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Bondy Blog, la banlieue parle aux bobos

12 janvier 2015

Temps de lecture : 9 minutes
Accueil | Pascal Houzelot | Bondy Blog, la banlieue parle aux bobos

Bondy Blog, la banlieue parle aux bobos

Dossier. Créé par le journaliste suisse Serge Michel en novembre 2005, pendant les émeutes qui secouèrent les banlieues françaises, le Bondy Blog est « un média en ligne qui a pour objectif de raconter les quartiers populaires et de faire entendre leur voix dans le grand débat national. »

Si la tenue du blog a tout d’abord été assurée par la rédac­tion du jour­nal suisse L’Heb­do, une équipe locale essen­tielle­ment com­posée de jeunes habi­tant la Seine-Saint-Denis n’a pas tardé à pren­dre le relais. Le Bondy Blog s’est peu à peu fait une place au sein du sys­tème d’information français. En plus d’articles réagis­sant à l’actualité, il pro­pose un cer­tain nom­bre de reportages et d’interviews trai­tant de sujets aus­si divers que pos­si­ble, de la recen­sion ciné­matographique à la sit­u­a­tion des roms en France, en pas­sant par la peur de l’avion.

Se voulant jeune, dynamique, jouant le rôle d’intégrateur social et de porte-voix d’une pop­u­la­tion « stig­ma­tisée dans les médias tra­di­tion­nels », le Bondy Blog béné­fi­cie d’une image apparem­ment par­faite. Mais que cache vrai­ment cette vit­rine ? Avec ses nom­breux parte­nar­i­ats, ses chiffres d’audience, ses mul­ti­ples ram­i­fi­ca­tions, le Bondy Blog n’a rien d’un blogue ama­teur et arti­sanal. L’OJIM a souhaité en savoir plus. Le fait que le blogue n’ait pas répon­du aux sol­lic­i­ta­tions d’information ne nous a pas empêché d’avancer.

Audience es-tu là ?

Mis en avant comme représen­tatif de la diver­sité et célébré comme tel, le Bondy Blog béné­fi­cie de nom­breuses portes d’entrée dans les médias et d’un cer­tain pou­voir sur les poli­tiques, puisque ceux-ci s’y pressent pour s’y faire inter­view­er. Comme le recon­naît Nor­dine Nabili, directeur du blogue, « la notoriété est là, nous sommes invités partout ». Pour­tant, ce battage médi­a­tique ne sem­ble pas provo­quer un ent­hou­si­asme pro­por­tion­nel au sein de la pop­u­la­tion française. Avec 2 500 men­tions « j’aime » sur Face­book, le Bondy Blog fait pâle fig­ure à côté d’autres médias jouant égale­ment la carte jeune (Street­Press sur lequel l’OJIM s’est récem­ment penché cul­mine à 12 500), ou même de sites comme l’OJIM, avec ses 78 000 « j’aime ». Du côté de Twit­ter, rien d’exceptionnel non plus : ce sont un peu moins de 7 000 per­son­nes qui suiv­ent le site, bien peu en 9 ans d’existence.

Nordine Nabili, directeur du Bondy Blog. Crédit : DR

Nor­dine Nabili, directeur du Bondy Blog. Crédit : DR

Le Bondy Blog revendique 200 000 vis­i­teurs uniques par mois mais l’outil d’analyse des audi­ences Sim­i­lar Web n’en retrou­ve que… 70000 (net­te­ment moins que ojim.fr que vous lisez en ce moment même). Qui sont ces inter­nautes ? On pour­rait penser que le pub­lic offi­cielle­ment ciblé, à savoir les jeunes des quartiers de l’immigration, se mobilise sur ce type de médias. Pour­tant, cela ne sem­ble pas être le cas, comme l’avoue M. Nabili : « on est une fenêtre sur les quartiers mais je ne pense pas qu’on ait une audi­ence dans les quartiers pro­pre­ment dits ». Loin de l’objectif ini­tial (qui était de mobilis­er les jeunes des quartiers pop­u­laires en créant un média proche d’eux), le pub­lic sem­ble donc être plutôt com­posé de spec­ta­teurs célébrant le vivre-ensem­ble sans le pra­ti­quer, et se con­tentant d’un panora­ma for­maté de la réal­ité des quartiers « pop­u­laires » ; bref ce que l’on pour­rait qual­i­fi­er de « bobos ».

Un blogue sous perfusion : l’alliance du grand capital, de la presse bien-pensante et d’un bout de la banlieue

Géré par l’association loi 1901 « Bondy Blog », dont Serge Michel est encore respon­s­able, le tout en ligne fonc­tionne grâce à des équipes fluc­tu­antes ; les deux seuls salariés per­ma­nents n’étant en défini­tive qu’un rédac­teur en chef et une assis­tante à mi-temps. Les arti­cles, écrits par des appren­tis jour­nal­istes, sont payés 40 euros pièce. N’accueillant pas de pub­lic­ité, le Bondy Blog ne fonc­tionne que grâce aux sub­ven­tions publiques (env­i­ron 50 000 euros par an, prin­ci­pale­ment via l’Agence nationale pour la cohé­sion sociale et l’égalité des chances), à la par­tic­i­pa­tion de Yahoo!, qui rachète les pro­duits du Bondy Blog (à hau­teur égale­ment de 50 000 euros par an) et aux pris­es en charge de cer­taines munic­i­pal­ités de gauche. Ain­si, loin d’être un sim­ple blogue par­tic­i­patif ou arti­sanal, le Bondy Blog est placé en par­tie sous la tutelle finan­cière d’une multi­na­tionale améri­caine. Ajou­tons que le mil­liar­daire Marc Ladre­it de Lachar­rière est apparu de temps en temps comme un des spon­sors sans que l’on puisse con­naître le mon­tant de ce sou­tien.

Plus révéla­teur encore est le récent parte­nar­i­at passé entre le Bondy Blog et Libéra­tion ver­sion Drahi. Les deux organes d’information s’engagent à repren­dre leurs infor­ma­tions et à organ­is­er des événe­ments com­muns… Étrange démarche pour un blog dénonçant l’estab­lish­ment médi­a­tique alors que Libéra­tion vient de pass­er de l’escarcelle d’un ban­quier à celle du mil­liar­daire israélien nou­veau pro­prié­taire de SFR ! Con­traire­ment à l’apparence qu’il voudrait se don­ner, le Bondy Blog n’est pas un site vivant grâce au sou­tien « pop­u­laire, » ni même à celui de l’immigration mais est bien placé sous res­pi­ra­tion arti­fi­cielle grâce à l’argent du con­tribuable, du cap­i­tal­isme mon­di­al­isé, de la presse bien-pen­sante et de quelques munic­i­pal­ités de gauche.

La galaxie du Bondy Blog : avant tout une marque !

Plus qu’un blogue, le Bondy Blog est devenu une mar­que. Son pre­mier axe de développe­ment a été la for­ma­tion jour­nal­is­tique. « L’école du blog », ouverte en 2007, est une for­ma­tion pro­posée gra­tu­ite­ment aux jeunes qui souhait­ent acquérir « des out­ils pour s’exprimer ». Les con­férences sont tenues par des inter­venants extérieurs tra­vail­lant dans le monde de l’information, ou bien par des mem­bres de la rédac­tion du blogue ; si ce type de for­ma­tion peut con­stituer un puis­sant out­il de for­matage idéologique, il ne représente rien par rap­port à la véri­ta­ble force du Bondy Blog : l’École Supérieure de Jour­nal­isme Lille Bondy. Inau­gurée en grande pompe en 2009 et bénie par Élis­a­beth Guigou, elle a été créée, comme le dit son prési­dent d’honneur Hervé Bourges, parce que « les écoles de jour­nal­isme ne représen­tent pas la France d’aujourd’hui ». Réservée à une poignée de jeunes désireux d’intégrer l’ESJ Lille, cette for­ma­tion com­porte une pré­pa­ra­tion inten­sive de six semaines aux métiers du jour­nal­isme et une télé­for­ma­tion d’un an. Coût par per­son­ne : 7 500 euros, financés par le Con­seil général de Seine-Saint-Denis, les villes de Bondy, Lille et Mont­pel­li­er.

En plus de l’influence que lui don­nent les for­ma­tions qu’il dis­pense, le Bondy Blog a égale­ment ten­té de s’implanter dans dif­férentes villes fran­coph­o­nes telles que Neuil­ly, Mar­seille, Dakar, Lyon ou encore Brux­elles. Fonc­tion­nant tou­jours sur le même mod­èle, des jeunes des « quartiers » peu­vent ain­si se met­tre au ser­vice d’un blog en ligne pour le compte duquel ils peu­vent écrire des arti­cles. Si aucune infor­ma­tion con­cer­nant une éventuelle ces­sa­tion d’activité de ces suc­cur­sales n’est directe­ment disponible, on con­state que seules les pages du Lyon Bondy Blog et du Brux­elles Bondy Blog (ouvertes les deux en décem­bre 2014) sont encore actives. Encore une fois, l’opération « ban­lieue pro­pre » ne sem­ble pas pren­dre racine…

S’il y a un bien un domaine dans lequel le Bondy Blog excelle, c’est dans son rôle de fil­ière de recrute­ment pour les grands jour­naux de gauche. Éton­nant, puisque les appren­tis jour­nal­istes du Bondy Blog ne ratent pas une occa­sion de rap­pel­er que les jeunes de ban­lieue n’ont pas accès aux médias, et que ceux-ci ne les com­pren­nent pas… Il n’en reste pas moins que les rela­tions qui exis­tent entre celui-ci et les grands médias sont nom­breuses. Out­re le patron­age de Yahoo! (qui a rem­placé celui de 20 Min­utes), on ne compte plus les médias nationaux ayant embauché des jour­nal­istes passé par le Bondy Blog (TF1, Le Monde, L’Obs, Van­i­ty Fair, M6, …) Ce type d’embauche con­stitue un atout for­mi­da­ble pour les médias qui y ont recours, puisqu’il offre un accès direct à la ban­lieue. Comme le recon­naît Sami­ra Djoua­di, direc­trice de la Fon­da­tion TF1, « ils font gag­n­er un temps fou ». Faut-il com­pren­dre qu’ils jouent le rôle de « fixeurs » per­me­t­tant aux jour­nal­istes d’éviter d’être agressés ? En défini­tive, le Bondy Blog four­nit ain­si en jour­nal­istes les médias soucieux de véhiculer le même dis­cours for­maté sur la ban­lieue.

En plus de ces passerelles qui se sont créées, les grands médias offrent des tri­bunes au Bondy Blog que la qual­ité des arti­cles pub­liés peine à jus­ti­fi­er. LCP et France Ô pro­duisent et dif­fusent les inter­views poli­tiques du Bondy Blog Café, le Cour­ri­er Inter­na­tion­al reprend cer­tains arti­cles, France Inter dif­fuse quo­ti­di­en­nement Close to Kids, (on recon­naît la fas­ci­na­tion pour le grand frère améri­cain) feuil­leton ani­mé par deux blogueurs du Bondy Blog (Meh­di Meklat et Badrou­dine Saïd Abdal­lah). Véri­ta­ble insti­tu­tion ne représen­tant qu’elle-même, le Bondy Blog a même été appelé à tra­vailler et à don­ner son avis en 2010 au sein de la com­mis­sion Sebag « Diver­sité dans les médias » ! Loin d’être un poil à grat­ter qui dérange les médias, le Bondy Blog sem­ble ain­si nav­iguer dans le paysage médi­a­tique avec une aisance par­ti­c­ulière, directe­ment (des rédac­teurs act­ifs se voy­ant pro­pos­er des chroniques ou des inter­ven­tions dans d’autres médias) ou indi­recte­ment (il est devenu une fil­ière de recrute­ment pour cer­tains médias clas­siques).

« C’est pas vrai, c’est pas nous, c’est pas grave » : victimisation, excuse et défense de l’islam

Le Bondy Blog se donne pour objec­tif de « par­ler de la ban­lieue ». Tra­duc­tion : trav­e­s­tir la réal­ité, arranger les faits et se vic­timiser en per­ma­nence. Le blogue ne se con­tente pas de traiter les événe­ments d’actualité, mais sem­ble s’être arrogé un droit de regard sur ce qui se dit sur la ban­lieue. Et de s’ériger en censeur de ce qui doit être dit sur elle ou non. Par exem­ple, lorsque Arte dif­fuse La Cité du mâle en sep­tem­bre 2010 (doc­u­men­taire s’inquiétant de la dégra­da­tion de la con­di­tion de la femme dans les ban­lieues français­es), Nor­dine Nabili con­damne fer­me­ment les jour­nal­istes qui ont osé lever le voile sur une réal­ité dérangeante et déclare (dans un entre­tien pub­lié par Le Monde le 29 octo­bre 2010) : « la pro­fes­sion devrait se pencher sérieuse­ment sur la créa­tion d’un con­seil nation­al de l’or­dre des jour­nal­istes pour met­tre fin à ce type de dérive. » Il sem­ble avoir trou­vé le meilleur moyen pos­si­ble pour que les médias tra­di­tion­nels ne par­lent plus de manière néga­tive de la ban­lieue : la cen­sure !

Plus fort encore. S’il y a bien un domaine dans lequel le Bondy Blog se démar­que des médias clas­siques, c’est dans sa défense acharnée de l’islam en général et de l’islam rad­i­cal en fil­igrane. Là où les médias offi­ciels font le dis­tin­guo entre un islam mod­éré et un islam rad­i­cal — le pre­mier célébré et le sec­ond dénon­cé comme n’ayant « rien à voir avec l’islam » -, le Bondy Blog prend par­fois le con­tre­pied et tente une réha­bil­i­ta­tion de l’islam rad­i­cal. Le film Tim­buk­tu (sor­ti le 10/12/2014) tombe à pic car « à l’heure où le traite­ment médi­a­tique du phénomène de l’islam rad­i­cal tend trop sou­vent à la dia­boli­sa­tion et la car­i­ca­ture hâtive, [ce film] a le mérite de lui don­ner un vis­age humain ». Ceux qui ont vu le film – forte et belle dénon­ci­a­tion du dji­hadisme – doivent se dire que le rédac­teur du Bondy avait abusé de sub­stances illicites. Le dji­hadisme peut être égale­ment l’objet direct des réflex­ions de nos jour­nal­istes en herbe. Comme expliqué au cours d’une émis­sion « Ici c’est Bondy », dif­fusée sur le site du blogue, « le dji­hadisme fait très peur à la pop­u­la­tion française car c’est un mot arabe ». Stupé­fait par une telle analyse, on appre­nait égale­ment que la France était coupable de ne pas s’occuper des dji­hadistes de retour, lesquels « se sen­tent seuls »… Ain­si, Mohamed Mer­ah ne serait pas le pro­duit de l’islam ter­ror­iste mais un « loup soli­taire » que la France n’a pas cher­ché à inté­gr­er sociale­ment…. Finale­ment, et même si le rédac­teur n’est évidem­ment pas respon­s­able des per­son­nes qui repren­nent à leur compte ses pro­pos, il n’est pas éton­nant que le blog « de la résis­tance islamique » Info­mus­lim reprenne cer­tains arti­cles du Bondy Blog.

Les mem­bres de la rédac­tion, en majorité issus de l’immigration nord-africaine, ne cachent pas leur attache­ment au bled. La ten­dresse pour le pays de ses orig­ines est par­faite­ment com­préhen­si­ble, mais celle-ci sem­ble par­fois se muer en détes­ta­tion de la France… Ain­si peut-on lire sous la plume de Hanane Kad­dour une charge con­tre Jean-Pierre Per­naut (28 juin 2014). Celui-ci a en effet eu l’outrecuidance de ne pas par­ler de la qual­i­fi­ca­tion algéri­enne en une de son jour­nal ! Pis : il a com­mis un véri­ta­ble crime de lèse-ban­lieue en rap­pelant les « débor­de­ments » des sup­port­ers algériens. Or, cela va con­tre la doxa qui veut que la plu­part des casseurs « n’ont rien à voir avec l’Algérie » et que de toute façon, ce sont « les iden­ti­taires et fron­tistes [qui] ont allumé le feu de Ben­gale poli­tique ».

Jeunisme et journalisme à la petite semaine

On a voulu faire croire que la créa­tion du Bondy Blog était le cri de dés­espoir d’une jeunesse injuste­ment stig­ma­tisée par les médias tra­di­tion­nels. À l’occasion, le Bondy Blog se con­tente de célébr­er le jeune inculte et de l’ériger en mod­èle. Le traite­ment des man­i­fes­ta­tions entourant la mort de Rémi Fraisse est à ce titre un véri­ta­ble cas d’école : les jour­nal­istes du blogue reprochent bien dans un pre­mier temps aux médias de faire pass­er les jeunes man­i­fes­tants lycéens pour des « ignares, qui n’ont pas de con­vic­tions poli­tiques » ; mais l’affaire devient ensuite plus sub­tile : le reproche ne porte pas sur la qual­i­fi­ca­tion d’ignare, qui n’est pas con­testée, mais sur le car­ac­tère péjo­ratif que ce terme porte en lui ! Et ain­si de jus­ti­fi­er sans com­plex­es le manque de cul­ture poli­tique de ces jeunes : « en soi c’est poli­tique de sor­tir dans la rue même si on ne sait pas trop pourquoi, on est dehors c’est man­i­fester (sic) c’est comme ça qu’on apprend à se forg­er un (re-sic) opin­ion poli­tique » pou­vait-on ain­si enten­dre. On est ignare, on l’assume, mais ne venez pas nous le reprocher !

Cette impres­sion d’un cru­el manque de sérieux est ren­for­cée par un coup d’œil aux méth­odes d’investigation des blogueurs. L’exemple le plus fameux de légèreté jour­nal­is­tique est celui de la fausse inter­view de Souley­man. Cinq ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, le Bondy Blog pub­lie un entre­tien dans lequel le jour­nal­iste pré­tendait inter­roger un témoin ayant assisté à l’accident de Zyed et Bouna (les deux jeunes ayant trou­vé la mort en ten­tant d’échapper à la police, événe­ment qui déclen­cha les émeutes de 2005). Mar­i­anne révèle alors que ce jeune homme est un menteur, et que le jour­nal­iste n’avait même pas « pris la peine de con­tac­ter les avo­cats des familles de Zyed Ben­na, Bouna Tra­oré et Mut­tin Altun. Pas plus qu’il n’a cher­ché à con­fron­ter la ver­sion de Souley­man avec le réc­it de l’un des nom­breux témoins des faits. » Même si le Bondy Blog a recon­nu l’erreur, le papi­er avait entre temps été pub­lié par le Cour­ri­er Inter­na­tion­al et L’Heb­do.

Si le ton employé dans les colonnes du blogue est déjà assez vio­lent, il arrive à ses con­tribu­teurs de se lâch­er com­plète­ment en dehors. Meh­di Meklat, jour­nal­iste au Bondy Blog, passé par Le Monde, l’Obs et France Inter, déclare ain­si sur Twit­ter à pro­pos des défenseurs de Zem­mour : « Piquez-les » ; ou ose une com­para­i­son pour le moins offen­sante pour les Chré­tiens : « Jésus il ressem­ble à des lar­dons halal ». Éton­nant que le directeur du blogue, Nor­dine Nabili, n’ait pas dénon­cé ces pro­pos stig­ma­ti­sants, lui qui déclarait pour se féliciter de l’éviction d’Éric Zem­mour d’i>Télé : « La lib­erté d’expression dis­pose d’un préal­able: le respect de la dig­nité des citoyens, de tous les citoyens. C’est une con­di­tion inal­ién­able du débat démoc­ra­tique, afin de pro­scrire les out­rances idéologiques, à l’origine des séquences les plus trag­iques de notre his­toire. » Chiche ?

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