Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
M6 et la Hongrie, un documentaire malveillant de plus ?

17 avril 2018

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | not_global | M6 et la Hongrie, un documentaire malveillant de plus ?

M6 et la Hongrie, un documentaire malveillant de plus ?

17 avril 2018

Les pays de l’Europe centrale et orientale sont rarement traités de manière équilibrée par les documentaires des différentes télévisions françaises. Difficulté des langues locales, éloignement culturel, une certaine paresse, et beaucoup, beaucoup de conformisme.

Un récent doc­u­men­taire d’Arte sur la Pologne en atteste comme un autre tout récent sur la Russie. France 5 n’était pas en reste, tou­jours sur la Russie pour une vidéo que nous avons pu appel­er un doc­u­men­taire faus­saire. La Hon­grie ne sem­ble pas avoir eu plus de chance avec un doc­u­men­taire du 8 avril 2018, dif­fusé sur M6 et réal­isé par Bernard de la Vil­lardière. N’ayant pas vu le doc­u­men­taire, nous emprun­tons son analyse au jour­nal­iste fran­co-hon­grois free­lance Fer­enc Almàssy.

Son témoignage com­plet se trou­ve sur le Viseg­rád Post. Nous en pub­lions des extraits.

L’ambiance et le vocabulaire

Le titre n’est pas anodin Hon­grie ten­sions max­i­males au cœur de l’Europe. Si les ten­sions sont max­i­males, le point de rup­ture n’est pas loin, voire le change­ment de régime, comme la mal­heureuse envoyée spé­cial du Figaro l’espérait tant. Les adjec­tifs ne sont pas neu­tres : pays fer­mé, xéno­phobe, autori­taire, anti-migrants, cor­rompu. Les bru­tal­ités poli­cières y sont fréquentes (amu­sant si on regarde en France les affron­te­ments de Notre-Dame-des-Lan­des, quelque soit le juge­ment que l’on porte sur le fonds de l’affaire) et sérieuses.

La diabolisation par association

La voix off qui com­mente une image est un procédé clas­sique de manip­u­la­tion. Prenez une image d’un man­i­fes­tant blessé de Notre Dame des Lan­des, en sang. Surim­posez un com­men­taire «  A Notre Dame des Lan­des, la poli­tique du gou­verne­ment se met en place », rajoutez une pho­to d’Emmanuel Macron ou d’Édouard Philippe avec un sourire crispé, le tour est joué, vous avez deux per­son­nages autori­taires et antipathiques (ces lignes ne con­stituent pas un pané­gyrique des autorités, note de l’auteur). Le procédé dans le film est iden­tique : associ­er la croix gam­mée portée par un motard (image) à une évo­ca­tion du par­ti con­ser­va­teur au pou­voir, le Fidesz. Effet garanti.

Le rédac­teur du Viseg­rad Post est très dur dans son analyse par­lant de men­songes, manip­u­la­tions, procès d’intention, asso­ci­a­tions mal­hon­nêtes, nous ren­voyons à son texte.

Pourquoi Bernard de la Villardière, la symétrie des fausses fenêtres

Bernard de la Vil­lardière, jour­nal­iste con­nu et recon­nu de M6, s’est fait con­naître t entre autres par ses reportages en ban­lieue où il a par­fois été pris à par­tie par les habi­tants de ce que la doxa appelle quartiers pop­u­laires, qui sont en réal­ité les quartiers de l’immigration. Cible des asso­ci­a­tions bien pen­santes, il avait aggravé son cas en par­lant de l’idéologie bobo de merde d’une cer­taine presse.

Pourquoi réalise-t-il un film à charge con­tre la Hon­grie ? On peut y voir plusieurs niveaux. Tout d’abord les français ne s’intéressent que médiocre­ment à la Hon­grie. Le sujet est exo­tique, per­son­ne ne par­le le hon­grois, peu de français vis­i­tent le pays, les approx­i­ma­tions sont sans risque. Mais surtout Vil­lardière est féro­ce­ment attaqué par un grand nom­bre de ses con­frères, directe­ment ou dans son dos. Il se dédouane en mon­trant – sur un sujet « froid » con­traire­ment à ses reportages sur l’Islam – qu’il est comme les autres, au moins un peu. Oui, j’ose met­tre les pieds dans le plat avec les ban­lieues de l’Islam, mais regardez, comme vous je déteste la Hon­grie, comme vous je déteste Vik­tor Orbán, don­nez moi mon lais­sez-pass­er. En archi­tec­ture cela s’appelle la symétrie des fauss­es fenêtres. Une archi­tec­ture qui en dit long sur l’ambiance qui règne dans les médias français du moins une bonne par­tie d’entre eux. Plaignons plutôt le réalisateur.

Voir aussi

Cet article vous a plu ?

Il a pourtant un coût : 50 € en moyenne. Il faut compter 100 € pour un portrait, 400 € pour une infographie, 600 € pour une vidéo. Nous dépendons de nos lecteurs, soutenez-nous !

Derniers portraits ajoutés