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Claude Perdriel tient-il encore ses troupes ?

19 février 2015

Temps de lecture : 2 minutes
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Claude Perdriel tient-il encore ses troupes ?

Le PDG de Challenges et de Science & avenir, Claude Perdriel (voir portrait), se heurte à plusieurs broncas internes. À 87 ans, le patron de gauche, qui a cédé Le Nouvel Observateur en juin en raison de sa mésentente avec l’équipe rédactionnelle, n’a pas l’intention de jeter l’éponge. Encore que…

Près de deux heures de débats houleux. La dernière réu­nion du comité d’en­tre­prise du news­magazine heb­do­madaire Chal­lenges a don­né lieu le 9 févri­er à une série de joutes ver­bales par­fois vio­lentes. Au cœur du malaise, l’ar­rivée de plusieurs pigistes de luxe à Chal­lenges, tous proches de Per­driel. Dans l’or­dre, il s’ag­it de Mau­rice Szafran et de Nico­las Dom­e­n­ach, ancien PDG et édi­to­ri­al­iste poli­tique de Mar­i­anne. François Bazin et de Bruno Roger-Petit, tous deux issus du ser­vice “Poli­tique” de L’Obs, sont aus­si venus ren­forcer les troupes. Prévus pour tra­vailler sur le numérique (Challenges.fr), ils seront coor­don­nés par la rédac­trice en chef “Poli­tique” de Chal­lenges, Ghis­laine Otten­heimer. Côté Per­driel, cette “task force” se jus­ti­fierait. Elle doit en principe boost­er l’au­di­ence du site (1,2 mil­lions de VU en jan­vi­er, selon l’édi­teur). Le PDG a au pas­sage égratigné la rédac­tion, accusée de ne pas suff­isam­ment abon­der pour le web. Selon le per­son­nel en interne, ces arrivées causent deux soucis majeurs. Avec 1,4 mil­lions d’eu­ros de pertes et prob­a­ble­ment deux mil­lions d’eu­ros en 2016, Chal­lenges ajoutera des charges salar­i­ales sup­plé­men­taires, alors même que le groupe a annon­cé un plan d’é­conomie de 700 000 euros pour 2015. Les aspects poli­tiques n’ont pas été non plus absents des débats. La prose des nou­veaux col­lab­o­ra­teurs reflèterait un anti-sarkozysme pri­maire. Or, le news­magazine économique vante l’é­conomie libérale à longueur de colonnes. Vin­cent Beau­fils, le directeur de Chal­lenges, n’a jamais caché que ses préférences poli­tiques allaient plutôt à l’UMP qu’au PS, même “social-démoc­ra­tisé” par Emmanuel Macron. Le malaise des jour­nal­istes présents au CE s’est encore accru lorsque Claude Per­driel s’est inscrit en faux face à cette ligne édi­to­ri­ale plutôt cen­triste. Il a asséné à la sur­prise générale que Chal­lenges était bel et bien un jour­nal de gauche.

Le cli­mat se tend donc claire­ment entre le PDG et ses troupes, large­ment désori­en­tées. Claude Per­driel sem­ble décidé à ne pas lâch­er ni ses amis, ni ses idées. Il a men­acé claire­ment les réfrac­taires de fer­me­ture de Chal­lenges si, comme à L’Obs depuis des années, il ne s’en­tend plus avec la rédac­tion. Chan­tage ou intox ? L’autre mou­ve­ment de rébel­lion interne ne devrait en tout cas guère con­tribuer à calmer l’oc­togé­naire. La société des jour­nal­istes de Sci­ence & avenir a ain­si vive­ment protesté par écrit mi-févri­er con­tre un dossier pro­mo­tion­nel paru dans le men­su­el de févri­er, sans men­tion par­ti­c­ulière.

Crédit pho­to : Le Figaro / le.buzz.media

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