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La taxe Google verra-t-elle le jour ?

30 octobre 2012

Temps de lecture : 2 minutes
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La taxe Google verra-t-elle le jour ?

François Hol­lande a reçu le 29 octo­bre le Prési­dent de Google, Eric Schmidt. Selon un com­mu­niqué de l’Élysée le prési­dent souhaite « une adap­ta­tion de la fis­cal­ité afin de mieux appréhen­der le partage de la valeur ajoutée et le finance­ment de la créa­tion de con­tenus sur chaque ter­ri­toire ».

En clair Google perçoit plus d’un mil­liard d’euros sur son activ­ité en France et ne paie des impôts – grâce à une forme juridique très étudiée – que sur 41 mil­lions d’euros. De l’autre côté, les revenus inter­net de la presse écrite – les chiffres vari­ent large­ment – se situeraient entre 140 et 240 mil­lions d’euros seule­ment. La ten­ta­tion est grande de siphon­ner une par­tie des béné­fices de Google vers les créa­teurs de con­tenus comme une loi à l’étude en Alle­magne le prévoit. Google se défend bec et ongles et men­ace de déréférencer la presse française du moteur de recherche. Curieuse­ment, l’ensemble de la PQN (presse quo­ti­di­enne nationale) habituelle­ment par­ti­san du libre échange, hos­tile à tout pro­tec­tion­nisme assim­ilé au Front Nation­al, lib­er­tarien en un mot, retrou­ve les accents de Déroulède en par­lant de « sou­veraineté numérique » (Nico­las Demor­and dans Libéra­tion). Pour Lau­rent Jof­frin dans Le Nou­v­el Obser­va­teur, « assise sur sa puis­sance et sur ses cer­ti­tudes, Google se lance dans un chan­tage pur et sim­ple sur le gou­verne­ment élu et sur la représen­ta­tion nationale si celle-ci per­siste dans son inten­tion ».

Fleur Pel­lerin, min­istre déléguée à l’É­conomie numérique, prône de son côté « une dis­cus­sion apaisée ». Le chef de l’État donne trois mois aux par­ties (Google et presse, ce qui don­nera lieu à de vir­iles dis­cus­sions pour la répar­ti­tion ultérieure de la manne) pour trou­ver un accord faute de quoi une « lex Google » sera votée. Pour Mau­rice Bot­bol, prési­dent du Syn­di­cat de la presse indépen­dante d’in­for­ma­tion en ligne, « cette taxe serait évidem­ment une source de revenus à court terme mais nous pen­sons qu’à long terme cela va détru­ire la diver­sité de la presse ».

Au-delà des légitimes dis­cus­sions sur les intérêts financiers de la France sur des courants économiques nés d’ac­tiv­ités en France et ne générant que peu de revenus dans le pays, une ques­tion demeure. Ce « siphonage » est-il bien­venu pour la presse écrite la plus sub­ven­tion­née du monde ? Il faut au moins se pos­er la ques­tion.

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