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Laure Daussy

23 mai 2020

Temps de lecture : 14 minutes
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Laure Daussy

23 mai 2020

Temps de lecture : 14 minutes

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La gauche d’avant face au monde d’après

Dans un paysage médiatique aseptisé, qui bat au rythme de la censure, de l’impensé du pluralisme et de la promotion musclée de l’idéologie « progressiste », est-il possible de trouver à redire aux quelques espaces qui offrent une tribune aux opinions divergentes ? Arrêt sur images est un de ces espaces où – sur un temps long propice aux échanges – subsiste un vivifiant esprit de débat sous la houlette du mentor expérimenté Daniel Schneidermann.

Lau­re Daussy, aupar­a­vant jour­nal­iste chez Arrêt sur images et sévis­sant aujour­d’hui à Char­lie Heb­do, traque, tou­jours avec pugnac­ité et par­fois sec­tarisme, ce qu’elle con­sid­ère de façon axioma­tique comme des préjugés sex­istes, misog­y­nes, homo­phobes ou racistes dans les représen­ta­tions médiatiques.

La rigueur jour­nal­is­tique et l’équili­bre sem­blent oubliés : seul importe le mil­i­tan­tisme voilé, qui se drape ici dans les atours du sérieux de la cri­tique médi­a­tique, mais qui a pour­tant sys­té­ma­tique­ment recours aux adjec­tifs dis­qual­i­fi­ants, aux cita­tions tron­quées et aux par­ti pris évidents.

Des méth­odes qui ont agacé le lec­torat d’Arrêt sur images, de plus en plus cri­tique à son encon­tre sur les forums de la pub­li­ca­tion… L’ar­roseur arrosé en quelque sorte.

Formation

Après le bac­calau­réat, Lau­re Daussy entre en pré­pa lit­téraire à Angers au lycée Hen­ri Berg­son, avant d’ef­fectuer des études de Let­tres et d’His­toire à l’In­sti­tut Catholique de l’Ouest dans la même ville. Elle est diplômée du Cen­tre de For­ma­tion des Jour­nal­istes de Paris en 2007.

Parcours professionnel

Elle com­mence par effectuer des piges pour France 3, entre 2007 et 2008. De 2007 à 2010, elle est jour­nal­iste pour Lefigaro.fr. C’est en 2010 qu’elle fait son entrée à la rédac­tion d’Arrêt sur images, qu’elle quitte en décem­bre 2014.

Elle intè­gre la rédac­tion de Char­lie Heb­do suite à la dis­pari­tion de la qua­si-total­ité de la précé­dente. Elle rejoint alors une pub­li­ca­tion qui se situe dans la droite ligne de son idéolo­gie poli­tique et où elle peut, d’une part, laiss­er libre cours à son anti­cléri­cal­isme et, d’autre part, déplor­er le virage inter­sec­tion­nal­iste de la gauche comme le lais­sent sug­gér­er les titres de ses reportages : « Vendée : au sémi­naire des prêtres pédophiles », « Quand le plan­ning famil­ial veut renon­cer à la laïc­ité », ou encore « L’UNEF offre un enter­re­ment religieux à la laïc­ité et à l’universalisme ». Elle a signé des reportages pour Canal+, Arte et France 2 de façon régulière. Par ailleurs, elle est égale­ment inter­venante extérieure à l’école de com­mu­ni­ca­tion de la Sor­bonne, le Celsa.

Faits notoires

Out­re un qua­si-mono­pole sur tous les sujets ayant trait à l’an­tiracisme, au fémin­isme, au mil­i­tan­tisme homo­sex­uel et à toutes les luttes dites pro­gres­sistes sur Arrêt sur Images, et qu’elle traite tou­jours selon le même angle dog­ma­tique, Lau­re Daussy a récem­ment pu faire mon­tre de sa par­tial­ité sur trois sujets : le con­flit en Ukraine, la récente sor­tie du philosophe Michel Onfray sur la théorie du genre (ajouter la men­tion oblig­a­toire «qui n’ex­iste pas»), et le pas­sage télévisé de François Asse­lin­eau dans l’émis­sion « On n’est pas couché ». Ces trois cas sont intéres­sants dans la mesure où ils ont soulevé beau­coup de réac­tions indignées par­mi les abon­nés d’Arrêt sur images.

Dans le pre­mier cas, Lau­re Daussy était présente sur le plateau de l’émis­sion Arrêt sur images du 9 mai 2014. Son rôle con­sis­tait à arbi­tr­er et éclair­er, aux côtés de Daniel Schnei­der­mann, un débat ten­du entre Olivi­er Berruy­er, rédac­teur du blog Les-crises.fr, très en pointe sur le sujet de la pro­pa­gande occi­den­tale dans le dossier ukrainien, et Piotr Smo­lar, jour­nal­iste au Monde et claire­ment par­ti­san du camp occi­den­tal, tout comme sa con­frère Véroni­ka Dor­man, cor­re­spon­dante à Libéra­tion. Prob­lème : Lau­re Daussy fai­sait mon­tre d’une agres­siv­ité exclu­sive à l’en­con­tre du blogueur-écon­o­miste, qui ne se démon­tait certes pas pour autant. Elle lui coupait la parole à de nom­breuses repris­es pour ten­ter de lui faire admet­tre de manière obses­sion­nelle la cul­pa­bil­ité avérée de la Russie dans la sit­u­a­tion ukraini­enne. Dans un même temps, elle était mal­heureuse­ment peu dis­posée à revenir sur les approx­i­ma­tions et les biais de lec­ture du reporter du Monde.

Sur le fil de com­men­taires dédié à cette émis­sion, on trou­ve en tout 935 réac­tions. Sans compter celles qui van­tent avant tous les mérites du tra­vail d’O­livi­er Berruy­er, ou pointent la morgue, le mépris et la con­de­scen­dance des deux jour­nal­istes embed­ded, on trou­ve aus­si de nom­breux com­men­taires dénonçant le manque de rigueur et la par­tial­ité de Lau­re Daussy. Beau­coup se mon­trent cri­tiques mais surtout excédés et agacés. De rares sou­tiens à la jour­nal­iste sont aus­si présents, mais por­tent avant tout sur l’usage de ter­mes insul­tants, par une minorité de cri­tiques, à son encon­tre, plutôt qu’à sa presta­tion. Il est pos­si­ble de lire des extraits des cri­tiques for­mulées à l’é­gard de Lau­re Daussy à la fin de ce portrait.

Le deux­ième cas de fig­ure est, lui aus­si, très récent. Le 13 sep­tem­bre 2014, Lau­re Daussy signe un papi­er sur Arrêt sur images inti­t­ulé : Le com­ing-out réac d’On­fray : une sur­prise, vrai­ment ?, qu’il est pos­si­ble de lire à cette adresse (accès payant). La jour­nal­iste revient sur le pas­sage radio du philosophe Michel Onfray, la veille dans la mati­nale de France Inter, et les « réac­tions néga­tives » sus­citées par ce dernier sur les réseaux soci­aux. Pour cela, Lau­re Daussy a recours à la présen­ta­tion de tweets aléa­toires, con­damnant le philosophe pour ses posi­tions. Prob­lème : le traite­ment du sujet par Daussy, entraîne, lui, des réac­tions néga­tives sur Arrêt sur Images, qui méri­tent donc d’être soulignées sur le même mode. Reproche est fait à la jour­nal­iste de par­ticiper à un lyn­chage en se fon­dant sur des a pri­ori idéologiques et des cita­tions tron­quées, et d’in­ter­dire tout débat sur la pré­ten­due-fan­tas­mée théorie du genre, qu’Onfray cri­ti­quait. Là aus­si, une sélec­tion de ces réac­tions vous est pro­posée plus en avant.

Dernière démon­stra­tion de mal­hon­nêteté de la jour­nal­iste, elle reve­nait mer­cre­di 24 sep­tem­bre sur le pas­sage télévisé de François Asse­lin­eau, prési­dent de l’U­nion Pop­u­laire Répub­li­caine (UPR) dans l’émis­sion « On n’est pas couché ». Fondé en 2007 par un ancien haut-fonc­tion­naire sou­verain­iste, ce par­ti, en dépit de résul­tats élec­toraux dérisoires aux dernières élec­tions européennes (0,41%), est par­ti­c­ulière­ment act­if sur inter­net, notam­ment au tra­vers de con­férences don­nées par son prési­dent sur des sujets aus­si vaste que l’His­toire de France, l’U­nion européenne, la mon­naie. Ces vidéos sont très con­sultées et appré­ciées de nom­breux inter­nautes, et il en résulte une forte activ­ité des par­ti­sans d’As­se­lin­eau sur les réseaux soci­aux et, dans une plus large mesure, sur internet.

Dans son papi­er, Daussy revient sur les échanges ten­dus qui ont opposé Asse­lin­eau à Aymer­ic Caron, méprisant et hargneux, peu soucieux de dis­cuter ouverte­ment avec son inter­locu­teur, et Léa Salamé, en plein épisode de dévo­tion atlantiste. Mais, plutôt que de remet­tre en cause le tra­vail de ses con­frères, la jour­nal­iste d’Arrêt sur images s’emploie plutôt à dress­er un por­trait peu flat­teur d’As­se­lin­eau, usant de tous les pon­cifs du « com­plot », de « l’ex­trême-droite », de ses affil­i­a­tions plus ou moins indi­rectes, au lieu de s’in­téress­er à ses propo­si­tions doc­tri­nales. En somme, Daussy, loin de pro­duire la cri­tique médi­a­tique que l’on serait en droit d’at­ten­dre de sa part, com­met à peu près les mêmes erreurs que les deux chroniqueurs de Lau­rent Ruquier. Il n’en fal­lait pas plus pour forte­ment irrit­er le lec­torat d’Arrêt sur images, qui se mon­tre ici de façon très large­ment majori­taire opposé à ce traite­ment médi­a­tique délètère, aux antipodes de la cri­tique sérieuse et surtout équili­brée à laque­lle la pub­li­ca­tion de Daniel Schnei­der­mann nous con­fronte la plu­part du temps.

Lors de l’été 2019, Lau­re Daussy et le dessi­na­teur Foolz ten­tent d’infiltrer l’Université d’Été de l’Agrif, organ­isé à Toulon par Bernard Antony et Guil­laume de Thieul­loy. Leur com­porte­ment paraît sus­picieux et ils sont vite recon­nus par les par­tic­i­pants qui s’étonnent de ces méth­odes. Le réc­it de l’infiltration man­quée est rap­porté d’abord dans Minute, puis, plus en détail, par Bernard Antony lui-même dans Le Salon Beige, qui répond au reportage à charge de la jour­nal­iste paru dans Char­lie Heb­do.

Parcours militant

Lau­re Daussy a été mem­bre du col­lec­tif Osez le féminisme.

Elle est actuelle­ment mem­bre du con­seil d’administration de l’association de femmes jour­nal­istes Prenons la Une qui mil­i­tait à l’origine, lors de sa fon­da­tion en 2014, « pour une juste représen­ta­tion des femmes dans les médias et l’égalité pro­fes­sion­nelle dans les rédac­tions ». Dev­enue une asso­ci­a­tion de loi 1901, l’association ori­ente désor­mais son action en direc­tion des jour­nal­istes vic­times de vio­lences sex­istes dans les médias, un filon prometteur.

La jour­nal­iste est égale­ment adhérente de l’association « Fake Off » qui entend fédér­er des jour­nal­istes, issus pour la plu­part de l’audiovisuel, autour de la lutte con­tre la dés­in­for­ma­tion et le com­plo­tisme sur Inter­net. Les mem­bres enten­dent « for­mer les jeunes à l’esprit cri­tique face à la mon­tée en puis­sance des « hoax­es » et autres « intox », dont les con­séquences peu­vent être dan­gereuses sur les men­tal­ités ». Depuis 2017, les jour­nal­istes inter­vi­en­nent auprès d’élèves de col­lèges et de lycées à la demande des pro­fesseurs, doc­u­men­tal­istes et directeurs d’établissement.

Elle l’a dit

« Quand je suis en reportage, il y a toute une frange de la gauche et de l’extrême gauche qui ne sait pas ce qu’est Char­lie, qui déteste Char­lie. Ca m’est arrivé qu’on me dise, c’était des jeunes Insoumis de Greno­ble qu’on ne veuille pas par­ler à ce jour­nal réac­tion­naire est islam­o­phobe. Je trou­ve ça extrême­ment vio­lent et extrême­ment grave d’entendre ça. La cri­tique de la reli­gion n’est pas com­prise. », France Info, 7 jan­vi­er 2020 .

« On nous a sou­vent demandé pourquoi autant de jour­nal­istes avaient témoigné dans ce mou­ve­ment « Metoo ». Il est évidemment impos­si­ble d’obtenir des chiffres précis mais il me sem­ble que le jour­nal­isme n’est pas plus touché que d’autres métiers et que le problème con­cerne tous les domaines d’activité. Mais il est intéressant de soulign­er qu’il existe peut- être une con­jonc­tion de fac­teurs qui rend le problème d’autant plus présent dans le jour­nal­isme. Quelques chiffres cepen­dant : 46,5 % des tit­u­laires de la carte de presse étaient des femmes en 2015 mais elles n’occupent que 36 % des postes de direc­tion. Elles sont plus fréquemment pigistes. L’écart salar­i­al est de 12 % entre hommes et femmes jour­nal­istes. Les mou­ve­ments des femmes jour­nal­istes, début 2018, à L’Obs, au Parisien et à La Provence sont là pour nous le rap­pel­er. La précarité et les inégalités d’attribution des postes à respon­s­abilité sont très présentes dans notre pro­fes­sion et affectent particulièrement les pigistes ou les per­son­nes qui mul­ti­plient les CDD. Ce con­texte main­tient davan­tage les femmes dans une posi­tion de vic­time. Nous pen­sons d’ailleurs qu’un cer­tain nom­bre de femmes jour­nal­istes n’ont pas encore osé s’exprimer. », Femmes, hommes, mode d’emploi dans les médias, p.40, octo­bre 2018.

« Tiens, un Finkielkraut bis ! L’in­ter­view de Michel Onfray dans la mati­nale de France inter, ses pro­pos sex­istes sur Valérie Tri­er­weil­er, son attaque con­tre une pré­ten­due “théorie du genre” et son appel à un comité de sur­veil­lance d’internet, ont sus­cité une mul­ti­tude de réac­tions néga­tives, sur les réseaux soci­aux et dans la presse. Mais ce n’est pas la pre­mière polémique accueil­lant des pro­pos du philosophe hyper-médi­a­tique », Arrêt sur Images, 13 sep­tem­bre 2014.

« Com­ment, donc, faire de la dis­crim­i­na­tion pos­i­tive, sans pour autant “inviter une femme pour avoir une femme” ? A titre per­son­nel, lorsque je suis en charge d’une émis­sion, j’es­saie dans la mesure du pos­si­ble d’in­viter des femmes. Du moins, si une femme me sem­ble intéres­sante, et qu’elle dit ne pas être disponible, j’in­siste, con­sciente que cette “indisponib­lité” peut mas­quer, au fond, un trop grand scrupule à pren­dre la parole », Arrêt sur images, 13 novem­bre 2012.

« Bonne nou­velle, l’émis­sion C dans l’air (France5), a dou­blé le nom­bre de femmes invitées, au mois de novem­bre, par rap­port au mois d’oc­to­bre. Ver­dict : 6 femmes sur 88 invités. Au mois d’oc­to­bre, nous avions compt­abil­isé 3 femmes sur 84 invités. A ce rythme, le nom­bre de femmes invitées devrait être à peu près équiv­a­lent au nom­bre d’hommes dans trois mois. 12 femmes le mois prochain, 24 ensuite et puis… 48 ? Mais peut-être y a‑t-il un pla­fond infran­chiss­able ?», Arrêt sur images, 1er décem­bre 2010.

« À France soir, les men­tal­ités sem­blent évoluer lente­ment. En témoigne le pre­mier titre retenu, mar­di, pour un arti­cle au sujet du “com­ing-out” du député et secré­taire nation­al chargé de la com­mu­ni­ca­tion à l’UMP Franck Riester. C’est le site com­mu­nau­taire Yagg.com qui déplore le titre ini­tiale­ment choisi par France-Soir : “Un député-maire UMP avoue son homo­sex­u­al­ité”. (…) “Comme on “avoue” un crime”, Encore en 2011, donc” Arrêt sur Images, 7 décem­bre 2012.

« “Gou­verne­ment Oba­ma 2 : une femme à l’En­vi­ron­nement, un physi­cien à l’En­ergie”, titrait hier l’AFP dans une dépêche con­sacrée au remaniement du gou­verne­ment Oba­ma. Seul l’homme pro­mu a donc l’hon­neur d’être affublé d’une pro­fes­sion. Et la femme est unique­ment définie par son sexe. Celle-ci, Gina McCarthy, qui va être nom­mée à la tête de l’A­gence de pro­tec­tion de l’en­vi­ron­nement (EPA) n’é­tait jusque-là pas seule­ment une femme mais aus­si acces­soire­ment la direc­trice d’une des agences de l’EPA, con­sacrée à la qual­ité de l’air », Arrêt sur Images, 5 mars 2013.

Ils l’ont dit

« Mar­rante votre descrip­tion du pub­lic « tra­di ». C’est l’hôpital qui se moque de la char­ité ! Mais d’évidence, vous avez une dif­fi­culté avec cela ? Peut-être un prob­lème d’identité per­due ? Au fond, ne seriez-vous pas une catho « retournée », une catho « de la haine de soi » selon l’expression à l’égard de cer­tains juifs de madame Roudi­nesco, la gar­di­enne du tem­ple de la psy­ch­analyse ? Oui, une catho retournée, une catho inver­tie remâchant une inex­tin­guible rancœur con­tre la reli­gion de sa jeunesse. N’ayant pas trou­vé comme un Michel Onfray l’équilibre et la paix dans un tran­quille athéisme pos­i­tiviste et dans la défense des valeurs de la roman­ité bien loin de la bar­barie coprophag­ique de l’immonde heb­do auquel vous col­la­borez financé par les abon­nements des col­lec­tiv­ités publiques. », Bernard Antony sur son blog per­son­nel, 12 août 2019.

Réactions de lecteurs à l’émission sur l’Ukraine

« Lau­re Daucy (sic) a passé son temps à laiss­er pass­er les phras­es stu­pides et les sophismes lam­en­ta­bles de Smo­lar, qui est inca­pable de savoir ce qu’est un peu­ple comme il sem­ble inca­pable de com­pren­dre d’où vient le fait que le gou­verne­ment ne soit pas obéi… Alors que Berruy­er est obligé de répon­dre aux pro­pos inquisi­teurs de qua­tre jour­nal­istes (il ne se défend d’ailleurs pas tou­jours très bien) et se fait repren­dre à la moin­dre phrase de plus de 15 mots.»

« Je rejoins l’avis général pour dire que Lau­re Daussy n’a pas fait le job… de très, très loin… Dans le sens ou un(e) jour­nal­iste doit per­me­t­tre l’ex­posé des posi­tions, avec un min­i­mum (un max­i­mum) de respect pour les opin­ions dis­si­dentes, on ne devrait pas ne serait-ce que soupçon­ner un par­ti pris, laiss­er au moins les invités finir leur phrase…
Sa présence “au milieu” d’un débat va doré­na­vant pos­er le prob­lème de l’ob­jec­tiv­ité, et donc de la crédi­bil­ité de ce site…» 

« Par con­tre, la prochaine fois, si Lau­re Daussy pou­vait être un peu plus neu­tre dans la mesure où elle co-ani­me le débat… parce que là c’é­tait insup­port­able. Ou alors qu’elle assume d’y par­ticiper et on ver­ra ce qu’elle a dans le ventre.»

« Pourquoi donc de telles oppo­si­tions? De mon point de vue la ligne Lau­re Daussy ne se rend pas compte qu’elle embrasse totale­ment l’idéolo­gie occi­den­tale. La ligne Berruy­er, me sem­ble par oppo­si­tion plus neu­tre idéologique­ment. Cette plus grande neu­tral­ité idéologique amène à cri­ti­quer les évène­ments autant que les points de vue. Point de vue que Lau­re Daussy et les siens refusent obstiné­ment de voir. Ils le refusent d’ailleurs avec une cer­taine agres­siv­ité. Évidem­ment, en tant qu’abon­né d’ASI, je suis scan­dal­isé par la presta­tion lam­en­ta­ble de Lau­re Daussy…»

Réactions de lecteurs à l’article sur Michel Onfray

« Comme d’autres avant moi, je con­sid­ère ce bil­let rel­e­vant davan­tage du papi­er mil­i­tant que d’un réel tra­vail jour­nal­is­tique. Qu’on me com­prenne bien, rien n’a été trav­es­ti, mais on peut aisé­ment devin­er qui est l’au­teur de l’ar­ti­cle sans le savoir aupar­a­vant. Le ton util­isé et la focal­i­sa­tion qua­si­ment immé­di­ate sur cer­tains thèmes de prédilec­tion sont presque car­i­cat­u­raux, et en ce qui me con­cerne, fatiguant.»

« À lire cet arti­cle, je vois que pour ASI aus­si, le monde se divise entre les gens qui pensent et ceux qui twee­t­ent, autrement dit qui gazouil­lent, les cervelles d’oiseau, quoi! ces derniers ayant vis­i­ble­ment le dernier mot pour la jour­nal­iste qui a “pon­du” cet article…»

« Le dernier para­graphe est assez lam­en­ta­ble; il laisse encore traîn­er le par­fum d’ex­trême-droite dont Mme Roudi­nesco et con­sorts asper­gent à tout-va tous ceux qui s’at­taque­nt à Freud, dont les auteurs du livre noir de la psy­ch­analyse, autre­fois taxés d’an­tisémites car eux aus­si remet­taient la stat­ue Freud en question.
On peut être d’ac­cord ou en désac­cord total avec Onfray sur de nom­breux point; mais laiss­er traîn­er ce genre d’a­mal­game-là est pro­pre­ment écœurant.» 

« Je trou­ve ce papi­er par­ti­c­ulière­ment léger. Quand on prend le risque de par­ticiper et d’am­pli­fi­er un lyn­chage médi­a­tique, il faut avoir quelques billes, sinon on prend le risque de ne faire appa­raître que ses pro­pres choix idéologiques …
Quelles sont les sources: deux twit­tos par­faite­ment incon­nus — de moi en tout cas. Est-ce vrai­ment sig­ni­fi­catif ? Est-il légitime de leur don­ner autant d’im­por­tance ? Je ne vous accuse pas de cette inten­tion, mais il faut avoir con­science que ce genre de procédé est prop­ice à toutes les manip­u­la­tions. “Le web s’en­flamme !” Vraiment ?
Vous auriez pu men­tion­ner les accu­sa­tions sim­i­laires con­tre Mar­cel Gauchet cet été, mais au moins, les polémistes sont bien identifiés.
Sur le fond, Michel Onfray a beau être un per­son­nage peu intéres­sant et un esprit grossier, il ne mérite pas l’a­mal­game de ses pro­pos tout aus­si grossier que vous réalisez.
Est-ce être un réac que de cri­ti­quer la théorie du genre ? Ne peut-t-on pas en débat­tre sans être vic­time d’un procès en sorcellerie ?
Les attaques (inspi­ra­tion d’ex­trême-droite) dont il a été l’ob­jet par des représen­tants auto­proclamés de la psy­ch­analyse ne mérit­eraient-elles pas d’être mis­es en perspectives ?
Quant aux longues insin­u­a­tions insis­tantes et insin­u­antes sur l’an­tisémitisme … Vous devriez réfléchir longue­ment avant de vous en faire l’écho.
Au lieu de cela, vous mélangez tout sans dis­cerne­ment, d’une manière un peu “procès stal­in­ien”. Bref, la lec­ture de cet arti­cle donne le sen­ti­ment d’un bil­let mil­i­tant mais pas d’un tra­vail journalistique…»

« Sinon je trou­ve l’ar­ti­cle assez super­fi­ciel, on dirait que Lau­re Daussy s’est énervée en écoutant Onfray à la radio et a rapi­de­ment pon­du un sur­vol des polémiques médi­a­tiques autour d’Onfray.»

« Cet arti­cle est un véri­ta­ble tor­chon : indigne d’ASI ! C’est lam­en­ta­ble de voir Michel Onfray se faire traiter de reac ou de Finkielkraut bis ! Lau­re Daussy : mer­ci de garder votre bien-pen­sance pour vous et de ne pas con­t­a­min­er le site d’ASI avec ! Michel Onfray pense le réel, il peut se tromper, nous pou­vons débat­tre de ces pro­pos, être d’ac­cord ou pas ; mais vous n’avez pas le droit sur ce site, pré­cisé­ment, de fer­mer le débat de la sorte !»

Réactions de lecteurs à l’article sur le passage télévisé de François Asselineau

« Bon, ben c’est pas avec cet arti­cle que j’au­rais une idée plus claire de la ten­dance poli­tique réelle de l’UPR. J’ai tout juste appris que Lau­re Daussy à son opin­ion claire­ment anti-Asselin­au… Du coup l’ar­ti­cle a une tonal­ité agres­sive qui le dessert totalement.»

« Mais au delà de ça, ni vous (Lau­re Daussy, NDLR), ni Caron, ni Salamé n’allez jamais sur le FOND des argu­ments que ce type avance. Je me fous de savoir d’où il vient, quel fut son par­cours, (il a été proche de par­tis qui souhaitaient faire recou­vr­er à la France sa sou­veraineté pop­u­laire, point) ce sont ses sources qui m’intéressent.»

« Bref, encore des insin­u­a­tions, alors qu’As­se­lin­eau énonce des faits. On se demande qui est jour­nal­iste… Dom­mage de trou­ver ça sur ASI, mais on com­mence à s’habituer.»

« Encore un com­plo­tiste ? C’est a ce genre d’at­taque, que je sais qu’un arti­cle est par avance à charge et le plus sou­vent mal­hon­nête… Caron, Daussy même combat ?»

« J’avoue que l’ar­ti­cle de Lau­re m’a un peu choqué, tant il est agres­sif et que je trou­vais qu’As­se­lin­eau ne méri­tait pas cela (comme vous dites… les sources sont là). De plus, comme vous, j’ai été choqué d’ap­pren­dre… et bah rien. Je n’ai rien appris de cet arti­cle si ce n’est qu’il a côtoyé telle ou telle per­son­ne briève­ment présentée.»

« Petit rap­pel : la voca­tion prin­ci­pale d’Arrêt sur images est la réflex­ion cri­tique sur les médias. Lau­re Daussy n’a tou­jours pas com­pris le con­cept de ce site. En tant qu’@sinaute de longue date, je suis affligé par cet arti­cle ! Et pour­tant, il y avait tant à dire sur le déroule­ment de cette émission !»

« Un arti­cle mal­hon­nête de plus de la part de Lau­re Daussy… et pour­tant, je ne suis pas du bord poli­tique d’As­se­lin­eau. Je regrette amère­ment la péri­ode libre d’@si, avec Judith, Maja, Guy, Jus­tine. On a bien l’im­pres­sion que vous êtes ren­trés dans le rang. Plus de cri­tique des médias, mais des cri­tiques des hommes qui déplaisent au pou­voir, Tad­déi, Chouard, Asse­lin­eau, etc., sur lequel on jette l’anathème “com­plo­tisme dieudo-soralien”.
Décidé­ment, je vais finir par quit­ter @si, ça me fatigue.»

« Quel Dom­mage que Lau­re Daussy, fidèle à elle même, certes, ne cherche pas plus loin que l’ar­gu­ment débile du complotisme…»

Et pour finir, une citation de Christopher Lasch, historien, sociologue américain (1932–1994)

« La classe ouvrière, autre­fois pili­er du mou­ve­ment social­iste, est dev­enue une pitoy­able relique d’elle-même. L’espoir que de “nou­veaux mou­ve­ments soci­aux” prendraient sa place dans la lutte con­tre le cap­i­tal­isme, espoir qui a briève­ment soutenu la gauche à la fin des années soix­ante dix et au début des années qua­tre-vingt, n’a débouché sur rien. Non seule­ment les nou­veaux mou­ve­ments soci­aux — le fémin­isme, les droits des homo­sex­uels, les droits au min­i­mum social, l’agitation con­tre la dis­crim­i­na­tion raciale — n’ont rien en com­mun, mais leur seule exi­gence cohérente vise à être inclus dans les struc­tures dom­i­nantes plutôt qu’à une trans­for­ma­tion révo­lu­tion­naire des rap­ports sociaux.

Ce n’est pas seule­ment que les mass­es ont per­du tout intérêt pour la révo­lu­tion ; on peut arguer que leurs instincts poli­tiques sont plus con­ser­va­teurs que ceux de leurs porte-parole auto-désignés et de leurs libéra­teurs poten­tiels. Après tout, ce sont les ouvri­ers et la petite bour­geoisie qui veu­lent voir lim­iter le droit à l’avortement, qui se cram­pon­nent à la famille bi-parentale comme source de sta­bil­ité dans un monde agité, qui s’oppose aux expéri­ences de “modes de vie alter­nat­ifs”, et qui nour­ris­sent des réserves pro­fondes sur la dis­crim­i­na­tion pos­i­tive et autres efforts d’ingénierie sociale à grande échelle. Pour revenir plus étroite­ment aux ter­mes de la descrip­tion d’Ortega, ils ont un sens des lim­ites plus haute­ment dévelop­pé que les class­es supérieures. Ils com­pren­nent, à la dif­férence de celles-ci, qu’il y a des lim­ites inhérentes au con­trôle de l’homme sur le cours du développe­ment de la société sur la nature et sur le corps, sur les élé­ments trag­iques de la vie et de l’histoire humaines.

[…] Lorsqu’ils (les élites cul­turelles dom­i­nantes, NDLR) se retrou­vent con­fron­tés à de la résis­tance devant ces ini­tia­tives, ils révè­lent la haine ven­imeuse qui ne se cache pas loin sous le masque de la bien­veil­lance bour­geoise. La moin­dre oppo­si­tion fait oubli­er aux human­i­taristes les ver­tus généreuses qu’ils pré­ten­dent défendre. Ils devi­en­nent irri­ta­bles, phar­isiens, intolérants. Dans le feu de la con­tro­verse poli­tique, ils jugent impos­si­ble de dis­simuler leur mépris pour ceux qui refusent avec obsti­na­tion de voir la lumière — ceux qui “ne sont pas dans le coup”, dans le lan­gage auto-sat­is­fait du prêt-à-penser politique.»

Christo­pher Lasch, La révolte des élites ou la trahi­son de la démoc­ra­tie, 1994.

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