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Bayonne : la mort d’un Blanc compte peu

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14 juillet 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Bayonne : la mort d’un Blanc compte peu

Temps de lecture : 2 minutes

Alors que le mouvement Black Lives Matter étend ses ravages dans une partie de l’inconscient collectif européen, le meurtre de Philippe Monguillot le 11 juillet 2020 par « quatre individus » non dénommés ne provoque une vive émotion qu’à Bayonne, la ville où a eu lieu l’agression ; et beaucoup de discrétion gênée des médias de grand chemin.

Pratique du mensonge par omission

Le méti­er de jour­nal­iste con­siste – en théorie – en la recherche d’informations. Prenons un chauf­feur de bus lynché à mort publique­ment par deux ou qua­tre indi­vidus (les respon­s­abil­ités indi­vidu­elles de cha­cun d’entre eux sont l’affaire de la jus­tice), il serait intéres­sant de con­naître leurs noms, sauf s’il s’agit de mineurs. Que nous dis­ent les médias de grand chemin ?

Le Figaro et Le Monde utilisent pra­tique­ment les mêmes ter­mes, sans doute recopiés d’une dépêche AFP : les agresseurs sont « âgés de 22 et 23 ans et con­nus des ser­vices de police ». Pour Fran­ce­In­fo, Philippe Monguil­lot a « été agressé par plusieurs per­son­nes », alors que TV5 Monde par­le de « qua­tre hommes sus­pec­tés d’être impliqués dans l’agression ».

Des noms ?

Il aura fal­lu une « indis­cré­tion » cal­culée de policiers pour que les noms des agresseurs soient connus :

  • Mohamed C.
  • Mohamed A.
  • Mous­sa B.
  • Selim Z.

Le char­mant Jean-Bap­tiste Djeb­bari dont on dit qu’il est quelque chose comme min­istre délégué aux trans­ports déplo­rait des inci­vil­ités : « Les inci­vil­ités sont quo­ti­di­ennes mal­heureuse­ment dans les trans­ports aujourd’hui » (sic). Quelques jours aupar­a­vant, Libéra­tion décrochait le pom­pon en pub­liant le 30 juin une tri­bune inti­t­ulée « Lut­ter con­tre la haine antimusul­mane ». Rideau.

PS : par­mi les qua­tre noms incrim­inés, deux d’en­tre eux nient les faits. Il appar­tien­dra à la jus­tice de trancher.

Sur le même reg­istre, voir notre arti­cle sur Thomas, la vic­time blanche qui n’intéresse pas les médias