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Vu d’ailleurs : quand la presse américaine apprécie Prague

4 janvier 2020

Temps de lecture : 2 minutes

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Vu d’ailleurs : quand la presse américaine apprécie Prague

Vu d’ailleurs : quand la presse américaine apprécie Prague

En Europe de l’Ouest, celle de Merkel et Macron (moins le Royaume-uni en cours de départ), il est de bon ton de dénigrer dans tous les médias convenus, les pays du groupe de Visegrad. Ils seraient comme par essence « d’extrême droite », autrement dit ils ne correspondent pas aux idéaux du centre mou de droite et de gauche européiste style Macron.

Ces pays sont la République tchèque, la Hon­grie, la Pologne et la Slo­vaquie. Ils sont mem­bres de l’Union Européenne et de l’OTAN, et regroupent à eux qua­tre 64 mil­lions d’habitants, soit 13 % de la pop­u­la­tion de l’UE. Ce n’est pas anodin. Pour­tant, les médias français en par­lent peu, du moins jamais en bien, au point qu’il peut paraître à un obser­va­teur des médias que jamais, mais alors vrai­ment jamais rien dans aucun de ces pays n’est posi­tif (au sens don­né au mot « posi­tif » à l’Ouest de l’UE). Bien sûr, ils revi­en­nent un peu sur le devant de la scène médi­a­tique au moment des élec­tions et nos médias évo­quent la manière dont les qua­tre de Viseg­rad se dis­tinguent de nous con­cer­nant l’immigration, l’avortement, le mariage gay ou les poli­tiques pro-famille. En France ces sujets font tache : ils sont « étab­lis » comme des droits naturels de l’homme et toute dis­cus­sion de l’un d’entre eux trans­forme celui qui oserait en par­ler en nazil­lon de bas étage.

Le monde n’est pas la France, et dans la presse étrangère tout le monde ne pense pas comme les médias français. Arrê­tons-nous un instant, pour com­mencer cette année 2020 dans la bonne humeur, sur le regard porté par le mag­a­zine (légère­ment) con­ser­va­teur améri­cain Chron­i­cles Mag­a­zine: A Mag­a­zine of Amer­i­can Cul­ture, le 23 décem­bre 2019 (“Let­ter from Prague: The Dis­creet Charm of Mono­cul­tur­al­ism”), au sujet de l’un des pays du groupe de Viseg­rad.

Il s’agit de la République tchèque, en par­ti­c­uli­er de cette superbe ville de Prague.

Que pense-t-on de Prague dans ce court arti­cle signé de Srd­ja Trifkovic ?

  • Beauté, richesse cul­turelle, gas­tronomie, une ville d’un mil­lion d’habitants restant cepen­dant à taille humaine. Une ville agréable.
  • Un sen­ti­ment de bien-être qui vaut pour toute la République tchèque. Dix mil­lions d’habitants, une cer­taine prospérité, un monde rur­al assez banal : « tout est sim­ple­ment agréable », rien n’est mag­nifique, sauf Prague.
  • Les Tchèques sont prag­ma­tiques, ils ont sou­vent subi la grande His­toire (prox­im­ité des ottomans, empire d’Autriche-Hongrie, nazisme, com­mu­nisme…). Ils se sont bien soulevés con­tre le nazisme mais c’était « le 5 mai 1945, une semaine après le sui­cide de Hitler ». Puis, après-guerre, l’armée rouge les a oblig­és à pouss­er dehors les habi­tants de langue alle­mande, ceux des Sudètes. Les Tchèques ont tou­jours des élus com­mu­nistes à l’Assemblée, pas­sage obligé pour bâtir des coalitions.
  • La « révo­lu­tion de velours » de 1989 est une révo­lu­tion sans… révo­lu­tion : « un régime en fail­lite a sim­ple­ment aban­don­né la par­tie, sans scènes de théâtre à la Ceauces­cu ni laides exécutions ». 

Mais alors ? Pourquoi lire un arti­cle sur la République tchèque et surtout Prague dans un mag­a­zine mod­éré­ment con­ser­va­teur améri­cain ? Parce que le pays est sta­ble, plutôt prospère, que ses cerveaux ne le fuient pas, que ses finances sont saines.

Mais… Et c’est ce point qui est essen­tiel : « Les rues de Prague sont sûres, ce qui sig­ni­fie qu’il n’y a pas de musul­mans. Comme les autres pays du groupe de Viseg­rad, la République tchèque refuse de s’autodétruire, ce dont il faut la louer, au con­traire de ce que recom­mande la bureau­cratie de Brux­elles ».

Par­fois, regarder notre monde vu d’ailleurs, avec un peu de presse hon­nête, donne un étrange sen­ti­ment. De réconfort ?

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