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Cachez ce prénom que je ne saurais voir

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14 novembre 2023

Temps de lecture : 6 minutes
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Cachez ce prénom que je ne saurais voir

Temps de lecture : 6 minutes

Le « vivre ensemble » est une chimère qu’une caste politique, médiatique et intellectuelle cherche à imposer depuis des décennies aux Français. Les faits divers étant souvent en contradiction avec cette volonté, les médias de grand chemin ont trouvé le moyen de maintenir l’illusion en pratiquant l’omission volontaire. Reprendre un fait divers en omettant le prénom ou l’origine de l’agresseur, souvent pour masquer des origines étrangères, voilà la recette. Pour nos lecteurs, examinons en détail quelques exemples de cette pratique.

BFM Lyon est un peu amnésique…

Le pre­mier cas que nous citons con­cerne un viol com­mis en pleine rue le 3 novem­bre 2023 à Lyon. Selon le site d’ac­tu­al­ité locale Lyon­Mag, une étu­di­ante sud-coréenne a été vio­lée dans les rues de Lyon par un migrant guinéen après avoir été roué de coups. L’au­teur des faits avait ensuite, quelques jours plus tard, voulu réitér­er sur une quin­quagé­naire qu’il avait étran­glée. La vic­time avait repris con­nais­sance alors que l’homme lui touchait le sexe en se désha­bil­lant. Ce fait divers grave a été repris par la jour­nal­iste Lucie Nolorgues qui tra­vaille pour BFM Lyon. Néan­moins, elle a bien omis de pré­cis­er que le sus­pect était un migrant guinéen.

Cas de récidive

Un oubli peut arriv­er, dirons-nous. Cepen­dant en cher­chant un peu, un autre exem­ple d’omis­sion, com­mis par la même jour­nal­iste, est facile­ment trou­vable. Cette fois-ci nous sommes en mai 2023, c’est encore le site Lyon­Mag qui révèle l’in­for­ma­tion. Qua­tre jeunes avaient lynché trois policiers après que le leader ait com­mis un refus d’obtem­pér­er suite à un vol à l’ar­raché. Dans l’ac­croche de l’ar­ti­cle, Lyon­Mag pré­cise que les sus­pects, ayant été con­damnés à des peines allant de dix mois à deux ans de prison, sont « de jeunes Algériens en sit­u­a­tion irrégulière ». Là-encore, bis repeti­ta c’est Lucie Nolorgues qui reprend l’ar­ti­cle pour BFM Lyon en omet­tant à nou­veau les orig­ines des suspects.

De Lyon à Bordeaux

Con­tin­uons notre plongée au sein d’une cer­taine idée de la déon­tolo­gie jour­nal­is­tique avec une agres­sion qui s’est pro­duite à Bor­deaux le 3 novem­bre 2023. Elouan, un jeune bor­de­lais de 16 ans, se balade dans les rues de la ville avec sa petite amie. Soudain, un homme du même âge qu’Elouan abor­de le cou­ple et poignarde le jeune homme en prenant son télé­phone. Le Figaro, qui a fait la chronique des faits, pré­cise que la mère de la vic­time a sig­nalé que l’a­gresseur avait « un survêt et des traits maghrébins », un élé­ment qu’Actu Bor­deaux ne juge pas néces­saire de pré­cis­er à ses lecteurs. Nos lecteurs se deman­deront peut-être pourquoi nous ne citons pas un média plus con­nu ? Aucun de ces « gros médias » n’a trou­vé utile de pub­li­er un arti­cle sur une agres­sion comme celle-ci, vio­lente, mais dev­enue banale dans la France Orange mécanique.

De la Gironde au Var

Cas suiv­ant avec un autre viol, sur­venu dans le Var en août 2023. Une joggeuse trente­naire est vio­lée sur les rives du fleuve Rey­nard. L’a­gresseur, con­fon­du grâce à ses empreintes présentes dans le fichi­er des traces géné­tiques en France et en Alle­magne, s’avère être un Afghan âgé de 25 ans. Ten­ant d’un solide pal­marès, il avait quelques jours plus tôt « impor­tuné » une femme tra­vail­lant pour l’as­so­ci­a­tion d’aide aux migrants par laque­lle il était pris en charge. Notons égale­ment qu’il était con­nu de la police out­re-Rhin pour une agres­sion sex­uelle. C’est France Bleu Var qui nous apprend cette his­toire et le pro­fil du sus­pect car BFM, fidèle à ses habi­tudes, a repris l’ar­ti­cle mais en omet­tant, là-encore, l’o­rig­ine du suspect.

Du Var à Marseille

Autre his­toire, même procédé avec une agres­sion à Mar­seille qui date de fin octo­bre 2023. Ce jour-là, près de la gare Saint-Charles, une jeune femme de 32 ans est passée à tabac par un homme de 51 ans à coups de pieds pen­dant plus de dix min­utes. L’a­gres­sion a défig­uré la jeune femme. Un fait grave, mis en avant par Valeurs Actuelles. Le site d’ac­tu­al­ité Actu Mar­seille reprend l’in­for­ma­tion, avec une omis­sion, comme s’en doutent nos lecteurs, le pro­fil du bar­bare : un Algérien en sit­u­a­tion irrégulière.

De la Provence à la Bretagne

Enfin, con­clu­ons ce triste flo­rilège par une his­toire dont les médias de grand chemin ont peu par­lé mais qui illus­tre l’im­punité qua­si totale des délin­quants com­met­tant ce genre d’a­gres­sions. Nous sommes à Dinan, dans les côtes d’Ar­mor, le 30 août 2023. Une agres­sion par­ti­c­ulière­ment vio­lente est filmée par un jeune qui dit « finis-le wesh » en inci­tant ses con­génères à met­tre des « penal­tys » dans la tête des vic­times, deux jeunes hommes. Les agresseurs, six jeunes hommes, dont un Mal­gache sous OQTF, s’en sont pris à ces deux jeunes gens et ont causé, pour l’un d’eux, 45 jours d’ITT pour le motif suiv­ant : les vic­times étaient rouss­es. C’est par Le Petit Bleu des Côtes d’Ar­mor que nous apprenons l’in­fo. Nous avons cher­ché, rien dans les médias de grand chemin, la seule reprise que nous avons trou­vée est un arti­cle du Télé­gramme, lacu­naire et qui ne dit rien sur le pro­fil des sus­pects. Notons que les auteurs des faits n’ont écopé que de peines de prison amé­nagées, des petites peines dont les auteurs s’enorgueil­lis­saient en sor­tant fière­ment du tribunal.

Terminons par Paris

Ter­mi­nons par une « petite omis­sion », cette fois il ne s’ag­it pas des orig­ines mais du prénom de l’a­gresseur qui a été mis de côté par Actu­Paris. L’his­toire a eu lieu à Boulogne-Bil­lan­court, où un chauf­feur VTC a jugé qu’il était de sa mis­sion de se gliss­er nu dans le lit d’une de ses clientes. Le Figaro, grâce à qui nous savons l’af­faire, pré­cise que le sus­pect s’ap­pellerait Med­hi. Un élé­ment omis par le site que nous avons cité plus haut.

Cet arti­cle sem­ble redon­dant et il l’est. Ces faits se mul­ti­plient en France mais ce n’est pas le cœur de notre sujet. Ce qui nous intéresse ici c’est de con­stater que cer­tains jour­nal­istes, pour des motifs divers, met­tent de côté des infor­ma­tions qui pour­raient per­me­t­tre aux Français de pren­dre con­science des con­séquences de l’im­mi­gra­tion. Comme si la con­signe en était don­née dans les prin­ci­pales écoles de journalisme.

Voir aus­si : Écoles de jour­nal­isme : l’ESJ Lille, école supérieure de formatage

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