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R<span class="amp">&</span>D : le retard des médias français
Publié le 

12 juin 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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R&D : le retard des médias français

Le congrès mondial des patrons de journaux, qui s’est achevé le 11 juin à Turin, a permis de mesurer le retard pris par les médias français en termes de recherche et développement (R&D). Que ce soit dans l’automobile, l’énergie, l’agro-alimentaire ou le luxe, réflexion et innovation à 10 ans sont pourtant monnaie courante dans l’Hexagone pour faire avancer le business. La presse est donc une exception, avec un état des lieux alarmant et des explications bien précises.

Un comble ! C’est un Alle­mand, Pris­ma Media (Géo, Voici, Cap­i­tal), fil­iale du géant out­re-Rhin, Grün­er + Jahr, qui se place en tête des médias français sur le plan de la prospec­tive. Depuis fin 2010, Pris­ma Lab est en pointe sur tous les sujets qui con­cer­nent l’in­no­va­tion. Son objec­tif est claire­ment fixé : il s’agis­sait de dot­er le groupe d’une vraie cul­ture numérique. À la tête d’une cel­lule R&D ad-hoc, com­posée de dix salariés volon­taires, Franck Bar­lemont situe son action sur deux axes prin­ci­paux.
La péd­a­gogie et la for­ma­tion con­cer­nant les nou­velles tech­nolo­gies, leur util­i­sa­tion, leur final­ité, etc, ont été les préal­ables indis­pens­ables avant la con­struc­tion des pro­jets eux-mêmes. Elles restent omniprésentes au sein de l’en­tre­prise, ne serait-ce que pour ras­sur­er les salariés. Dès 2011, les trois quarts d’en­tre eux ont pu béné­fici­er du prêt d’une tablette, recevoir une revue de presse sur le High-tech, ou encore se voir met­tre à dis­po­si­tion des infor­ma­tions ciblées con­cer­nant l’a­vancée du numérique dans les médias. Ce n’est qu’une fois l’ap­pren­tis­sage ter­miné que la machine de l’in­no­va­tion a com­mencé à pro­duire des effets con­crets. Pris­ma Lab a ain­si per­mis de génér­er, à par­tir de début 2013, un flux unique d’in­for­ma­tion pour le print et le web. 50% des mag­a­zines du groupe, notam­ment ceux des pôles “Féminins” (Femme actuelle) et ” Télévi­sion” (Télé loisirs), béné­fi­cient de cette organ­i­sa­tion bimé­dia. Géo et Gala suiv­ront le mou­ve­ment d’i­ci 2015. Côté com­mer­cial, l’ensem­ble du report­ing pub­lic­i­taire est par ailleurs géré sur tablettes depuis deux années. Ces nou­veaux process pour­raient être éten­dus à d’autres métiers dans le groupe, les RH notam­ment. Enfin, Pris­ma Lab est con­cen­tré depuis le début de l’an­née sur les objets con­nec­tés et la façon d’y inté­gr­er le con­tenu des mag­a­zines du groupe. La cel­lule teste actuelle­ment un kiosque “mai­son” afin de l’in­té­gr­er sur les lunettes de Google (Google glass).

Face à cette stratégie prise en amont, les éditeurs franco-français font pâle figure. Aucun n’a de cellule distincte, hormis, encore récemment, Express Roularta.

Le groupe a finale­ment arrêté l’ex­péri­ence fin 2013 et répar­ti ses com­pé­tences dans les dif­férents ser­vices. Les groupes de presse quo­ti­di­enne régionale, comme La Dépêche du midi ou La Voix du Nord, sont sur la même longueur d’on­des. Leur logique est celle de l’in­té­gra­tion avec, au final, une part extrême­ment réduite d’in­no­va­tion. Sou­vent par manque de sou­p­lesse finan­cière, ces groupes de quo­ti­di­ens et de mag­a­zines économisent sur la R&D dont les retours sont à éval­uer sur le moyen ou long terme. Ils préfèrent se con­cen­tr­er sur les pro­jets indus­triels qui rap­por­tent à plus court terme. Avec un con­fort­able résul­tat net de 40 mil­lions d’eu­ros en 2013, Pris­ma a eu lui, au con­traire, les moyens d’in­ve­stir plusieurs cen­taines de mil­liers d’eu­ros depuis qua­tre ans pour réfléchir à ce que sera la presse mag en 2020.

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