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Ces sites d’info qui délocalisent la modération des commentaires

25 mars 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Ces sites d’info qui délocalisent la modération des commentaires

Le « tout participatif » sur les sites d’information a un prix : celui de délocaliser ses modérateurs. Et pour cette tâche, l’Afrique et ses travailleurs à bas coût est particulièrement prisée…

C’est ce que met en lumière un arti­cle du site Street­Press, qui nous révèle que les prin­ci­paux médias français ont ten­dance à « faire appel à des mod­éra­teurs à Mada­gas­car ou au Maroc, au prix de con­di­tions de tra­vail qu’on n’accepterait jamais dans l’hexagone ». Car les débats par­tic­i­pat­ifs et l’ou­ver­ture des com­men­taires aux non-abon­nés entraîne une audi­ence impor­tante, dif­fi­cile à gér­er en interne. Un exem­ple avec Le Monde, qui a récem­ment décidé ponctuelle­ment d’ou­vrir ses com­men­taires non pas qu’à ses 127 000 abon­nés mais égale­ment à ses « 10 à 20 mil­lions de vis­i­teurs uniques ».

« Plutôt que de recruter, ce qui coûte cher, ils ont choisi de pren­dre un inter­mé­di­aire qui va fou­et­ter », analyse un cadre anonyme du secteur. Pour cette sous-trai­tance, trois sociétés sont en pointe : Netino, Con­cileo et Achtik Ser­vice. Netino est de loin la société la plus sol­lic­itée par les médias français. Par­mi ses clients : 20 Min­utes, BFMTV, Le Nou­v­el Obs, Le Monde, Europe 1, Les Échos, L’Ex­press, Le Point… et bien d’autres. Si les cadres sont français, les « petites mains » qui tra­vail­lent 48 heures par semaine sont essen­tielle­ment des Africains, surtout Mal­gach­es.

Netino s’ap­puie beau­coup sur le télé­tra­vail, exigeant de sa main d’œuvre « deux con­nex­ions Inter­net dif­férentes et un groupe élec­trogène en cas de panne d’électricité ». À titre d’ex­em­ple, le con­trat con­clu entre cette société et Le Monde n’est que de 20 000 euros. La rai­son en est sim­ple : les salariés ne sont payés que 250 euros par mois pour près de 48 heures de tra­vail. L’un de ses con­cur­rents Con­cileo, emploie 40 per­son­nes au Maroc, pour un salaire de 450 à 575 euros net.

Inter­rogés par Street­Press, les respon­s­ables de la presse française con­fient qu’il s’ag­it là d’un « mal néces­saire ». Éric Met­tout, directeur adjoint de la rédac­tion de L’Express (client de Netino) évoque « une déci­sion prise dans la douleur ». Aude Baron, respon­s­able du « Plus » du Nou­v­el Obs (égale­ment client de Netino), explique qu’« inter­nalis­er, ça coûte hyper cher. Après, on fait atten­tion à suiv­re leur tra­vail de près et jusqu’à présent, on en est très con­tent ». Et de pour­suiv­re : « Je ne suis absol­u­ment pas con­tre le télé­tra­vail et si on peut don­ner du boulot à des gens, ça ne me pose pas de prob­lème. Moi, mon souci c’est que ces gens tra­vail­lent dans de bonnes con­di­tions. (…) Après, qu’ils habitent à Tam­bouc­tou ou à Neuil­ly… ce qui m’importe c’est le résul­tat. » Pour­tant, celle-ci con­fie n’avoir « aucun moyen de savoir si ces gens sont bien traités »…

« Par­mi les clients de Netino, seul France TV a fait le choix du made in France. Pour le Figaro, le Parisien, Libéra­tion, le groupe Radio France et de nom­breux titres de la presse régionale, Con­cileo emploie l’équivalent de 15 temps-plein, aus­si salariés en France », note Street­Press.

Enfin, le troisième auteur impor­tant du secteur, Atchik Ser­vices, bien que très loin der­rière ses con­cur­rents, vante son « 100% Made in France ». Cepen­dant, cela passe par des con­ces­sions : une par­tie « impor­tante des mes­sages est traitée de manière automa­tisée, à par­tir de mots clefs pro­hibés ». Chez Atchik, on choisit « des robots plutôt que des Mal­gach­es », con­clut Street­Press.

Crédit pho­to : sqback via SXC (cc)

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