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Les médias mainstream effrayés par la perspective d’un front anti-Soros ?

5 avril 2017

Temps de lecture : 6 minutes

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Les médias mainstream effrayés par la perspective d’un front anti-Soros ?

Les médias mainstream effrayés par la perspective d’un front anti-Soros ?

L’Ojim a consacré de nombreux articles à l’influence de Soros, que ce soit aux États-Unis comme en Europe de l’est. La contre-attaque médiatique et politique semble s’organiser contre ses réseaux d’influence. Le milliardaire et son Open Society Foundations sont aujourd’hui attaqués sur plusieurs flancs après des années de totale impunité. Une perspective qui commence à inquiéter les médias mainstream en France et à l’étranger.

Ces mêmes médias qu’un autre mil­liar­daire influ­ent, David Rock­e­feller (récem­ment décédé), avait remer­ciés en juin 1991 devant la com­mis­sion Tri­latérale pour leur tra­vail de dis­sim­u­la­tion durant les dernières quar­ante années en ces ter­mes : « Nous sommes recon­nais­sants au Wash­ing­ton Post, au New York Times, à Time Mag­a­zine et d’autres grandes pub­li­ca­tions dont les directeurs ont assisté à nos réu­nions et respec­té leurs promess­es de dis­cré­tion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impos­si­ble de dévelop­per nos plans pour le monde si nous avions été assu­jet­tis à l’ex­po­si­tion publique durant toutes ces années. Mais le monde est main­tenant plus sophis­tiqué et pré­paré à entr­er dans un gou­verne­ment mon­di­al. La sou­veraineté supra­na­tionale d’une élite intel­lectuelle et de ban­quiers mon­di­aux est assuré­ment préférable à l’au­todéter­mi­na­tion nationale pra­tiquée dans les siè­cles passés. » (cité par l’écrivain et chercheur Pierre de Ville­marest dans Faits et chroniques inter­dits du publics).

Reuters sonne l’alarme

C’est Reuters qui a don­né l’alerte la pre­mière. L’agence de presse (qui compte par­mi ses admin­is­tra­teurs « Rober­to Men­doza, ancien vice-prési­dent de JP Mor­gan Chase & Co, ancien directeur de la banque d’affaires Gold­man Sachs ; Ed Kozel, admin­is­tra­teur de Cis­co Sys­tems ; Richard Olver, directeur de la com­pag­nie pétrolière BP Amo­co ; John Craven, admin­is­tra­teur-délégué de la com­pag­nie finan­cière Mer­rill Lynch Inter­na­tion­al, ancien directeur de la Deutsche Bank et vice-prési­dent de SG War­burg ; ou encore Ian Stra­chan, ancien directeur d’Exxon Mobil et prési­dent d’Esso Hong-Kong et Chine. ») pub­li­ait récem­ment un arti­cle dans lequel son auteur s’alarmait de l’émergence d’un front anti-Soros en Europe de l’Est sous l’inspiration de la Russie (voir : bloomberg.com et breitbart.com).

« La cam­pagne con­tre Soros dans des pays autre­fois dom­inés par Moscou sem­ble suiv­re un mod­èle établi par le prési­dent russe Vladimir Pou­tine, dont la répres­sion con­tre les organ­ismes de bien­fai­sance financés à l’é­tranger a chas­sé la fon­da­tion de Soros de Russie il y a deux ans. »

L’article évoque ensuite une pos­si­ble coopéra­tion entre Russ­es et une par­tie des con­ser­va­teurs améri­cains aujourd’hui au pou­voir, ce qui ne lais­serait plus beau­coup de champ de manœu­vre au mil­liar­daire améri­cano-hon­grois, à part en Europe de l’ouest. La présence de l’ancien patron de Bre­it­bart News, Stephen Ban­non, dans l’administration prési­den­tielle améri­caine sem­ble par­ti­c­ulière­ment inquiéter Reuters :

« Et main­tenant, avec le prési­dent Don­ald Trump à la Mai­son Blanche, les mil­i­tants anti-Soros en Europe de l’Est dis­ent qu’ils s’in­spirent égale­ment des États-Unis, en par­ti­c­uli­er des médias améri­cains de droite comme le site Bre­it­bart. L’an­cien prési­dent de Bre­it­bart, Steve Ban­non, est main­tenant con­seiller prin­ci­pal de la Mai­son Blanche auprès de Trump. »

Soros en Macédoine

Cette coopéra­tion inter­na­tionale anti-Soros sem­ble devenir une réal­ité, notam­ment au niveau médi­a­tique. En Macé­doine par exem­ple, le jour­nal­iste Cvetlin Cil­i­manov a fondé en jan­vi­er dernier un groupe bap­tisé Oper­a­tion Stop Soros. Celui-ci déclarait alors : « Notre inspi­ra­tion vient des États-Unis, des organ­i­sa­tions con­ser­va­tri­ces améri­caines, des médias et des mem­bres du Con­grès avec les mêmes vues, en par­ti­c­uli­er la nou­velle admin­is­tra­tion du prési­dent Trump.» Cvetlin Cil­i­manov n’est pas le pre­mier venu, il est le rédac­teur en chef de la prin­ci­pale agence de presse macédonienne.

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La Macé­doine tra­verse une crise poli­tique dont le point d’orgue fut de grandes man­i­fes­ta­tions de rue qui poussèrent le pre­mier min­istre Niko­la Gruevs­ki à la démis­sion. Niko­la Gruevs­ki, qui con­trôle tou­jours la plus grande par­tie du par­lement, dénonce aujourd’hui les ingérences de Soros :

« Soros trans­forme les ONG macé­doni­ennes en une armée mod­erne (…) Ils vous écrasent, ils font de vous un crim­inel, un voleur, un traître, un imbé­cile, un mon­stre, ce qu’ils veu­lent (…)  Il ne fait pas seule­ment cela en Macé­doine mais dans un grand nom­bre de pays. »

Bojan Mari­cik, leader macé­donien du Cen­tre for Euro­pean Strate­gies – Euro­think, un think-tank qui perçoit des sub­sides des réseaux Soros, com­mente ain­si la sit­u­a­tion : « une cam­pagne de purge et de “dé-soro­ti­sa­tion” est en cours en Macé­doine. Les inspecteurs des finances, la police et les mag­is­trats ont lancé des enquêtes sur les finance­ments des ONG depuis le dis­cours de Niko­la Gruevski.»

La Roumanie et la Pologne aussi

En Roumanie c’est Liviu Drag­nea, le leader du par­ti social-démoc­rate au pou­voir, qui a déclaré à la télévi­sion en jan­vi­er dernier : « Soros, ain­si que les fon­da­tions et les struc­tures qu’il a financées depuis 1990, ont financé le mal en Roumanie. » En Pologne ce sont des mem­bres du par­ti polon­ais de Droit et Jus­tice (PiS) qui dénon­cent les actions de Soros. Partout en Europe de l’Est, pre­mière cible des menées de Soros depuis les années 1980, se fait jour la volon­té de s’émanciper de ses réseaux.

La Hongrie en pointe

Mais de tous les pays d’Europe de l’Est, c’est en Hon­grie que l’orientation anti-Soros du gou­verne­ment s’affirme le plus claire­ment. Depuis quelques jours les médias fran­coph­o­nes s’inquiètent des mesures pris­es par le gou­verne­ment de Vik­tor Orban. Ain­si Le Monde du jeu­di 30 mars qui écrit : « Le gou­verne­ment hon­grois, dirigé par l’ul­tra­con­ser­va­teur Vik­tor Orban, a présen­té, mar­di 28  mars, un pro­jet de loi qui pour­rait entraîn­er la fer­me­ture de l’une des insti­tu­tions uni­ver­si­taires les plus emblé­ma­tiques du pays, l’U­ni­ver­sité d’Eu­rope cen­trale (CEU en anglais). »

Rap­pelons ici que l’université d’Europe cen­trale con­stitue l’un des prin­ci­paux organes d’influence de George Soros en Europe ori­en­tale comme le rap­porte aus­si Le Monde :

« L’u­ni­ver­sité, située au cœur de Budapest, a accueil­li, depuis 1991, 14 000 étu­di­ants du monde entier, triés sur le volet, pour étudi­er – en anglais – dans des con­di­tions excep­tion­nelles, sou­vent jalousées par la com­mu­nauté uni­ver­si­taire locale. De statut privé, elle fonc­tionne grâce à une dota­tion d’une valeur de 550 mil­lions d’eu­ros du financier améri­cain, qui per­met notam­ment d’at­tribuer des bours­es à une grande majorité d’é­tu­di­ants. En vingt-cinq ans, la CEU a for­mé une généra­tion d’élites, actuelle­ment au pou­voir un peu partout en Europe cen­trale, y com­pris au sein du gou­verne­ment de M. Orban. »

Depuis la fin du sys­tème sovié­tique, la CEU con­stitue ain­si une véri­ta­ble poupon­nière d’élites libérales liées à Soros en Europe cen­trale. Un out­il d’ingérence que le gou­verne­ment Orban souhaite pou­voir maitriser.

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D’après Las­z­lo Palkovics, le min­istre hon­grois de l’Éducation nationale, le pro­jet de loi du gou­verne­ment Orban vise à « clar­i­fi­er le cadre juridique des insti­tu­tions inter­na­tionales présentes en Hon­grie ». Le pro­jet de loi prévoit qu’au­cune uni­ver­sité extérieure à l’Eu­rope ne puisse accorder de diplômes hon­grois sans pass­er par un accord avec le gou­verne­ment. Les étab­lisse­ments étrangers devront aus­si prou­ver qu’ils ont une activ­ité sur leur ter­ri­toire d’o­rig­ine. Si elle est approu­vée par le Par­lement, l’U­ni­ver­sité ne pour­ra donc con­tin­uer à tra­vailler que si un accord inter­gou­verne­men­tal entre le prési­dent améri­cain Don­ald Trump et le Pre­mier min­istre hon­grois Vik­tor Orban est signé et unique­ment si l’u­ni­ver­sité établit un cam­pus aux États-Unis d’i­ci l’an­née prochaine.

L’article du Monde se pour­suit ain­si : « La CEU estime que le texte, s’il était adop­té, ” rendrait impos­si­ble ” une con­tin­u­a­tion de ses activ­ités dans le pays, parce qu’il annulerait notam­ment l’ac­cord entre l’E­tat de New York et la Hon­grie, qui lui per­met de délivr­er des diplômes recon­nus par les deux sys­tèmes. (…) Des proches du pro­mo­teur de la démoc­ra­tie non libérale avaient aus­si cri­tiqué le rôle de la CEU dans le pays, accusée d’être ” le bras armé de Soros en Europe” pour pro­mou­voir un agen­da ” libéral ” et de s’ac­ca­parer les fonds européens au détri­ment des uni­ver­sités locales. »

Depuis plusieurs années, Vik­tor Orban dénonce publique­ment l’action de George Soros, comme lors d’un dis­cours en jan­vi­er 2017 :

« Les organ­i­sa­tions qui dépen­dent de George Soros tra­vail­lent infati­ga­ble­ment à trans­porter les migrants en Europe par cen­taines de mil­liers. » Ou plus récem­ment face à la Cour européenne des Droits de l’Homme : « C’est une col­lu­sion de trafi­quants d’êtres humains, de bureau­crates brux­el­lois et d’organisations qui tra­vail­lent en Hon­grie financées par des fonds étrangers. Appelons un chat un chat : c’est George Soros qui les finance. »

Avec ce pro­jet de loi sur le finance­ment des uni­ver­sités, Orban inten­si­fie encore son offen­sive con­tre George Soros, qu’il accuse de financer l’op­po­si­tion. Se pré­parant ain­si à de pos­si­bles mou­ve­ments de con­tes­ta­tion ali­men­tés depuis l’extérieur comme récem­ment en Roumanie ou en Biélorussie. Méth­ode dont les réseaux Soros sont habitués comme en Ukraine et avant cela en Ser­bie avec le mou­ve­ment Otpor (« Résistance »).

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Un autre pro­jet est d’ailleurs en pré­pa­ra­tion. Vik­tor Orban souhaite légifér­er pour forcer les ONG implan­tées en Hon­grie à déclar­er le mon­tant de leur finance­ment provenant de l’é­tranger, sous peine de ne plus être autorisées à y men­er leurs activ­ités. Le gou­verne­ment vient d’ailleurs de lancer une con­sul­ta­tion nationale auprès de la pop­u­la­tion hon­groise dont le slo­gan sans équiv­oque est « Arrê­tons Brux­elles ». Vik­tor Orban avait aus­si récem­ment accusé les ONG proches de Soros d’être : « des activistes payés par des organ­i­sa­tions inter­na­tionales » pour « faire venir des cen­taines de mil­liers de migrants en Europe. »

Début 2017, c’était Szi­lard Nemeth, le vice-prési­dent du Fidesz (le par­ti au pou­voir) qui déclarait : « La Hon­grie utilis­era tous les out­ils à sa dis­po­si­tion pour met­tre dehors les ONG financées par George Soros » accu­sant les organ­i­sa­tions de Soros de « servir le cap­i­tal­isme mon­di­al et de soutenir le poli­tique­ment cor­rect con­tre les gou­verne­ments nationaux » et esti­mant que l’in­vesti­ture de Don­ald Trump offrait une oppor­tu­nité his­torique de se débar­rass­er d’ONG fausse­ment humanitaires.

Un front inter­na­tion­al anti-Soros sem­ble en train de s’organiser. Un front qui est autant médi­a­tique que poli­tique. Depuis des années ce sont les médias indépen­dants améri­cains qui ont dénon­cé sans relâche l’action de George Soros et des réseaux glob­al­istes. En Europe de l’Est l’opération « Stop Soros » lancée par un jour­nal­iste macé­donien paraît appelée à faire des émules. En France la web télévi­sion TV-Lib­ertés a déjà pub­lié plusieurs reportages sur les réseaux Soros.

Crédit pho­to : JMSC HKU via Flickr (cc)

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