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Ouest-France : les manifestants qui réclament la fermeture d’une mosquée salafiste à Brest sont des « racistes »

19 octobre 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Ouest-France : les manifestants qui réclament la fermeture d’une mosquée salafiste à Brest sont des « racistes »

La polémique sur les propos que l’imam Houdeyfa de Brest a tenu sur la musique semble ne pas laisser indemnes certains journalistes, à en juger par le récit fait par Ouest-France d’une manifestation où partisans et opposants de la fermeture de la mosquée où exerce l’imam se sont dévisagés dans un face à face tendu. Ils étaient environ 150 de chaque côté selon Ouest-France, ou Le Télégramme, 150 nationalistes contre « une centaine » d’antifas selon Le Monde, une centaine d’antifas contre 120 nationalistes pour la police.

L’i­mam salafiste de la mosquée de Pon­tanezen – un quarti­er chaud de Brest – a estimé que « ceux qui écoutent de la musique seraient trans­for­més en singes et en cochons » et « ceux qui écoutent la musique écoutent le dia­ble ». Ces pro­pos, tenus il y a plus d’un an, ont ressur­gi dans la presse régionale fin sep­tem­bre et ont provo­qué une cer­taine indig­na­tion pop­u­laire. Une man­i­fes­ta­tion s’est donc tenue il y a dix jours à Brest, place de la Lib­erté, à l’ap­pel d’une organ­i­sa­tion nation­al­iste bre­tonne, Adsav, et d’un mou­ve­ment qui se décrit comme « anti-islami­sa­tion », Résis­tance Répub­li­caine. Face à eux, séparés par un rideau de CRS, des antifas­cistes bre­tons étaient égale­ment de sortie.

Le réc­it de la man­i­fes­ta­tion par Ouest-France inter­roge, tant la jour­nal­iste – Frédérique Guiziou, qui s’oc­cupe habituelle­ment de sujets cul­turels – sem­ble faire cause com­mune avec les antifas­cistes. À la suite d’une cita­tion de Chris­tine Tasin, chef de file de Résis­tance Répub­li­caine, qui se félicite de voir « jacobins et indépen­dan­tistes réu­nis », l’au­teur de l’ar­ti­cle estime que les deux mou­ve­ments sont « réu­nis par une cul­ture raciste com­mune »… La jour­nal­iste par­le égale­ment des « pro­pos fémin­istes inat­ten­dus » de Ronan le Gall, chef de file d’Ad­sav. Sous-enten­du : un mil­i­tant nation­al­iste ne peut être qu’un gros macho.

Elle com­mente aus­si l’ar­rivée d’une trentaine de mil­i­tants d’Ad­sav vers 11h30 : « Un peu avant midi, l’ir­rup­tion, très atten­due, de ren­forts dans le camp d’ex­trême droite, une bande de skins, crâne rasé et bombers, énervés et alcoolisés, vis­i­ble­ment ten­tés d’en découdre avec les antifas, provoque un soudain et gros remue-ménage. ». Bref, le dia­ble en per­son­ne arrive – et ce même s’il y avait très peu de « crânes rasés » en l’occurrence, et que les Bre­tons tien­nent suff­isam­ment bien la marée pour ne pas être alcoolisés à 11 heures du matin… La légende de la pho­to est encore moins respectueuse : « Une bande d’ex­cités est arrivée avant midi, prêts à en découdre ». Du reste, la descrip­tion des man­i­fes­tants n’était pas moins ten­dan­cieuse, entre les « vieilles dames très maquil­lées », et les « gros balèzes tatoués ».

Le live-tweet par Le Télé­gramme – jour­nal fin­istérien his­torique­ment répub­li­cain et mar­qué à gauche – est net­te­ment plus retenu.

Quant au Monde, son arti­cle qui reprend la dépêche de l’AFP sur le sujet ne men­tionne même pas l’épisode. Qui du reste n’est qu’une péripétie d’une dou­ble man­i­fes­ta­tion où les deux camps se sont regardés en chiens de faïence, mais sans en venir aux mains ni s’en pren­dre aux forces de l’ordre.

Pho­to : l’i­mamn salafiste de Brest. Crédit : DR

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