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Bagui, Théo, bal des migrants, etc… : un  weekend comme un autre sous le nouvel ordre diversitaire

15 juillet 2021

Temps de lecture : 4 minutes

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Bagui, Théo, bal des migrants, etc… : un  weekend comme un autre sous le nouvel ordre diversitaire

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Bagui, Théo, bal des migrants, etc… : un  weekend comme un autre sous le nouvel ordre diversitaire

15 juillet 2021

Certains jours, vous vous demandez si vous ne vivez pas dans un univers de fiction, tant les événements relatés par les médias de grand chemin semblent évoluer dans un monde parallèle. Un monde où l’altérité serait forcément positive et la haine de soi une qualité. Quelques exemples glanés ici ou là dans les médias de grand chemin durant le weekend du 11 juillet 2021 illustrent notre propos.

Bagui Traoré, blanchi par la justice ?

Ven­dre­di 9 juil­let, le juge­ment suite à l’inculpation de Bagui Tra­oré pour ten­ta­tive de meurtre sur des forces de l’ordre pen­dant les vio­lences ayant suivi la mort de son frère, Adama, le 19 juil­let 2016, a été ren­du. Il a été acquit­té pour ce chef d’inculpation.

Il n’en fal­lait pas plus pour que les médias de grand chemin soulig­nent la grave erreur judi­ci­aire dont Bagui Tra­oré aurait été vic­time. Sur RTL, au jour­nal de 7 heures le same­di 10 juil­let, la longue inter­view d’Assa Tra­oré est en fait un long mono­logue, au cours duquel la sœur d’Adama et de Bagui développe tout à loisir ses argu­ments sur l’injustice dont son frère aurait fait l’objet.

Par­mi les peo­ple, Omar Sy, jamais avare de tweets depuis sa vil­la cal­i­forni­enne, réag­it rapidement

Le jour­nal Libéra­tion s’empresse de soulign­er que Bagui Tra­oré a passé « 5 ans de déten­tion pour rien ». Les choses sont-elles si sim­ples quand on a un casi­er judi­ci­aire long comme le bras ? Le syn­di­cat des com­mis­saires de la police nationale régit sur Twitter :

Un polici­er, Abdoulaye Kan­té, donne sur Twit­ter des pré­ci­sions sup­plé­men­taires sur la peine de prison de « 4 ans » de Bagui Tra­oré men­tion­née par Omar Sy :

Penaud, le quo­ti­di­en Libéra­tion est amené à cor­riger son arti­cle initial :

Pas si grave, la pre­mière impres­sion don­née par les pre­miers com­men­taires restera. L’honneur de Bagui Tra­oré est enfin restauré.

Arrestation du meurtrier de Théo à Claye-Souilly : éloge de Mohamed

Same­di 10 juil­let, le cen­tre com­mer­cial de Claye-Souil­ly (Seine-et-Marne) a été le théâtre d’une dou­ble agres­sion par­ti­c­ulière­ment hor­ri­ble. Un client a dans la bou­tique d’un télé­phon­iste tué au couteau un vendeur, dénom­mé Théo, et griève­ment blessé un autre employé.

Quelle a été la réac­tion des médias de grand chemin à cette folie meurtrière ?

Elle a été prin­ci­pale­ment de deux ordres :

  • l’occultation. La radio d’État (France inter, France cul­ture, etc.) a large­ment ignoré l’événement durant le week­end du 11 juil­let. Un fait divers, vous n’y pensez pas, cela fait trop peu­ple, sauf quand la vic­time fait par­tie de la diversité.
  • l’édification des con­sciences. De nom­breux médias dont BFMTV nous appren­nent en effet qu’ « un courageux citoyen, Mohamed, a aidé à neu­tralis­er l’agresseur de Claye-Souil­ly ».

Mohamed était-il seul à avoir con­tribué à neu­tralis­er le forcené ?

L’Est Répub­li­cain nous apprend que « L’individu a (…) été arrêté par un polici­er et un agent péni­ten­ti­aire, tous deux hors ser­vice, aidés d’un client ».

Pourquoi dans ces con­di­tions met­tre en avant Mohamed plus que les autres ?

Cela amène “Astérix est avec nous” à com­menter sur Twitter :

Pour­tant, la mise à l’honneur du com­porte­ment héroïque de l’un de nos conci­toyens serait-elle la seule chose à retenir de cette ter­ri­ble agres­sion au couteau ?

Le Figaro fait par­tie des rares médias à nous informer que l’agresseur est « de nation­al­ité séné­galaise, défa­vor­able­ment con­nu des ser­vices de police, l’homme a un passé de délin­quant mul­ti­ré­cidi­viste qui témoigne de sa vio­lence poten­tielle ».

On aura com­pris que le fait qu’un étranger mul­ti­ré­cidi­viste reste en France ne fait pas débat pour les médias de grand chemin. C’est ce que l’on appelle un choix édi­to­r­i­al. Il y a vis­i­ble­ment des Théo qui reti­en­nent l’attention plus que d’autres…

La bal des migrants et son dancefloor interdit aux blancs

Tout le monde le con­state : les clan­des­tins sont de plus en plus nom­breux à impos­er leur présence en France sans que les pou­voirs publics s’emploient à les ren­voy­er là où est leur place : chez eux. Afin de favoris­er leur « inser­tion », cer­tains bobos parisiens organ­isent depuis quelques années un « bal des migrants » dans la cap­i­tale française. Les Inrocks voient avec bien­veil­lance cette man­i­fes­ta­tion, une « occa­sion pour faire danser ensem­ble fran­ciliens et sans papiers ».

Un détail de l’évènement fes­tif a retenu l’attention d’un député de l’Indre : « Sur les réseaux soci­aux, l’un des artistes qui par­ticipera à cet événe­ment a explicite­ment demandé une « décoloni­sa­tion du dance­floor et invité toute per­son­ne non blanche, meuf, queer, trans, à occu­per l’espace qui leur revient. Cet appel a d’ailleurs été relayé par l’association organ­isatrice ». Le 10 juil­let, le député annonce sur Twit­ter avoir écrit à la maire de Paris, Anne Hidal­go :

L’inénarrable expert auto­proclamé es rad­i­cal­ités Éric Fassin ne peut man­quer de commenter :

Les médias qui ont réa­gi à l’événement sont assez rares. Par­mi ceux-ci, out­re les médias alter­nat­ifs, on peut compter Le Figaro, RT France et Valeurs actuelles. Le plus éton­nant est que per­son­ne – ou presque – n’a souligné le scan­dale que con­stitue l’organisation d’un « bal » pour des étrangers en sit­u­a­tion irrégulière qui n’ont rien faire en France et qui devraient organ­is­er leur retour dans leur pays toute séance ten­ante. Le bal a été finale­ment inter­dit par la préfecture.

Les agresseurs restent anonymes

Un abon­né de Twit­ter a eu la bonne idée de repren­dre le 10 juil­let dans un tweet les grands titres de plusieurs arti­cles de journaux.

https://twitter.com/Sierravictor22/status/1413882104509865988/

Il en ressort un traite­ment jour­nal­is­tique dés­in­car­né de plusieurs agres­sions, un phénomène que l’Observatoire du jour­nal­isme avait déjà souligné dans un arti­cle paru en avril 2020. La forme directe, sujet, verbe, com­plé­ment, laisse la place à l’occultation des agresseurs pré­sumés. Ce qui est com­préhen­si­ble quand les auteurs pré­sumés n’ont pas été iden­ti­fiés devient pour le moins éton­nant quand les agresseurs ont été arrêtés et identifiés :

Ain­si, un ressor­tis­sant roumain qui lacère au cut­ter un pas­sant devient : « À Paris, un pas­sant agressé à l’arme blanche près de l’hôtel de ville, un sus­pect inter­pel­lé ».

Un Séné­galais qui agresse mortelle­ment au couteau un vendeur et en blesse griève­ment un autre devient « Deux vendeurs poignardés au cen­tre com­mer­cial de Claye-Souil­ly : un mort et un blessé grave ».

C’était la cou­ver­ture médi­a­tique d’un week­end comme un autre sous le nou­v­el ordre diver­si­taire. Comme le remar­que un inter­naute, en France c’est plus facile d’être sans papiers que sans Pass san­i­taire. À vous Cognacq-Jay.

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