Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Aides publiques et privées à la presse : tout pour les médias les plus riches !

26 juillet 2019

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | Aides publiques et privées à la presse : tout pour les médias les plus riches !

Aides publiques et privées à la presse : tout pour les médias les plus riches !

Pre­mière dif­fu­sion le 26/02/2018

Le chloroforme des aides à la presse a été étudié sous de nombreuses formes et nous avions consacré début janvier 2018, un article aux aides directes des dix quotidiens les plus subventionnés. Les chiffres 2016 de l’aide publique ont été confirmés début février 2018 par le ministère de la Culture et ils sont éloquents. Une remarquable synthèse – analysant aussi les aides privées — a été effectuée sous la signature de Laurent Mauduit le 13 février 2018 sur Médiapart. Nous en extrayons quelques chiffres en sus de ceux du ministère de la Culture.

Les aides publiques : Arnault et Drahi bien placés

Les aides ver­sées par l’État sont un maquis, entre aides directes, aides à la dis­tri­b­u­tion, aides à la mod­erni­sa­tion sociale. Si on addi­tionne ces aides par groupes de presse on obtient pour l’année 2016 (les chiffres ont été arrondis) en Mil­lions d’€ :

Groupe Arnault/LVMH  12M (Les Échos, Le Parisien)

Groupe Ouest France     9M (Ouest France)

Groupe Drahi                   7M (Libéra­tion, L’Express)

Groupe Das­sault             6M (Le Figaro)

Groupe Le Monde           6M (Le Monde)

Groupe Crédit Mutuel       5M (un empire de la PQR)

L’Humanité                       3.5M (le plus aidé au numéro)

Il est facile de con­stater que les aides vont prin­ci­pale­ment aux mil­liar­daires qui pos­sè­dent une bonne par­tie de la presse et à une banque. L’Humanité est un cas à part, le titre est en perdi­tion et vit depuis longtemps d’abandons de créances et de sub­ven­tions.

Aides privées : Drahi et Arnault en tête, Le Monde troisième

Du côté du privé, Google est le généreux mécène. Men­acé de redresse­ments fis­caux en 2012, Google a crée en 2013 un fonds d’aide au développe­ment de la presse écrite en France afin de « soutenir le jour­nal­isme de qual­ité » (sic). Ce fonds doté de 60Md’€ (une paille par rap­port aux impôts exi­gi­bles si Google rel­e­vait du droit com­mun de tax­a­tion des entre­pris­es) cou­vrait la péri­ode 2013/2015 et a été pro­longé en 2016. Les chiffres sont disponibles pour cette dernière année, arrondis en K€:

Groupe Arnault      900K€

Groupe Drahi          670K€

Groupe Le Monde  620K€

(sans compter……..260K€ pour les Inrocks de Matthieu Pigasse)

Groupe Safa          520K€

Groupe Lagardère 440K€

Ces chiffres n’incluent pas ce qu’a dépen­sé Google pour créer le Decodex du Monde, la somme demeu­rant secrète. Un nou­veau fonds Google, européen cette fois, dit DNI doit suc­céder au fonds des­tiné à la France.

Pour sa part Face­book ne demeure pas inac­t­if. D’un côté le réseau social finance les activ­ités de ses parte­naires pour « tra­quer les fake news ». De l’autre, il verse sur des péri­odes de six mois des sommes allant de 100 à 200K€ par mois à ses parte­naires de la presse écrite pour rédi­ger du con­tenu, notam­ment vidéo, une bonne manière de tenir en laisse ces mêmes parte­naires. Et en empochant au pas­sage la plus grande par­tie de la valeur ajoutée.

Au pas­sage on apprend que la fon­da­tion Bill Gates finance entière­ment Le Monde Afrique, por­tail africain du Monde, ce dont le quo­ti­di­en du soir ne se vante pas.

Et si une toute petite par­tie de cette manne allait à des sites qui décryptent les médias et leur envi­ron­nement ? Comme Acrimed ou bien l’Observatoire du Jour­nal­isme ? Allez, c’était une plaisan­terie.

Crédit pho­to : Alexas_Photos via pix­abay (cc)

Sur le même sujet

Related Posts

None found

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : première audience le 7 octobre 2020

L’Observatoire du journalisme (OJIM), créé en 2012 par Claude Chollet et quelques amis, rentre dans sa neuvième année d’existence. En 230 portraits publiés, 30 infographies et plus de 4500 articles nous n’avions eu — jusqu’à présent — aucune plainte en justice. À la suite d’un article de 2018 où nous parlions du groupe Lagardère et de manière incidente sur deux lignes du porte-parole du groupe, Monsieur Ramzi Khiroun, ce dernier a porté plainte pour « injures publiques ». La première audience est fixée au 7 octobre 2020 à 13h30. Lire la suite

 

Derniers portraits ajoutés

Taha Bouhafs

PORTRAIT — À la croisée des mou­ve­ments soci­aux et com­mu­nau­taires, le jeune Bouhafs mène habile­ment sa bar­que en rêvant de ses lende­mains qui chantent à lui, un soulève­ment des ban­lieues sous la ban­nière du crois­sant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhon­tées, ni devant une vio­lence ver­bale peu com­mune sur les réseaux soci­aux.

Rudy Reichstadt

PORTRAIT — Omniprésent dans les médias, l’ambitieux Reich­stadt sait se ren­dre indis­pens­able, fort de l’expertise qu’il s’auto-attribue. Au même titre que celle des Décodeurs du Monde, dont il est le pen­dant, sa parole est d’or (c’est du plaqué) dès lors qu’il s’agit de sépar­er le bon grain de l’ivraie et d’éduquer les généra­tions futures…

Alexandre Adler

PORTRAIT — Véri­ta­ble caméléon poli­tique, Alexan­dre Adler a été tour à tour com­mu­niste, social­iste puis néo-con­ser­va­teur, favor­able à la guerre en Afghanistan et en Irak, par­ti­san du oui au référen­dum sur la con­sti­tu­tion européenne et sou­tien de Nico­las Sarkozy en 2007.

Lucie Soullier

PORTRAIT — C’est la jour­nal­iste « spé­cial­iste de l’extrême droite » qui monte au Monde. Comme ses com­pères Tris­tan Berteloot (Libé), Ivanne Trip­pen­bach (L’Opinion) ou Camille Vigogne (L’Express), Lucie Soul­li­er ne sem­ble pas avoir de l’appétence pour son sujet, mais au con­traire, un dégoût qui peut con­fin­er à la haine.

Laure Adler

De sa thèse d’histoire sur le fémin­isme aux nom­breuses biogra­phies qu’elle a con­sacrées, tout au long de sa car­rière, à des grandes fig­ures féminines, Lau­re Adler n’aura cessé d’être fascinée par les glo­rieux des­tins de femmes et, à sa manière, en aura incar­né un.