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Attaque au couteau à Reading : les médias pressés de passer à autre chose

28 juin 2020

Temps de lecture : 4 minutes

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Attaque au couteau à Reading : les médias pressés de passer à autre chose

Attaque au couteau à Reading : les médias pressés de passer à autre chose

Samedi 20 juin 2020, une attaque au couteau dans un parc de la ville de Reading, au Royaume-Uni, a fait 3 morts et 3 blessés. Un attentat qui fait suite à de nombreux autres. Depuis cette date, nous allons de découverte en découverte dans cette affaire. À tel point que la version initiale des faits est de plus en plus remise en question. Dans une très grande discrétion médiatique, voire dans un silence assourdissant en France.

Un terroriste « originaire de la ville »

Dimanche 21 juin, les médias de grand chemin nous infor­ment que l’attaque per­pétrée à Read­ing a été com­mise par « un homme orig­i­naire de la ville ». Cette orig­ine de l’auteur de l’attentat, très prob­a­ble­ment com­mu­niquée par l’AFP, ne fait pas débat. La qua­si-total­ité des médias repren­nent cette infor­ma­tion: Yahoo actu­al­ités, RTL, 20 Min­utes, Ouest-France, etc.

L’agresseur originaire de la ville est un réfugié libyen

Dans le courant de la journée du 21 juin, l’« homme orig­i­naire de la ville » s’avère être « selon plusieurs médias bri­tan­niques » un « réfugié libyen » nom­mé Khairi Saadal­lah. Ce démen­ti de l’information ini­tiale est apporté de façon uni­forme par de nom­breux médias français : Ouest-France, Sud-Ouest, Euronews, etc.. On aura com­pris qu’il faut suiv­re les médias bri­tan­niques pour avoir des infor­ma­tions pré­cis­es sur cet attentat.

Un acte finalement qualifié de terroriste

À par­tir du 22 juin, de nom­breux médias repren­nent une infor­ma­tion venant des autorités bri­tan­niques : l’attaque au couteau est qual­i­fiée après quelques jours d’enquête de « ter­ror­iste ». Mais les expli­ca­tions sur les moti­va­tions du meur­tri­er sont par­fois forte­ment diver­gentes selon les médias français. Elles vont de la sus­pi­cion d’une moti­va­tion islamiste à des expli­ca­tions psychiatriques.

Le Figaro nous informe que Khairi Saadal­lah était dans les radars du ser­vice de ren­seigne­ments intérieurs bri­tan­niques (le « M15 ») en rai­son de sa volon­té de rejoin­dre l’Etat islamique en 2019.

20 Min­utes men­tionne un pro­jet de « rejoin­dre un groupe dji­hadiste à l’étranger ».

Moins pré­cis, le Parisien ne par­le que d’un pro­jet de « départ à l’étranger (…) poten­tielle­ment pour ter­ror­isme ». Le Monde cite le Dai­ly Mail pour nous informer que le « prin­ci­pal sus­pect avait quit­té son pays par crainte des islamistes et s’était con­ver­ti au chris­tian­isme il y a trois ans ». Si le quo­ti­di­en vespéral, citant la BBC, men­tionne les vel­léités de Khairi Saadal­lah de « pro­jet à l’étranger poten­tielle­ment dans un but ter­ror­iste », la des­ti­na­tion de l’Etat islamique n’est aucune­ment mentionnée.

Bien que le mode opéra­toire de l’attentat cor­re­sponde aux pré­con­i­sa­tions de l’Etat Islamique, aucun média ne par­le de moti­va­tions islamistes du « réfugié » libyen, mais beau­coup s’attardent sur sa san­té men­tale. Une expli­ca­tion courante que nous soulignions déjà en 2016 à l’occasion de nom­breux attentats.

Les victimes homosexuelles, silence des médias français 

À par­tir du 22 juin, la presse bri­tan­nique apporte de nou­velles infor­ma­tions sur les per­son­nes tuées au couteau : elles appar­ti­en­nent toutes selon l’expression con­sacrée à la com­mu­nauté homo­sex­uelle de la ville de Read­ing. Les médias gay s’emparent de l’information rapi­de­ment, comme PinkNews, suivi par Gay Nation, Star Observ­er, qui insis­tent sur le fait que les vic­times « apparte­naient à une com­mu­nauté qui veut l’égalité pour tous ».

Quelques rares médias anglo­phones de grand chemin don­nent égale­ment l’information sur l’orientation sex­uelle des 3 vic­times :The Guardian évoque l’affliction de la com­mu­nauté LGBT de la ville.

Euroweekly titre sur « l’homophobie incriminée dans l’attaque au parc de Reading qui a causé trois morts ». Mais 3 jours après la révélation de cette information, c’est non seulement une grande discrétion au Royaume-Uni, mais aussi un black-out total dans les médias français. Seuls les réseaux sociaux font état à partir du 23 juin de cette information, comme Fatiha Agag-Boudjalhat  sur Twitter :

« Les trois vic­times de l’attaque au couteau de Lon­dres étaient gays. Ils ont donc été ciblés et visés. Étrange dis­cré­tion en France ».

Le frère de l’auteur de l’attentat prend sa défense et donne libre cours à son ressen­ti­ment à l’encontre de son pays d’accueil dans le Dai­ly Mail : « Il n’a fait que se défendre. Il a été arrêté parce que le Roy­aume-Uni est raciste ». Mais en France, on est vis­i­ble­ment passé à autre chose, le déboulon­nage de stat­ues, la con­ven­tion citoyenne sur le cli­mat, his­toire de faire pro­gress­er l’électorat écol­o­giste lors des munic­i­pales ou la lim­i­ta­tion de la vitesse sur les autoroutes devant être des infor­ma­tions bien plus importantes…

Douglas Murray prêche dans le désert

Dans le silence gêné des médias bri­tan­niques, il n’y a guère que l’éditorialiste du Spec­ta­tor Dou­glas Mur­ray pour soulign­er le reten­tisse­ment qu’auraient don­né les médias de grand chemin à l’information, sur l’orientation homo­sex­uelle des vic­times si l’auteur de l’attentat avait été un extrémiste de droite. Il pointe égale­ment l’embarras de la caste médi­a­tique quand un réfugié libyen égorge trois homo­sex­uels dans le cen­tre de Read­ing un same­di soir. Cela amène Dou­glas Mur­ray à con­stater que ceux qui pré­ten­dent ne pas vouloir divis­er la société sont ceux qui sont les plus séparatistes et font un traite­ment dif­féren­cié des informations.

L’éditorialiste met les pieds dans le plat en cri­ti­quant ceux qui pensent que l’opinion publique n’est pas assez adulte pour avoir une dis­cus­sion sur ce qui a con­duit à l’attentat sous pré­texte qu’il faut à tout prix éviter de sus­citer la xénophobie.

On pour­rait ajouter qu’en France égale­ment, la récente expédi­tion puni­tive de Tchétchènes à Dijon, menée notam­ment par des « réfugiés poli­tiques » n’a nulle­ment amené à s’interroger sur l’exigence en ter­mes d’assimilation et d’adhésion aux valeurs et aux mœurs du pays d’accueil. Comme si la seule pos­ture accept­able devait être l’accueil incon­di­tion­nel et la tolérance absolue. Si l’explication psy­chi­a­trique devait pré­val­oir, on peut aus­si s’interroger sur les risques que font encourir les autorités à la pop­u­la­tion en faisant venir et en lais­sant en lib­erté des indi­vidus qui représen­tent une men­ace pour la société. Au vu du silence assour­dis­sant des médias français sur ces aspects, le con­stat de Dou­glas Mur­ray sem­ble plus que jamais d’actualité en France.

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