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Olivier Biscaye

29 septembre 2018

Temps de lecture : 6 minutes
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Olivier Biscaye

Avec un peu plus de 35 000 cartes de presse, difficile de se faire un nom dans la profession. Il y a ceux dont on connait le poids et l’influence publique et il y a les plus petits qui pourtant sur une échelle locale pèsent lourd. C’est le cas d’Olivier Biscaye, encore peu connu nationalement mais bien ancré du côté de Nice…

Olivi­er Bis­caye, né en jan­vi­er 1977 à Car­cas­sonne, est le directeur des rédac­tions du groupe Nice-Matin.

Formation universitaire

Sco­lar­ité à Castel­naudary. Il est diplômé de l’institut Uni­ver­si­taire de Tech­nolo­gie de Jour­nal­isme de Bor­deaux et tit­u­laire d’un DEUG d’his­toire.

Parcours professionnel

Olivi­er Bis­caye débute dans la pro­fes­sion de jour­nal­iste en sep­tem­bre 1998 au Cana­da dans une école inter­na­tionale. Il prof­ite en effet de ce voy­age pour tra­vailler dans une sta­tion de télévi­sion à Van­cou­ver (VTV) et pour per­fec­tion­ner son anglais. Durant cette même année, il fera plusieurs reportages dans les quartiers dif­fi­ciles, et mon­tera des reportages pour une radio locale.

De retour sur le vieux con­ti­nent, il enchaine les petits con­trats avec dif­férentes maisons de presse comme Le Pro­grès (Lyon) ou Le Cour­ri­er de Varso­vie (Pologne). C’est d’ailleurs en Pologne qu’il effectue son ser­vice mil­i­taire en tant que coopérant.

Un an plus tard, en 1999, il pose véri­ta­ble­ment ses valis­es pour la pre­mière fois au ser­vice poli­tique du Jour­nal de l’Ile de la Réu­nion.

En 2003, il est nom­mé rédac­teur en chef du Jour­nal d’Elbeuf (heb­do­madaire local français dif­fusé le jeu­di dans les départe­ments de l’Eure et de la Seine-Mar­itime), jour­nal qui sera cédé en 2007 au groupe Pub­li­heb­dos.

Il occupe ensuite suc­ces­sive­ment les postes de directeur de l’information et directeur des rédac­tions du groupe Les Heb­dos Nor­mands.

Du Jour­nal de l’Île de la Réu­nion à Nice-Matin, qu’il rejoint en 2008, en pas­sant par le Jour­nal d’Elbeuf et Les Heb­dos Nor­mands, tous ces jour­naux appar­ti­en­nent (à l’exception du Jour­nal d’Elbeuf aujourd’hui) au même groupe de presse française : Her­sant Média. Le groupe Nice-Matin étant sa dernière « prise » en aout 2007. C’est à l’occasion de cette prise en main du groupe Nice-Matin par Her­sant Média qu’Olivier Bis­caye est nom­mé directeur des rédac­tions dès le 1er juin. Il est alors chargé de con­duire le volet édi­to­r­i­al du jour­nal et de met­tre en place une équipe web de neuf per­son­nes qui lui sera directe­ment rat­tachée. Il s’intéresse tout par­ti­c­ulière­ment à l’actualité poli­tique, économique, régionale et nationale.

Olivi­er Bis­caye, il ne s’en cache pas, est un pur pro­duit de « l’Académie Her­sant ».

En 2009, il est pro­mu directeur des rédac­tions du groupe Nice-Matin (com­prenant les quo­ti­di­ens Var-Matin, Corse-Matin, Nice-Matin), poste qu’il occupe encore actuelle­ment. Âgé alors de seule­ment 32 ans, il se retrou­ve à la tête des rédac­tions du plus grand quo­ti­di­en des Alpes-Mar­itimes et ani­me égale­ment des débats sur une radio locale (Radio Émo­tion).

De 2008 à 2013 le groupe Nice-Matin con­nait une perte de vitesse dans la dif­fu­sion de ces quo­ti­di­ens, pas­sant de 114 598 exem­plaires dif­fusés à 98 304. Le quo­ti­di­en ne trou­vant pas de repre­neur est en chute libre. Alors que les salariés mul­ti­plient les cri­tiques de leur hiérar­chie, Olivi­er Bis­caye ne sort pas indemne de la tour­mente. Il est l’objet, en mars 2010, d’une motion de défi­ance des jour­nal­istes de son quo­ti­di­en. Cer­tains poli­tiques locaux en vien­nent même à cri­ti­quer ouverte­ment les liens trop étroits du quo­ti­di­en avec la munic­i­pal­ité. Celle-ci donne des sub­ven­tions au jour­nal, celui-là pub­lie régulière­ment des arti­cles val­orisants pour le maire UMP de Nice, Chris­t­ian Estrosi, tout juste réélu pour un sec­ond man­dat. À plusieurs repris­es le jeune directeur des rédac­tions se fait rap­pel­er à l’ordre par cer­tains jour­nal­istes et par des hommes poli­tiques de gauch­es.

La côte d’Azur a cette par­tic­u­lar­ité de n’avoir qu’un seul grand quo­ti­di­en en dehors des jour­naux dits « gra­tu­its » (Métro, Direct-Matin, 20 min­utes), Nice-Matin est ain­si le quo­ti­di­en le plus lu, faisant la pluie et le beau temps médi­a­tique sur la région.

Il quitte le groupe Nice-Matin en octo­bre 2014, au moment de la reprise du jour­nal à la barre du tri­bunal de com­merce. En fortes dif­fi­cultés, le jour­nal sera finale­ment repris par une société coopéra­tive des salariés et Bernard Tapie, con­di­tion­né à la vente des 50% des parts de Nice-Matin dans Corse-Matin à la Provence, puis par le groupe Nethys en 2016, lui-même en voie de désen­gage­ment au print­emps 2018. Tapie quant à lui est resté co-action­naire… seule­ment sept mois.

Con­sul­tant pour HPE Médias de jan­vi­er 2015 à juin 2016, il par­ticipe au lance­ment de l’édition PACA pour le groupe Val­monde, organ­ise des débats, col­la­bore à des édi­tions du Point et de Regards sur les pri­maires puis la prési­den­tielle 2017…

D’août 2016 à août 2017 il est directeur général adjoint de la Manche Libre / Ten­dance Ouest.

En octo­bre 2017 il prend la direc­tion de la rédac­tion du mag­a­zine Straté­gies.

Cepen­dant dès févri­er 2018 il est nom­mé rédac­teur en chef adjoint du Midi Libre, au sein du groupe la Dépêche. Il est nom­mé directeur de la rédac­tion du Midi Libre en sep­tem­bre 2018, suc­cé­dant à Philippe Palat, directeur de la rédac­tion depuis dix ans.

Ce qu’il gagne

À l’occasion d’une entre­vue vidéo accordée à l’École de Jour­nal­isme de Nice (EDJ), Olivi­er Bis­caye déclare touch­er « un peu plus de 6000 € » par mois.

Sa nébuleuse

École de Jour­nal­isme de Nice. Groupe de presse Her­sant Média. Les hommes poli­tiques de la Côte d’Azur.

Ses publications

  • Citoyens en bon état général, 2007, éd. D Papyrus.
  • Bruno le Maire, l’Insoumis, 2015, éd. Du Moment.
  • Enne­mis de trente ans, 2016, avec Ani­ta Hauss­er, éd. Du Moment.
  • Les poli­tiques aus­si ont une mère, 2017, avec Bernard Pas­cuito, éd. Albin Michel.

Il a dit

« Il faut tou­jours aller au bout de ses rêves. Là-bas, on apprend que pour réus­sir, il faut se bat­tre. Et, bizarrement, la vie n’est pas stres­sante. On prend le temps, à Van­cou­ver, d’ap­préci­er les choses. Les gens sont disponibles. Enfin, j’aime le con­tact avec des gens dif­férents, avec d’autres façons de vivre », La Dépêche, 1999.

« Je serais prêt à recon­sid­ér­er mon salaire si Nice-Matin se trou­vait en dif­fi­culté », Mar­i­anne, 2013.

« Tout dire mais expli­quer les enjeux. Peser, équili­br­er, c’est la ligne que les médias doivent tenir », 2013.

« Si on roulait pour la “Sarkozie”, comme cer­tains le pré­ten­dent, croyez-vous que nous auri­ons mis en Une de nos édi­tions les résul­tats du dernier sondage qui donne Michel Vauzelle large­ment gag­nant ?», 2010.

« Sincère­ment, non. Nice-Matin ne pour­rait pas tra­vailler, ni exis­ter. Mais petit à petit, on essaie de réduire cet apport car c’est vrai qu’il y en a trop », inter­view don­née à l’Association du Jour­nal­isme de Cannes (à pro­pos des gains apportés par la pub­lic­ité des col­lec­tiv­ités ter­ri­to­ri­ales), novem­bre 2012.

« Je ne tolér­erai aucune cri­tique. C’est mon pro­jet, je le porterai jusqu’au bout. S’il échoue, j’en assumerai les con­séquences, mais en atten­dant, je ne veux rien enten­dre », à pro­pos de la mise en place d’une nou­velle for­mule du jour­nal, 2009.

« Je suis un bébé Her­sant, c’est l’ex­pres­sion que j’u­tilise moi-même. J’ai fait toutes mes armes chez Her­sant », Téléra­ma, juin 2014.

« Jusqu’en 2008, les poli­tiques étaient ici chez eux. Je suis arrivé et je leur ai dit : Désolé, ça va chang­er, il va y avoir un patron dans la mai­son ! », ibid.

« C’est une chance pour nous d’avoir des hyper act­ifs comme Estrosi, Ciot­ti, Luca ! Ils cumu­lent les postes et les respon­s­abil­ités. Ils four­nissent beau­coup. Tous les jours ! Il y a du grain à moudre », ibid.

« Je revendique à mille pour cent nos efforts sur l’in­fo locale. Nous sommes un quo­ti­di­en région­al, c’est notre coeur de méti­er. Toute la dif­fi­culté est de savoir par­ler intel­ligem­ment, avec dis­cerne­ment, de ce qui se passe dans nos villes. C’est ça, le sens de notre tra­vail », ibid.

Ils ont dit de lui

« Mon­sieur Bis­caye est un jeune directeur des rédac­tions, arrivé il y a peu. Il a une approche dif­fi­cile sur le dia­logue social », Le Post, 2010.

« On fait beau­coup sur l’UMP. À Toulon, il y a Fal­co, Secré­taire d’É­tat à la Défense et aux Anciens Com­bat­tants et à Nice, Estrosi, min­istre chargé de l’In­dus­trie. Deux per­son­nal­ités pesantes. La rédac­tion trou­ve que la hiérar­chie a une épine dor­sale sou­ple. La pub insti­tu­tion­nelle représente 20% de la pub du jour­nal. C’est énorme », Le Post, 2010 (à pro­pos de la ligne édi­to­ri­al­iste du jour­nal).

« Faire pres­sion pour que les titres du groupe Nice Matin respectent cer­taines règles de déon­tolo­gie », Patrick Men­nuc­ci directeur de cam­pagne du prési­dent de la région PACA Michel Vauzelle (Par­ti Social­iste) lors de la dernière cam­pagne des régionales, 2010.

« Méth­odes de man­age­ment iniques et bru­tales (…) dou­ble dis­cours de la direc­tion des rédac­tions à ses jour­nal­istes (…) choix de la ligne édi­to­ri­ale (poli­tique de l’OJD et ori­en­ta­tion politi­ci­enne), en con­tra­dic­tion avec le traite­ment objec­tif de l’information (…) Unes racoleuses (…) asservisse­ment aux poli­tiques et autres “bud­gets pub­lic­i­taires” au mépris des règles élé­men­taires de déon­tolo­gie », tiré de la motion de défi­ance des jour­nal­istes de Nice-Matin adressé au directeur des rédac­tions, 5 mars 2010.

« Ce jour­nal n’est pas le jou­jou de son directeur de la rédac­tion »,assem­blée générale des jour­nal­istes de Nice-Matin, 5 mars 2010.

« Il y a surtout une auto­cen­sure, des petites lâchetés des jour­nal­istes qui s’au­to­cen­surent pour ne pas déplaire à leurs inter­locu­teurs. Il y a beau­coup de jour­nal­istes trop com­plaisants. Ceux qui ont pleuré qu’ils étaient cen­surés, ils se retrou­vent aujour­d’hui au ser­vice com­mu­ni­ca­tion des mairies, donc vous savez… », Le Post, 2010.

« Quand il est arrivé, mieux valait être d’ac­cord avec lui. Sinon, tu pou­vais dégager… Bon, poli­tique­ment, il est de droite. Mais il n’y a pas de prob­lème, tout le monde est au courant », un jour­nal­iste de Nice-Matin pour Téléra­ma, juin 2014.

« Bis­caye est partout. Sur un plateau télé ou sur une estrade, il est impec­ca­ble », un jour­nal­iste de Nice-Matin pour Téléra­ma, juin 2014.

« En 2008, les munic­i­pal­ités de droite exfil­trent [de Nice-Matin] à leur avan­tage les pigistes, jour­naleux, directeurs locaux, défro­qués dans leur ser­vice com­mu­ni­ca­tion, rela­tions publiques, direc­tion de cabinet…et prof­i­tent ain­si de la bien­veil­lance édi­to­ri­ale du groupe Her­sant. L’es­saim­age fait des rav­ages par­mi les lecteurs. Alar­mée, la rédac­tion vote à l’assemblée générale de mars 2010 une motion de défi­ance à l’égard d’Olivier Bis­caye, directeur des rédac­tions du groupe Nice-Matin, soulig­nant notam­ment “l’orientation politi­ci­enne” de la ligne édi­to­ri­ale du jour­nal “en con­tra­dic­tion avec le traite­ment objec­tif de l’information [et] qui remet en cause l’indépendance des jour­nal­istes”. Mais rien ne change. Deux ans plus tard, en 2012, les dif­fi­cultés du jour­nal s’accentuent au point que les jour­nal­istes craig­nent à la fois “un plan social et une vente à la découpe” », Lavan­dou Tri­bune, 01/06/2014.

Crédit pho­to : Twitter@OBiscaye

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