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Situation de la presse en Hongrie : une impitoyable guerre de tranchées. Première partie

15 janvier 2020

Temps de lecture : 7 minutes
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Situation de la presse en Hongrie : une impitoyable guerre de tranchées. Première partie

Depuis le retour de Viktor Orbán au pouvoir en Hongrie en 2010, ce petit pays d’Europe centrale est tombé de la 23e place au classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières à la 87e place. Plusieurs organes de l’Union européenne critiquent la situation de la presse en Hongrie, et s’inquiètent d’une dérive en faveur du gouvernement chrétien-conservateur du très clivant Viktor Orbán, homme fort de Budapest.

Les médias occi­den­taux font écho égale­ment de cette soit-dis­ant main­mise du gou­verne­ment sur la presse. Les doc­u­men­taires, reportages et arti­cles acca­blant la poli­tique « autori­taire » et « anti-démoc­ra­tique » foi­son­nent depuis des années, en France notam­ment. Début décem­bre 2019, une mis­sion inter­na­tionale a pub­lié un rap­port s’alarmant de l’état de la lib­erté de la presse en Hon­grie, enjoignant les autorités de l’UE à inter­venir. Autour de Vik­tor Orbán, on clame en revanche chercher à met­tre en place un statu quo pour en finir avec une presse très majori­taire­ment hos­tile au gou­verne­ment et au con­ser­vatisme, et on rap­pelle la dom­i­na­tion des médias libéraux de gauche depuis le change­ment de régime il y a trente ans.

Qu’en est-il vrai­ment de la sit­u­a­tion des médias en Hon­grie ? Com­ment en est-on arrivé à cette sit­u­a­tion ? Quelle est la place des fameux « oli­gar­ques » dans l’évolution de la sit­u­a­tion de la presse en Hon­grie ? Rap­pel his­torique et tour d’horizon pour com­pren­dre la sit­u­a­tion de la presse en Hon­grie.

Un vieux pays, une jeune démocratie, et une guerre des médias permanente

La Hon­grie est un des plus vieux États d’Europe. Dev­enue puis­sance mineure à la fin du Moyen-Âge avec l’invasion ottomane, la Hon­grie a été sous la coupe des Hab­s­bourg jusqu’à la fin de la pre­mière Guerre mon­di­ale. Au XIXe siè­cle, sous l’impulsion des intel­lectuels, des libéraux et de la franc-maçon­ner­ie, la presse, comme ailleurs en Europe, s’érige petit à petit en nou­veau pou­voir, ser­vant notam­ment de porte-voix aux idées pro­gres­sistes, révo­lu­tion­naires et hos­tiles au pou­voir monar­chique.

À l’issue de la 1e Guerre mon­di­ale, la Hon­grie est détachée des Hab­s­bourg, perd les deux-tiers de son ter­ri­toire et plus de la moitié de sa pop­u­la­tion avec le traité de Tri­anon (1920) et devient une monar­chie par­lemen­taire indépen­dante, sous la régence de l’amiral Hor­thy. Durant cette péri­ode, la presse est, comme ailleurs en Europe, sur­veil­lée et con­trôlée. Toute­fois, la lib­erté d’expression est rel­a­tive­ment impor­tante quand il s’agit de cri­ti­quer le gou­verne­ment.

Suite à la 2e Guerre mon­di­ale, les sovié­tiques font main basse sur le pays. À par­tir de 1948, un régime à par­ti unique est imposé, et jusqu’à 1956, la presse sera totale­ment aux ordres du Par­ti com­mu­niste. Après la révolte d’octobre 1956, la déstal­in­i­sa­tion de la Hon­grie et la négo­ci­a­tion des élites locales avec Moscou per­me­t­tent la mise en place par János Kádár du « social­isme du gulyás », faisant de la Hon­grie « la baraque la plus gaie du camp ». Petit à petit, la parole se libère et de plus en plus de pub­li­ca­tions inter­dites sont de fac­to tolérées, tan­dis que cer­tains artistes ser­vent de soupape pour l’opinion publique en pra­ti­quant un humour cor­rosif vis-à-vis du pou­voir, sur scène, à la télévi­sion ou encore dans des films. La presse – papi­er, télévisée et radio­phonique – reste toute­fois sous con­trôle de l’appareil d’État et est alignée sur la ligne du Par­ti.

Du communisme à une presse de propriété privée

Au change­ment de régime, d’un sys­tème de con­trôle com­plet de la presse dom­i­nante, la Hon­grie passe alors à une presse organ­isée autour de pro­prié­taires. Cepen­dant, le change­ment de régime se fait pro­gres­sive­ment. Au début des années 1990, le pre­mier gou­verne­ment démoc­ra­tique de Hon­grie, le gou­verne­ment de cen­tre-droit de József Antall, mène la « pre­mière guerre des médias ». Le bras de fer entre la presse et le gou­verne­ment fait son entrée dans la vie poli­tique hon­groise, et Antall essaye de s’assurer le sou­tien de cer­tains médias en les faisant béné­fici­er d’annonces gou­verne­men­tales spon­sorisées – notam­ment en s’investissant dans la pri­vati­sa­tion de Új Mag­yarország, Pesti Hír­lap, et du grand quo­ti­di­en de référence Mag­yar Nemzet. Mais Antall essaye surtout de repren­dre le con­trôle des médias de ser­vice pub­lic. La loi de 1974 étant tou­jours en vigueur – per­me­t­tant au gou­verne­ment de con­trôler le ser­vice pub­lic –, et le mora­toire du dernier gou­verne­ment com­mu­niste sur l’autorisation de créer de nou­veaux médias com­mer­ci­aux (en fait, d’attribuer de nou­velles fréquences) étant en vigueur jusqu’à ce que les deux tiers du par­lement ne votent une loi pour chang­er la règle­men­ta­tion. Mais il fau­dra atten­dre 1995 pour qu’enfin les députés arrivent à s’entendre sur une loi sur les médias. Entre temps, le gou­verne­ment Antall aura eu à faire face à une désobéis­sance et un chaos dans le ser­vice pub­lic qu’il n’aura pas réus­si à con­trôler du fait de l’opposition des libéraux. En 1996, une loi prévoit que les médias publics soient dirigés par un col­lège com­posé de représen­tants des par­tis par­lemen­taires, met­tant à égal­ité par­tis de gou­verne­ment et oppo­si­tion.

Suite à la nou­velle loi de 1995, des appels d’offre sont lancés. Comme dans d’autres secteurs, les investis­seurs étrangers raflent la mise. En 1997 sont lancées d’une part RTL Klub, et d’autre part, TV2, qui out­re les nom­breuses émis­sions de téléréal­ité, les films et autres émis­sions de diver­tisse­ment, pro­posent chaque soir un jour­nal télévisé avec une ori­en­ta­tion poli­tique libérale de gauche. Les deux chaînes devi­en­nent rapi­de­ment les plus regardées de Hon­grie, en par­ti­c­uli­er leurs jour­naux qui domi­nent depuis une ving­taine d’années leurs con­cur­rents. RTL Klub appar­tient à 80% à la branche Europe cen­trale et ori­en­tale du groupe alle­mand RTL (RTL Group Cen­tral & East­ern Europe GmbH) et à 20% par KOS Beteili­gungs- und Ver­wal­tungs GmbH. TV2 est égale­ment à son lance­ment entre des mains alle­man­des, étant la pro­priété de ProSiebenSat.1 Media SE.

L’entrée en scène de Viktor Orbán

En par­al­lèle, un jeune homme poli­tique s’impose de plus en plus sur la scène nationale : M. Vik­tor Orbán se fait con­naître sous le com­mu­nisme, récla­mant en juin 1989 le départ des troupes sovié­tiques de Hon­grie devant 200 000 per­son­nes et en direct à la télévi­sion. Il est alors un jeune libéral mu par l’anti-communisme. De ce fait, il béné­fi­cie du sou­tien des réseaux améri­cains, notam­ment en obtenant une bourse liée à M. George Soros. Il aban­don­nera cette bourse et son semes­tre à Oxford pour cause de change­ment de régime dans son pays et se lancera ensuite en poli­tique.

Mais M. Vik­tor Orbán rompt avec les réseaux Soros en 1992, n’acceptant pas cer­taines ingérences dans la poli­tique nationale du fameux mil­liar­daire améri­cain orig­i­naire de Hon­grie. Dès lors, il n’est plus l’enfant prodi­ge de la poli­tique hon­groise, mais devient un con­ser­va­teur dont il faut se méfi­er : la presse inter­na­tionale com­mence à chang­er de dis­cours sur le per­son­nage.

En 1998, M. Vik­tor Orbán devient Pre­mier min­istre après que son par­ti, le Fidesz, gagne les élec­tions. Il est alors con­fron­té à un dur­cisse­ment des médias à l’égard de son gou­verne­ment con­ser­va­teur et décide de favoris­er des médias de droite pour chercher l’équilibre des forces dans les médias très majori­taire­ment de gauche et libéraux. « Le change­ment de rap­port de force dans les médias va com­mencer. […] Il faut des change­ments qui garan­tis­sent l’accès à une infor­ma­tion fiable et équili­brée dans ce nou­veau monde. […] Il faut créer les con­di­tions pour que les deux con­cep­tions du monde puis­sent être représen­tées équitable­ment dans la presse, » déclare M. Vik­tor Orbán le 27 sep­tem­bre 1998, quelques mois après être devenu le plus jeune dirigeant européen. Des jour­nal­istes et des auteurs sym­pa­thisants béné­fi­cient d’une meilleure pub­lic­ité, mais c’est suite à l’incapacité de l’opposition de s’entendre pour nom­mer ses représen­tants au col­lège directeur des médias de ser­vice pub­lic que le Fidesz fait de fac­to main basse sur la direc­tion de ces derniers. Durant l’année 1999 le col­lège est donc privé de mem­bres de l’opposition. Un peu plus tard la même année, le même scé­nario se répètera pour la chaîne Duna TV (chaîne du ser­vice pub­lic pour les Hon­grois de l’étranger) et pour la radio.

L’affaire arrive devant la cour con­sti­tu­tion­nelle qui stat­ue que cette sit­u­a­tion est un moin­dre mal par rap­port à l’absence totale de col­lège directeur. À la fin de l’année 1999, les médias de ser­vice pub­lic par­lent très majori­taire­ment, et de manière pos­i­tive, des actions du gou­verne­ment.

Mais le gou­verne­ment Orbán I essaye aus­si de rééquili­br­er la donne au niveau des quo­ti­di­ens, mar­quant ain­si le début de la « deux­ième guerre des médias ». C’est notam­ment la ten­ta­tive de rachat du très libéral Mag­yar Hír­lap en 1998 qui per­met aux édi­to­ri­al­istes de droite de point­er du doigt la col­lu­sion entre les social­istes, les libéraux et la presse écrite, alors que les représen­tants du MSZP (social­istes) et du SZDSZ (libéraux) mon­tent au créneau de façon osten­si­ble pour empêch­er l’opération.

Le gou­verne­ment pousse alors le Mag­yar Nemzet à fusion­ner avec des jour­naux non poli­tiques pour aug­menter son lec­torat, tan­dis qu’une fon­da­tion béné­fi­cie de sub­ven­tions publiques impor­tantes pour financer le Heti Válasz, heb­do­madaire libéral-con­ser­va­teur, des­tiné à servir de réponse au mag­a­zine égale­ment heb­do­madaire et libéral de gauche HVG.

L’hebdomadaire Mag­yar Narancs, devenu cri­tique du gou­verne­ment, voit ses dota­tions de la part du Fidesz arrêtées – le média avait pour­tant été créé par le Fidesz en 1989.

En 2002, l’IPI pointe du doigt la Hon­grie d’Orbán en déclarant que la lib­erté de la presse s’y est dégradée forte­ment.

2002 les libéraux-socialistes gagnent les élections

La même année, menant une cam­pagne axée sur un bilan posi­tif, le Fidesz perd les élec­tions face aux libéraux-social­istes qui ont mené, notam­ment dans les médias, une cam­pagne de « black PR », autrement dit, de dén­i­gre­ment. M. Orbán et le Fidesz pen­saient gag­n­er et le ren­voi inat­ten­du dans l’opposition sec­oue le par­ti. M. Orbán perd la con­fi­ance d’une par­tie impor­tante de son élec­torat, et cer­tains annon­cent même sa mort poli­tique. Pen­dant ce temps, les libéraux-social­istes revenus au pou­voir rem­pla­cent tous les dirigeants de médias publics par des per­son­nes qui leur sont favor­ables. Le Pre­mier min­istre social­iste M. Péter Medgyessy met en place un change­ment du finance­ment des médias de ser­vice pub­lic, les ren­dant plus dépen­dant du gou­verne­ment. Cette réforme ne fait de bruit ni en Hon­grie ni à l’étranger.

En 2004 et 2005, plusieurs dossiers sor­tent, prou­vant que le con­seiller de cam­pagne du MSZP, un améri­cain, dis­cute avec les dirigeants de la télévi­sion publique et de l’agence de presse nationale MTI du fait que les mes­sages du gou­verne­ment « ne passent pas assez bien auprès de la pop­u­la­tion ».

C’est dans ce con­texte que M. Vik­tor Orbán déclare qu’il aimerait que la télévi­sion publique hon­groise soit sim­i­laire à celle d’Italie, c’est-à-dire qu’il y ait « une télévi­sion de droite et une de gauche ». Ce pro­jet n’ayant pas pu voir le jour, c’est ain­si que le tré­sori­er et ami de longue date de M. Vik­tor Orbán, M. Lajos Sim­ic­s­ka, homme d’affaires accom­pli, est poussé à créer une chaîne d’information con­tin­ue acquise au Fidesz, s’inspirant de CNN et de la BBC, dans le but d’obtenir enfin un média ami et un sou­tien lors des cam­pagnes à venir. C’est le lance­ment de Hír TV en 2003. Puis suiv­ent la Mag­yar Kato­likus Rádió en 2005 (dont le lance­ment prévu en 1996 a été retardé par les gou­verne­ments social­istes) et la radio Lánchíd Rádió en 2007. Plus impor­tant encore, c’est la réus­site après des années de lutte du rachat du Mag­yar Hír­lap en 2006, ain­si que d’Echo TV, chaîne sec­ondaire du câble.

Pen­dant 8 années, M. Orbán et le Fidesz sont dans l’opposition et ten­tent de con­solid­er leurs out­ils de com­mu­ni­ca­tion pour con­tr­er la dom­i­na­tion écras­ante de la gauche libérale. Les événe­ments de l’automne 2006 – émeutes suite à la dif­fu­sion de pro­pos polémiques du Pre­mier min­istre libéral-social­iste Fer­enc Gyurcsány – ser­vent de trem­plin au Fidesz qui gag­n­era toutes les élec­tions générales jusqu’à ce jour (début 2020).

2010 retour au pouvoir d’Orbán

En 2010, le Fidesz revient au pou­voir tri­om­phale­ment, obtenant même la majorité con­sti­tu­tion­nelle au par­lement. La société hon­groise est trau­ma­tisée par la ges­tion désas­treuse du pays de la part des gou­verne­ments libéraux-social­istes qui ont poussé le pays au bord de la fail­lite en 2006 et en 2008, imposant des poli­tiques d’austérité très dures et une infla­tion impor­tante. Chez les électeurs du Fidesz et des nation­al­istes durs du Job­bik, le mot d’ordre est « plus jamais la gauche ».

Petit à petit les cadres post-com­mu­nistes, social­istes et libéraux, sont écartés en grande par­tie des organ­ismes gou­verne­men­taux. Mais surtout, c’est le début d’une nou­velle offen­sive dans le monde des médias. Si cer­tains débat­tent encore pour savoir s’il s’agit de la pour­suite de la « deux­ième guerre des médias » ou s’il s’agit bel et bien de la troisième du nom, le fait est que depuis 2010, l’homme fort de Budapest s’implique bien plus effi­cace­ment dans sa lutte médi­a­tique.

À suiv­re.

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