir pen­dant des mois de “fixeurs” et de con­seillers pour approcher – et dénon­cer – la “nébuleuse inté­griste” qui selon eux con­t­a­mine les cités : Rachid Kaci et Amirouche Laï­di, respec­tive­ment prési­dent et secré­taire d’une asso­ci­a­tion bap­tisée Democ­ra­tia, affir­mant “militer pour l’intégration”, révèle Acrimed.

Les deux lar­rons ne sor­tent pas du néant : « ces deux jeunes gens orig­i­naires de Suresnes font par­tie de la “Pasqua con­nex­ion” des Hauts-de-Seine. Der­rière sa fonc­tion de prési­dent de Democ­ra­tia qui lui sert de carte de vis­ite, Rachid Kaci tra­vaille, entre 1992 et 1995, pour l’Office départe­men­tal HLM des Hauts-de-Seine dirigé par Didi­er Schuller et présidé par le député-maire RPR de Lev­al­lois-Per­ret, Patrick Balka­ny. Avec son ami Amirouche Laï­di, plus dis­cret, Kaci sou­tient active­ment Didi­er Schuller dans son ascen­sion poli­tique ».

Thomas Del­tombe, dans son livre L’Is­lam imag­i­naire : la con­struc­tion médi­a­tique de l’is­lam­o­pho­bie en France (éd. La décou­verte, 2005), con­firme ces infor­ma­tions et les com­plète en indi­quant que « le prési­dent de Democ­ra­tia et le secré­taire de l’as­so­ci­a­tion, Amirouche Laï­di, étaient sem­ble-t-il égale­ment  ”attachés de presse” de Didi­er Schuller à l’époque où il était une des fig­ures mon­tantes du RPR dans les Hauts-de-Seine ».

Le reportage paraît le 20 novem­bre 1993, sous l’in­ti­t­ulé « les beurs : la mon­tée de l’is­lam social ». Réal­isé dans une ambiance drama­ti­sante, il se penche sur l’ac­tiv­ité d’as­so­ci­a­tions com­mu­nau­taristes de ban­lieue, toutes implan­tées dans des villes… de gauche, et met en lumière leurs liens sup­posés avec le Front Islamique du Salut, un par­ti algérien qui a rem­porté les munic­i­pales et lég­isla­tives de 1991, avant de voir sa mon­tée ful­gu­rante vers le pou­voir inter­rompue par l’ar­mée en jan­vi­er 1992. Il souhaitait met­tre en place la charia en Algérie et s’en­fonçait dans la lutte armée après l’in­ter­rup­tion du proces­sus démoc­ra­tique.

Jamais l’ap­par­te­nance à la nébuleuse Pasqua de Rachid Kaci ou d’Amirouche Laï­di n’est révélée dans le reportage. Mais c’est du reste à « à Rachid Kaci, présen­té comme un courageux mil­i­tant de “l’intégration et [de] la laïc­ité”, que Pujadas tend son micro pour tir­er la morale politi­co-sécu­ri­taire de l’affaire, accuser les élus (de gauche) de lax­isme et de col­lu­sion avec les “inté­gristes” et appel­er les ” pou­voirs publics” à “pren­dre con­science de la grav­ité du prob­lème [inté­griste], con­state Acrimed.

Un autre reportage est cosigné par Amirouche Laï­di et David Pujadas, cette fois pour le 20 heures de TF1. Il s’in­téresse aux cas­settes de pro­pa­gande islamique du FIS dif­fusées dans les ban­lieues français­es. « Pour mieux illus­tr­er le pro­pos et pour bien mon­tr­er à quel point ces dan­gereuses images pénètrent les frag­iles cerveaux de ban­lieue, les deux com­pères ont invité “Omar, vingt-huit ans, Français, chômeur et mem­bre d’une asso­ci­a­tion musul­mane de la ban­lieue nord” à com­menter anonymement des images ».

Or, cet Omar est en réal­ité « Nouari Khiari, con­nais­sance sures­noise de longue date de Rachid Kaci et d’Amirouche Laï­di, mem­bre d’une des asso­ci­a­tions stig­ma­tisées par Pujadas en octo­bre 1993 ». Il expli­quera plus tard – sur RMC Info le 30 août 2002 – com­ment a été pré­paré ce reportage : « c’est Amirouche Laï­di qui lui aurait demandé de se pro­cur­er ces cas­settes – d’ailleurs en vente libre à Bar­bès -, avant de l’inviter à venir les com­menter anonymement… dans les stu­dios de télévi­sion du groupe Bouygues ! ».

Thomas Del­tombe con­tin­ue dans son livre L’Is­lam imag­i­naire: La con­struc­tion médi­a­tique de l’is­lam­o­pho­bie en France : « la dénon­ci­a­tion de l’is­lamisme est en fait le prin­ci­pal cheval de bataille des respon­s­ables de Democ­ra­tia. Amirouche Laï­di, secré­taire de Democ­ra­tia à sa fon­da­tion en 1991, cosign­era – sous le pseu­do­nyme d’Ahmed Salam – plusieurs livres sur le sujet. Le pre­mier, pub­lié en 1995, est co-écrit avec David Pujadas : la Ten­ta­tion du Dji­had ».

Ce livre n’est pas une rup­ture avec les reportages télévisés, dénonce Acrimed : « les deux auteurs dévelop­pent le même argu­men­taire que dans leurs reportages télévisés, recy­clant les mêmes “héros” et les mêmes anec­dotes (en changeant de temps à autre, pour la con­ve­nance du réc­it, les noms et les dates). Comme sur TF1, c’est toute une jeunesse de ban­lieue qui, “ten­tée” par le ” jihad”, est mise en cause comme un vivi­er de ter­ror­istes poten­tiels. Et comme sur TF1, le “lax­isme” de la gauche est mis en cause ».

Chirac impose la diversité dans les médias au forceps après les émeutes de 2005

Cette activ­ité lob­by­iste est effi­cace. « Les réseaux tis­sés par le club Aver­roes per­me­t­tent l’embauche de quelques dizaines de jour­nal­istes et de réal­isa­teurs issus de la diver­sité », écrit Nico­las Beau. En 2005, après les émeutes des ban­lieues Jacques Chirac con­voque à l’Elysée, en présence d’Amirouche Laï­di, les patrons des grands médias. Il leur affirme qu’il « existe dans les médias un trop grand décalage entre les rédac­tions et la diver­sité de la société française », enjoignant aux médias d’embaucher des jour­nal­istes issus de la diver­sité, sinon il les leur imposerait.

A cette réu­nion, « Patrick de Car­o­lis, le nou­veau prési­dent de France Télévi­sions, a alors ten­té de se jus­ti­fi­er. Chirac l’a coupé et a abondé dans mon sens », explique Amirouche Laï­di au média com­mu­nau­taire Jeune Afrique, le 29 novem­bre 2005. « Il a expliqué qu’en tant que téléspec­ta­teur moyen, il lui arrive de pren­dre sa “zapette”, qu’il con­state que les minorités sont en effet très peu présentes à l’antenne et qu’il ne trou­ve pas cela nor­mal. Il a été sincère et pugnace. Les poli­tiques ont enfin fait les con­stats qui s’imposent. Désor­mais, ils veu­lent agir, car il y a urgence. Les hommes de médias, eux, se retranchent encore der­rière quelques ani­ma­teurs ou présen­ta­teurs emblé­ma­tiques qui leur ser­vent d’alibi ».

Tou­jours à Jeune Afrique, Amirouche Laï­di con­fie que « Renaud Donnedieu de Vabre, le min­istre de la Cul­ture et de la Com­mu­ni­ca­tion, a annon­cé qu’il allait redis­cuter le con­trat d’objectifs et de moyens liant France Télévi­sions à l’État. Il s’agit d’assigner des objec­tifs plus con­crets aux chaînes de ce groupe en matière de diver­sité ».

Harry Roselmack, membre du club Averroés recruté par TF1

À cette époque, « Nico­las Sarkozy, en com­péti­tion per­ma­nente avec Jacques Chirac, con­seille à son ami Mar­tin Bouygues, pro­prié­taire de TF1, de pren­dre une ini­tia­tive spec­tac­u­laire sur le ter­rain de la diver­sité ». Et c’est ain­si que Har­ry Rosel­mack devient le pre­mier Noir à présen­ter un jour­nal télévisé. « Ce qu’on sait moins, c’est que les patrons de TF1 avaient ren­con­tré leur présen­ta­teur vedette lors des dîn­ers-débats du club Aver­roes ».

Le rap­port de 2006, cen­tré sur la télévi­sion, « sym­bole pour tout le reste de la société », note des « avancées encore frag­iles » après la réu­nion entre le club Aver­roès et les patrons de chaîne le 22 novem­bre 2005, en présence de Jacques Chirac. Cepen­dant, « en matière de diver­sité dans les médias, nous par­tons de très loin », soulig­nait alors le Club Aver­roes. « Il faut donc rel­a­tivis­er ces bons résul­tats à l’aune de l’im­mense effort qu’il reste à fournir pour que la télévi­sion française reflète réelle­ment cette France aux orig­ines et aux cul­tures mul­ti­ples ».

En 2007, Amirouche Laï­di, inter­viewé par Le Parisien, adopte un ton menaçant, alors qu’il estime que la diver­sité médi­a­tique n’a pas suff­isam­ment pro­gressé : « Est-ce qu’il faut con­clure que seuls     des évène­ments en ban­lieue font bouger nos médias ? Quid de l’au­todis­ci­pline des dif­fuseurs ? Un cer­tain nom­bre d’en­tre eux ne ren­dent pas de rap­port sur la “diver­sité” au CSA, alors que cela fait par­tie de leurs oblig­a­tions légales. D’ailleurs, cela ne sem­ble pas pos­er de prob­lème au CSA, puisqu’il n’y a pas de rap­pel à l’or­dre! ».

Il milite pour un flicage ren­for­cé des médias, soupçon­nés d’emblée de ne pas être favor­ables à la diver­sité : « Il faut d’abord appli­quer la loi. Les dif­fuseurs, télés et radios doivent ren­dre annuelle­ment un rap­port sur la diver­sité. L’en­gage­ment de ses dif­fuseurs en matière de diver­sité doit faire l’ob­jet d’un con­trôle et d’une éval­u­a­tion dans le cadre d’un renou­velle­ment de fréquence ou d’une nou­velle attri­bu­tion pour les groupes ».

Change­ment de ton en 2008, après plusieurs licen­ciements de jour­nal­istes issus de la « diver­sité », embauchés hâtive­ment dans le ser­vice pub­lic après les émeutes de 2005 et qui n’ont pas fait l’af­faire. Un « acte raciste » pour Amirouche Laï­di, qui tacle la direc­tion de France 2, se prend un procès, qu’il a per­du, selon Nico­las Beau. TF1 se dis­tingue encore par son rôle proac­t­if : la chaîne « a con­tac­té le Club pour pré­cis­er que trois per­son­nages issus des minorités allaient arriv­er dans la série Sec­onde Chance », écrit alors 20 Min­utes Médias.

Un agent de relations publiques décoré par le Qatar

L’ex-con­seiller munic­i­pal a pris du galon : cheva­lier des Arts et des let­tres depuis jan­vi­er 2007, il est adjoint au maire de Suresnes, tou­jours chargé de la voirie, de la pro­preté et du garage munic­i­pal, et tra­vaille pour l’a­gence de rela­tions publiques « Rumeur publique ». En 2010 il devient directeur général d’une agence de stratégie de l’in­for­ma­tion nom­mée Orig­ine com­mu­ni­ca­tion. Il est aus­si devenu depuis con­seiller ter­ri­to­r­i­al pour Paris ouest La Défense, une des douze struc­tures inter­com­mu­nales de la future métro­pole du Grand Paris.

La même année, avec 65 autres per­son­nal­ités de la cul­ture et des médias, il est décoré du prix « Doha cap­i­tale de la cul­ture arabe », avec un chèque de 10 000 € à la clé. Nico­las Beau indique « ain­si l’am­bas­sadeur du Qatar saluera […] Amirouche Laï­di, le maire adjoint de Suresnes, pour avoir créé avec le club Aver­roes un mod­èle de lutte en faveur de la diver­sité ».

Un discours antiraciste mais un recrutement centré sur une optique raciste

Pour avoir la liste des mem­bres du club, c’est raté : « Le club Aver­roes garde le secret sur ses quelque 350 mem­bres et refuse toute exis­tence insti­tu­tion­nelle. Le club n’a donc pas de local. Seule­ment une boîte cour­riel », remar­que Chal­lenges (22.01.2009). Amirouche Laï­di explique « Il y a eu des repré­sailles au début. On nous a accusés d’être un club com­mu­nau­tariste, un lob­by de Noirs et d’Arabes ». Si ce n’est pas le cas, c’est bien imité.

Le pure-play­er L’Afro News inter­viewe en sep­tem­bre 2016 la soci­o­logue Marie-France Mal­on­ga, qui s’oc­cupe entre autres de la place de la diver­sité dans les médias. Celle-ci dévoile le fonc­tion­nement du club Aver­roes.

Elle met claire­ment en œuvre les pos­tures de vic­tim­i­sa­tion qui per­me­t­tent aux fémin­istes et aux com­bat­tants auto­proclamés de la diver­sité de se faire val­oir et d’a­vancer leurs billes. Ain­si, pour elle « les femmes appar­tenant aux minorités dites vis­i­bles vont de fait avoir plus de mal à inté­gr­er la sphère médi­a­tique, en par­ti­c­uli­er télévi­suelle. Elles cumu­lent les “hand­i­caps” et souf­frent poten­tielle­ment plus de ce fait que les autres ». Et elle n’hésite pas à insul­ter la France au pas­sage « la société française est raciste, donc par reflets, la télévi­sion, qui est un organe de pou­voir et une insti­tu­tion est raciste ».

Util­isant le lan­gage épicène très pop­u­laire au sein de l’ex­trême-gauche, ain­si qu’une logique raciale qui oppose blancs et non blancs, elle explicite le fonc­tion­nement du club Aver­roes, organe de coop­ta­tion et de place­ment : « tous les deux mois, j’allais, en tant qu’observatrice à un dîn­er con­viant des jour­nal­istes non blanc.he.s et/ou avec des noms à con­so­nance non française et une per­son­nal­ité influ­ente des médias ou du champ poli­tique. Suite à cela, les jour­nal­istes, venu.e.s avec leurs CV, le dis­tribuaient. C’est notam­ment grâce à cela que les entre­pris­es de médias ont con­nu bon nom­bre de professionnel.le.s non-blanc.he.s ».

Selon elle, le club avait un rôle clé dans le recrute­ment de pro­fes­sion­nels des médias issus de l’im­mi­gra­tion récente : « cela mon­trait aux respon­s­ables de chaînes et qui dis­aient le con­traire – j’aimerais pren­dre des professionnel.le.s ” issues des minorités”, mais y’en a pas- que les jour­nal­istes non blanc.he.s exis­taient ».

L’incompétence des journalismes issus de la diversité, principal frein à la défrancisation des médias

En 2015, Widad Kefti, pigiste du Bondy blog depuis 2007, qui n’hésite d’ailleurs pas à insul­ter la France sur les réseaux soci­aux, se fend d’une let­tre ouverte aux directeurs de rédac­tion dans les colonnes de Libé. Il cite Amirouche Laï­di, qui se mon­tre pes­simiste : « Je suis très inqui­et, il ne s’agit pas juste de représen­ta­tion, il s’agit de cohé­sion. L’excuse des patrons, c’est de dire “on n’a pas de gens com­pé­tents, on cherche mais on ne trou­ve pas”. Ça fait beau­coup de mal, car l’excuse sur la com­pé­tence et le niveau n’est pas accept­able, jouer sur le prob­lème de com­pé­tence pour mas­quer un manque de volon­té, c’est pire que tout ».

Pour­tant, il serait curieux que les écoles de jour­nal­isme français­es adoptent une posi­tion raciste dans leur recrute­ment. Puis, il y a d’autres façons de devenir jour­nal­iste dans le sérail, notam­ment en pas­sant par le théâtre, puis les émis­sions soi-dis­ant comiques de France Info, ou via la blo­gosphère, en se faisant par­rain­er par un grand nom. Mais à part Meh­di Meklat – et ses tweets anti­sémites et homo­phobes dres­sant un por­trait en creux du pili­er du Bondy Blog – peu de per­son­nal­ités crèvent l’écran.

Qu’im­porte pour Amirouche Laï­di, qui reprend les ressorts du dis­cours ambiant et s’at­taque aux impop­u­laires dirigeants du CSA : « Ceux aujourd’hui qui sont au CSA ne sont pas légitimes et pas com­pé­tents, ce sont de hauts fonc­tion­naires de l’Etat, ils ne sont pas bons. On ne peut pas dire qu’ils soient racistes, mais ils ne con­nais­sent pas les enjeux qui tra­versent la société française ». Bref, à la moulinette du grand rem­place­ment ou à la poubelle de l’His­toire !

Défendre la liberté d’expression pour la diversité, l’interdire à Zemmour

Plus dis­cret ces dernières années, Amirouche Laï­di s’est fait à nou­veau remar­quer fin 2014 en cosig­nant une let­tre ouverte au CSA qui appelle à cen­sur­er Éric Zem­mour. Il fig­ure dans les pre­miers sig­nataires avec Dominique Sopo, prési­dent de SOS Racisme, Sacha Reingewirtz, prési­dent de l’U­nion des étu­di­ants juifs de France, Josiane Bal­asko, Razzy Ham­ma­di, Pierre Bergé, Louis-Georges Tin, prési­dent du CRAN ou encore Nac­er Ket­tane, prési­dent de Beur FM. Bref, le gratin de la bien-pen­sance et des défenseurs de la diver­sité imposée.

« Nous con­sta­tons comme téléspec­ta­teurs ou/et audi­teurs qu’au­jour­d’hui en France un per­son­nage à l’idéolo­gie ouverte­ment raciste et anti-égal­i­taire peut répan­dre ses thès­es dans un grand nom­bre de médias audio­vi­suels sans que cela ne sem­ble émou­voir out­re mesure », s’émeu­vent les sig­nataires de la péti­tion, qui trans­for­ment illi­co leur péti­tion en let­tre de dénon­ci­a­tion : « Ce per­son­nage, c’est M. Eric Zem­mour. Après s’être présen­té comme un ana­lyste imper­ti­nent de la société française, ce per­son­nage a évolué vers la délivrance de plus en plus affir­mée de paroles de stig­ma­ti­sa­tion envers les immi­grés ».

Qu’est-ce qui énerve Amirouche Laï­di, Sopo et con­sorts ? Les défenseurs de la diver­sité et de la laïc­ité trou­vent con­ster­nant que « le fait d’être musul­man sem­ble chez Éric Zem­mour se révéler incom­pat­i­ble avec la qual­ité de Français ». Bref, seul leur importe le fait religieux. Mais au pays de la lib­erté et de l’opin­ion libres, toute vérité n’est pas bonne à dire. Cette libre parole doit être éteinte : « la très large expo­si­tion médi­a­tique de ce per­son­nage est déjà en soi inquié­tante […] elle l’est encore un peu plus au regard de la posi­tion par­ti­c­ulière qu’il occupe dans plusieurs médias dont il peut se pré­val­oir de la légitim­ité en tant que col­lab­o­ra­teur réguli­er. C’est pourquoi nous vous deman­dons d’user de vos prérog­a­tives afin de faire cess­er cette dif­fu­sion de la haine sur les médias français ».

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