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Pub­lié le 4 juillet 2019 | Éti­quettes : , , , , , , ,

Le Dalaï-lama : trop politiquement incorrect pour certains médias

Le chef spirituel tibétain a son franc parler et ne s’embarrasse pas de conventions. Il a aussi un humour piquant que certains de ses interlocuteurs peuvent ne pas – ou ne veulent pas – saisir. Il était récemment invité par la BBC pour une interview diffusée le 27 juin 2019. Les réactions des médias de grand chemin aux déclarations du moine bouddhiste ont oscillé entre indignation et soigneuse sélection des extraits de l’interview. Probablement afin de ne pas diffuser des arguments politiquement trop incorrects. Un bel exercice de manipulation par omission.

Des déclarations « sexistes »

Évoquant sa succession, le Dalaï-lama affirme en riant : « Si la prochaine Dalaï-lama est une femme, elle devra être plus attractive ». Il n’en fallait pas plus pour que certains médias qualifient cette déclaration de « sexiste », comme Glamour. Pour Paris-Match, il s’agit de « propos controversés » sur les femmes. Sur la radio publique (France Inter et France culture), c’est le black-out total le 30 juin… hormis une mention lors de la revue de presse (5e mn) de Frédéric Pommier sur France Inter. Ce qui retient l’attention du journaliste, ce sont les propos du Dalaï-lama repris par le Huffington Post... au sujet de son successeur qui, si elle est une femme, doit être de préférence attirante. Un comble, non ?

L’Europe aux européens

Aucune des déclarations du Dalaï-lama sur l’immigration n’est reprise sur les ondes publiques. Dommage. Au sujet de l’afflux de migrants en Europe, le moine bouddhiste déclare en substance :

« Les réfugiés devraient retourner sur leurs propres terres avec certaines compétences ».
« Je pense que l’objectif devrait être de reconstruire les pays que les migrants ont fui ».

Et si les migrants veulent rester en Europe ? demande la journaliste.

« Un petit nombre, ça va. Mais l’Europe peut devenir musulmane ou africaine. Impossible ».

Pourtant vous êtes un réfugié vous-même ?

« Ils seraient mieux dans leurs pays. Laissez l’Europe aux européens ».

Il ne s’agit pas de propos de circonstance : ce sont grosso modo les mêmes que ceux tenus en mai 2016 au quotidien allemand FAZ et repris par Le Monde. Le prix Nobel de la paix 1989 indiquait qu’« à présent il y a trop de réfugiés » en Europe.

Des propos choquants ? Le moine tibétain sait de quoi il parle : le Tibet fait l’objet depuis 60 ans d’une politique de peuplement organisée par le gouvernement chinois.

L’ONU et la Commission Européenne, main dans la main

Une comparaison déplacée ? N’est ce pas l’ONU qui nous annonce que 244 millions de personnes sont en route et que la migration est « inévitable, nécessaire et désirable » ?

N’est-ce pas le commissaire européen aux Migrations et aux Affaires intérieures qui affirme à la Tribune de Genève, «  L’Europe va avoir besoin de 6 millions d’immigrés ». « Nous allons ouvrir des bureaux (pour les permis de séjours) dans tous les pays de la rive sud de la Méditerranée et en Afrique de l’Ouest ».

N’est-ce pas selon RFI le parlement européen qui a par un récent vote des parlementaires doublé le Fonds asile, migration et intégration, destiné à « soutenir la migration légale vers les États membres en fonction de leurs besoins économiques et sociaux » ? Ce qui le porte de 5 à 10 milliards d’euros. Pris dans vos poches. Il vaut mieux reprendre en boucle les paroles lénifiantes du pape François toujours prêt à faire la leçon aux européens pour accueillir toujours plus de migrants africains. Un message reçu 5 sur 5 par les médias de grand chemin en France.

Crédit photo : Christopher Michel via Flickr (cc)

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