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Mélange des genres : Direct Matin au service de l’empire Bolloré

5 octobre 2015

Temps de lecture : 2 minutes

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Mélange des genres : Direct Matin au service de l’empire Bolloré

Mélange des genres : Direct Matin au service de l’empire Bolloré

Les limites sont souvent très fines, et non moins souvent dépassées, entre la publicité et l’information. Surtout si l’actionnaire principal conçoit les médias quasi exclusivement comme un outil d’influence pour ses autres affaires, l’information étant moins prioritaire. Et comme illustration de la vision des médias selon Bolloré, son journal gratuit Direct Matin vient de se faire prendre en flagrant délit deux fois de suite.

Le 24 sep­tem­bre dernier, Direct Matin con­sacrait un grand arti­cle aux « têtes du Grand Jour­nal » sur Canal+. Une chaîne appar­tenant à Vin­cent Bol­loré soumise depuis le début de l’été à un grand ménage dont l’épisode le plus mar­quant a été la saga des Guig­nols, finale­ment sauvés, mais qui auront per­dus leur mor­dant en cours de route.

Aucune men­tion de ces péripéties dans l’article de Direct Matin. Au con­traire, il louait « la nou­velle équipe de l’émission [qui] s’im­pose sur Canal Plus » et « fait souf­fler un vent de fraîcheur ». Un tableau idyllique servi aux lecteurs qui ne sont pas cen­sés savoir que le vent qui souf­fle dans l’émission remanié n’est pas frais mais glacial. Car l’émis­sion est dev­enue aus­si chaleureuse et pop­u­laire que la ban­quise en Antarc­tique. Elle signe d’édi­tion en édi­tion ses pires scores de l’his­toire en plongeant main­tenant sous la barre des 3% d’au­di­ence alors qu’elle dépas­sait encore les 5% de part de marché l’an dernier, voire les 8% l’an­née précé­dente, ce qui à l’époque était déjà con­sid­éré comme cat­a­strophique eu égard au passé glo­rieux de l’émission…

Deux semaines avant, le 8 sep­tem­bre, Direct Matin avait encore apporté sa petite con­tri­bu­tion à la bonne san­té de la mai­son Bol­loré. Il pub­li­ait une inter­view de Yusof Bas­iron, directeur du con­seil malaisien de l’huile de palme, qui avait pour mis­sion de rétablir « la vérité sur ce pro­duit » dans les colonnes du jour­nal et sur son site web. Mais l’in­ter­view de ce sci­en­tifique et lob­by­iste n’est pas tout à fait dés­in­téressée : la com’ du Con­seil Malaisien de l’Huile de Palme est prise en charge par l’a­gence Havas qui appar­tient… à Bol­loré. Pour que la boucle soit bouclée, il reste à inviter le directeur du Con­seil Malaisien de l’Huile de Palme au « Grand Jour­nal » ou pourquoi pas, à lui créer une mar­i­on­nette chez les Guignols.

Voir aussi : le groupe Bolloré, infographie

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