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L’immigration, angle mort du déconfinement pour les médias de grand chemin

2 juin 2020

Temps de lecture : 5 minutes
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L’immigration, angle mort du déconfinement pour les médias de grand chemin

Alors que la ré ouverture de certains commerces fait la une des médias, il est un sujet dont on parle peu en cette période de déconfinement : l’immigration. Pourtant, selon de nombreuses informations, ce sujet revient comme un boomerang, un boomerang que les médias de grand chemin aimeraient ignorer.

Plusieurs arti­cles pub­liés récem­ment dans les médias nous infor­ment ponctuelle­ment de l’ampleur de l’immigration illé­gale qui arrive en France. Bien qu’aucun – ou si peu — ne dresse un tableau d’ensemble, il en ressort que pour les migrants clan­des­tins qui souhait­ent venir en France, l’horizon s’est éclair­ci, notre pays sem­blant selon des indices con­cor­dants plus dému­ni que jamais pour lut­ter con­tre l’immigration clan­des­tine.

Les signaux d’une déferlante migratoire s’accumulent

Dans un silence médi­a­tique par­fois assour­dis­sant, plusieurs insti­tu­tions inter­na­tionales vien­nent de met­tre en garde les européens con­tre le risque d’une très forte reprise de l’immigration illé­gale.

A par­tir d’informations issues d’un rap­port du Bureau européen d’appui en matière d’asile pub­lié le 5 mai, le Cour­ri­er du Viet­nam nous informe que « L’U­nion Européenne prédit une hausse de deman­des d’asile à cause de l’épidémie ». Le rap­port souligne égale­ment la sus­pen­sion de la lutte des pays de la coali­tion con­tre l’État islamique, qui com­porte le risque d’une résur­gence de cette mou­vance ter­ror­iste.

Peu après la pub­li­ca­tion le 14 mai d’un rap­port sur les effets du Covid-19 sur l’immigration illé­gale écrit par l’Office des Nations unies con­tre la drogue et le crime, l’ONU Info met en garde le 16 mai « con­tre les risques accrus pour les vic­times de la traite des êtres humains ».

Le 15 mai, c’est selon Le Figaro « Europol ( l’agence européenne de police crim­inelle NDLR) (qui) prévoit une recrude­s­cence du traf­ic de migrants après le décon­fine­ment ».

En dépit de ces sig­naux inquié­tants, Breakingnews.fr nous apprend le 28 avril que « les min­istres de l’Union Européenne deman­dent à Brux­elles de coor­don­ner la réou­ver­ture des fron­tières ».

On apprend par EuObserver.com la pri­or­ité de la com­mis­saire européenne aux affaires intérieures Ylva Johans­son :

« Per­me­t­tre aux migrants d’entrer en Europe par des voies légales sera un élé­ment cen­tral du nou­veau pacte sur les migra­tions ».

La pression migratoire s’intensifie

La pandémie du coro­n­avirus n’a pas atténué la déter­mi­na­tion des cen­taines de mil­liers, voire des mil­lions de migrants qui atten­dent leur heure pour venir en Europe de l’Ouest.

L’Economiste maghrébin nous apprend le 27 avril que selon le min­istre mal­tais des Affaires étrangères, « plus de 650 000 per­son­nes atten­dent sur les côtes libyennes ». Selon le site d’information Voice of Europe, près de 100 000 clan­des­tins atten­dent dans les Balka­ns pour pass­er en Europe de l’ouest.

De nou­veaux flux d’immigration se dévelop­pent, comme nous l’indique le site Obser­vAl­gérie le 24 mai à par­tir d’informations du quo­ti­di­en espag­nol El Pais :

« Les fortes arrivées clan­des­tines de migrants vers l’Espagne en prove­nance d’Algérie inquiè­tent les autorités espag­noles et européennes ».

Les voies d’immigration illégales

Plusieurs arti­cles de presse et de sites d’informations met­tent en avant d’un côté une moin­dre lutte con­tre l’immigration irrégulière et de l’autre la reprise de l’activité des bateaux des ONG, qui amè­nent par mil­liers des clan­des­tins en Europe.

Selon le site d’informations européennes Eurac­tiv, l’opération Sophia, ini­tiale­ment chargée par l’Union européenne de lut­ter con­tre les passeurs con­voy­ant des migrants de Libye en Ital­ie, a été récem­ment réori­en­tée vers le con­trôle de l’embargo sur l’importation d’armes en Libye.

Pour aider les migrants à gag­n­er l’Europe, les bateaux des ONG, un temps freinés dans leur activ­ité, ont repris le pont mar­itime entre la Libye et l’Italie. Le site Infomi­grants nous tient infor­mé des arrivées régulières de leurs bateaux ain­si que de ceux des clan­des­tins en Ital­ie. Le site d’informations Breizh Info con­state exem­ples à l’appui le 29 mai que « l’Italie est de nou­veau prise d’assaut par les migrants ». Récem­ment, c’est le bateau Alan Kur­di qui a trans­féré en quar­an­taine le 13 avril 150 migrants qui étaient à son bord près des côtes ital­i­ennes.

En Ital­ie, une infor­ma­tion nous incline à penser que la jus­tice est instru­men­tal­isée au ser­vice du très puis­sant lob­by immi­gra­tionniste. Mais en France, hormis Valeurs actuelles, très peu de médias font état de l’information divul­guée le 24 mai : « Les poli­tiques anti migra­toires menées par Mat­teo Salvi­ni étaient légales, mais la jus­tice ital­i­enne a tout de même choisi de les atta­quer, à en croire une con­ver­sa­tion What­sApp entre mag­is­trats, divul­guée dans la presse ».

Les relocalisations reprennent

Comme nous l’apprend le 12 mai Eurolib­ertés, « les pays européens sont main­tenant mar­qués à la culotte par la Com­mis­sion européenne qui vient de leur rap­pel­er le principe du non-refoule­ment des migrants et la néces­sité de con­tin­uer les opéra­tions de « relo­cal­i­sa­tion ».

Le doigt sur la cou­ture, le gou­verne­ment français s’empresse dès la fin du con­fine­ment d’organiser des « relo­cal­i­sa­tions », traduire : déplac­er des clan­des­tins des pays du sud de l’Europe vers ceux d’Europe de l’ouest, en par­ti­c­uli­er en France. Infomi­grants nous informe le 26 mai que la France va accueil­lir 750 migrants de Grèce. Le Min­istre grec des affaires étrangères annonce que « les procé­dures de relo­cal­i­sa­tion qui s’é­taient arrêtées tem­po­raire­ment en rai­son de la crise san­i­taire vont démar­rer de nou­veau au plus vite ». Mal­ta­to­day nous apprend le 20 mai qu’à Malte, 162 migrants sont actuelle­ment hébergés sur deux bateaux au mouil­lage au large de La Valette : « le seul pays à ce jour à avoir promis son sou­tien à Malte est la France, qui s’est main­tenant engagée à pren­dre 30 des 162 migrants ».

Les clandestins libérés

En France, la lec­ture des médias amène à penser que le principe de nation­al­ité et celui de la régu­lar­ité du séjour sont des valeurs en très forte baisse aux yeux du gou­verne­ment. La presse s’en est fait l’écho ponctuelle­ment : plusieurs Cours d’appel ont ordon­né la libéra­tion pour motif san­i­taire de nom­breux clan­des­tins placés en cen­tres de réten­tion en attente de leur expul­sion, sans que le Min­istère pub­lic fasse appel.

A Bor­deaux, « un juge bor­de­lais a ordon­né la libéra­tion de 12 sans-papiers en cen­tre de réten­tion » nous apprend Sud-Ouest le 19 mars. A Plaisir, dans les Yve­lines, « douze clan­des­tins du cen­tre de réten­tion de Plaisir (ont été) libérés » selon Le Parisien le 19 mars. À Paris selon Libéra­tion, « pas de nou­veaux entrants durant deux semaines au cen­tre de réten­tion de Paris-Vin­cennes ». Plus glob­ale­ment, Le Monde nous informe le 21 mars que « les cen­tres de réten­tion admin­is­tra­tive se vident ».

Ces cen­tres ne risquent pas de se rem­plir de sitôt : Le Figaro nous apprend le 23 avril qu’en Île-de-France, plus aucune mise en réten­tion de clan­des­tins n’est organ­isée.

Les associations immigrationnistes veillent au grain

Pen­dant une par­tie du con­fine­ment, le traite­ment des deman­des d’asile a été sus­pendu dans un cer­tain nom­bre de pré­fec­tures, pour des raisons san­i­taires. Il n’en fal­lait pas plus pour que des asso­ci­a­tions d’aide aux migrants enga­gent une action en jus­tice en Île-de-France pour con­train­dre les pou­voirs publics à de nou­veau enreg­istr­er les deman­des d’asile. Le tri­bunal admin­is­tratif de Paris leur a don­né rai­son. Réal­iste, le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) con­statait dans les colonnes du Figaro du 23 avril :

«  les per­son­nes qui se tour­nent vers l’asile [le font] pour béné­fici­er d’une allo­ca­tion à défaut d’autres revenus en temps de con­fine­ment ».

Le train-train des asso­ci­a­tions immi­gra­tionnistes reprend son cours : Le Parisien nous informe le 27 mai qu’ « une cinquan­taine de tentes (pour des migrants NDLR) a été instal­lé cette nuit sur le bassin de la Vil­lette. Une action « mil­i­tante » pour don­ner plus de vis­i­bil­ité aux migrants », dans le but de leur trou­ver un loge­ment. Quelques heures plus tard, La Croix nous apprend qu’« à peine instal­lé à Paris, un camp de migrants dis­paraît : 80 exilés mis à l’abri ».

On aura com­pris que pour mieux faire accepter les inces­santes mis­es à l’abri « incon­di­tion­nelles » mais quand même aux frais du con­tribuable, con­for­mé­ment aux vœux du prési­dent de la République, une mise à l’abri dont de nom­breux français n’ont pas l’heur de béné­fici­er, celles-ci sont présen­tées comme réal­isées en faveur d’« exilés » et non de clan­des­tins. Des clan­des­tins qui sont des délin­quants qui enfreignent les règles d’entrée et de séjour en France.

« Pen­dant ce temps », la Cour des comptes nous apprend dans un rap­port pub­lié le 5 mai que par­mi les béné­fi­ci­aires du con­trat d’intégration répub­li­caine, qui s’adresse aux pri­mo-arrivants en France, 20% n’ont pas été sco­lar­isés ou ont un niveau inférieur à la fin du pri­maire.

Des clan­des­tins qui ne sont plus ni arrêtés ni détenus avant une très improb­a­ble expul­sion de France, des étrangers en sit­u­a­tion irrégulière qui font une demande d’asile pour régu­laris­er leur séjour en France et touch­er une allo­ca­tion, une pres­sion migra­toire qui redou­ble avec le décon­fine­ment : les médias dom­i­nants assem­blent les pièces épars­es du puz­zle, qui des­sine des per­spec­tives plus qu’inquiétantes.

Pen­dant ce temps, les médias de grand chemin pla­cent très haut la ques­tion des bat­ter­ies élec­triques, la reprise du cham­pi­onnat de foot­ball et tout autre sujet majeur…

Quant aux per­spec­tives qui s’offriront en France aux innom­brables « ingénieurs », « chirurgiens » et tous les sans aucune qual­i­fi­ca­tion qui vien­nent d’Afrique et du Moyen-Ori­ent dans un marché du tra­vail en pleine dépres­sion dans un pays criblé de dettes, c’est une autre affaire…

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