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Sur Éléments et BFM, Andrea Kotarac appelle à voter pour le RN, revue de presse

Première diffusion le 17/05/2019

Le ralliement d’Andra Kotarac, élu régional Auvergne-Rhône Alpes de LFI de Mélenchon au RN de Marine Le Pen a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans une campagne électorale languissante. Revue de presse.

Un scoop de la revue Éléments

C’est la revue Éléments qui a annoncé le ralliement dans un communiqué de presse, annonçant un entretien de Kotarac dans son numéro 178 en kiosque le vendredi 17 mai 2019. Dans un tweet du 15 mai, Pascal Eysseric le directeur de la rédaction d’Eléments, annonçait un entretien avec André Kotarac « Un insoumis vraiment insoumis » et le changement de cap de ce dernier.

BFM reprend

Après le communiqué d’Éléments, André Kotarac était amené à s’exprimer à BFMTV où il confirmait  : « Je n’adhère pas au RN mais le contexte politique actuel nécessite un barrage à Emmanuel Macron. Si Emmanuel Macron est en tête, il va accélérer ses réformes antisociales ». Il critique LFI qui a « oublié [la] pensée souverainiste, républicaine, laïque (…) la pensée de Jean-Luc Mélenchon est minoritaire au sein de La France insoumise ». Il a vu petit à petit à LFI : « … une balkanisation, une communautarisation de la société française, j’ai vu des concepts diviseurs s’installer au sein de LFI : réunion réservée aux femmes, écriture inclusive. » 

Les médias accentuent ou relativisent

Atlantico relativise avec Sylvain Boulouque :

« C’est un cas isolé, même s’il y a déjà des précédents, par exemple Fabien Engelmann passé par le NPA et Lutte Ouvrière avant de rejoindre le Front National. Il faut de toute façon relativiser ces changements de camps très médiatisés : dès qu’il y a un obscur conseiller municipal qui rompt avec sa famille politique, cela devient un peu facilement une affaire de premier plan. Dans notre cas, cela ne traduit pas du tout la ligne de la LFI. »

Dans Marianne, l’ex LFI Djorje Kuzmanovic marque ses distances tout en conservant son amitié à Kotarac :

« Son geste suscite des réactions passionnées, de la part de nombreux militants pour qui c’était un camarade et un ami. Pour certains de ses plus proches c’est un séisme, sinon une trahison. Je n’étais bien évidemment pas au courant et suis donc tombé des nues, comme tout le monde. Je comprends bien évidemment la tristesse et l’incompréhension, que je ressens aussi ; je comprends moins ceux qui le traitent comme un pestiféré ou qui renient toute relation avec lui. Pour ma part, je ne suis pas un lâche et je ne ferai pas l’autruche. Oui, Andréa Kotarac est un ami, comme il l’était de beaucoup d’actuels ou d’anciens militants de la FI. J’ai dit hier soir à Andréa ce que je pense de son acte, et je le répète ici : son choix est une profonde erreur ».

Les Inrocks, sous la signature de Laurent Kestel, ne voient là qu’un épiphénomène :

« La “mousse” médiatique autour de cette histoire ne m’étonne pas vraiment, en ce sens qu’elle vient largement alimenter les fantasmes des partis établis et de la presse dominante à propos d’une prétendue “convergence des populismes”. Que je sache, le ralliement de Thierry Mariani à Marine Le Pen n’a pas donné lieu à beaucoup de commentaires sur les convergences droite-extrême droite, alors qu’il y aurait certainement matière à en faire quand on regarde l’évolution de Laurent Wauquiez. Les différences entre la France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) ne sont pas des différences de degrés, mais des différences de nature. »

Dans Valeurs Actuelles, Olivier Maulin constate un épuisement du populisme de gauche :

« Coup de tonnerre à la France Insoumise. A douze jours des élections européennes, Andréa Kotarac, conseiller régional membre de la France Insoumise et jeune espoir du mouvement de Jean-Luc Mélenchon, a annoncé hier soir sur BFMTV qu’il votera Rassemblement national aux élections européennes. Un signe de plus que la parenthèse populiste se referme à gauche ».

Le Monde, sous la signature d’Abel Mestre, publie un extrait de l’entretien de Kotatac à Éléments :

« Étant né en 1989, je dois vous avouer être assez peu sensible aux tabous posés par la gauche des années 1980. Ma seule boussole, c’est la défense de la souveraineté populaire et de la justice socialeOr, je constate que les élections européennes sont l’occasion unique de faire un choix : soit conforter Macron et sa politique de casse sociale qui prépare l’avènement d’une Europe fédérale ; soit voter utile pour la seule liste capable de le battre au soir du 26 mai. Ainsi, mon choix est fait : je voterai pour la liste menée par Jordan Bardella et Marine Le Pen. Je suis d’autant plus à l’aise qu’ayant rencontré la présidente du Rassemblement national, je suis assez en phase avec sa fibre sociale et son attachement au caractère indivisible de la nation française. »

Le journaliste d’extrême gauche souligne que cette annonce dans le bimestriel Éléments n’est pas anodine :

« Le choix de cette revue n’est pas neutre. Né à la fin des années 1960, c’est le navire amiral de la nouvelle droite, école de pensée qui se situe entre droite et extrême droite, et qui veut lier combat politique et combat culturel. Il arrive régulièrement que des figures de la gauche intellectuelle de tendance « souverainiste » ou « patriote » s’y expriment. »

Dans Le Figaro, Sophie de Ravinel voit là une  prise de choix pour le RN :

« Une affaire inédite au sein des cadres de La France insoumise et une prise de choix pour le RN à 15 jours des européennes. Mardi soir sur BFMTV, un jeune conseiller régional LFI en Auvergne-Rhône-Alpes, Andréa Kotarac, a appelé à voter «pour la seule liste souverainiste qui met en avant l’indépendance de la France et qui est la mieux à même de faire barrage à Emmanuel Macron, celle de Jordan Bardella» du Rassemblement national. Il précise ne pas adhérer au parti de Marine Le Pen et plus tard dans la soirée, a dit son intention de rendre son mandat électoral «conformément» à son éthique. Dans un communiqué, le RN a salué «le courage et la lucidité de cet élu réellement insoumis qui a compris que la dynamique du RN était la seule capable de stopper la politique d’Emmanuel Macron et avec elle, la soumission de la France à la politique néfaste de l’Union européenne».

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