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Jean Christaki de Saint-Germain : Les damnés de la presse

18 mai 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Jean Christaki de Saint-Germain : Les damnés de la presse

18 mai 2014

Temps de lecture : 2 minutes

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« Léchés, lâchés, lynchés » : il ne s’agit pas des acteurs de la presse comme le titre pourrait l’indiquer, mais bien de ses victimes. Dans ce livre à épisodes, nous découvrons un mécanisme : comment des personnages qui ont connu la célébrité (« léchés ») sont mis à bas (« lâchés ») puis déchiquetés (« lynchés »).

Adulés le lun­di, vilipendés le mar­di, la galerie est var­iée : de Salen­gro à Roland Dumas, d’Édith Cres­son à DSK, de Jérôme Cahuzac à Dominique Baud­is, de Robert Ménard à Richard Mil­let et quelques autres. Le mécan­isme est sim­ple : le puis­sant est craint et pro­tégé ; au moin­dre signe de faib­lesse (ou de sor­tie de route du poli­tique­ment cor­rect) il est lâché ; puis la meute se déchaine.

Un exem­ple par­fait est don­né avec l’analyse de « l’affaire Richard Mil­let ». Édi­teur chez Gal­li­mard, décou­vreur de deux prix Goncourt, auteur recon­nu pour son style, à la tête de plus de 50 ouvrages, il pub­lie en 2012 aux édi­tions Pierre-Guil­laume de Roux trois ouvrages dont un très court Éloge lit­téraire d’Anders Breivik. Au-delà du titre provo­ca­teur, les hyènes lit­téraires se jet­tent sur un livre que la plu­part de ses con­temp­teurs se van­tent de ne pas avoir lu. Des écrivains de troisième ordre comme Annie Ernaux ou Tahar Ben Jel­loun vont deman­der sa tête… et l’obtenir. Richard Mil­let aban­donne son bureau chez Gal­li­mard, les man­u­scrits lui sont envoyés par la poste, il est frap­pé de mort sociale et lit­téraire. L’Ojim a con­sacré un dossier com­plet à cette affaire. Pierre Assouline sera l’un des rares à regret­ter une « amère vic­toire » dont il n’y a pas lieu d’être fier.

Dans un reg­istre plus jour­nal­is­tique, le cas de Robert Ménard est tout aus­si emblé­ma­tique. Au tra­vers d’un entre­tien enlevé, nous appren­drons que Ménard avait créé à 25 ans un pre­mier jour­nal gra­tu­it avec une rédac­tion Le Petit Bit­terois (Béziers dont il devien­dra maire en 2014). Sur sa répu­ta­tion à Reporters Sans Fron­tières, il se voit ouvrir les portes de RTL, d’i>Télé, de Sud Radio… qui vont se refer­mer bien vite lorsqu’il pub­lie au titre de la défense de la lib­erté d’expression son pam­phlet Vive Le Pen. Le patron de RTL se van­tera dans Téléra­ma d’avoir « repéré Ménard et de l’avoir viré ». Ménard exclu des médias créera avec suc­cès le tout en ligne Boule­vard Voltaire, démon­trant que la lib­erté d’expression se trou­ve main­tenant du côté d’internet, même si le CSA a de fortes envies d’y appli­quer la police de la pen­sée. (voir notre dossier ici)

Un ouvrage tonique, bien doc­u­men­té, écrit d’une plume alerte qui devrait fig­ur­er au pro­gramme de toutes les écoles de journalisme.

Jean Christaki de Saint-Germain, Les damnés de la presse, éditions du Rocher, 2014, 20 €

Voir également notre portrait de Robert Ménard

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