Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Thomas, la victime blanche qui n’intéresse pas les médias

7 juillet 2020

Temps de lecture : 5 minutes
Accueil | Veille médias | Thomas, la victime blanche qui n’intéresse pas les médias

Thomas, la victime blanche qui n’intéresse pas les médias

Voilà près de deux mois que le décès de deux récidivistes lors de leur interpellation, l’un aux États-Unis, l’autre en France, suscite un mouvement qui fait la une des médias de grand chemin. Ces deux événements occultent pourtant d’autres faits révélateurs de l’état de la société dans laquelle nous vivons. La très discrète couverture médiatique d’une récente agression mortelle à Sarcelles nous le rappelle avec acuité.

Black Lives Matter ou rien

Le mou­ve­ment “Black Lives Mat­ter” a été accueil­li par les médias de grand chemin avec ent­hou­si­asme. Qu’un noir décède sous la pres­sion d’un polici­er vio­lent aux États-Unis et c’est l’ensemble de la com­mu­nauté noire qui est présen­tée comme vic­time de dis­crim­i­na­tions, c’est la police qui est mise en accu­sa­tion pour le racisme qui y sévi­rait, c’est même la société dans son ensem­ble qui serait raciste.

Les meneurs du mou­ve­ment “Black Lives Mat­ter” peu­vent se réjouir : les médias annon­cent des déci­sions qui con­finent par­fois au con­cours Lépine de la bêtise comme le New York Times qui privera les Blancs de majus­cule, con­traire­ment aux Noirs. Comme le relate notam­ment Mar­i­anne, des entre­pris­es ont pris des mesures visant non pas à l’égalité, mais à la dis­crim­i­na­tion pos­i­tive. Ce qui va aboutir à favoris­er une per­son­ne en rai­son de sa couleur et non de sa com­pé­tence. Peu importe que le sen­ti­ment vic­ti­maire ait été attisé au-delà de la rai­son et que la dis­crim­i­na­tion pos­i­tive aboutisse à créer des injus­tices, des ten­sions et du ressen­ti­ment…

Pour quelle rai­son un fait divers plutôt qu’un autre est-il mon­té en épin­gle dans les médias ? Prob­a­ble­ment parce qu’un cer­tain nom­bre de con­di­tions sont réu­nies. Aux États-Unis, les images choc de l’arrestation de George Floyd, l’élection prési­den­tielle de fin d’année, la défi­ance d’une large frange des médias vis-à-vis du Prési­dent Trump, l’activisme effi­cace des com­mu­nau­taristes et antifas améri­cains peu­vent avoir con­tribué à met­tre l’affaire Floyd sur le devant de la scène.

En France, toute une par­tie de la classe médi­ati­co-poli­tique, dont le Prési­dent de la République lui-même, n’avait avant le rebond de l’affaire Tra­oré de cesse de fustiger « l’homme blanc » et ses nom­breux tra­vers. Cette cul­ture de la repen­tance et de l’auto-dénigrement menée par la gauche est ali­men­tée sans cesse par la matière pre­mière qu’apportent les médias de grand chemin : un blog privé de policiers pré­sumés avec des pro­pos racistes, des flics ripoux en Seine-Saint-Denis, des bavures poli­cières, etc. C’est un flot inces­sant, voire un tor­rent de boue sou­vent uni­voque qui achève de jeter l’opprobre sur une pro­fes­sion.

La mort de Thomas intéresse peu les médias de grand chemin

Il y a pour­tant une réal­ité dont on par­le peu ou pas et qui peut expli­quer une par­tie des ten­sions que nous con­nais­sons en France. C’est la délin­quance, le traf­ic de drogue et les provo­ca­tions per­ma­nentes de racailles con­tre la police dans les quartiers de l’immigration. C’est la poli­tique pénale par­ti­c­ulière­ment lax­iste qui laisse en lib­erté de nom­breux délin­quants, c’est la poli­tique car­cérale qui vide les pris­ons au lieu de les rem­plir.

C’est dans ce con­texte que Thomas est mort le 11 juin, après plusieurs opéra­tions à l’hôpital qui n’ont pas réus­si à le sauver. Pour quelle rai­son a‑t-il été agressé par un homme sous l’emprise de stupé­fi­ants ? Il aurait le 10 mai « jeté un mau­vais regard » à l’encontre de son agresseur. Qu’est-ce qu’un mau­vais regard ? Est-ce que regarder quelqu’un quelques sec­on­des suf­fit à qual­i­fi­er un regard de « mau­vais » ? Dans le cas présent, l’agression de Thomas a été facil­itée par un cer­tain nom­bre de fac­teurs qu’il est utile de rap­pel­er. D’autant plus que les médias de grand chemin ont soigneuse­ment évité de dress­er le con­texte de la mort de Thomas.

Un contexte propice à la délinquance

Plusieurs mesures pris­es récem­ment par le gou­verne­ment récem­ment auraient dû nous alert­er.
Le Figaro nous infor­mait le 2 avril que la min­istre de la jus­tice avait annon­cé la libéra­tion anticipée de plusieurs mil­liers de pris­on­niers, afin d’éviter la promis­cuité dans les pris­ons. Selon les sources du Figaro, de 5 000 à 8 000 détenus seraient con­cernés. Alors que cette mesure a entrainé de nom­breuses sor­ties de prison, on appre­nait notam­ment par Mar­i­anne que les incar­céra­tions de délin­quants dan­gereux pour la société allaient égale­ment forte­ment dimin­uer, les juri­dic­tions ayant été invitées par la Garde des Sceaux à « dif­fér­er la mise à exé­cu­tion des cour­tes peines d’emprisonnement ». S’il fal­lait en rajouter, selon plusieurs sources, des mes­sages de laiss­er faire dans les ban­lieues auraient été don­nés aux policiers par les autorités, afin de ne pas faire de vagues et de ne pas embras­er les « quartiers ».

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu des mis­es en garde. Sur Fran­ce­In­fo, un syn­di­cal­iste d’un syn­di­cat du min­istère de la jus­tice s’inquiétait dès le 3 avril : « on est en train de libér­er beau­coup de détenus sans con­trôle ».

Le 28 avril, un arti­cle du site d’information Sput­niknews révélait que les cas de récidives de pris­on­niers libérés par la min­istre de la jus­tice s’accumulaient. Pas de quoi faire vac­iller les con­vic­tions de la Garde des Sceaux qui, selon Le Monde le 13 avril, évo­quait même la pos­si­bil­ité d’instaurer un numerus clausus, une « régu­la­tion » de la pop­u­la­tion car­cérale.

Le Parisien fait le 3 juil­let dans ses pages locales un réc­it assez détail­lé des événe­ments qui ont con­duit au décès de Thomas, âgé de 23 ans. Un réc­it glaçant. Si Thomas a été agressé au couteau dans un jardin pub­lic parce qu’il aurait jeté un « mau­vais regard » sur une per­son­ne, l’agression ne s’est pas lim­itée à un sim­ple emporte­ment. L’agresseur est revenu achev­er sa vic­time après que celle-ci ait appelé des sec­ours. Le Parisien nous informe que l’agresseur était sor­ti depuis peu de prison.

Inter­rogés par le quo­ti­di­en, les par­ents de Thomas dénon­cent la lâcheté col­lec­tive qui sévit dans la ville où ils habitent. La paix sociale achetée par le précé­dent maire, la ville qui som­bre dans la vio­lence, des amis qui quit­tent la ville, des men­aces proférées con­tre les amis de la vic­time qui ont témoigné à la Police lors de l’enquête. Bien que le quo­ti­di­en ne le dise pas, c’est bien l’ordre des voy­ous qui règne, sans que cela sus­cite out­re mesure la réac­tion indignée des médias.

Mais alors que Le Parisien n’évoque pas les cir­con­stances de la libéra­tion de l’agresseur de Thomas, Valeurs actuelles pré­cise dans un arti­cle du 4 juil­let que celui-ci a béné­fi­cié d’une remise en lib­erté en rai­son du coro­n­avirus. L’hebdomadaire con­ser­va­teur évoque le fait que l’affaire tourne en boucle sur les réseaux soci­aux. En effet, plusieurs abon­nés influ­ents sur Twit­ter relayaient l’information le 4 juil­let, dans le but de lui don­ner le reten­tisse­ment qui lui reve­nait et de sus­citer plus large­ment un débat sur les risques que fait courir la poli­tique pénale du gou­verne­ment aux citoyens.

À l’image d’Andrea Kotarac

« Thomas n’était prob­a­ble­ment pas un mul­ti­ré­cidi­viste. Il est tué en fêtant son con­trat de tra­vail. Lui n’aura prob­a­ble­ment pas droit à aux larmes du show­biz. Toutes nos pen­sées à sa famille , ses par­ents et ses proches #Jus­ti­ce­PourThomas »

Peine per­due, seuls quelques titres, à l’image de RT France ou BFMTV con­sacraient le 5 juil­let un arti­cle à ce fait divers trag­ique mais révéla­teur de la déliques­cence de la société. Si RT France place le décès du jeune habi­tant de Sar­celles dans un con­texte plus poli­tique, BFMTV se garde bien de soulever le prob­lème plus général des libéra­tions anticipées de délin­quants qui met­tent en dan­ger la société.

Tendances sur les réseaux sociaux

Même sur les réseaux soci­aux, en ce 5 juil­let au matin, le hash­tag #Jus­ti­ce­pourThomas était détrôné sur Twit­ter dans les occur­rences les plus pop­u­laires par d’autres ten­dances dans la caté­gorie France : Daesh, Hip-hop et rap, Boo­ba.

Cir­culez, il n’y a rien à voir.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Camille Vigogne Le Coat

PORTRAIT — C’est la petite jour­nal­iste libérale lib­er­taire qui monte. Dis­sim­u­lant der­rière un joli minois une volon­té de nuire à toutes les per­son­nal­ités de la droite non alignée, Camille Vigogne Le Coat se rêve en nou­velle Ari­ane Chemin sa con­sœur du Monde.

Laurent Joffrin

PORTRAIT — Lau­rent Jof­frin, de son vrai nom Lau­rent (André Marie Paul) Mouchard est né en juin 1952 à Vin­cennes. Sa car­rière se car­ac­térise par des allers et retours inces­sant entre Libéra­tion et Le Nou­v­el Obser­va­teur.

Nicolas Beytout

PORTRAIT — Groupe de Bilder­berg, Le Siè­cle, Medef, Com­mis­sion Tri­latérale, ami intime de Nico­las Sarkozy, petit-fils de l’ancienne pro­prié­taire des Échos, Nico­las Beytout est LE porte-voix de la pen­sée unique mon­di­al­iste dans les médias.

Sonia Devillers

PORTRAIT — Née le 31 jan­vi­er 1975, Sonia Dev­illers est la fille de l’architecte Chris­t­ian Dev­illers. Jour­nal­iste sur France Inter, anci­enne du Figaro, elle s’occupe de cul­ture et des médias sur le ser­vice pub­lic et est en même temps la voix de la bobosphère, tou­jours prête à pour­fendre les « fachos » de Valeurs Actuelles et à offrir un refuge com­plaisant à Aude Lancelin, patronne d’un Média en pleine tour­mente.

Laurent Ruquier

PORTRAIT — Lau­rent Ruquier est né le 24 févri­er 1963 au Havre (Seine-Mar­itime). Tour à tour ani­ma­teur, présen­ta­teur, humoriste, pro­duc­teur et directeur de théâtre, Lau­rent Ruquier est omniprésent dans le Paysage audio­vi­suel français (PAF).