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Nord de Paris : chronique médiatique de la tiers-mondialisation d’une ville

16 septembre 2019

Temps de lecture : 4 minutes
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Nord de Paris : chronique médiatique de la tiers-mondialisation d’une ville

Il y a peu, l’Observatoire du journalisme vous présentait l’épopée de l’Open Arms, le bateau de cette ONG qui a voulu engager un bras de fer avec Matteo Salvini à l’époque où celui-ci était ministre de l’Intérieur en Italie. Une épopée sans cesse renouvelée à l’occasion de laquelle l’accueil des clandestins par l’Europe et la France est présenté comme une obligation humanitaire. Un autre récit ne fait jamais l’objet d’un tel emballement médiatique : celui de l’afflux incessant des clandestins à Paris, comme dans d’autres villes françaises. Revue de presse et des réseaux sociaux.

Paris outragé et surtout encombré

La ville de Paris, comme bien d’autres en France, est con­fron­tée à des arrivées sans précé­dent de clan­des­tins. Selon la pré­fec­ture de région citée par France Bleu, ils seraient une cen­taine à arriv­er chaque jour dans la « ville lumière ». Les campe­ments de migrants con­sti­tués au nord de Paris font l’objet d’incessantes « mis­es à l’abri », qui don­nent lieu ensuite à un accueil dans des struc­tures plus pérennes. Telles un ton­neau des danaïdes, ces opéra­tions ne résol­vent la sit­u­a­tion que pour les pri­mo arrivants, d’autres étrangers prenant immé­di­ate­ment leurs places.

Rien n’y fait : les héberge­ments d’urgence ont beau être de plus en plus nom­breux : ils sat­urent. Quand ils n’ont pas la capac­ité de les accueil­lir, les migrants, essen­tielle­ment des étrangers en sit­u­a­tion irrégulière, investis­sent les rues, les squares et les abor­ds du périphérique. Une réal­ité qui est tou­jours traitée dans la presse régionale sous le seul aspect du néces­saire accueil et de l’hébergement de ces populations.

Les capacités d’hébergement

Elles sont sans cesse aug­men­tées : L’Express nous apprend en juil­let que « trois nou­veaux cen­tres d’accueil de migrants vont ouvrir » en région parisi­enne. Ceci, bien que l’Ile de France dis­pose de 5 cen­tres avec 750 places d’hébergement. Sans compter les nuitées à l’hôtel. L’hebdomadaire nous informe que la con­struc­tion de « chalets » et de « mobil homes » de qual­ité est par ailleurs envis­agée pour des séjours plus longs. On apprend plus glob­ale­ment par Le Figaro que « l’Etat veut créer en France 5 000 places d’hébergement (sup­plé­men­taires NDLR) pour les migrants » en 2019. Alors qu’il y en a déjà 86 000.

Les mises à l’abri

Jusqu’en 2016, la Pré­fec­ture de région d’Ile France recen­sait sur son site les « mis­es à l’abri ». En mai 2016, on en comp­tait alors 22 depuis le début de ladite crise des migrants. Ces opéra­tions devenant peut-être trop nom­breuses, la presse régionale, en l’occurrence Le Parisien, — un quo­ti­di­en région­al très Macron com­pat­i­ble (comme son pro­prié­taire Bernard Arnault) et en sit­u­a­tion de qua­si-mono­pole sur l’information régionale – a pris le relais. Tout au long de l’année, le jour­nal nous informe de la sol­lic­i­tude des pou­voirs publics pour les migrants : le 26 juil­let 2018, ce sont « 254 migrants mis à l’abri », le 22 jan­vi­er, « 59 migrants mis à l’abri », le 4 avril 2019 « 179 mineurs isolés obti­en­nent une mise à l’abri », etc.

Les campements

Selon France Bleu le 26 août « ils sont des cen­taines entassés sous des tentes de for­tune, éry­thréens, afghans, soudanais, soma­liens ».

Pour béné­fici­er d’une mise à l’abri, les asso­ci­a­tions sont de bon con­seil : il faut ameuter la presse et gag­n­er en vis­i­bil­ité. C’est ain­si que plus de 230 migrants investis­sent fin août le parc de la Vil­lette selon Le Parisien. Une infor­ma­tion ample­ment reprise par le Figaro, France 3 régions, LCI, etc. 2 jours plus tard, un tweet de la Pré­fec­ture de Paris nous apprend qu’une « mise à l’abri » est organisée.

L’insécurité dans la ville

Le Parisien dresse la liste de « squares devenus infréquenta­bles » dans les 18e et 19e arrondisse­ment. 6 squares sont recen­sés comme étant peu­plés d’hommes seuls et de tox­i­co­manes. « Promeneurs et familles ont été chas­sés par l’insécurité, la tox­i­co­manie et les dégra­da­tion ». Par ailleurs, des « mineurs » étrangers et délin­quants écu­ment la région parisi­enne pour com­met­tre leurs méfaits nous informe Le Parisien. Mais le prob­lème est « insol­u­ble » nous avait déjà prévenu le jour­nal en sep­tem­bre 2018….

Le commerce clandestin investit les rues parisiennes

Vendeurs à la sauvette de cig­a­rettes, d’alimentation, etc., c’est toute une économie souter­raine qui ne se cache même plus au détour de cer­taines rues du nord de Paris : en dépit des opéra­tions de Police, comme celle menée au Château d’eau, ils réap­pa­rais­sent aus­sitôt, apprend-on sur les réseaux sociaux.

La municipalité prend des initiatives : des agents municipaux vont accompagner les parisiennes

On apprend dans Le Parisien que le pre­mier adjoint à la maire de Paris a annon­cé à la presse le 15 avril dernier les prin­ci­pales mesures d’un plan d’actions pour les « quartiers pop­u­laires ». L’élu munic­i­pal pré­cise une des actions visant à assur­er un « espace pub­lic apaisé », « Sur la place de la Chapelle et ses abor­ds, (des agents de la ville) faciliteront la cir­cu­la­tion des femmes dans l’espace pub­lic, ren­due dif­fi­cile par la présence en très grand nom­bre de jeunes hommes ».

Une annonce qui n’appelle pas de com­men­taire par­ti­c­uli­er du jour­nal­iste. Faciliter et pro­téger la cir­cu­la­tion des femmes, une vraie réponse à la sur­pop­u­la­tion d’hommes seuls et au har­cèle­ment de rue dans cer­tains quartiers de Paris…

Les réseaux sociaux : une source précieuse d’informations

De nom­breux comptes twit­ter de col­lec­tifs du nord de Paris ou de par­ti­c­uliers font état de la dégra­da­tion de la sit­u­a­tion dans cer­tains quartiers de la capitale:

C’est JDSE retwit­té par Sos la chapelle qui rap­pelle le 6 sep­tem­bre que les « anom­alies » (lire : les dégra­da­tions) explosent dans le 18e arrondisse­ment 35 000 sig­nale­ments en 2018.

C’est le réseau 10–18 sur BFMTV qui estime qu’il devrait y avoir des zones de net­toy­age pri­or­i­taire, tant cer­taines rues sont sales.

Demain la Chapelle nous informe le 15 août des « mésusages se mul­ti­pli­ant sur la « prom­e­nade urbaine ». Com­pren­dre : traf­ic de drogue et autres rapines.

Le compte Placedelachapelle égrène les « ventes de drogues, cig­a­rettes, con­tre­façons, van­dal­i­sa­tions, bas­tons, agres­sions, insultes » au nord de Paris. Selon ce compte, « il suf­fit de suiv­re le compte de @prefpolice pour com­pren­dre l’am­pleur du bor­del dans le Nord de Paris ».

C’est le 26 août selon Jule75018 la place de la Chapelle, fraiche­ment rénovée, qui en en passe de devenir un « cloaque », avec force tox­i­cos, crak­ers, etc.

On pour­rait mul­ti­pli­er les exem­ples qui peu­vent don­ner de la matière à un reportage qui — pour une fois — sor­ti­rait du traite­ment ponctuel d’événements.

Dans les médias de grand chemin, les prob­lèmes liés aux arrivées inces­santes de migrants à Paris sont presque tou­jours présen­tés avec comme unique solu­tion accueil­lir et met­tre à l’abri encore et tou­jours, encore et tou­jours plus. Des places sup­plé­men­taires, des mis­es à l’abri qui se mul­ti­plient, des fonc­tion­naires pour net­toy­er, accom­pa­g­n­er, etc., la même réponse est reprise sans imag­i­na­tion, bien qu’elle ait fait la preuve de son échec patent. Mais peut-être ne faut-il pas trou­bler la maire de Paris, Anne Hidal­go. Ne vit-elle pas selon Paris Match une « ren­trée zen » dans un arti­cle plus que complaisant…Je vais bien, tout va bien….

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