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Y‑aura-il encore des marchands de journaux en 2040 ?
Publié le 

22 mai 2014

Temps de lecture : 3 minutes
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Y‑aura-il encore des marchands de journaux en 2040 ?

La seconde édition de Paris aime ses kiosques, qui s’est achevée le 18 mai dans les 20 arrondissements de la capitale, a certes eu pour mérite de mettre à l’honneur ces animateurs à part entière des quartiers que sont les marchands de journaux. Derrière les flonflons et les peoples (Yves Thréard, Éric Fottorino, Alix Girod de l’Ain, etc…) en visite commandée pour raconter leur amour du papier (qu’on leur sert en général gratuitement à la rédaction), l’opération ne doit pas pour autant être l’arbre qui cache la précarité de toute une filière. Au vu des chiffres, elle semble menacée dans son existence même.

Y-aura-il encore des marchands de journaux en 2040 ?

Y‑au­ra-il encore des marchands de jour­naux en 2040 ?

Aurélie Fil­ip­pet­ti, la min­istre de la cul­ture, a eu beau proclamer son opti­misme face au kiosque du pre­mier arrondisse­ment (juste en face de ses bureaux de la rue de Val­ois), les faits sont implaca­bles. La baisse des ventes de presse papi­er, ‑7% chaque année depuis 2009, est le moteur essen­tiel de la crise des marchands. Du coup, à Paris comme en régions, les kiosquiers indépen­dants gag­nent en moyenne 1500 euros net par mois pour 65 à 70 heures de tra­vail heb­do­madaires. Le dou­ble de la durée légale pour un peu plus du SMIC : les voca­tions ne se bous­cu­lent pas. Les gérants de mag­a­sins de presse, Maisons de la presse, Mag presse ou Ago­ra notam­ment, se rémunèrent un peu mieux, grâce à la vente d’autres pro­duits à marges plus con­séquentes.

Reste que vue la cherté des loy­ers, à chaque fin de bail com­mer­cial, les cen­tres villes sont de plus en plus désertés par le com­merce de la presse, qui se déplace aus­si dans les rayons des grandes sur­faces. Résul­tats : le réseau français de 27 000 points de vente s’ap­pau­vrit de 1000 points de vente chaque année. Est-ce à dire qu’il aura dis­paru d’i­ci un quart de siè­cle, à l’in­star des dis­quaires ?

Para­doxale­ment, les kiosques se por­tent mieux que les mag­a­sins clas­siques. Depuis qu’ils sont gérés par la fil­iale de JC Decaux, Médi­akiosk (et non plus par la mes­sagerie ex NMPP), leur nom­bre est passé de 268 en 2005 à Paris, à 343 l’an­née dernière. Avec 780 unités au plan nation­al, les kiosques gag­nent une ving­taine d’im­plan­ta­tions chaque année. Le prix à pay­er n’est pas neu­tre. Medi­akiosk injecte annuelle­ment deux mil­lions d’eu­ros sous forme de sub­ven­tions pour soutenir ses adhérents. Les pou­voirs publics pren­nent quant à eux en charge depuis 2013, et jusqu’en 2015, 80% des frais d’in­for­ma­ti­sa­tion des kiosques. Grâce à ces équipements, ils pour­ront à court terme ven­dre des pro­duits dématéri­al­isés, type bil­let­terie et cartes télé­phoniques. La mairie de Paris, elle-même, a don­né 200 000 euros en 2013 aux kiosquiers pour amor­tir les grèves à répéti­tion des imprimeurs et dis­trib­u­teurs de la Fil­pac CGT. Ces mou­ve­ments cor­po­ratistes avaient privés les marchands de leurs pro­duits phares pen­dant plusieurs semaines. Autant d’ap­puis ponctuels qui ne peu­vent com­penser la seule mesure réelle, capa­ble de sor­tir le méti­er de l’ornière : la hausse sen­si­ble de la com­mis­sion de vente. Elle n’est que de 17% en moyenne sur le réseau. Un rap­port du cab­i­net Post media finance, qui sera ren­du pub­lic d’i­ci le 23 mai, pré­conise de la faire grimper aux alen­tours de 20%. Ce chiffre serait du même niveau que celui de l’Alle­magne et du Roy­aume uni, où les marchands de jour­naux sont deux fois plus nom­breux que dans l’Hexa­gone.

Crédit pho­tos : april-mo et raph‑v via Flickr (cc)

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