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Retour sur le mourant Presstalis, via Le 1 d’Eric Fottorino

3 mai 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Retour sur le mourant Presstalis, via Le 1 d’Eric Fottorino

Nous avons consacré plusieurs articles aux immenses difficultés du premier distributeur de la presse en France, Presstalis héritier des NMPP. Le 1 appartient – avec tant d’autres – au club des victimes du scandale de la société de distribution. Un système devenu fou et qui ponctionne ses clients pour assurer ses fins de mois. Le 1 fait partie des sept éditeurs avec SoFoot, CanardPC qui ont sévèrement critiqué la gestion du distributeur. Nous revenons sur le sujet via un numéro spécial de l’hebdomadaire Le 1 publié le 4 avril 2018. Les lecteurs intéressés par le sujet peuvent se procurer le numéro 196 consacré au sujet sur leur site. Pour les autres, c’est par ici.

Il est plus facile de joindre la NASA que Prestaliss

Nous emprun­tons ce sous-titre évo­ca­teur à la pas­sion­nante enquête L’engrenage infer­nal, de Philippe Kief­fer, ancien respon­s­able de la rubrique Médias de Libéra­tion, pub­liée dans le numéro. Vous êtes kiosquier ou édi­teur ou jour­nal­iste et vous voulez join­dre Presstal­is ? Armez-vous de patience. L’embarras com­mence au stan­dard. Respon­s­ables absents ou injoignables, bifur­ca­tion vers des boîtes vocales qui vous infor­ment qu’elles sont pleines ou que le poste recher­ché n’est pas attribué. Une liste à la Prévert.

Vous n’auriez pas 500 millions ?

Com­ment accu­muler 500 mil­lions de besoins de tré­sorerie pour rem­bours­er les dettes et assur­er le quo­ti­di­en ? En menant un train de vie ruineux. Le con­duc­teur de la loco­mo­tive est le Syn­di­cat du Livre CGT, les soutiers sont de hauts fonc­tion­naires, le char­bon est fourni par les con­tribuables via les aides de l’État.

Sans con­ter la créa­tion des NMPP en 1947 (qui con­fie de fac­to la ges­tion de la société à la CGT), remon­tons jusqu’aux années 2009/2017. Sur cette péri­ode l’État verse 220 mil­lions d’euros d’aides pour les seuls quo­ti­di­ens. Sans compter un prêt de 30 mil­lions qui ne sera sans doute jamais rem­boursé. Au bord du dépôt de bilan en 2012 la société se sépare de 1200 per­son­nes soit la moitié de ses effec­tifs. Et au prix fort, les con­di­tions exigées par la CGT coûteront entre 30 et 40 mil­lions par an jusqu’en 2019.

Fuite en avant et gabegie

Après avoir réduit la voil­ure, les dirigeants repar­tent de l’avant et voient grand. Rachat de sociétés (Mer­curi) et de dépôts (alors que les vol­umes bais­sent). Mieux, un pro­jet de refonte infor­ma­tique — duquel MLP, l’autre dis­trib­u­teur, se tien­dra prudem­ment éloigné — coûtera 22 mil­lions d’euros en tré­sorerie, représen­tera un sur­coût annuel de 6 mil­lions… et ne fonc­tion­nera jamais. En mars 2018, la société revient à l’ancien système.

Par ailleurs l’affacturage (avances des ban­ques sur les créances à venir) coûte 6 mil­lions de frais financiers par an. Ne par­lons pas des jolis salaires des cadres dirigeants, des sémi­naires exo­tiques et des notes de frais…

Le pot aux roses des grands éditeurs

Dans un sys­tème con­san­guin où on peut être à la fois action­naire, édi­teur, admin­is­tra­teur, un tout petit groupe siège au som­met de l’édifice : Lagardère Médias, Le Monde, Mon­dadori, Le Figaro, Pris­ma. Les petits édi­teurs sont spec­ta­teurs et victimes.

Nou­velle direc­tion en 2016 qui annonce « qu’elle a décou­vert en son sein l’existence de con­trats spé­ci­aux … et qu’elle entend y met­tre fin ». Remis­es, ris­tournes, marges arrières prof­i­tent aux grands clients (la liste de ceux ci n’est pas indiquée dans le numéro). Elle annonce aus­si qu’elle n’a plus d’argent et ampute de 25% les revenus de ses clients pour deux mois. Et leur ponc­tion­nera 2.25% de leurs recettes pen­dant cinq ans. Des édi­teurs voient rouge et veu­lent porter plainte au pénal. Pen­dant ce temps les kiosquiers doivent ven­dre des mou­choirs en papi­er et des bon­bons pour survivre.

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