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Étienne Mougeotte
Mis à jour le

7 décembre 2017

Temps de lecture : 6 minutes

Étienne Mougeotte

Sarkozyste indécrochable !

Étienne Mougeotte a été nommé en décembre 2012 directeur général de Radio classique et directeur de l’antenne. Né en mars 1940, l’ancien directeur des rédactions du groupe Figaro et ancien vice-PDG de TF1 prend la tête de la première radio de musique classique en France, qui affiche une fortes progression d’audience depuis 5 ans, et compte aujourd’hui 1,19 million d’auditeurs, soit 2,3 % de part d’audience. Depuis 2015 il est actionnaire minoritaire du groupe Valmonde (10%).

Famille et études

Éti­enne Mougeotte est né à La Rochefou­cauld, en Char­ente, le 1er mars 1940. Il est diplômé de l’Institut d’Études poli­tiques de Paris et de l’Institut Français de Presse (IFP).

Carrière professionnelle

Éti­enne Mougeotte a com­mencé sa car­rière en 1965, en tant que reporter à France Inter. Il y sera notam­ment cor­re­spon­dant à Bey­routh de 1966 à 1967. Il devient ensuite chef d’édition à Europe 1, puis grand reporter et rédac­teur en chef adjoint du jour­nal « Infor­ma­tion Pre­mière » de la 1ère chaîne de l’ORTF. En 1972 il rejoint RTL, mais revient à Europe 1 dès 1973, où il est nom­mé rédac­teur en chef puis directeur de l’information. En mars 1981, à 41 ans, la car­rière d’Étienne Mougeotte prend de l’envergure lorsqu’il rejoint le groupe Hachette : il devient directeur de l’information du Jour­nal du Dimanche et, en par­al­lèle, l’adjoint de Jean-Luc Lagardère, PDG du groupe Matra Hachette, pour l’ensemble des activ­ités Médias, et directeur du départe­ment Audio­vi­suel d’Hachette. Au sein du même groupe, il quitte Le JDD pour pren­dre la direc­tion de l’hebdomadaire Télé 7 jours (1984 à 1987). De 1982 à 1987, il pré­side le Syn­di­cat nation­al de la Vidéo­com­mu­ni­ca­tion. En 1987, mal­gré un can­cer de la gorge qui lui laisse quelques séquelles (et une voix par­ti­c­ulière­ment recon­naiss­able), sa car­rière prend un nou­veau tour­nant : il quitte le groupe Lagardère pour Bouygues en entrant à TF1, dont il prend rapi­de­ment la vice-prési­dence et la direc­tion de l’antenne. Là, il fonde la chaîne d’information con­tin­ue LCI, qu’il présente au 20h de Claire Chaz­al sur TF1 le 24 juin 1994, et dont il prend la prési­dence.

En avril 2007, il annonce qu’il s’apprête à quit­ter TF1 pour devenir con­sul­tant en com­mu­ni­ca­tion. Ce qui ne l’empêche pas de pren­dre la direc­tion du Figaro Mag­a­zine en août 2007, tout en con­ser­vant le rôle de con­seiller auprès du nou­veau directeur général du groupe TF1, Nonce Paoli­ni, client de sa toute nou­velle société : M Con­seil en com­mu­ni­ca­tion. En novem­bre 2007, il devient directeur de l’ensemble des rédac­tions du groupe Le Figaro, puis rejoint l’équipe du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro et quitte défini­tive­ment TF1. En par­al­lèle, depuis 2006, il est vice-prési­dent et mem­bre du Con­seil de sur­veil­lance de la chaîne France 24.

Après cinq années (le temps d’un man­dat…) passées à la tête du Figaro dont il aura fait le grand relais de la poli­tique sarkozyste, Éti­enne Mougeotte est remer­cié en juil­let 2012, peu après la défaite du can­di­dat Sarkozy. Le pro­prié­taire du groupe, Serge Das­sault, le rem­place par Alex­is Brézet. Bat­tu mais pas défait, Éti­enne Mougeotte n’est pas décidé à pren­dre sa retraite et rejoint Radio clas­sique en décem­bre 2012, en tant que directeur général et directeur d’antenne.

Peu après la défaite de Nico­las Sarkozy, en juin 2012, et peu avant son départ du Figaro, Éti­enne Mougeotte a créé Epe Con­seil, et sa mai­son-mère Epe Hold­ing. Deux sociétés des­tinées à créer et inve­stir « par­ti­c­ulière­ment dans les domaines de l’audiovisuel et de la com­mu­ni­ca­tion », comme le rap­porte Rue 89 à l’époque.

En 2015, il prend la prési­dence du groupe Val­monde dont fait par­tie l’heb­do­madaire de droite nation­al­iste Valeurs actuelles, en rem­place­ment d’O­livi­er Das­sault. Logique au vu de ses états de ser­vice passés et moins cepen­dant lorsque Lyon Cap­i­tale et le Point révè­lent qu’il a fait par­tie des action­naires de Générationgay.fr au début des années 2000. Ce site pro­po­sait une ver­sion gay de Loft Sto­ry, des pho­tos de jeunes hommes dénudés et des tchats coquins. Eu égard à la ligne édi­to­ri­ale et au lec­torat de Valeurs Actuelles, ça fait un peu désor­dre… Cela ne l’empêche pas de se voir propul­sé à la prési­dence du con­seil de sur­veil­lance du groupe Val­monde à la ren­trée 2017, ce dernier rem­place le con­seil d’ad­min­is­tra­tion pré-exis­tant.

Sa nébuleuse

Éti­enne Mougeotte a été « pro­fesseur asso­cié » à l’école de jour­nal­isme fondée à Sci­ences-Po Paris ; mais sur le site de l’école, seuls Nico­las Beytout et Jean-François Fogel appa­rais­sent aujourd’hui sous ce titre.

Jean-Marc Moran­di­ni, avec lequel il a été action­naire de Généra­tion Gay.

Il l’a dit

« (François Bay­rou) a dit que M. Lagardère, M. Bouygues, M. Das­sault étaient proches de Nico­las Sarkozy… Mais, enfin, c’est une affir­ma­tion qui n’a pas de fonde­ment et que, per­son­nelle­ment, moi, je dénie tout à fait ! » Éti­enne Mougeotte, alors vice-prési­dent de TF1, inter­rogé par Jean-Marc Moran­di­ni sur Europe 1 le 17 jan­vi­er 2007 (donc peu avant l’élection de Nico­las Sarkozy à la prési­dence de la République, NDLR).

« C’est une abom­i­na­tion. Je me suis bat­tu toute ma vie con­tre le racisme et la xéno­pho­bie, j’ai œuvré pour la diver­sité à TF1, et Le Figaro est d’une clarté absolue. Je ne sup­porte pas qu’on plaisante là-dessus. » Éti­enne Mougeotte, en décem­bre 2009, après avoir vu sa mar­i­on­nette pass­er aux « Guig­nols de l’Info » avec une fausse Une de son jour­nal dans les mains annonçant : le titre “Musul­mans, Noël approche, pensez à ren­tr­er chez vous” par­o­dié de la manchette d’o­rig­ine “Sarkozy rap­pelle aux Musul­mans leurs droits et leurs devoirs”.

« Au mieux un dan­gereux irre­spon­s­able ; au pire un délin­quant per­vers », au sujet de Julien Assange dans Le Figaro, 08/12/2010

« Si vous n’êtes pas con­tents, vous n’avez qu’à aller tra­vailler à Libéra­tion ! » Éti­enne Mougeotte le 9 févri­er 2012, alors directeur de la rédac­tion du Figaro, en réponse aux jour­nal­istes du Figaro qui demandaient plus de neu­tral­ité dans les arti­cles

« La ligne édi­to­ri­ale plaît aux lecteurs comme elle est, ça fonc­tionne. Je ne vois pas pourquoi j’en chang­erai. Oui, l’in­for­ma­tion est rap­portée dans la grande tra­di­tion du Figaro. Nous sommes un jour­nal de droite et nous l’ex­p­ri­mons d’ailleurs de manière claire. Les lecteurs le savent, les jour­nal­istes aus­si. Il n’y a rien de nou­veau sous le soleil ! » Éti­enne Mougeotte au JDD le 10 févri­er 2012, au sujet de la demande de la SDJ (Société Des Jour­nal­istes) du Figaro “de veiller à ce que les arti­cles mais aus­si les titres et les manchettes ren­dent compte de manière com­plète et plu­ral­iste de l’ac­tu­al­ité (…) sans occul­ter tel ou tel sujet au motif qu’il pour­rait embar­rass­er l’actuelle majorité”.

« Aujourd’hui l’offre médi­a­tique est dev­enue absol­u­ment con­sid­érable, on est passé d’un sys­tème de médias de masse avec un émet­teur unique à une sit­u­a­tion où, grâce aux réseaux soci­aux, cha­cun devient un média », Le Monde des grandes écoles, 12/7/2012

« On était jusqu’il y a quelques temps ou un jour­nal­iste de télé, ou un jour­nal­iste de presse écrite. Aujourd’hui, on est néces­saire­ment un jour­nal­iste de médias. Un jour­nal­iste de presse écrite est aus­si un jour­nal­iste d’internet. C’est quelque chose de très dif­fi­cile parce que pour inter­net on tra­vaille dans le domaine de l’information con­tin­ue alors que pour l’écrit on tra­vaille sur la ver­sion bouclage », ibid.

« La curiosité, le doute, la recherche de l’information à la source, le croise­ment des sources, et enfin, le jour­nal­iste doit être quelqu’un qui est scep­tique mais qui a quand même un espoir dans les hommes et la vie, et il doit savoir con­juguer les deux. Autrement dit, il est là pour essay­er de démêler le vrai du faux mais pas pour détru­ire », ibid.

« Un jour­nal, c’est une équipe. Il ne doit pas unique­ment s’incarner par un homme. C’est une vision anci­enne, archaïque. Je crois que le temps des patrons qui savent tout, qui dis­ent la vérité révélée, ce temps-là est passé. En revanche, je pense qu’un quo­ti­di­en comme un heb­do­madaire, c’est une ligne poli­tique. Pour exis­ter, être une mar­que, il faut un point de vue », ibid.

« Je déteste l’étiquette de con­ser­va­teur. Je suis favor­able à l’idée de con­serv­er les valeurs mais en prenant en compte l’évolution de la société », ibid.

« L’af­faire des enreg­istrements [de Patrick Buis­son sur Nico­las Sarkozy, NDLR] est sérieuse. Mais en ce qui con­cerne ma mod­este per­son­ne, hon­nête­ment, que le respon­s­able d’un média ait des con­tacts avec l’exé­cu­tif ou l’op­po­si­tion, c’est nor­mal, telle­ment banal. J’en ai vu d’autres… » L’Obs, 23 octo­bre 2014.

« LCI doit retrou­ver une via­bil­ité économique. Cette his­toire est une très grande leçon. Quand on est en posi­tion dom­i­nante, on s’imag­ine le rester tou­jours. Or tout ce qui peut arriv­er à un leader, c’est de per­dre son lead­er­ship ! La preuve avec LCI qui a longtemps été la référence. La grave erreur a été de refuser plusieurs fois de faire pass­er LCI en clair. En 2005 et en 2012. A titre per­son­nel, je croy­ais en la TNT gra­tu­ite. Ma faib­lesse a été de ne pas avoir réus­si à faire pré­val­oir mon point de vue. J’ai ma part de respon­s­abil­ité, bien sûr, parce que je n’ai pas été capa­ble de con­va­in­cre, notam­ment Patrick Le Lay. Mais voilà. Une fois qu’on est bat­tu sur un arbi­trage, on applique la ligne. Aujour­d’hui, je suis triste, for­cé­ment, parce que j’aime LCI. » L’Obs, 23 octo­bre 2014.

« Nous ne sommes pas des mani­aques du jeu­nisme », Téléra­ma, 12/09/2016 au sujet de l’âge moyen des audi­teurs (55 ans) de Radio-Clas­sique.

On l’a dit à son sujet

« Vous pensez qu’il défendait “une cer­taine idée de la France”, de la famille et de la société tra­di­tion­nelle et con­ser­va­trice ? Raté ! Ça, c’est du chiqué pour gogos. De fait, il sou­tient Numéro 23 et Généra­tionGay, en couliss­es mais sans faib­lir, depuis des années, n’hési­tant pas à inve­stir et à cen­sur­er directe­ment ou indi­recte­ment les arti­cles qui s’in­téressent d’un peu trop près à ses investisse­ments (j’en sais quelque chose !) en ®étab­lis­sant sim­ple­ment la vérité des faits. Bref, à cen­sur­er ceux qui font leur boulot de jour­nal­iste », Lyon Cap­i­tale, 20/10/2016.

« Mais, après Numéro 23, escro­querie à 100 mil­lions d’eu­ros, et Généra­tionGay, il sem­ble incon­gru de devoir encore se coltin­er les unes choc de Valeurs actuelles, qui nous dis­ent com­ment il faut agir et penser, qui il faut aimer ou détester… quand on sait que tout est faux et qu’il n’y a aucune “con­vic­tion” ou “valeur” der­rière, juste un sacré filon à exploiter […] Quant à Eti­enne Mougeotte, après avoir dis­paru durant qua­tre jours, il est revenu au jour­nal tout sourire, comme si de rien n’était. C’est qu’il con­naît la chan­son, Eti­enne. Un vrai tube nation­al, de Baden-Baden à Taman­ras­set : Familles, je vous hai…me »

Crédit pho­to : nico­genin via Flickr (cc)

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