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Accueil | Portraits | Stéphane Simon
Stéphane Simon

11 mars 2021

Temps de lecture : 10 minutes

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Stéphane Simon

Stéphane Simon

L’homme en noir et blanc

Le producteur de Thierry Ardisson n’est pas à une contradiction près : s’attirant les foudres de la droite souverainiste lors de l’ère transgressive et impertinente des années 90, il s’arrange pour qu’elle lui mange dans la main trente ans plus tard ; longtemps lecteur de Libération, il lui voue une rancune tenace depuis le torpillage de son vaisseau Front Populaire par le quotidien que lisait son père, enseignant communiste et bouffeur de curés. Avec Michel Onfray comme tête de gondole, il prépare le monde médiatique d’après en investissant dans des webtélés et pay-per-view, quitte à provoquer des grincements de dents dans le milieu du petit écran. Un coup à droite, un coup à gauche, mais sans perdre de vue la courbe des audiences, selon sa profession de foi énoncée sur France Inter : “le premier devoir d’une émission de télévision, c’est d’être regardée”.

Enfance et formation

Né le 1er mai 1967 dans la Cité des Ducs, il grandit à Orvaux dans la ban­lieue nan­taise. Il passe un bac sci­en­tifique et aspire à devenir musi­cien dans un groupe de rock. Entretemps, il faut bien faire des études. Une fois sa licence d’histoire validée à l’université de Nantes en 1988, il monte à Paris pour suiv­re le cur­sus de l’École Supérieure de Journalisme.

Parcours professionnel

Presse écrite (1989–1995)

II ne reste qu’un an sur les bancs de l’ESJ Paris, préférant rejoin­dre un organe de presse à l’issue de son stage de pre­mière année à Pèlerin Mag­a­zine. « Ça m’a per­mis de m’ouvrir à des écoles de pen­sée un peu dif­férentes, comme le catholi­cisme social. Des choses que je n’avais pas appris­es à la mai­son ».

Avec l’argent qu’il a pu met­tre de côté pen­dant six mois, il part pour l’Inde et le Népal. Il est notam­ment cor­re­spon­dant à Cal­cut­ta à par­tir de 1989 et vit de ses piges à de nom­breux jour­naux, par­mi lesquels L’avancée médi­cale, Auto­mo­bile Mag­a­zine, Le Jour­nal du dimanche et Libéra­tion. Devenu anémique après avoir con­nu une grande pré­car­ité matérielle dans la cité ben­galie, il est rap­a­trié par le directeur de la rédac­tion de France Soir, Michel Schifres qui le remar­que grâce à un arti­cle sur un tueur en série indi­en. Hési­tant entre Libéra­tion et France Soir, il opte finale­ment pour ce dernier    Affec­té au ser­vice des infos générales, il est charge « du fait divers, de l’enquête, des papiers de société » du quo­ti­di­en entre 1990 et 1993.

C’est à cette péri­ode qu’il ren­con­tre Thier­ry Ardis­son, lors d’une inter­view réal­isée pour le compte de Paris Nuit à l’hôtel Bris­tol où l’animateur a ses habi­tudes. Le courant passe, tant et si bien que l’homme en noir pense à con­fi­er la rédac­tion en chef d’Entre­vue, le tabloïd qu’il a lancé un an aupar­a­vant, à son nou­veau pro­tégé. Ce dernier accepte et va ori­en­ter la ligne édi­to­ri­ale vers une cri­tique au vit­ri­ol des médias, au risque de frap­per par­fois au-dessous de la cein­ture. Il qual­i­fie aujourd’hui de « cra­puleuse » la ligne d’Entre­vue, comme le rap­porte Char­lie Heb­do.

Télévision (1995–1999)

En 1995, il est co-ani­ma­teur de « Y’a débat » ani­mée par Michel Polac et dif­fusée sur MCM. Cette même émis­sion est alors spon­sorisée par Entre­vue et doit accueil­lir à tour de rôle les can­di­dats à la prési­dence de la République. L’occasion de faire le buzz, comme on ne dit pas encore, est trop belle. Il défraye la chronique en adop­tant les méth­odes de la presse à scan­dales à la télévi­sion : il pro­pose une bar­rette de haschich à Lionel Jospin, puis mon­tre à Jean-Marie Le Pen, alors can­di­dat, la cou­ver­ture de Play­boy où fig­ure son ex-femme, Pier­rette. Con­séquence de ses coups d’éclats, « Son style d’in­ter­views lui vaut aus­si d’être injurié par Marie-Car­o­line Le Pen et vilipendé par Philippe de Vil­liers ». Sa notoriété nais­sante le fait remar­quer à TF1 ; il est recruté par la chaîne privée en tant que rédac­teur en chef de l’émission, « J’y crois, j’y crois pas » (95–96) présen­té par Tina Kief­fer. Ardis­son lui pro­pose de rejoin­dre l’équipe de pro­duc­tion de « Rive Droite Rive Gauche » où il four­bit ses pre­mières armes. Il col­la­bore égale­ment avec groupe Expand, fil­iale de Canal+ dirigée par Dominique Ambiel, qui pro­duit alors des jeux de diver­tisse­ment. Simon se lasse d’un univers dont il a vite fait le tour et aspire à être son pro­pre patron. Il crée en jan­vi­er 1997 sa pre­mière boîte, l’agence Paris Press. Désor­mais fort d’un car­net d’adresses et d’un savoir-faire en matière de télévi­sion, il fonde deux ans plus tard une société de pro­duc­tion audio­vi­suelle, Télé Paris.

Télé Paris (1999 —  )

Au-delà des émis­sions avec Thier­ry Ardis­son, il va créer 82 émis­sions orig­i­nales avec sa société de pro­duc­tion (dont l’animateur détient 49 %), dif­fusées aus­si bien sur les chaînes hertzi­ennes que sur le câble ou le satel­lite. Par­mi les plus con­nues, « Le Cer­cle » (Canal+), « Les Con­certs sauvages » (Arte), « Cul­ture Club » (MCS), « La Boîte à musique de Jean-François Zygel » (France 2), « Troisième Rap­pel » (France 3), « la Soirée des Molières » (France 2),  « On n’est plus des pigeons » (France 4), « On a tous en nous quelque chose de … » (France 2). Certes, la liste de for­mats orig­in­aux conçus par sa société, com­porte un nom­bre impor­tant de pro­grammes éphémères. Mais sa grande réus­site aura été celle d’avoir inven­té un genre qu’il définit comme la« télé in situ » et dont les mod­èles les plus fameux ont été « 93 Saint Hon­oré » et « Paris Dernière », toutes deux dif­fusées en leur temps sur Paris Pre­mière.

Lorsque la pro­duc­tion des « Ter­riens du Same­di », et de sa décli­nai­son domini­cale « Le Ter­riens du Dimanche », Stéphane Simon admet que les recettes de l’émission dégageaient la moitié du chiffre d’affaires de Télé Paris. Sans l’apport de la poule aux œufs d’or, la société doit licenci­er 90 per­son­nes. D’où l’obligation de se réin­ven­ter, de préférence dans le numérique où le pro­duc­teur flaire le bon filon, lui qui avait com­mencé à diver­si­fi­er ses activ­ités dès 2015.

Le Magasin Numérique (2017–  )

Autour de l’astre Télé Paris gravi­tent qua­tre sociétés cha­peautées par Stéphane Simon et toutes abritées dans les locaux de Télé Paris à Lev­al­lois-Per­ret : Red Vel­vet, spé­cial­isé dans la cap­ta­tion de spec­ta­cles vivants, Out­side Films, qui pro­duit des doc­u­men­taires de la fic­tion, #Edith Paris, dif­fuseur de pro­grammes insti­tu­tion­nels et pub­lic­i­taires (Orange, Sepho­ra ou encore l’Office du tourisme tunisien comptent par­mi les clients de cette société) et surtout Le Mag­a­sin Numérique. Pour des raisons de répu­ta­tion, Simon met un point d’honneur à sépar­er autant que pos­si­ble cette dernière de Télé Paris : « Je n’ai pas d’associé pour Le Mag­a­sin Numérique, aucun cap­i­tal ne vient de Télé­Paris et Thier­ry Ardis­son n’a rien à voir avec mon activ­ité dig­i­tale. Le Mag­a­sin Numérique n’est pas une fil­iale de Télé­Paris ».

La société conçoit des webtélés « de niche », tail­lées sur mesure pour des lead­ers d’opinions ou des thé­ma­tiques cul­turelles et entière­ment financées par les abon­nés. Les webtélés essai­ment et la liste de per­son­nal­ités médi­a­tiques (dont cer­tains furent chroniqueurs dans les émis­sions de Thier­ry Ardis­son) séduites par le con­cept de Simon s’allonge : ain­si BasLesMasques.com est asso­cié au men­su­el Causeur ; Réac­n­Roll est porté par Élis­a­beth Levy ;  Polony TV, rebap­tisée Mar­i­anne TV , est le canal de Nat­acha Polony ; Gold­nadel TV  est ani­mée quant à elle par le très médi­a­tique avo­cat. Mais la poli­tique n’est pas omniprésente,Telle­ment soif, par exem­ple, est con­sacrée la cul­ture du vin. Le suc­cès n’est pas tou­jours au ren­dez-vous et cer­tains pro­jets sont avortés, faute de ren­con­tr­er leur pub­lic, comme la défunte Komo­do TV (2019–2020) qui fut un média végan et anti­spé­ciste avec Aymer­ic Caron en fig­ure de proue, mais aus­si l’éphémère LaFranceLibre.tv lancée avec André Bercoff en 2018, avant d’être débranchée dès l’an­née suiv­ante, ou bien encore ReacNRoll.tv (2019–2020) où s’ex­pri­mait notam­ment Ivan Rioufol. Sans oubli­er le pro­jet vite aban­don­née d’une webtélé sur tran­shu­man­isme ani­mée par Luc Fer­ry ou de celui de « Black Blanc Beur », célébrant les immi­grés patri­otes, qui aurait dû être présen­tée par Ver­laine Djéni.

La plus rentable reste indu­bitable­ment Michel Onfray TV, qui s’appuie sur une revue trimestrielle Front Pop­u­laire et un site homonyme, s’adressant aux sou­verain­istes des deux rives. Ce suc­cès per­met même au tan­dem de voy­ager et de met­tre en scène le philosophe nor­mand dans des reportages sur les théâtres de l’Orient com­pliqué, au Liban et en Arménie.

Il est égale­ment l’instigateur du pro­jet d’une revue trimestrielle adossée à l’émission phare de RMC en matière de bal­lon rond, l’After Foot, ani­mée depuis une quin­zaine d’années par Gilbert Brisbois.

Parcours militant

Stéphane Simon grandit, con­traire­ment à son ami Onfray, dont le père était un ouvri­er agri­cole catholique, dans une famille pétrie d’idéaux d’extrême-gauche. Il est le reje­ton de trois généra­tion d’enseignants. Rien d’étonnant dès lors à ce « que toute la cul­ture à la gauche de la gauche qui m’a été trans­mise m’a beau­coup servi ». À Lau­re Daussy de Char­lie Heb­do qui le somme d’éclaircir ses inten­tions suite à la paru­tion de Front Pop­u­laire, il rétorque :

« Moi je ne vote plus depuis 1986, j’ai voté une seule fois à mes 19 ans, depuis tous les poli­tiques me déçoivent ».

Un absten­tion­niste certes, mais pas un apoli­tique pour autant, comme le révèle Libéra­tion :

« Le pro­duc­teur revendique tout au plus une posi­tion d’«anar de droite», soucieuse de garan­tir la lib­erté de lindi­vidu, notam­ment économique, et de ren­voy­er l’État à des fonc­tions régali­ennes min­i­males ».

Ses employés ne sauraient même le faire entr­er dans une case, ce qui désole les jour­nal­istes de Slate venus pour tra­quer une éventuelle bête immonde :

« Ses opin­ions poli­tiques sont changeantes selon les scruti­ns». Presque tous nos inter­locu­teurs sem­blent daccord : « Cest un vrai type bien, il aime se moquer des bobos de gauche mais rien de méchant ».

Ce qu’il gagne

Le nom­bre de par­tic­i­pa­tions et d’entreprises détenues par Simon ren­dent l’estimation de ses revenus (total­isant le salaire, les div­i­den­des et la ces­sion de parts) malaisée, d’autant plus qu’il est à la tête d’un éco-sys­tème médi­a­tique qui sem­ble par­fois se nour­rir de lui-même. Rap­pelons à titre indi­catif que le chiffre d’affaires de Télé Paris en 2016 était de 12,7 mil­lions d’euros.

Vie privée

Il est père de deux filles prénom­mées Jade et Max, nées de deux lits dif­férents. Il a égale­ment un frère psychiatre.

Bibliographie

Les secrets du Bois de Boulogne, coécrit avec Jean-Noël Tournier (grand reporter à Europe 1), Ed. n°1, 1993.

Sa nébuleuse

Thier­ry Ardis­son : « Avec Ardis­son, je décou­vrais l’un des par­rains de la pro­fes­sion. Un type tor­turé, exigeant, ani­mé de la peur du lende­main et bosseur comme peu dans ce méti­er. Chez qui rien n’est jamais acquis. On s’est bien trou­vés ». L’animateur pense néan­moins que son com­père se serait « rad­i­cal­isé » poli­tique­ment ces dernières années.

Éric Brunet : réputé proche du pro­duc­teur et comme lui Nan­tais d’origine, il était pressen­ti pour être un des ani­ma­teurs de LaFranceLibre.tv mais en a été empêché con­tractuelle­ment par RMC, son employeur de l’époque.

Michel Onfray : « Il l’a ren­con­tré sur une des émis­sions qu’il pro­dui­sait, « Les Grandes Ques­tions », sur France 5, présen­té par Franz-Olivi­er Giesbert. »

Guil­laume Big­ot : Poli­to­logue et directeur de l’école de com­merce parisi­enne IPAG, invité occa­sion­nel sur les plateaux de CNews et BFM, Le Mag­a­sin Numérique est der­rière la plate­forme numérique de son « Académie Cicéron » , insti­tut dont le but avoué et de réha­biliter la cul­ture générale à l’aide de pro­fesseurs recon­nus et con­férenciers de mar­que. Il est égale­ment un con­tribu­teur réguli­er de Front Populaire.

Alexan­dre Jonette : Ancien réal­isa­teur de Paris Dernière et Polo­ni­um, pro­duits par Stéphane Simon, il coréalise avec lui les doc­u­men­taires tournés avec Michel Onfray en Arménie et au Liban.

Bernard de la Vil­lardière : Il est un des asso­ciés au cap­i­tal du média dig­i­tal enrac­iné Neo fondé par l’animateur de M6.

Michel Schifres : ancien directeur de la rédac­tion de France Soir, exerçant actuelle­ment les mêmes fonc­tions au Figaro.

Dominique Ambiel : « Il m’a enseigné que la télévi­sion est une indus­trie et la force d’un car­net d’adress­es. Il n’avait pas la queue d’une idée, mais par­ve­nait à ven­dre ce qu’il voulait. Moi, c’é­tait le con­traire. Je four­mil­lais d’idées, mais j’é­tais dépourvu d’entregent. »

Jean-Yves Le Moine : Pro­duc­teur dig­i­tal de Télé Paris, il se présente comme le « respon­s­able du Mag­a­sin Numérique »

Jean-Bap­tiste Roques : Rédac­teur en chef de Front Pop­u­laire, ancien jour­nal­iste à Réac­n­Roll et Van­i­ty Fair.

Il l’a dit

« Je crois que c’est facile à com­pren­dre ; cha­cun a le droit de vouloir être sou­verain chez soi ; quand on achète un apparte­ment, on a pas envie que ce soit le voisin d’a‑côté ou le syn­dic qui décide à votre place de la déco ou des meubles. C’est sim­ple sur le plan poli­tique. », L’Incorrect, mai 2020.

« Jean-Marie Le Pen, qui pen­sait que j’é­tais juif, croy­ait à un coup tor­du mon­té avec son ex-femme ; il me vom­is­sait. », Le Jour­nal du Dimanche, 02/09/2017

« Le lan­gage Canal + a gag­né depuis vingt ans. Le décalage est devenu la norme absolue et donc, évidem­ment, le trash est un peu partout main­tenant. », France Inter, 16/05/2016.

« Chez moi, c’était plutôt « Au sec­ours, voilà les curés. » Quand mon grand-père en voy­ait un dans la rue, il fai­sait “Crôaaa, Crôaaa”… », Les Inrocks, 29/03/2014.

« J’ai un bagage cul­turel un peu au-dessus de la moyenne, mais pas telle­ment. Je me glisse donc avec beau­coup de facil­ité dans la peau du téléspec­ta­teur. », Le Monde, 06/05/2006

Ils l’ont dit

« Stéphane Simon a com­pris qu’il allait y avoir une évo­lu­tion des usages jour­nal­is­tiques. Il essaie de trou­ver des nou­velles formes Web plus pro­fes­sion­nelles. », Jean-Bap­tiste Roques, Valeurs Actuelles, 01/11/2020

« Je n’ai jamais enten­du Stéphane par­ler poli­tique, ni ne l’ai vu se sen­tir obligé d’asséner des idées. Je ne sais pas s’il y a un engage­ment poli­tique der­rière ces pro­jets […]. Je crois plutôt qu’il cherche à con­stru­ire des médias autour de per­son­nal­ités dont il pense qu’ils ont un poten­tiel pour recruter des abon­nés. Comme un édi­teur cherche à pub­li­er des auteurs atti­rant des lecteurs. Per­son­ne ne cri­ti­querait un édi­teur qui pub­lie Polony, Onfray et Gold­nadel. Mais quand c’est de la télé, tout le monde se dit oh là là ! »,  Frédéric Tad­deï, Libéra­tion, 24/06/2020.

« Que va-t-il se pass­er avec Front Pop­u­laire? Et bien très prob­a­ble­ment rien. Les authen­tiques couil­lon­nés, les sym­pa­thiques ambitieux et les égo­cen­triques égos vont prob­a­ble­ment se dis­lo­quer après quelques numéros. L’intérêt de la chaine sera de réus­sir à garder le cou­ple vrai­ment nova­teur de cette entre­prise: Raoult et Onfray, sauf que faire le babysit­ting de ces deux égos ne va pas être une mince affaire.

Stéphane Simon s’en fout, autant prévenir tout de suite. Il trans­formera Front Pop­u­laire TV en Onfray TV, refilera Onfray TV à UnAutreTrucTV et réor­gan­is­era les comptes et les migra­tions de comptes entre tous les abon­nés pour qu’ils n’aient pas trop l’impression d’être floués.

Sa webTV la plus brune, Reac­N­Roll est d’ailleurs con­stru­ite comme ça: organ­isée en CauseurTV, Castel­nauTV, RioufolTV, Bar­bara Lefeb­vre TV, et tout est tou­jours prêt pour le rem­potage (avec même un petit barbaralefebvre.com sous le coude). C’est aus­si ce qui s’est passé avec son pro­jet précé­dent, “La France Libre”, une télé de réin­for­ma­tion con­tre la bien­pen­sance avec André Bercoff, William Gold­nadel et Ver­laine Djéni, lancé en grande pompe et avec un compte Twit­ter et Face­book @l’infolibre. Puis Bercoff s’est bar­ré, Ver­laine Djéni a eu des ennuis judi­ci­aires et la chaîne est dev­enue Gold­nadelTV avec son pro­pre compte Twit­ter dédié. Quant à l’info Libre, c’est devenu un site inter­net de pro­mo des autres pro­jets de Stéphane Simon. De la même manière, Stéphane Simon a trans­for­mé Orwell TV en PolonyTV après une plainte des ayants droits de Georges Orwell. Polony TV est en train de devenir Mar­i­anne TV, détenue à moitié par le pro­prié­taire de Mar­i­anne et à moitié par une société de Stéphane Simon. », Lignes de crête, 01/06/2020.

« L’intéressé se défend de tout raidisse­ment doc­tri­nal. Il rap­pelle avoir mis sur orbite une webtélé sur le vivant (Komo­do TV) avec Aymer­ic Caron, une fig­ure classée à gauche, et avoir envis­agé d’en faire autant avec Alex­is Cor­bière, le lieu­tenant de Mélen­chon. Stéphane Simon préfère se par­er des ver­tus démoc­ra­tiques du plu­ral­isme, du débat d’idées, de la con­fronta­tion des opin­ions. Cela con­tribue à l’ambiance de clash per­ma­nent, comme dans ses Ter­riens du dimanche ! Lorsqu’on lui demande s’il n’aide pas plutôt à souf­fler sur les brais­es, il répond que la société française ne l’a pas atten­du pour être en flammes. », Libéra­tion, 24/06/2020

« Le pro­duc­teur de Télé­Paris et du Mag­a­sin Numérique ressem­ble moins un Steve Ban­non français qu’au busi­ness­man qui a dégot­té un bon filon et qui s’affranchit peu а peu de la télévi­sion, de ses dif­fuseurs, de ses con­traintes, et peut-être même, après vingt ans de col­lab­o­ra­tion étroite, du si imposant Thier­ry Ardis­son avec qui il partagera tou­jours un sens aigu de la trans­gres­sion. », Slate, 20/04/2018